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Poutine aurait proposé à Trump d’organiser un référendum pour résoudre le conflit dans le Donbass

Lors de la rencontre qui a eu lieu à Helsinki le 16 juillet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, et dont une partie s’est tenue à huis clos, il semble que le président de la fédération de Russie ait fait à son homologue américain une proposition de nouveau plan de sortie de crise concernant l’Ukraine.

Comme l’ont souligné certains, les sujets les plus importants abordés par les deux présidents ne sont pas ceux sur lesquels ont porté le plus gros de la conférence de presse qui a suivi la rencontre. Et concernant l’Ukraine, seul Vladimir Poutine a glissé quelques mots, ce qui fait dire à certains analystes qu’ils ont en réalité sérieusement discuté du sujet.

Les informations publiées suite à cette rencontre semblaient indiquer qu’une nouvelle approche serait envisagée par les deux présidents. Une nouvelle approche qui devrait être étudiée par des experts.

Or, une grosse semaine avant ce sommet, Patrick Armstrong, un ex-analyste du département canadien de la défense nationale, spécialisé dans l’URSS et la Russie a sorti un article sur la façon dont il serait possible de résoudre le problème ukrainien.


Voici la traduction en français de sa proposition :

- Organiser un référendum sur l'ensemble du territoire de l'ancienne République Socialiste Soviétique (RSS) ukrainienne (oui, cela inclut la Crimée - nous essayons de parvenir à un règlement avec lequel tout le monde est d'accord et il n'y a aucun doute sur le résultat).


-  Ce référendum doit être surveillé par des pays qui n'ont pas de chien dans le combat : disons la Chine, l'Inde et l'Amérique du Sud. Demandez à l'ONU de valider les résultats à l'avance.


-  Question pour la première série :


-  Voulez-vous faire partie de la Russie ?


-  Voulez-vous faire partie de l'Ukraine ?


-  Voulez-vous être indépendant ?


-  Réaménager les frontières pour tenir compte autant que possible des résultats des votes.


-  Une aide financière généreuse pour ceux qui veulent passer d'un pays à un autre. Payée par les États-Unis et l'UE qui, après tout, ont fait sauter l'ancienne Ukraine.


-  Dans cinq ans, alors que la situation du reste de l'Ukraine s'aggrave, répétez le référendum avec une question supplémentaire :


-  Voulez-vous faire partie d'un pays voisin ? Si oui, lequel ?


-  Répétez encore dans cinq ans et répétez jusqu'à ce que tout le monde soit là où il veut être.


-  Assurez-vous que vous avez des contrôles frontaliers serrés autour de l’Ukraine croupion pour garder les nazis à l'intérieur.

Quelles sont les chances que cela se produise ? Eh bien, étant donné que Trump est un phénomène nouveau, on ne peut pas dire qu'il est absolument nul.

Que se passe-t-il si cela n'est pas fait ? La même chose en fin de compte, mais après beaucoup plus de souffrance et beaucoup plus de temps.

S'agit-il d'un précédent ? Oui, qu'y a-t-il de mal à cela ?


Il semble que monsieur Armstrong et sa proposition ont été entendus, ou que les grands esprits se rencontrent, car l’information que vient de publier Bloomberg ressemble en tout cas à une partie du plan de l’analyste canadien.

D’après les informations publiées par Bloomberg (informations confirmées par mes sources en Russie), Poutine aurait proposé à Trump d’organiser un nouveau référendum, sous contrôle des instances internationales, dans le Donbass pour résoudre le conflit actuel.

D’après Anatoli Antonov (ambassadeur russe à Washington), Poutine et Trump auraient discuté de propositions concrètes pour résoudre le conflit du Donbass. Mais l’ambassadeur refuse de confirmer publiquement les informations sur le fait que ce plan serait un référendum.

Il faut dire que devant l’enlisement (pour ne pas dire l’enterrement) des accords de Minsk par Kiev, il ne reste qu’à essayer de trouver de nouvelles solutions pacifiques pour sortir par le haut de cette crise qui, sans cela, débouchera sur une reprise, tôt ou tard, du conflit.

D’après les sources de Bloomberg au sein des diplomates russes ayant assisté à la conférence lors de laquelle Vladimir Poutine aurait exposé ce plan, Trump aurait demandé au président russe de ne pas parler publiquement de ce plan pour lui laisser le temps de travailler dessus. Ce qui serait assez logique.

Quand on voit la levée de boucliers et les accusations de trahison qui ont fusé contre Donald Trump juste après sa rencontre avec Vladimir Poutine, on comprend bien que la tâche ne sera pas aisée. Le président américain doit ni plus ni moins qu’affronter l’état profond, et une bonne partie de son propre gouvernement. Sans parler de l’UE qui va s’arc-bouter sur les accords de Minsk malgré leur échec, et risque de refuser de cautionner ce plan.

Pour l’instant, le Kremlin n’a pas confirmé ces informations, mais Dmitry Peskov, sans rentrer dans les détails, a confirmé qu’il y a bien de nouvelles idées sur la table concernant le Donbass :

« De nouvelles idées ont été discutées. On va travailler dessus, » a-t-il brièvement commenté face aux questions demandant des détails sur ce nouveau plan pour l’Ukraine.

La peur de l’Ukraine, de l’UE, et de l’état profond américain se comprend. Ils savent, comme toute personne dotée de deux onces de jugeote, que le résultat sera le même qu’en Crimée, et confirmera le référendum de 2014 par lequel 89,07 % des votants de la région de Donetsk et 96,2 % de ceux de la région de Lougansk avaient exprimé leur choix de quitter l’Ukraine.

Si un tel référendum était organisé sous les auspices de l’ONU, et validé, la guerre n’aura plus aucune raison d’être, et le gouvernement de Kiev s’effondrera comme un château de cartes. Les commanditaires du coup d’État de 2014 verraient alors tous leurs efforts et leurs investissements en Ukraine partir en fumée.

Autant dire qu’ils vont tout faire pour mettre des bâtons dans les roues de Trump pour l’empêcher d’organiser un tel référendum. Le salut viendra peut-être des élections de mi-mandat qui doivent avoir lieu aux États-Unis au mois de novembre. Si ces dernières sont remportées par Trump, alors cela lui permettra d’asseoir son pouvoir et de gagner un peu de marge de manœuvre.

De toute façon, comme l’a dit Patrick Armstrong avec justesse, si cela n’est pas fait rapidement, cela devra être fait après plus de souffrances, de morts et de temps perdu. Sans parler de l’argent injecté à perte dans une Ukraine qui coule de plus en plus chaque jour.

Chaque jour que les gouvernements occidentaux passent à continuer sur la trajectoire actuelle ne fait qu’ajouter plus de morts, de blessés, de destructions, et de souffrances, sans que cela ne change le résultat final. La réalité sans fard est que le Maïdan a été le coup final porté à l’Ukraine après 23 ans de naufrage au ralenti. Le Titanic ukrainien s’est finalement disloqué sous le poids de ses tensions internes, et il va inévitablement et irrémédiablement sombrer.

La question n’est plus de savoir si on peut sauver le soldat « Ukraine », mais comment on peut limiter la casse lors du naufrage, et éviter autant que faire se peut d’avoir une Somalie néo-nazie en pleine guerre civile généralisée aux portes de l’Europe.

Il est temps pour les gouvernements occidentaux de se mettre à la realpolitik, d’avoir une approche pragmatique et intelligente des problématiques, et d’arrêter de prendre leurs fantasmes pour la réalité. Le monde et la paix (qui sont d’ailleurs le même mot en russe- мир) se porteront mieux lorsque ce sera le cas.

Christelle Néant

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11 réactions à cet article    


  • aimable 20 juillet 16:51
    faire payer les USA et l’UE cela s’ appellerai l’arroseur arrosé, excellente initiative de Poutine , qui pour le coup va les refroidir .
    au fait pour le le gaz toxique depuis l’erreur de manipulation avérée du couple Britannique plus d’articles dans les journaux bizarre bizarre .

    • Doume65 20 juillet 19:23

      @aimable

      « faire payer les USA et l’UE cela s’ appellerai l’arroseur arrosé, excellente initiative de Poutine  ».
      C’est « Patrick Armstrong, un ex-analyste du département canadien de la défense nationale » qui propose cela, pas Poutine.

    • waymel bernard waymel bernard 20 juillet 17:36

      Un referendum ! Un mot que les dirigeants occidentaux voudraient faire disparaître du dictionnaire (de la même façon que l’on a effacé le mot « race » dans la constitution française). Demander son avis au peuple, il ne faut quand même pas exagérer.


      • Christelle Néant Christelle Néant 21 juillet 12:55

        @waymel bernard
        Il faut dire que les derniers référendums étaient pas à l’avantage du plan des dirigeants de l’UE. Donc forcément ils en veulent plus trop.


      • Stratediplo 21 juillet 03:20

        Homme d’affaires, Donald Trump est un pragmatique. Dommage qu’il ne puisse pas gouverner les Etats-Unis, n’ayant été élu que pour présider à la bureaucratie fédérale. Quant à une idée, quelle qu’elle soit, qui puisse mettre fin au chaos en ex-Ukraine, on ne voit pas comment elle pourrait intéresser les Etats-Unis. Comme l’Union Européenne ils ont procédé sciemment, et il n’est apparu aucun élément nouveau susceptible de leur faire réviser leur politique là.


        • Christelle Néant Christelle Néant 21 juillet 12:57

          @Stratediplo
          En effet, si Donald Trump avait les coudées franches je pense que la politique américaine y aurait gagné énormément en pragmatisme.
          Si l’UE et les USA refusent ce plan, alors ce sera la guerre, mais j’ai un scoop pour eux : c’est pas leur chouchou ukrainien qui va la gagner, bien au contraire. Ils finiront avec les restes d’une Somalie néo-nazie brisée à leurs portes. À ce moment là ils se diront peut-être qu’ils auraient du écouter Poutine.


        • Stratediplo 21 juillet 14:10

          @Christelle Néant
          C’est déjà la guerre, et comme vous l’avez souligné après la signature de la loi malorusse 7163 d’incorporation par la force des territoires occupés par leur population, l’UE a re-confirmé son alignement total sur l’OTAN en matière de refus des accords de Minsk pour la pacification en ex-Ukraine. A moyen et long terme mon avis est que l’UE ne peut avoir des vues que sur la Galicie, et que lorsque la Novorussie comprendra qu’elle doit assumer son indépendance sans attendre une reconnaissance de la Russie, la Malorussie isolée ne sera pas près de ressortir du chaos.


        • Christelle Néant Christelle Néant 21 juillet 17:55

          @Stratediplo
          Nous verrons comment cela évolue, mais je suis lucide sur le fait qu’il n’y a presque aucune chance pour que ce conflit se résolve pacifiquement. Et une fois défaite, l’Ukraine s’effondrera définitivement.


        • zygzornifle zygzornifle 21 juillet 10:53

          Le clébard Macron n’a meme pas pu s’infiltrer pour la photo , le cordon sanitaire l’a refoulé car il avait des pellicules ....


          • Doume65 21 juillet 12:22

            @zygzornifle
            Il fut un temps pas si lointain où la pellicule était indispensable pour prendre la photo. les choses ont bien changé. smiley


          • zygzornifle zygzornifle 21 juillet 13:28

            Macron envoi ses pellicules a développer au labo de chez Rothschild .....

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