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Que se passe-t-il après la visite de Pelosi à Taiwan  ?

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Quiconque a suivi la réaction de la Chine à la récente visite à Taïwan de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, sait que Pékin est en pleine confusion stratégique sur la manière de réagir. Pékin considère déjà que cette visite crée un dangereux précédent. Dans ce contexte, le président chinois Xi Jinping a averti le gouvernement américain que ceux qui jouent avec le feu risquent de mal finir.

Tout indique que la Chine a l’intention de répondre avec force, publiquement et durement au comportement des États-Unis, même si c’est au niveau législatif et non exécutif. Après la visite, cependant, ces réactions ont eu tendance à se concentrer sur la «  punition  » de Taïwan, et pas seulement des États-Unis.

Dans tous les cas, la réponse de la Chine ne suivrait pas un script particulier. Elle pourrait même inclure un éventail de réponses formelles et informelles, telles que des cyberattaques anonymes sur les installations stratégiques de Taïwan et une interdiction des importations de produits taïwanais.

Cette mesure a déjà été annoncée avec une liste de 100 produits, ainsi que des dommages importants aux industries de la logistique et de l’ingénierie de Taïwan, comme la suspension des expéditions de sable chinois vers Taïwan. Cette action est décrite par les experts comme dangereuse et très lourde de conséquences. L’industrie taïwanaise des micropuces est totalement dépendante du sable chinois.

Les marchés financiers ont donné une indication des conséquences de cette visite, qui a été perçue avec un calme relatif frappant, malgré les exercices militaires ordonnés par Pékin. La situation semble être sous contrôle. La Chine peut recourir à l’arme favorite de l’administration Biden pour traiter avec ses concurrents et adversaires stratégiques  : des sanctions économiques douloureuses.

C’est la raison pour laquelle la crise se dirige probablement vers une issue économique. D’un point de vue purement stratégique, la Chine ne veut actuellement pas être impliquée dans un conflit militaire qui pourrait stopper son processus de développement et affecter négativement ses plans d’ascension.

Elle est bien consciente que l’hostilité à son égard est un dénominateur commun entre les républicains et les démocrates américains  ; Biden n’aurait guère de difficultés à rassembler le soutien intérieur américain pour un conflit militaire limité ou à grande échelle contre la Chine si nécessaire.

Pékin préfère donc qu’une escalade contre les États-Unis en réponse à la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, bien qu’annoncée et vigoureuse, soit calculée et très circonspecte. Il faut s’attendre à cela dans les conflits de grandes puissances qui donnent un sens à l’équilibre des forces et aux limites de leurs capacités et de celles des autres.

Elles calibrent soigneusement leurs mouvements, en particulier lorsqu’il s’agit d’une confrontation militaire potentielle. Les signes possibles d’une escalade de la crise taïwanaise et la ligne de pensée de Pékin peuvent être observés dans les prochaines actions de la Chine. La position de Taïwan dans l’industrie des semi-conducteurs est similaire à celle de l’Ukraine dans la culture et l’exportation de céréales sur le marché mondial.

Le pays produit environ 50 % de ce qui est échangé sur le système mondial dans une industrie qui est déjà en grave déficit en raison de la crise ukrainienne. Toute pression de la Chine dans ce sens ou toute action visant à affecter l’industrie taïwanaise pourrait déclencher une nouvelle crise mondiale.

Les États-Unis et les principales économies industrialisées ne peuvent pas supporter les goulets d’étranglement dans les industries des semi-conducteurs et des micropuces sur lesquelles toute la technologie est suspendue. Cette situation risque de frôler le bord d’une nouvelle détérioration de l’économie mondiale.

Contenir les retombées de la visite de Pelosi, que Pékin a qualifiée de «  farce  » politique et de visite «  maniaque », qui a mis l’APL en état d’alerte et a été décrite par la partie russe comme une tentative délibérée de Washington de mettre Pékin en colère, dépendra certainement de la façon dont la Chine évalue l’efficacité de ses actions militaires, politiques, diplomatiques et économiques pour démontrer sa puissance et sa détermination à restituer l’île de Taïwan au moment de son choix.

