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Accueil du site > Actualités > International > Poutine et Folamour, le quoi et le pourquoi des nouvelles armes nucléaires (...)

Poutine et Folamour, le quoi et le pourquoi des nouvelles armes nucléaires russes

L’annonce par le président russe de la mise en service d’armes nucléaires extraordinaires et irrésistibles, longuement détaillées sur un ton triomphaliste, ne peut ni être prise au pied de la lettre, ni encore moins négligée. Pourquoi Vladimir Poutine a-t-il publié de telles informations, et quelle est d’ailleurs leur crédibilité  ?

Le 1er mars, le président russe Vladimir Poutine, s’exprimant devant l’Assemblée Fédérale, le grand rassemblement des hauts responsables de la Fédération de Russie, a consacré un bon tiers de son discours sur l’état du pays à la description dithyrambique de nouvelles armes nucléaires avancées, annonçant au monde que la Russie dispose désormais d’armes extraordinaires, sans équivalent dans aucun autre pays, et appuyant ses propos de nombreuses vidéos et d’adjectifs enthousiastes.

Même si la proximité de l’élection présidentielle russe doit être notée – Vladimir Poutine est évidemment en campagne pour sa réélection – il est impossible de négliger ces annonces, car ce n’est pas seulement de marketing électoral qu’il s’agit. Pourquoi le gouvernement et le haut-commandement russe ont-ils estimé nécessaire d’investir dans des versions totalement nouvelles d’armes nucléaires, rappelant les concepts les plus démesurés de la Guerre froide des années 1950-1960, caricaturés dans le célèbre film de Stanley Kubrick « Docteur Folamour »  ? Pourquoi le président russe estime-t-il nécessaire, ici et maintenant, de les annoncer et les dévoiler à la Russie et au monde  ?

Et d’abord, quelle est la crédibilité de son discours  ? Ces armes futuristes ont été représentées par des simulations informatiques datant d’une décennie, ce qui cadre assez mal avec l’avance écrasante qu’aurait atteint la technologie russe. Surtout, l’idée que la Russie a fait de tels progrès est trop agréable à trop de gens pour être au-dessus de tout soupçon : non seulement public russe qui voudrait sans doute que son pays se retrouve en tête de la course aux armements mais encore gouvernement et complexe militaro-industriel américains trop heureux que leur soient servi sur un plateau un prétexte à encore davantage de dépenses militaires (1). La Russie a plusieurs fois réalisé dans le passé des percées remarquables – premier satellite Spoutnik, premier homme dans l’espace Youri Gagarine, sous-marin nucléaire à coque en titane, torpille à super-cavitation etc. Mais « village Potemkine » est aussi une expression d’origine russe, et Moscou s’est plusieurs fois avéré maître de la maskirovka, la dissimulation et l’illusion utilisées comme ruse de guerre.

Il faut décidément aller y regarder de plus près.

Pourquoi toutes ces armes et concepts futuristes type Folamour  ?

Ce qui est le plus remarquable en effet, le fait fondamental qui doit servir de base à toute discussion du discours de Vladimir Poutine, c’est que l’objectif déclaré, c’est-à-dire communiquer très clairement aux Américains que leurs rêves de bouclier antimissile efficace et autres guerres des étoiles ne sont que du vent, était déjà très largement atteint avec le renouvellement « normal » des forces nucléaires russes dans la lignée de l’existant, les nouveaux SNLE type Boreï notamment, les nouveaux missiles sol-sol Topol en version mobile, le remplacement des sol-sol en silos Voevoda par des Sarmat à la rigueur. Les choses étaient déjà parfaitement claireset la crédibilité technique de la dissuasion russe incontestable, sans qu’aucun agitateur de tendance néoconservatrice ou partisan illuminé d’une théorie de suprématie mondiale du type PNAC (Project for a New American Century) puisse s’y tromper.

Alors, pourquoi donc tous ces programmes d’armement nucléaire supplémentaires  ? Voici quelques pistes d’explication, qui ne s’excluent d’ailleurs pas l’une l’autre et ont toutes pu contribuer :

  1. Vu les efforts américains continus depuis trois décennies en faveur de l’antimissile stratégique, avec très gros crédits de R&D à la clé, Moscou a souhaité s’assurer contre une potentielle percée technique américaine – qui n’est pas arrivée, mais les Russes ne pouvaient en être sûrs à l’avance – en mode « ceinture ET bretelles ». Non seulement on modernise dans des directions relativement classiques type SNLE plus furtifs, intercontinentaux sol-sol mobiles, têtes manœuvrantes ou trajectoires par le pôle Sud, mais on lance aussi plusieurs projets « exotiques » type torpille nucléaire lourde à très longue portée, missile de croisière à propulsion nucléaire ou missile hypersonique aéroporté
  2. Un autre élément de contexte : pendant peut-être deux décennies, du début des années 1990 au début des années 2010, la Russie n’a pas maintenu de patrouille permanente de SNLE (2) tandis qu’un pays comme la France l’a maintenue sans interruption depuis 1974, et les Etats-Unis depuis plus longtemps. D’autre part, les nouveaux SNLE russes type Boreï, quoique plus furtifs que les anciens Delfin, sont généralement estimés moins furtifs que leurs équivalents occidentaux Ohio américain, Triomphant français et Vanguard britannique, de manière analogue aux SNA russes. En d’autres termes, la Russie avait plus de raisons dans les années 1990 / 2000 de rechercher des moyens originaux de sécuriser sa frappe en second que des pays comme Etats-Unis ou France, et cela reste peut-être vrai dans une certaine – quoique petite – mesure
  3. Pourquoi continuer ces projets une fois qu’il est devenu clair que les antimissiles américains restaient toujours aussi peu convaincants tandis que la modernisation ordinaire des forces nucléaires russes commençait à se concrétiser – premier SNLE Borei, missiles sol-sol Topol mobiles en nombre – disons vers 2012 au plus tard  ? Peut-être la vitesse acquise dans une logique bureaucratique par des programmes de R&D déjà en cours, peut-être la volonté de faire « ceinture ET bretelles PLUS bretelles en acier renforcé tungstène » bref d’empiler sécurité sur sécurité sur sécurité pour – enfin – se sentir protégé. Et encore peut-être un tantinet d’emportement prométhéen, qui n’est pas l’apanage exclusif des Américains
  4. Sur un autre plan, Moscou peut chercher à équilibrer au moins symboliquement le « partenariat stratégique » avec la Chine qu’il a cherché à développer largement à partir de 2014 suite à la guerre civile ukrainienne, partenariat inconfortable pour la Russie car à peu près aussi équilibré que le serait un « partenariat stratégique » entre France et Etats-Unis, réalité que Pékin ne se fait pas faute de mettre à profit - contrats gaziers avec prix favorables pour la Chine, récupération de la technologie des meilleurs chasseurs russes opérationnels à vil prix - et que les sourires de Xin Jinping ne peuvent dissimuler indéfiniment. De ce point de vue, lorsque Vladimir Poutine affirme que « La puissance militaire croissante de la Russie est une garantie solide de la paix mondiale, parce que cette puissance préserve et préservera la parité stratégique et l’équilibre des forces dans le monde », le message est que la Russie jouerait un rôle indispensable et unique pour équilibrer la puissance américaine, rôle que la Chine ne prendrait pas à son compte
  5. Citons encore le message clair de Poutine suite à la récente NPR la revue de posture nucléaire américaine prévoyant un abaissement du « seuil » nucléaire c’est-à-dire des conditions dans lesquelles Washington envisagerait d’utiliser des armes nucléaires, éventuellement de plus petite puissance, en réponse à des attaques de plus petite dimension, voire même à une simple cyberattaque  ! Le président russe a dit nettement que toute arme nucléaire serait considérée comme telle, quelle que soit sa taille, ce qui revient à mettre en garde les Etats-Unis s’ils étaient tentés de passer au nucléaire d’un cœur trop léger (4)
  6. Pourquoi annoncer l’existence de ces armes justement maintenant  ? Une explication évidente : les élections approchent  ! Annoncer quinze jours avant de demander sa réélection à une population russe abreuvée depuis 2014 par une propagande catastrophiste télévisuelle continue que la menace américaine est définitivement écartée et que – enfin – la Russie est hors de danger a une dimension évidente de propagande électorale. Surtout lorsque la situation matérielle de la majorité de la population russe reste très dégradée comparée aux ressources du pays, notamment du fait que les oligarques continuent à capter une partie disproportionnée des richesses issues de la vente de gaz et de pétrole (3) sans oublier de la faire sortir du pays

Herr Doktor Merkwürdige Liebe (Folamour), consultant en marketing électoral

"Si afec ça fous n’êtes pas réélu au premier tour, Monsieur le président  !"

En dehors du « pourquoi », la question de la réalité et de l’avancement de ces programmes d’armes nucléaires est aussi posée. Poutine a-t-il montré le bout de l’oreille sans le vouloir en insistant lourdement, et peut-être un peu trop lourdement

Nous devons être conscients de cette réalité et être sûrs que tout ce que j’ai dit aujourd’hui n’est pas un bluff - et ce n’est pas un bluff, croyez-moi

Poutine_180301.jpg

"Etre sûrs que tout ce que j’ai dit aujourd’hui n’est pas un bluff - et ce n’est pas un bluff, croyez-moi"

Et la question de l’intérêt opérationnel de ces programmes se pose encore – à supposer qu’ils existent, qu’apportent-ils à la défense de la Russie  ?

Crédibilité et intérêt opérationnel des armes annoncées par Poutine

Voici la liste détaillée des six types d’armes décrits par le président russe, la combinaison de leur crédibilité et de leur intérêt opérationnel est traduite par une couleur : VertOrange ou Rouge, du meilleur au moins bon. Elles sont encore classées en armes destinées à la frappe nucléaire en second (quatre types) c’est-à-dire à l’équilibre de la dissuasion et autres armes (deux types)

Armes de frappe nucléaire en second

1. Balistique intercontinental super-lourd Sarmat – Vert

Remplacement d’un système existant
Crédibilité – Très élevée
Quand – Court / moyen terme
Utilité opérationnelle – Modérée

Il s’agit d’un remplacement des missiles lourds RS-36M2 Voevoda existants, planifié pour dans quelques années et dont l’existence était déjà connue. La capacité de la Russie à le mettre au point et le déployer ne fait aucun doute – c’est de la modernisation dans la droite ligne de l’existant. Son intérêt opérationnel est d’une part sa puissance qui permet des trajectoires passant par le pôle Sud – donc contournant les antimissiles américains – tout en conservant une forte charge utile, d’autre part les « aides à la pénétration » c’est-à-dire les leurres qu’une telle charge utile permet d’emporter. Cet intérêt est cependant modéré du fait que ces armes en silo fixe sont vulnérables à une première frappe surprise pourvu qu’elle utilise des têtes puissantes et de grande précision, dont les Etats-Unis disposent. En d’autres termes, une attaque préventive américaine risquerait de tous les détruire, ce qui limite leur intérêt pour la dissuasion

2. Torpille nucléaire lourde à portée intercontinental Status-6 – Orange

Nouveau système
Crédibilité – Modérée
Quand – Moyen / long terme
Utilité opérationnelle – Modérée

Des "fuites" avaient déjà été organisées au sujet de ce nouveau système. Il serait très innovant, surtout du fait de son réacteur nucléaire très petit doté d’un rapport puissance / poids très élevé – les chiffres cités par Vladimir Poutine « cent fois plus » qu’un sous-marin nucléaire sont assez extraordinaires – quant à la haute vitesse la Russie a déjà une expérience avec les torpilles rapides à super cavitation Shkval. Le président russe lui-même parle seulement d’être en état de « commencer » le développement d’un système opérationnel sur la base des tests effectués jusqu’ici. Il faut noter que passer d’un démonstrateur à une arme pleinement opérationnelle suppose temps, coût et risques techniques... qui seront surmontés ou pas, ce qui renforce la nécessité de lui attribuer une crédibilité modérée, au mieux. L’intérêt opérationnel, c’est bien sûr d’être un moyen alternatif de riposte très difficile à parer. Cet intérêt est modéré cependant du fait que de telles armes seraient vulnérables à une première frappe surprise si elles sont basées dans un port, ou encore dans un site sous-marin quelconque que l’espionnage adverse pourrait découvrir. Les embarquer sur un nouveau type de SNLE pourquoi pas, mais cela supposerait des coûts supplémentaires élevés et probablement des bâtiments spécialisés – alors, pourquoi ne pas construire trois ou quatre SNLE Boreï supplémentaires à la place, pour un coût probablement inférieur s’agissant de navires déjà opérationnels et un effet dissuasif au moins aussi grand  ?

3. Missile de croisière à propulsion nucléaire – Orange

Nouveau système
Crédibilité – Faible
Quand – Long terme
Utilité opérationnelle – Forte

Il serait basé sur des tests effectués à la fin de l’année dernière. Là encore, Poutine parle de « commencer » le développement, une arme opérationnelle n’est pas pour demain. Ce système est moins crédible que le précédent parce que les contraintes sur le réacteur nucléaire, notamment sur sa masse, seraient plus lourdes pour un missile que pour une torpille et parce que les essais aussi seraient plus délicats – nous parlons d’un missile qui risquerait d’émettre de la pollution radioactive en continu tout le long de sa trajectoire  ! Le territoire russe est très grand c’est entendu, mais tout de même... A noter que l’inspiration pour ce système semble être le projet américain SLAM / Pluto de la fin des années 1950, l’époque des recherches tous azimuts sans tabou ni retenue dans le domaine des armes nucléaires, l’époque d’Edward Teller qui servit d’inspiration au personnage du Docteur Folamour. Les Etats-Unis abandonnèrent ce projet à cause d’une part de difficultés techniques sur les matériaux, d’autre part parce que le test opérationnel en vraie grandeur d’un tel missile aurait posé quelques soucis  !

Une telle arme aurait une forte utilité opérationnelle : ce moyen alternatif de frappe en second pourrait être basé discrètement n’importe où, donc serait invulnérable à une première frappe de désarmement.

4. Missile hypersonique à portée intercontinentale Avangard – Rouge

Nouveau système
Crédibilité – Très faible
Quand – Long terme
Utilité opérationnelle – Forte

Le système serait extrêmement innovant, avec une portée intercontinentale et une vitesse de Mach 20. Il rappelle le projet américain des années 1980 NASP (X-30) d’une navette spatiale mono-étage, qui n’aboutit à rien. Des objectifs si ambitieux nécessiteraient de nombreuses percées notamment en termes de matériaux, qui n’ont pas eu lieu en plus de trente ans de recherche sur l’hypersonique dans différentes nations, alimentées dans le cas des Etats-Unis par d’énormes crédits. L’idée que la Russie aurait tout à coup réussi tout cela est franchement très peu crédible.

Village_Potemkine.jpg

Village Potemkine et trompe-l’oeil... en grande partie du moins

Autres armes

5. Armes laser – Orange

Nouveau système
Crédibilité – Modérée
Quand – Présent  ?
Utilité opérationnelle – Modérée

Les annonces de Poutine étaient remarquablement imprécises : « Depuis l’année dernière, nos troupes sont équipées d’armes laser »... oui, mais lesquelles  ? L’existence d’armes laser aveuglantes opérationnelles dans différentes armées technologiquement avancées est un secret de Polichinelle. Si le président russe parlait de cela, alors ce ne serait pratiquement pas une nouvelle.

D’autres usages de lasers de plus grande puissance, par exemple pour la lutte antimissile ou le combat aérien, sont théoriquement possibles. Cependant, une combinaison de soucis sur l’énergie à embarquer, les performances nécessaires notamment celles des optiques, la fiabilité de l’ensemble, son train logistique enfin la portée limitée par la dispersion atmosphérique ont fait que les essais réalisés depuis au plus tard les années 1980 n’ont jamais débouché sur un système déployé opérationnellement. Le projet américain de laser antimissile aéroporté YAL-1 ABL, qui a peut-être été l’objet des tests les plus poussés avec des crédits très importants, n’a jamais abouti à mise en service. On ne peut évidemment exclure que les chercheurs russes aient réalisé une percée, d’où une crédibilité modérée plutôt que faible – même s’il est possible de soutenir que c’est un peu généreux.

L’utilité opérationnelle aussi serait modérée. Bien sûr, dans les films de science-fiction un tir de laser est représenté par un grand ZAP  ! et une cible descendue en flammes, mais un laser réel n’aurait rien de magique, son effet tactique dépendrait des contre-mesures protégeant la cible – revêtement, rotation sur lui-même si c’est un missile – et sa portée resterait courte sauf dans la haute atmosphère raréfiée, tandis que son effet opérationnel serait de toute façon limité par le train logistique de la station de tir qui serait probablement lourd.

6. Missile hypersonique aéroporté Kinzhal – Vert

Nouveau système
Crédibilité – Modérée
Quand – Présent  ?
Utilité opérationnelle – Forte

Il s’agit là de l’annonce la plus intéressante du discours de Poutine, et potentiellement une nouvelle très importante - si elle n’est pas exagérée, naturellement. Les missiles Sarmat (N°1) c’est du sérieux, et ça sera mis en service, mais ce n’est pas vraiment neuf, et ça ne causera guère de bouleversement – la Russie est déjà protégée par une dissuasion efficace à base de SNLE Boreï et de sol-sol mobiles Topol M sans avoir besoin d’un tel système, quoi que le président russe fasse semblant de croire. Le reste (N°2 à 5) c’est de la R&D plus ou moins avancée plus ou moins échevelée pour ne pas dire légèrement fol-dingue, il est difficile d’imaginer que ça entre en service à terme prévisible, avec une petite chance à la limite pour les torpilles nucléaires lourdes Status-6. Mais les Kinzhal ça semble sérieux, l’annonce comme quoi ils ont commencé en décembre 2017 leurs tests préalables à mise en service est relativement crédible et l’impact opérationnel pourrait être bien réel - si, encore une fois, Vladimir Poutine a bien décrit une réalité.

Précisions d’abord que lorsque l’on parle de missiles hypersoniques il y a une ambiguïté, « hypersonique » ne signifie rien d’autre qu’une vitesse supérieure à Mach 5 cinq fois la vitesse du son. Si l’on s’en tient au sens direct, alors rien de neuf la plupart des missiles balistiques sont hypersoniques, et les V-2 allemands de la seconde guerre mondiale l’étaient déjà  ! Mais en réalité, on parle de missiles hypersoniques aérobies, c’est-à-dire capable d’absorber l’air ambiant pour faire fonctionner leur moteur même à ces vitesses très élevées. Là est la grande difficulté technique, là serait aussi le grand intérêt opérationnel car un missile hypersonique aérobie serait capable de manœuvrer librement à vitesse très supérieure à Mach 5, ce qui le rendrait excessivement difficile à intercepter.

Il est clair que c’est d’une telle arme hypersonique (Mach 10) aérobie donc très manœuvrante que parlait Vladimir Poutine. Est-ce crédible  ? Quelques éléments de réponse :

  1. Les recherches sur de tels systèmes sont actives aux Etats-Unis, en France, en Chine et en Russie. Que Moscou ait pris une longueur d’avance est possible sur le principe - les percées font partie de la vie des programmes de R&D, et la Russie en a évidemment réalisé dans le passé comme déjà rappelé
  2. Il s’agirait d’un véritable exploit. La France, qui a une forte expertise dans le haut supersonique avec le missile des forces aériennes stratégiques ASMP-A, vise à remplacer ce missile par un système hypersonique à Mach 8 l’ASN4G... mais en visant 2035 pour un système opérationnel. L’ONERA français précise dans son plan stratégique scientifique 2016-2025 que « La stratégie de pénétration des défenses adverses par des missiles à vitesses hypersoniques reste un défi scientifique et technologique majeur. Un très grand nombre de disciplines sont mises en jeu, telles que l’aérodynamique, la propulsion, l’architecture du vecteur, son contrôle et son pilotage. Les enjeux sur les matériaux sont aussi très importants » et que répondre à ce défi supposera de développer « toutes les connaissances en aérodynamique et aéroacoustique, sciences des matériaux, énergétique, ingénierie systèmes et recourir massivement à la simulation numérique pour produire les ruptures nécessaires ». Bref, du point de vue des spécialistes du pays qui dispose du missile aérobie supersonique le plus rapide à Mach 3/4, il y a encore énormément de travail. Si la Russie a bien démarré en décembre 2017 les tests d’un missile aérobie hypersonique à Mach 10, c’est qu’elle a pris 15 ans d’avance sur la France, comme sur les Etats-Unis qui en sont probablement à peu près au même point dans ce domaine
  3. La fiabilité de la parole du président russe peut certes être remise en cause, étant donné les annonces dithyrambiques et peu crédibles sur d’autres catégories d’armement dans le même discours. Il faut encore noter que sur les images qu’il a montrées à l’Assemblée Fédérale de Russie, le missile Kinzhal ressemblait furieusement à un missile balistique bien connu l’Iskander, simplement adapté pour être lancé depuis un avion... donc précisément à un missile tout sauf aérobie  !

Il reste possible que le Kinzhal soit réellement aérobie et réellement proche de sa mise en service effective, l’expérience russe dans les missiles supersoniques étant très large, ce qui rend possible qu’une percée technologique ait vraiment eu lieu qui aurait donné à Moscou une telle avance.

Les caractéristiques annoncées vitesse jusqu’à Mach 10, portée 2 000 km et capacité manoeuvrante pourraient conduire à une rupture stratégique : la capacité à neutraliser un porte-avions ennemi à grande distance uniquement avec des ogives conventionnelles, sans passer au nucléaire. Poutine a souligné à raison qu’aucun système de défense antimissile embarqué existant - RIM-66 Standard américains, Aster-30 franco-italiens - ne pourrait parer ce genre d’attaque.

Si le président russe n’a pas exagéré - certes, c’est un "si" - alors la Russie disposera bientôt de la capacité de neutraliser tout porte-avions évoluant dans l’est de la Méditerranée ou dans le Golfe Persique depuis des avions volant au-dessus de la Mer Noire ou de la Caspienne. De même pour des porte-avions situés en mer du Japon ou en mer Jaune, depuis les environs de Vladivostok voire Sakhaline. Si d’autre part le Kinzhal n’est jamais qu’un missile balistique classique Iskander monté à l’horizontale sur un chasseur MiG-31 - comme il en a l’air - il reste un moyen d’attaque possible contre un porte-avions, même s’il serait potentiellement beaucoup plus facile à intercepter par les systèmes américains existants ou de moyen terme - Aster 30 Block 1 NT pour la France.

Il faut noter que même si la Russie ne dispose pas en réalité de missiles aérobies hypersoniques opérationnels, il peut être dans son intérêt de le faire croire, surtout pour augmenter son influence sur des pays tiers qui pourraient craindre d’être attaqués par des groupes de porte-avions américains, tels Corée du Nord et, encore plus, l’Iran.

Et la suite  ? Que fera Washington  ?

S’agissant des puissances disposant d’une dissuasion nucléaire indépendante de portée mondiale, qui à part la Russie sont au nombre de trois (5), il n’y a guère de réaction à attendre de la Chine ni de la France, qui toutes deux s’en tiennent à une dissuasion de format minimal, centrée exclusivement sur la garantie des intérêts vitaux du pays. Que la Russie se dote ou non d’armes nucléaires plus nombreuses ou différentes n’a pas d’impact sur la stratégie de ces pays, qui décident de leur dissuasion en fonction des besoins de leur défense, non d’une exigence de « parité » avec qui que ce soit. Très raisonnablement et honnêtement, ni Chine ni France n’ont d’ailleurs donné aucune « garantie nucléaire » à quelque pays étranger que ce soit, à l’inverse des Etats-Unis prétendant contre toute vraisemblance qu’ils mettraient en danger New York et Los Angeles – qui leur sont vitales – en utilisant des armes nucléaires pour défendre Berlin ou Tokyo – qui ne sont pas vitales pour les Etats-Unis – ou de la Russie dont Vladimir Poutine a affirmé de manière tout aussi peu crédible que sa dissuasion serait mise en œuvre aussi pour le bénéfice de ses « alliés  ».

Mais les Etats-Unis vivent bien comme la Russie dans l’illusion que la parité dans le nombre et les caractéristiques techniques des armes nucléaires aurait un sens en soi. Washington et Moscou maintiennent bien à eux deux un stock d’armes nucléaires représentant plus de 90% du total mondial, sans autre raison que de prestige, d’habitude et de bureaucratie militaire attachée à survivre voire croître quels que soient les véritables besoins du pays. Dans ces conditions, les Etats-Unis déjà en train d’ouvrir les vannes du financement pourtant déjà très copieux de leur armée resteront-ils sans réagir  ?

S’il est raisonnable de s’attendre à ce que Paris et Pékin soient encouragés à poursuivre leurs recherches déjà en cours sur l’hypersonique aérobie, si l’existence du Kinzhal aérobie ou non devrait inciter à renforcer la protection antimissile du groupe naval français au-delà de la modernisation déjà en cours, selon les lignes mises en avant dans le rapport du Sénat sur le sujet en 2011, c’est bien les Etats-Unis qui pourraient potentiellement réagir très fortement à un discours de Poutine qui ressemble, plus qu’un défi, à une véritable provocation destinée à provoquer réponse, et peut-être rage.

Sans doute, le porte-parole du Kremlin a insisté sur le fait que la Russie ne cherchait aucunement à relancer une course aux armements – contredisant au passage son président qui affirmait dans son discours que course aux armements il y avait bien eu, et qu’elle était terminée avec victoire russe par KO – mais il est difficile d’imaginer Washington se contenter de cette déclaration

"Il ne s’agit que d’une réponse de la Russie au retrait des Etats-Unis de l’accord sur le système de défense antimissile et au processus très actif de développement d’un système antimissile global qui est à même de violer la parité stratégique et nucléaire et de neutraliser de fait les forces stratégiques russes", a indiqué M. Peskov vendredi.

Les Etats-Unis, par ailleurs candidat sérieux pour les Darwin Awards puisque leur retrait du traité ABM en 2002 pour développer à coups de dizaines de milliards des défenses antimissile peu fiables au point d’être ridicules n’a abouti qu’à la modernisation à marche forcée des forces nucléaires russes et la relance de la R&D militaire certes en grande partie Potemkine pour ce qui est du récent discours de Poutine mais pas entièrement, vont probablement faire leur possible - et multiplier encore les dépenses pour "rattraper" leur "retard".

Faut-il d’ailleurs rajouter aux raisons du discours de Vladimir Poutine discutées plus haut l’espoir d’inciter Washington précisément à cela, et de stériliser une bonne part des dépenses de R&D militaire américaine en l’engageant sur des voies sans issue, à tenter de reproduire des exploits technologiques bidon  ?

Trump_Happy.jpg

Emmanuel a son joli défilé militaire annuel, Donald veut le sien et plus beau encore  !

Vladimir a ses nouvelles armes nucléaires extraordinaires, Donald voudra-t-il les siennes et encore plus impressionnantes  ?

 

1 - Gueorgy Arbatov, accompagnant Mikhaïl Gorbatchev lors de sa première visite à Washington, avait prévenu « Nous allons vous faire quelque chose de terrible : nous allons vous priver d’ennemi ». Vladimir Poutine est certes bien meilleur pour le CMI américain que ne l’était le diplomate Arbatov…

2 - Sous-marin nucléaire lanceur d’engins, c’est-à-dire les bâtiments embarquant des missiles balistiques nucléaires invulnérables à une première frappe car indétectables pour peu que le sous-marin soit suffisamment furtif

3 - L’étude par Crédit Suisse de la richesse mondiale et de sa répartition montre que l’inégalité maximale de la distribution de richesses - coefficient de Gini supérieur à 90, sur une échelle allant jusqu’à 100 - n’est atteinte parmi les pays développés qu’en Russie et en Ukraine, nettement pires même que les Etats-Unis sur ce critère (source, pages 106 et suivantes)

4 - L’expression est issue d’Emile Ollivier, annonçant en 1870 à l’Assemblée la déclaration de guerre à la Prusse par ces mots : « Cette guerre, nous la déclarons d’un cœur léger »

5 - Le Royaume-Uni a des armes nucléaires de portée mondiale, mais elles ne sont pas indépendantes des Etats-Unis, il ne s’agit dans les faits que de balistiques mer-sol américains issus du même lot opérationnel que les SNLE américains utilisent - autant dire que la capacité même de Londres à ordonner une frappe nucléaire sans obtenir d’abord l’autorisation de Washington peut être mise en doute. Les autres pays nucléaires Israël, Inde, Pakistan et Corée du Nord ne disposent pas d’armes nucléaires opérationnelles indépendantes de portée mondiale... même si Pyongyang s’en rapproche à très grande vitesse


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109 réactions à cet article    


  • Jean Roque Jean Roque 5 mars 16:24

    Folamour dirait qu’il manque à Poutine la machine infernale de « la main morte », la réplique automatique par Skynet. smiley
     
    La différence entre l’oligarque russe et Rothschild, Monsanto où Goldman-Sachs d’occident, c’est que l’état russe n’est pas son sérail privé, au contraire du bordel organisé de l’UE.
     
    Tout oligarque russe, aussi riche soit il, sait que s’il joue contre l’intérêt national, il finit mal.... lui.


    • Christ Roi Christ Roi 6 mars 14:33

      Pourquoi l’auteur de cet article ne critique-t-il pas les USA ? Pour qui travaille l’auteur ? Qui le paye ? 


    • Timmar 6 mars 14:34

      @Jean Roque
      un oligarque par définition agit contre l’interêt national : un oligarque s’octroie les ressources qui reviennent de droits à TOUS les habitants du pays, il s’accapare le pouvoir et vie au dépend des libertès des autres...

      La vraie difference entre l’UE et la Russie c’est que cette derniére est ENCORE PLUS inégalitaire et antisociale.
      ce que cherchent à faire certains de nos dirigeants et les grand groups UE est de tendre vers un systeme oligarchique.
      Dans les 2 cas, la patrie , l’interêt national et toutes ces conneries ne les interessent absolument pas.

      rappelons également que les seuls personnes genre Dassault ou autre fabricants d’armes qui siégent aussi au sénat =>des oligarques ont interêt à faire proliférer ces machines de morts qui vont probablement tous nous tuer...

    • Alexis Toulet Alexis Toulet 6 mars 18:03

      @Christ Roi

      « Pourquoi l’auteur de cet article ne critique-t-il pas les USA ? »

      Pourquoi l’honorable lecteur a-t-il négligé de lire l’article avant de le commenter ? smiley

    • Tom France Tom France 5 mars 16:34

      Peut être aussi que la Russie tente d’avertir les US dont la plupart des oligarques ayant ruinés pour la xème fois le système économique dans sa très courte histoire veulent déclencher une 3 ème guerre mondiale pour sauver son système en faillite et empêcher d’autre axes de reprendre les rênes de la domination (la Chine et ses routes de la soie aussi). D’autant que la menace aux frontières Russes est bien là au vu des manoeuvres de l’otan et consort souhaitant plus que jamais contenir l’ourse et son influence sur l’Europe et le reste du monde ! 

      Quand à la situation des Russes, je crois que d’un point de vue, nous sommes pratiquement dans la même situation à certaines exception que nous n’avons pas eu de décennie noire et que la planche à billet et tous les trucages organisés par les globalistes et leurs médias pour faire perdurer cet état de fait a plutôt bien réussi.

      • Alren Alren 5 mars 18:15

        @Tom France

        Si je déchiffre bien vos phrases alambiquées, vous prétendez que le système russe est en faillite ?
        Je me demande bien quelles preuves vous avez que le rouble va bientôt s’effondrer.
        Tous les économistes mêmes à droite parlent plutôt de l’effondrement du dollar !!!


      • baldis30 6 mars 09:47

        @Alren
        bonjour,

        moi aussi je n’ai rien compris à ce qu’il a voulu exprimer ... !


      • Dzan 6 mars 10:14

        @Tom France
        Le 1er mars 1944, le dictateur Hitler, s’exprimant devant les généraux, le grand rassemblement des hauts responsables du Parti, a consacré un bon tiers de son discours, à la description dithyrambique de nouvelles armes avancées, annonçant au monde que le pays, désormais d’armes extraordinaires, sans équivalent dans aucun autre pays, et appuyant ses propos d’adjectifs enthousiastes.

        Comment on traduit en Russe :Vergeltungswaffen ?


      • roman_garev 6 mars 11:01

        @Dzan
        Et alors ? Est-ce que Hitler n’a pas envahi toute l’Europe, y compris la France avec sa « glorieuse » année 1940 ?

        S’il n’y avait pas de Russie, vous tous seriez toujours dans le sein du Reich. Aucune « Libération » n’aurait pas été venue de l’outre-mer sans que 85% de divisions allemandes (y compris tous les détachements français, alliés de Hitler) eussent été anéanties au Front de l’Est
        Seule la Russie a su freiner les ambitions de Hitler (tout comme de votre Napoléon un siècle avant).
        Est-ce à vous vous vanter de la victoire sur Hitler ? Ce n’est qu’à Staline de vous avoir inscrit sur la liste des vainqueurs...

        Et qui va freiner la Russie de nos jours ?

        Vous souvenez-vous de cette salve fameuse trumpienne de Tomahawks sur l’aérodrome syrien ? De 59 missiles soi-disant « super-précises » lancés seuls les 23 ont atteint les environs de l’aérodrome, et de ces 23 seulement trois ont explosé sur l’aérodrome, dont un seul a causé quelque dégât à un avion (les deux autres ont endommagé la piste de décollage ; à peine une heure de travail à réparer). Et dire que ni la DAM, ni la simple DCA (Défense contre-aérienne) n’ont été impliquées, rien que des moyens de la guerre radio-électronique... 

      • Dzan 6 mars 12:52

        @roman_garev
        C’était bien sûr du 2ème degré.
        Vous n’avez jamais vu des « détournements » du discours de Hitler, dans le film, La Chute ?


      • roman_garev 6 mars 13:37

        @Dzan

        « C’était du 2me dégré », c’est quoi ?
        Votre 1940 ?
        Votre soi-disant victoire sur Hitler ?
        L’URSS qui a vaincu ?
        La « glorieuse » salve de 60 missilles soi-disant « sans égaux » des Yankees (sans autre cause que leur haine envers Assad) qui devait, selon les espérances du clown enflé et de ses généraux débiles, rayer l’aérodrome de la carte, mais n’a produit qu’un pet de moustique ?
        À vous de choisir, cher troll....
        Rien à dire ? Alors passez, y rien à voir ici...

      • Tom France Tom France 6 mars 15:58

        @Alren
        Je voulais parler des oligarques ayant ruinés pour la x ème fois le système économique des US et mettant la pression via le pouvoir militaire pour déclencher cette guerre contre la Russie et la Chine. Poutine via le réarmement de son pays et son dernier discours prévient cette etat profond US et ses vassaux qu’ils ne se laissera pas intimider et qu’il ripostera !


      • Matlemat Matlemat 6 mars 18:38

        @roman_garev
         C’est vrai je pense que les américains n’ont débarqués en France qu’une fois l’armée allemande laminée par l’armée rouge alors que Staline réclamait depuis longtemps l’ouverture d’un deuxième front en Europe.

         Avant le debut de la 2eGM, le pacte de non agression germano-sovietique était pour Staline le moyen d’éviter une guerre sur deux fronts avec l’Allemagne d’un coté et le Japon de l’autre. Je pense qu’il se frottait les mains de voir les pays d’Europe de l’Ouest se déchirer, la Russie ayant beaucoup souffert lors de la 1eGM.
         Par contre bien que la guerre entre l’Allemagne et la Russie semble avoir été inévitable, la Russie est intervenue à cause de l’invasion barbare hitlérienne et non pour sauver les beaux yeux de l’Europe.  

      • Xenozoid Xenozoid 5 mars 16:40

        la question qui se pose ?

        avez vous plus + peur que hier ?


        • Ruut Ruut 6 mars 06:27

          @Xenozoid
          Moi c’est mes présidents qui me font peur. Pas les Russes qui n’ont jamais agressé qui que ce soit.


        • Dzan 6 mars 10:15

          @Ruut
          En Tchétchénie, ils ont distribué des roses ?


        • roman_garev 6 mars 10:49

          @Dzan
          Et vous, que faites vous de vos terroristes ?


        • samy Levrai samy Levrai 6 mars 14:17

          @Dzan
          Sans déc tu ne sais pas que la Tchetchenie fait partie de la fédération russe ? Tu croyais à un pays agressé alors qu’il semblerait que les sponsors du terrorisme islamiste ont plus que tenté de déstabiliser la Russie...

          Pourquoi ne te renseignés tu pas avant d ’écrire sur un sujet ? 

        • Doume65 6 mars 23:25

          @Dzan
          « En Tchétchénie, ils ont distribué des roses ? »
          La tchétchénie, c’était un première tentative d’État Islamiste tel que l’a rêvé DAECH. Certes, Poutine a profité de la situation pour sa campagne électorale, mais rétrospectivement, il a évité (d’une manière relativement sauvage) le chaos qu’on a connu dernièrement en Syrie. N’oublions pas, pour remettre en perspective ces événements que les USA ont trouvé très bien de faire un million de mort en Irak, juste pour virer Saddam Hussein.


        • rogal 5 mars 17:01

          Pourquoi Folamour ? Menace (ou risque) de première frappe ?


          • Christian Labrune Christian Labrune 5 mars 17:12

            "Nous devons être conscients de cette réalité et être sûrs que tout ce que j’ai dit aujourd’hui n’est pas un bluff - et ce n’est pas un bluff, croyez-moi"
            ...................................................................... ......................
            à l’auteur,
            Votre article est extrêmement documenté, et tout à fait passionnant.

            Il y a deux ou trois semaines, Trump avait annoncé que l’Amérique allait s’efforcer de moderniser son armement atomique : faire en sorte que les armes utilisées aient un rayon d’action beaucoup plus limité que les vieilles bombes H, lesquelles explosant sur une ville comme Paris seraient capables de tout vitrifier jusqu’au périphérique. Du coup, et même si ce n’était pas explicitement formulé, on devait comprendre qu’en cas de conflit majeur avec des états-voyous du genre Iran ou Corée, il deviendrait possible de faire quelque chose sans provoquer l’apocalypse nucléaire tant redoutée depuis 1945.

            Lavrov avait vivement protesté : il s’agissait d’une véritable provocation : les Etats-Unis relançaient la course aux armements et menaçaient la paix du monde.

            Je suis frappé de voir que les récentes déclarations de Poutine font pendant à celles de Trump, disent à peu près la même chose et font même entrevoir des développements encore plus pointus. Elles rendent ipso facto parfaitement ridicules les protestations du pauvre Lavrov en faisant de lui un parfait Tartuffe.

            Il entre évidemment dans tout cela une part de bluff. Les services du renseignement, aussi bien du côté américain que du côté des Russes doivent savoir assez précisément à quoi s’en tenir sur les capacités de l’adversaire, mais le citoyen ordinaire n’est pas vraiment en mesure de comprendre quelque chose à la complexité des enjeux stratégiques.

            Les recherches sur de nouvelles armes ont dû beaucoup progresser, ces dernières années. Les lasers destructeurs de missiles ne sont pas encore au point, mais qu’en est-il des bombes à neutrons dont on n’entend plus parler ? Qu’en est-il de l’e-bomb, dont les effets électro-magnétiques mettent hors d’usage toutes les infrastructures électriques ? Vous paraissez très bien informé sur toutes ces questions, et on vous saurait gré de nous faire profiter de votre savoir.


            • Alren Alren 5 mars 18:33

              @Christian Labrune

              "Je suis frappé de voir que les récentes déclarations de Poutine font pendant à celles de Trump, disent à peu près la même chose et font même entrevoir des développements encore plus pointus. Elles rendent ipso facto parfaitement ridicules les protestations du pauvre Lavrov en faisant de lui un parfait Tartuffe."

              Il y une petite différence qui semble vous avoir échappé : Trump parle d’utiliser de petites charges nucléaires (il pourrait ressusciter la bombe à neutrons à l’honneur sous Giscard) comme des armes d’assaut équivalentes à du conventionnel.

              Poutine n’envisage l’utilisation du nucléaire que contre un ennemi ayant utilisé de telles armes nucléaires pour l’agression de la Russie ou d’un allié. Si l’agresseur utilise des armes conventionnelles, les Russes répliqueront par des armes conventionnelles.

              Ce n’est pas tout à fait la même chose !!!

              Pour répondre à l’auteur de l’article, que je félicite moi aussi pour sa documentation, je voudrais souligner qu’un engin se déplaçant à mach 10 même dans une atmosphère très raréfiée consomme énormément d’énergie.

              Le seul intérêt du missile aérobie est qu’il n’a pas à emporter le comburant ou son équivalent dans la poudre de propulsion. Mais cela ne représente qu’une faible portion du poids du missile surtout si celui-ci est à moyenne portée, compte-tenu de la présence nécessaire pour l’aérobie d’un système complexe de ralentisseurs de l’air entrant dans le réacteur ; car la combustion propulsive ne peut avoir lieu avec un air circulant à vitesse supersonique.

              Donc l’intérêt d’un missile à mach 10 aérobie n’est peut être pas d’un si grand intérêt, d’autant plus que pour attaquer un porte-avion, par définition à l’altitude zéro, ledit missile devra ralentir dans les couches denses de l’atmosphère, faute de quoi, outre une traînée terrible, il fondrait avant d’atteindre sa cible !!!


            • leypanou 6 mars 08:34

              @Christian Labrune
              Du coup, et même si ce n’était pas explicitement formulé, on devait comprendre qu’en cas de conflit majeur avec des états-voyous du genre Iran ou Corée : combien de pays agressés par ces états voyous ? Et combien par le grand Satan et le petit Satan ?
              Toujours en train de délirer. Vous faites pitié.


            • JC_Lavau JC_Lavau 6 mars 09:06

              @Jarnicoton. C’est parce que la physique n’est pas de la « science citoyenne », voyons ! Jarnicotonbleu !


              Et crime plus grave encore, la physique, ça n’est pas des « études féministes », aussi doit-elle être détruite.

            • baldis30 6 mars 09:55

              @JC_Lavau

              bonjour,

              « C’est parce que la physique n’est pas de la « science citoyenne  »

              L’avez-vous voté le principe de Carnot ? Sachez.... mossieu ... que lorsqu’un certain parti sera au pouvoir votre principe de Carnot n’aura plus cours !  smiley

              Et le principe d’ Archimède c’est d’un totalitarisme qui dure depuis plus de 2000 ans !  smiley


            • Christian Labrune Christian Labrune 6 mars 10:07

              Il y une petite différence qui semble vous avoir échappé : Trump parle d’utiliser de petites charges nucléaires (il pourrait ressusciter la bombe à neutrons à l’honneur sous Giscard) comme des armes d’assaut équivalentes à du conventionnel.
              ------------------------------------------------------------------
              @Alren

              Votre remarque est tout à fait pertinente. D’un côté, effectivement, on a ce que les braves conspirationnistes d’Agoravox qui ont fait de la série Star Wars leur Evangile appellent l’Empire, c’est-à-dire le mal absolu niché dans les profondeurs profondes de l’état américain, et de l’autre côté, le camp du Bien représenté par l’URSS et ses alliés, dont l’Iran. C’est l’allégorie classique du Vice et de la Vertu.

              C’est que nous avons tout à craindre des Etats-Unis. En particulier, une bombe thermonucléaire sur Notre-Dame de Paris qui détruirait notre belle capitale, mais rien à craindre des alliés iraniens de la Sainte Russie. Au reste, Jean-Yves le Drian était hier à Téhéran. Il s’inquiétait des missiles balistiques et des progrès des recherches nucléaires en cours dans les sites auxquels il est interdit à la commission de contrôle des accords nucléaires d’avoir accès. Le très souriant Javad Zarif l’a grandement rassuré : les missiles iraniens ne sont pas faits pour l’attaque. Et de fait, il faut se rendre à l’évidence, aucun politicien iranien, aucun militaire iranien, pas même le général Soleimani, n’a jamais proféré les moindres menaces à l’égard du plus petit état du Moyen-Orient.

              Le rôle pacificateur de l’Iran dans la région est admirable : Gaza, le Liban, la Syrie, l’Irak et peut-être bien demain le Yémen sont entièrement sous contrôle iranien. On parle beaucoup de la Ghouta orientale en ce moment, mais sans les Gardiens de la Révolution islamique et les Russes dans la région, qui protègent la paix en Syrie, avec l’aide aussi du bon Erdogan, ce serait terrible pour les populations civiles.

              J’apprenais ce matin qu’après la claque bien méritée reçue par Le Drian qui avait osé douter des intentions pacifiques de l’Iran, le musée du Louvre vient d’envoyer de quoi réaliser une belle exposition à Téhéran (*), mais pas de nus, Dieu merci ! La paix progresse donc, et quand Macron sera allé faire à son tour le macron à Téhéran (Rohani l’attend pour lui remonter aussi les bretelles), tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme entre la conférence de Münich et l’invasion de la Pologne par les troupes du Guide. Pas Khamenei : l’autre Führer, celui des années 40.

              (*) Pendant que le Louvre envoie un peu partout ses plus fragiles chefs d’oeuvre, il faut bien constater que le musée parisien se vide. Je ne compte plus les socles supportant d’abolies statues qu’un petit cartel (mais pas toujours !) signale déjà parties pour le bout du monde. Toutes les salles sont ouvertes pendant le week-end mais, désormais, les autres jours, un tiers sont fermées, par roulement. Le « grand » Louvre n’existe plus. Peu importe, au fond, si la paix dans le monde est à ce prix : ça coûte moins cher que d’envoyer un porte-avions atomique du côté du détroit d’Ormuz ! Je doute quand même que cela puisse avoir la même efficacité.


            • Alren Alren 6 mars 12:52

              @Jarnicoton

              « Ce n’est pas le poids de la tôlerie de l’entrée d’air qui va changer cela fondamentalement. » 

              Un missile à poudre est très simple dans son schéma : un réservoir et une tuyère d’échappement.

              Il n’en serait pas de même pour une réacteur hypersonique. D’abord y aurait-il des pièces tournantes dans ce réacteur ? On sait que les pales des compresseurs de turboréacteurs ne résisteraient pas à l’énorme pression de l’air arrivant à plus de 10 000 m/s (!) dans les entrées d’air et que la combustion serait soufflée comme on souffle une bougie si on tentait de l’obtenir à une telle vitesse, du moins pour un combustible liquide ou gazeux.

              Donc le poids du système permettant une combustion subsonique serait loin d’être négligeable.
              Ajoutons que le système devrait fonctionner à une vitesse tout juste supersonique dans l’air dense du niveau de la mer pour atteindre le porte-avions sans que le mur de la chaleur détruise le missile.

              Personne n’a réussi jusqu’à présent à réaliser un statoréacteur capable de fonction à mach 10 et à mach 1,5.


            • agent ananas agent ananas 6 mars 16:59

              @Christian Labrune
              Dans votre liste d’états voyous vous oubliez Israël et l’Arabie Saoudite qui eux agressent leurs voisins au contraire de l’Iran et de la Corée du Nord ...


            • wawa wawa 6 mars 17:01

              @baldis30, jarnicoton, lavau
              .
              Je propose aussi que l’on abroge la loi de la pesanteur pour les véhicule, qui permettra de fabriquer des voiture volante a moindre coût.
              .
              Messieurs les députés, mais qu’attendez vous pour voter cette abrogation ?
              vous pouviez pas y penser plus tot ?
              .
              (j’avais plutot en mémoire 1kg de gasoil pour 4 kg d’O²)


            • Christian Labrune Christian Labrune 6 mars 17:57

              Dans votre liste d’états voyous vous oubliez Israël et l’Arabie Saoudite qui eux agressent leurs voisins au contraire de l’Iran et de la Corée du Nord ...
              =========================================
              @agent ananas

              C’est que je suis sioniste autant qu’on peut l’être, et le changement de cap actuel de l’Arabie saoudite, même si tout cela est encore bien fragile, me satisfait pleinement. Je ne vois donc pas ce que ces pays-là auraient à faire dans la liste que vous évoquez. Vous ne m’aurez probablement pas bien compris.

              Quand vous parlez d’une agression, vous faites certainement allusion aux dizaines de roquettes envoyées ces dernières semaines par le Hamas, allié des iraniens, sur le sud d’Israël ? Votre phrase est un peu mal foutue, et j’avais compris l’inverse. Moi aussi, quelquefois, écrivant trop vite, je dis le contraire de ce que j’avais voulu formuler. Quand on s’en rend compte, on ajoute alors un correctif, évidemment, mais c’est barbant, et cette fois vous n’aurez pas à le faire vous-même puisque je viens de m’en charger.

              Concernant cette agression, vous avez dû comme moi entendre les menaces récentes de l’Egypte représentant au Hamas que s’il continuait à pilonner Israël de cette façon, la riposte ne tarderait pas à être extrêmement violente et que, cette fois, il serait définitivement ratatiné. Je pense que l’avertissement venait d’Israël qui travaille main dans la main avec les Egyptiens dans le Sinaï, mais il valait mieux que cela fût transmis par l’intermédiaire de l’Egypte : les terroristes du Hamas sont extraordinairement cons et pour en être compris, il vaut toujours mieux que les choses leur soient dites dans leur propre langue.


            • Alexis Toulet Alexis Toulet 6 mars 18:11

              « @Christian Labrune

               »D’un côté, effectivement, on a ce que les braves conspirationnistes d’Agoravox qui ont fait de la série Star Wars leur Evangile appellent l’Empire, c’est-à-dire le mal absolu niché dans les profondeurs profondes de l’état américain, et de l’autre côté, le camp du Bien représenté par l’URSS et ses alliés, dont l’Iran. C’est l’allégorie classique du Vice et de la Vertu. C’est que nous avons tout à craindre des Etats-Unis.« 

              Les uns et les autres, les partisans de Poutine et les partisans du Bloc atlantique, ont chacun leur part de vérité :
              - Les premiers remarquent avec raison que les Etats-Unis ne sont pas notre allié, au mieux notre suzerain. On peut se rapporter à Suez 1956 pour une démonstration »en vraie grandeur".
              - Les seconds remarquent avec tout autant de justesse que la Russie n’est pas notre alliée non plus. On peut encore une fois se rapporter à Suez 1956 en effet.

              La réalité c’est que seule la France est pour la France. C’est une réalité qui peut déplaire, mais mieux vaut la regarder en face.

              Etre le fan boy ou la fan girl d’un pays étranger quel qu’il soit c’est succomber à une illusion.

            • Christian Labrune Christian Labrune 6 mars 21:21

              La réalité c’est que seule la France est pour la France. C’est une réalité qui peut déplaire, mais mieux vaut la regarder en face.
              =================================
              @Alexis Toulet

              Certes, il est de fait que les états sont des monstres froids qui, même à l’intérieur d’une alliance, se préfèrent toujours à leurs alliés. C’est dans la nature des choses et je n’ai rien contre. Il reste qu’il serait quand même un peu hâtif de renoncer pour autant à la distinction entre alliés et ennemis, surtout quand le ciel s’assombrit et que le spectre de la guerre apparaît à l’horizon.

              Je ne pense pas qu’il faille considérer la Russie, même si elle est actuellement une dictature aux antipodes de nos conceptions politique, comme un ennemi. Vu d’AgoraVox et avec beaucoup de retard sur les événements, Poutine dominerait le Moyen-Orient, mais c’est de moins en moins vrai, et le faux allié iranien qui lui est nécessaire pour s’assurer des bases en Syrie sur la Méditerranée commence à devenir un boulet extrêmement pesant qui va être de plus en plus difficile à traîner. S’il y a un régime qui tire les marrons du feu en ce moment, c’est celui de Téhéran.

               Ce que j’incrimine, c’est moins une sympathie bien légitime pour les Russes, que je partage tout à fait (pour moi, l’Europe devrait aller « de l’atlantique à l’Oural ») qu’une cécité concernant l’islamo-nazisme iranien et ses visées hégémoniques sur tout le Moyen-Orient. Là est l’ENNEMI, et après l’entrevue d’hier entre Le Drian et les Iraniens, il sera de plus en plus difficile de faire abstraction d’une situation qui ne va pas tarder à devenir explosive.

               Trump avait prévenu que les Etats-unis se retireraient en mai des accords sur le nucléaire s’ils n’étaient pas renégociés à la demande des Européens. Que le gouvernement français ait cru pouvoir obtenir des assurances du côté de l’Iran, c’était d’une naïveté consternante. Il ne sera pas possible de changer quoi que ce soit aux accords de Vienne, et il importerait que les gouvernants européens cessassent au plus vite de se raconter des histoires. Sun Szu, le grand stratège de l’époque des Royaumes combattants posait un principe qui reste toujours vrai : lorsqu’on n’est pas capable de savoir clairement qui sont nos ennemis, on perd toutes les guerres.

              Vous dites que « seule la France est pour la France », mais ce qui me frappe surtout, c’est que depuis déjà pas mal d’années les gouvernements successifs, et l’actuel aussi bien que les précédents, travaillent plutôt CONTRE la France en choisissant leurs alliances en dépit du bon sens. Avoir choisi, il y a déjà longtemps, de privilégier des relations avec le Qatar, c’était d’une imbécillité terrifiante. Avoir accepté d’adopter, pour quelques misérables bouts de gras, une politique conciliante avec des régimes aussi pourris que la Turquie d’Erdogan ou l’Iran de Khamenei, c’était carrément criminel, et nous n’allons pas tarder, si rien ne change, à en payer les conséquences au prix fort.


            • agent ananas agent ananas 6 mars 21:48

              @Christian Labrune
              Quand vous parlez d’une agression, vous faites certainement allusion aux dizaines de roquettes envoyées ces dernières semaines par le Hamas, allié des iraniens, sur le sud d’Israël ?

              Quid des islamistes de DAECH/ISIS, proxies de l’OTAN ?
              Pour votre information, Hamas n’est pas allié à l’Iran ... Vous devez confondre avec le Hezbollah !



            • roman_garev 8 mars 20:54

              @Alexis Toulet
              « La réalité c’est que seule la France est pour la France. C’est une réalité qui peut déplaire, mais mieux vaut la regarder en face. »


              D’étranges réalités qui vous entourent... Et l’OTAN ? Jamais entendu parler ?

              Vos paroles ne seront justes qu’une fois la France sortie de ce bloc agressif.

            • Alexis Toulet Alexis Toulet 9 mars 17:41

              @roman_garev


              Je le répète : seule la France est pour la France.

              L’OTAN non plus n’est pas pour la France, si c’est ce que vous vouliez dire.

            • JC_Lavau JC_Lavau 9 mars 17:46

              @Alexis Toulet. Dans quel camp classer celui qui a re-soumis la France à l’OTAN ?

              Et supprimé la qualification pénale du crime de haute trahison ?

            • Alexis Toulet Alexis Toulet 9 mars 17:52

              @JC_Lavau

              Aucun rapport avec le sujet de la discussion, qui était ma remarque comme quoi être le fan boy ou la fan girl d’un pays étranger quel qu’il soit c’est succomber à une illusion.

              Ceci étant tout aussi valable pour les Etats-Unis, pour la Russie, la Chine ou qui que ce soit d’autre.

              Si vous n’êtes pas d’accord avec cette idée, merci d’expliquer pourquoi ?

            • JC_Lavau JC_Lavau 9 mars 20:05

              @Alexis Toulet. Ai-je eu la berlue quand je lis des généraux français expliquer que l’armée française n’est plus au service de la France mais au service de Waginshton ?
               

              Ai-je eu la berlue quand j’ai vu le petit locataire du 55 rue du faubourg Saint-Honoré remettre la France aux ordres de l’OTAN, qui lui-même via Waginshton est aux ordres de Tel Aviv ?
               
              Ai-je eu la berlue quand j’ai vu l’occupant du 37 quai d’Orsay grenouiller tout ce qu’il a pu pour envoyer l’armée française faire la guerre aux syriens pour le service d’israël ? Ça a duré comme ça jusqu’à ce que Vladimir Vladimirovitch lui siffle la fin de la récré.

              Ai-je eu la berlue quand j’ai entendu Normal 1er exhiber sa débilité profonde, par inquiétude de voir ses services spéciaux à Alep tomber aux mains de Djeich Sourya, le 10 octobre 2016, inquiétude de ne pouvoir les exfiltrer à temps ?

            • tiers_inclus 5 mars 17:18

              Une montée en puissance aussi impressionnante que celle de l’Allemagne avant-guerre. Des observateurs occidentaux et particulièrement français (c’était déjà le cas avant-guerre mais cette fois on a même pas Maginot) incrédules et infatués façon autruche. Ce n’est pas du bluff car cette capacité s’est développée et a été testée sous nos yeux parallèlement à une recherche et une innovation technologique civile dans tous les domaines comme je le rapporte depuis 7 ou 8 ans.

              Dans la prochaine décennie le gap technologique va s’accroître considérablement entre la Russie, la Chine, les US (à la condition de nombreuses réformes sinon ils seront largués) et les autres états.

              Préoccupant pour la France car nos contre-mesures sont dépassées et notre dissuasion quasiment inopérante.
              Un seul Sarmat renvoie la France à l’âge de pierre.

              Quant à l’Otan ce n’est pas la solution. Le désengagement US témoigne de la nécessité de financer leur retard sans trainer un boulet et ceci dans un contexte où les années du dollar sont comptées.

              Les US devront s’ils le peuvent redevenir efficients et pour cela il faudra cesser d’engraisser les oligarques et les gabegies de ces derniers. Mauvaise nouvelle pour le NOM.

              La stratégie de réarmement de la Russie est compréhensible. C’est un pays immense ,riche , quasiment vierge qui va devenir incontournable dans le contexte écologique à venir. Depuis longtemps source de convoitise la tendance ne peut que s’accroître.

              Il faudra bien un jour sortir de ces nationalismes et revenir à une mondialisation. Pour réussir il faudra renoncer à l’ universalisme arrogant et rassembler les nations autrement que par l’économie marchande.

              On peut alors rêver à la prophétie de Malraux.

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