• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Pourquoi Zelensky a déclaré que les accords de Minsk étaient (...)

Pourquoi Zelensky a déclaré que les accords de Minsk étaient inapplicables

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dans une interview accordée au journal Financial Times publiée le 26 avril que les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada devraient participer au format Normandie. Zelensky a également suggéré que les accords de Minsk soient réécrits car ils seraient inapplicables en l’état.

JPEG

Les déclarations sur la nécessité de réécrire les accords de Minsk émanant de politiciens ukrainiens ont déjà cessé d’être perçues comme des nouvelles scandaleuses. C’est devenu une toile de fond habituelle pour les discussions sur les accords de Minsk au niveau officiel, parfois non officiel. Néanmoins, ces démarches sont dignes d’intérêt, car lorsqu’elles sont détaillées, il devient clair dans quelle direction Kiev considère qu’il est possible et nécessaire de « pousser » la situation et pourquoi ces tentatives n’apporteront aucun résultat.

Volodymyr Zelensky a déclaré dans une interview accordée au Financial Times que les accords de Minsk devaient être modifiés dès que possible : « Il y a deux options : nous pouvons changer le format de Minsk, l’ajuster. Ou nous pouvons utiliser un autre format. La vitesse est importante. Le rythme de ce processus est important, car nous perdons des gens chaque jour.  »

En outre, a-t-il ajouté, les États-Unis, la Grande-Bretagne ou le Canada devraient être impliqués dans le processus de négociation. Zelensky a rejeté la possibilité de négociations directes avec les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk, se déclarant prêt à discuter des problèmes de règlement pacifique du conflit avec le Président russe. Il « ne se soucie pas du lieu, c’est le contenu qui compte ».

Toutes les idées contenues dans l’interview peuvent difficilement être qualifiées de nouvelles. Elles ont déjà été formulées à de nombreuses reprises, et la position de Moscou à ce sujet est bien connue. Le Kremlin ne considère pas qu’il soit possible de modifier les accords de Minsk et l’ordre des points du paquet de mesures pour leur mise en œuvre. Le Kremlin ne voit pas l’intérêt d’ajouter de nouveaux participants au Format Normandie. Cela ne fera que compliquer le processus de décision et de consensus. D’autant qu’il est très facile d’imaginer que l’Amérique profitera de la moindre occasion pour mettre des bâtons dans les roues de la Russie.

C’est un aspect de la question. À partir d’un certain moment, Kiev a cessé de tenir compte des approches russes et s’est déchaîné, n’essayant plus de rester dans les limites convenues et signées.

Toutefois, la partie ukrainienne ne peut que deviner que la réaction de Paris et de Berlin face au sabotage franc et de plus en plus agressif des pourparlers de paix ne sera guère enthousiaste, bien qu’ils refusent d’exercer une pression ouverte sur l’Ukraine. Un article de Kommersant a révélé comment la France et l’Allemagne voient la mise en œuvre des accords de Minsk. Les parties française et allemande ont élaboré des « modules », qui représentent un plan par étapes pour la mise en œuvre des accords.

Les modules sont établis en totale conformité avec l’ordre des points inscrits dans le paquet de mesures : élections avant que l’Ukraine ne récupère le contrôle de la frontière et amendements à la Constitution fixant le statut spécial du Donbass.

Le 19 avril, des négociations de trois heures entre les conseillers des dirigeants du Format Normandie ont eu lieu, mais elles n’ont abouti à rien. La délégation ukrainienne a refusé de discuter des propositions de la Russie visant à empêcher une « escalade des tirs » et à traduire en justice les responsables des violations du cessez-le-feu. Toutefois, malgré leur échec effectif, qui est devenu un résultat traditionnel de chaque réunion de ce type, les négociations se poursuivront.

Il y a eu une proposition inattendue de tenir leur prochaine réunion sur la ligne de contact. Il y a quelques jours, le conseiller du Président russe Dmitri Kozak a développé cette idée, suggérant que Kiev, Paris et Berlin organisent une réunion avant le 27 avril dans le territoire du Donbass, hors du contrôle de Kiev. Avec un haut degré de probabilité, nous parlons de Donetsk.

Kiev a déjà enterré ce plan, et il est probable que Paris et Berlin ne le soutiendront pas non plus pour des raisons de sécurité. Cependant, le contexte de la lettre de Kozak a élargi de manière inattendue le Format Normandie. Il s’agit de la nécessité pour toutes les parties de se familiariser avec la situation dans la zone de guerre afin d’imaginer la nature et l’ampleur de la confrontation armée.

Le chef de cabinet du Président ukrainien, Andreï Yermak, dans une interview accordée à Liga, a également évoqué les modules, les qualifiant « d’étapes logiquement organisées » pour résoudre le conflit dans le Donbass.

« Si les modules sont acceptés par les parties, avec l’ajout de dates et de délais, cela peut se transformer en une feuille de route », a déclaré M. Yermak.

Dans le même temps, il n’a pas précisé quelles étaient les propositions de la partie ukrainienne. Mais vous pouvez en apprendre davantage en lisant la publication de Kommersant mentionnée ci-dessus : contrairement à la version franco-allemande, les modules ukrainiens sont en totale contradiction avec les accords de Minsk, comme d’habitude de la part de l’Ukraine.

Pour résumer, nous pouvons dire que le processus de Minsk n’est pas seulement dans l’impasse par la faute de Kiev, mais qu’il n’a même pas été capable d’en sortir toutes ces années depuis la signature de Minsk-2 en 2015. Néanmoins, il n’y a aucune raison de parler de l’inutilité totale du maintien du format de négociation tant qu’il parvient à résoudre des questions très importantes pour la République Populaire de Donetsk et la République Populaire de Lougansk.