En d’autres termes, l’évaluation par la Chine des résultats de ces actions est essentielle pour résoudre la crise déclenchée par la visite de Pelosi, en supposant qu’il n’y ait pas d’erreurs ou de mauvais calculs dans les points de contact maritimes et aériens sino-américains ou sino-taïwanais.

Les attentes d’une escalade militaire chinoise en réponse à la visite sont faibles, car la Maison Blanche s’est empressée de s’en distancier officiellement et de déclarer son engagement en faveur d’une «  politique d’une seule Chine », privant ainsi toute action militaire chinoise potentielle de la justification politique qui pourrait être commercialisée au niveau international.

D’autre part, la visite pourrait être un moment opportun pour la Chine de réaffirmer sa position ferme sur l’île et de répondre aux déclarations répétées du président Biden selon lesquelles les États-Unis interviendraient pour soutenir Taïwan en cas d’invasion chinoise. Le président chinois Xi Jinping se prépare également pour son troisième mandat cette année.

Il veut faire valoir qu’il est prêt à faire face à la pression croissante des États-Unis, notamment en ce qui concerne une question aussi sensible pour les dirigeants chinois que Taïwan.


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7 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 8 août 19:55

    « Que se passe-t-il après la visite de Pelosi à Taiwan  ? »

    Une forte odeur d’urine !? smiley


    • voxa 9 août 08:51

      « Que se passe-t-il après la visite de Pelosi à Taiwan  »


      Ils ont mis un verrou sur la porte de sa chambre capitonnée.

      Ils ont augmenté les doses de calmants.

      Que faire de plus ?

      La sénilité est un naufrage ou l’humanité se noie.

      ...


      • Louis 9 août 23:54

        « Que se passe-t-il après la visite de Pelosi à Taiwan »  

        Rien. Sauf que certains exportateurs vont mettre la clef sous la porte et que certains importateurs devront s’approvisionner plus cher, le gouvernement central à Beijing exercera des pressions de tout ordre sur Taiwan pour faire en sorte que personne ne puisse se féliciter de la venue de Pelosi. Il faudrait peut-être rappeler que les taiwanais de l’ethnie Hans sont pour les Hans du continent des parents qui ont dû immigrer. Pour les chinois la famille c’est sacré.


        • yakafokon 28 août 17:41

          Le 25 Octobre, l’Assemblée Générale des Nations Unies a supprimé la République de Chine de Chang Kaï Chek, pour la remplacer par la République Populaire de Chine à laquelle elle a redonné ses droits légitimes, notamment sur l’île de Taïwan.

          Le vote a été de 76 voix pour, 35 voix contre ( dont bien-sûr les Etats-Unis ), et 17 abstentions !

          Il a été ordonné l’expulsion immédiate des représentants du Kuomintang, qui occupaient illégalement un siège aux Nations Unies, et l’île de Taïwan n’est plus qu’une simple province de la Chine continentale et donc n’a aucun droit à avoir une armée autre que celle de la R.P.C., ni à fortiori une armée étrangère, à savoir les Etats-Unis sur le sol chinois !

          Et Taïwan ne pourra jamais réclamer son indépendance au nom de la Charte des Nations-Unies sur le droit des peuples opprimés à disposer eux-mêmes de leur destin...car il n’y a jamais eu aucune oppression !

          D’ailleurs, malgré de multiples demandes à l’O.N.U., Taïwan s’est toujours cassé les dents, et ça n’est pas près de changer !

          A noter que la population de l’île est constituée de 84 % de chinois de l’ethnie Han, de 14 % des descendants de l’armée vaincue du Kuomintang, et de 2 % d’autochtones.

          U.S. Go Home ! Vous êtes très loin de la Floride, et trop près d’une armée chinoise qui devient chaque jour plus moderne et plus puissante.

          Cette situation d’occupant ne vous a jamais réussi, même devant des combattants faiblement armés, mais qui se battaient pour leur patrie, rappelez-vous !

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