La question principale reste le cessez-le-feu sur la ligne de contact. Le dernier cessez-le-feu a duré six mois, et la probabilité qu’un nouveau cessez-le-feu soit conclu est loin d’être nulle.

Andreï Babitski

Source : Ukraina.ru
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


Moyenne des avis sur cet article :  3.92/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

7 réactions à cet article    


  • roman_garev 27 avril 12:36

    Ce petit clown peut déclarer ce qu’il veut, ses singeries n’intéressent plus personne.

    Lisez plutôt ce programme de la dénazification imminente de l’Ukraine annoncé par un politologue russe Timofeï Sergueïtsev et publié par l’agence de presse russe RIA Novosti. En russe, mais le translateur de votre navigateur vous aidera.


    • JP94 27 avril 17:29

      @roman_garev
      Merci pour le lien vers cet article essentiel, que j’ai diffusé, tant il me semble analyser en profondeur et avec pertinence la seule issue raisonnable à la situation actuelle dans le Donbass.
      L’auteur de ces analyses remarquables voit sur le long terme et de façon concrète la réalité du fascisme, ou en réalité nazisme ukrainien, sa spécificité, son rapport avec la stratégie étatsunienne.
      Il permet aussi de mieux comprendre la stratégie de la Russie, son apparente inaction : elle ne réagit pas de la façon escomptée par les USA et leur pion ( encore que suivant Philidor, le pion soit l’âme des Echecs, le clown de Kiev ne mérite pas un tel honneur), un pion empoisonné, refusé par la Russie, qui joue ses coups prophylactiques, dont nous ne verrons nous autres toute la force qu’une fois arrivé au mat.
      Le Napoléon de Kiev, qui lorgne comme le 3ème du nom vainement vers la Crimée, connaîtra sa Berezina comme le 1er du nom, qui était pourtant meilleur stratège.


    • roman_garev 27 avril 19:39

      @JP94
      De rien. Cet article me semble vraiment très important. J’ai pensé le traduire pour l’AV, mais il serait trop dur pour les modérateurs d’ici.
      Quant au personnage, vous le surestimez, je crois. Sans attendre sa Berezina, il sautera dans l’avion destination USA. Il paraît qu’il sera très demandé à Hollywood, qui est le comble de ses rêves.
      En général, pas de napoléons à Kiev. Rien que des voleurs et des bandits nazis sans cervelle, qui ne sont pas capables de prévoir le sort qui les attend.


    • JP94 27 avril 22:31

      @roman_garev
      Merci : oui, il me semble que c’est un article fondamental : qui répond à beaucoup de questions, même un bon nombre qui n’étaient pas encore formulées de vive voix. Réellement, toutes les personnes intéressées par non seulement l’Ukraine et le Donbass, mais les questions géopolitiques du monde présent, devraient le lire. Il anticipe.

      C’est vrai : je pense que malgré tout, je surestime encore bien trop ce personnage falot, qu’on sent lâche, et creux et d’accord, qu’il aille à Hollywood patauger dans le petit bain avec sa bouée.
      « en général, pas de Napoléons... » la phrase est marrante. Mais quoi qu’on pense de Napoléon, lui avait une pensée sur l’Etat, politique, une vision de l’Histoire, et des qualités peu banales en maths et en stratégie.
      A Kiev, des voyous protégés du maître, qui « aidait vraiment les nazis ».


    • JPCiron JPCiron 27 avril 13:30

      Ce petit clown ... > a quand même appris des Grandes Puissances vers lesquelles il se tourne que le respect de sa parole ou de sa signature est optionnel.



      • Guy19550 Guy19550 27 avril 22:27

        Si cela se fait comme le zoulou le désire, cela veut dire qu’il y a abandon des accord de Minsk pour remplacer la chose par ce que l’Ukraine à concoqueté pendant des années sans se soucier des accords de Minsk. Cela inclu les camps de concentration pour les habitants des républiques et ainsi de suite. C’est ce que veulent les américains, les anglais et les canadiens, simplement par opposition à l’Europe mais dans cette Europe des deux crétins, il y en a qui sont prêts à l’accepter. Inutile de dire que la Russie ne l’acceptera jamais et va alors reconnaître l’existence des républiques, c’est alors la fin des accords de Minsk. Camoufler les trois renégats dans une suite des accords de Minsk ne sera pas accepté non plus. 


        • Guy19550 Guy19550 27 avril 22:45

          C’est pas pour se suite car je suis quasi certain que si l’Europe prend cette orientation, elle n’aura pas son Northstream II non plus car le note est un peu trop salée pour la Russie. Cela ne fera pas revenir non plus le gaz par l’Ukraine, faut pas rêver, la Russie a déjà renégocié cela à la baisse et cela le restera. L’Europe pourra en avoir plus via le sud, mais c’est tout et à la condition d’y mettre les sous pour les infrastructures supplémentaires à avoir. Le second pipeline vers la Chine deviendra réalité aussi dans cette configuration. Donc le Northstream II devrait être en service pour éviter le pire à venir si on se dirrige vers une telle suite en Ukraine. Faudra aussi prévoir des missiles pour le Canada et les Anglais, la Russie en aura bientôt assez pour tous. De grâce, faut pas utiliser des têtes conventionnelles, y a assez d’Uranium enrichi pour faire un joli spectacle. 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité