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Retrait des forces à Stanitsa Louganskaya (RPL) - Entre espoirs et désillusions

Hier 26 juin 2019 a commencé le processus de désengagement des forces et équipements militaires près du point de passage de Stanitsa Louganskaya, situé entre la République Populaire de Lougansk et la partie de l’oblast de Lougansk occupée par l’Ukraine. Si ce retrait des soldats et des armes suscite beaucoup d’espoirs, les Républiques Populaires de Donetsk (RPD) et de Lougansk (RPL) se montrent très prudentes et craignent un nouveau sabotage de la part de Kiev.

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Photo : Lugansk Media Center

Il faut dire que cela fait trois ans que ce désengagement des forces et des équipements est censé avoir eu lieu. Après plus de 80 tentatives sabotées par Kiev, tant la RPL que la RPD se montrent très prudentes devant ce qui semble enfin être une avancée dans l’application des accords de Minsk.

Ainsi, hier à 12 h 00, les deux parties (Ukraine et RPL) ont tiré des fusées de signalisation blanches pour indiquer qu’ils étaient prêts à s’engager dans le processus. Puis à 12 h 15, les deux armées ont tiré des fusées de signalisation vertes, pour indiquer que le désengagement a enfin commencé.

Le processus de retrait des unités et des pièces d’armement peut durer jusqu’à trois jours. Il faut donc attendre demain soir avant de crier victoire.

Les deux parties doivent retirer leurs forces pour former des zones démilitarisées d’au moins 2 km de profondeur et 2 km de largeur. Toute avancée vers la zone de sécurité est interdite ainsi que toute présence de personnel militaire, d’armes, d’équipements militaires, de mines, de bombardements, de brouillages et d’activités restreignant la liberté de mouvement des patrouilles de la MSS de l’OSCE.

Devant ce début d’avancée dans l’application des accords de Minsk, tant la RPD que la RPL ont exprimé des espoirs modérés.

Vladislav Deïnego, ministre des Affaires étrangères de la RPL a dit espérer que le processus soit mené à terme, tout en attendant de voir si cela se réalisera.

«  Le processus a été lancé et il y a de l’espoir qu’il aboutisse. J‘espère que le désengagement permettra de stabiliser la situation. L’absence de contact visuel entre les deux parties a pour but de désamorcer la situation. Ce sont mes espoirs, mais voyons s’ils se réalisent  », a-t-il déclaré hier sur place.

Après plus de 80 tentatives de mener ce retrait des forces qui ont échoué, il y a de quoi rester plus que prudent. Le ministre des Affaires étrangères a aussi souligné le rôle important de l’OSCE dans ce processus délicat, qui implique de rétablir la confiance entre les deux parties du conflit.

« Les membres de la MSS de l’OSCE étaient toujours à nos côtés, surveillant littéralement chaque étape, nous aidant à synchroniser nos actions et restant en contact avec la patrouille miroir du côté ukrainien  », a-t-il ajouté.

Bien que ce désengagement ait lieu en RPL, la RPD surveille le processus de près. Car l’avancée sur ce point d’application des accords de Minsk pourrait indiquer que Kiev se décide enfin à progresser ne serait-ce qu’un peu dans la bonne direction.

Comme son collègue de la RPL, Natalia Nikonorova, ministre des Affaires étrangères de la RPD a exprimé un espoir mesuré devant le lancement du processus de retrait des forces.

« Pour évaluer le désengagement de Stanitsa Louganskaya, il faut tout d’abord attendre sa mise en œuvre concrète. Aujourd’hui, le processus vient juste de commencer, selon la décision-cadre, il faut au moins trois jours pour le mettre en œuvre  », a déclaré la ministre.

« Nous espérons que cette fois, la partie ukrainienne s’acquittera pleinement de ses obligations dans le cadre du désengagement et qu’elle ne répétera pas l’expérience déplorable des autorités précédentes », a ajouté Nikonorova.

De maigres espoirs qui risquent bien d’être déçus si on en croit les dernières informations venues de Lougansk. Car si la milice populaire de la RPL a annoncé avoir terminé aujourd’hui le retrait de ses forces de la zone de Stanitsa Louganskaya, il semble que Kiev, fidèle à ses vieilles habitudes s’apprête à saboter une fois de plus le processus sous des prétextes bidons.

« Selon les informations disponibles, comme nous le supposions malheureusement, l’Ukraine ne fait que simuler son intention de se désengager de Stanitsa Louganskaya  », a déclaré M. Deïnego.

«  Il y a plus de deux semaines, le 10 juin, ils ont refusé de se retirer sous un prétexte farfelu, alléguant une violation du cessez-le-feu dans la nuit du 8 juin, qu’ils avaient eux-mêmes perpétrée, selon nos informations. Cette fois, ils ont trouvé un autre prétexte pour refuser le désengagement. L’Ukraine prévoit une provocation demain. Son représentant refusera publiquement le désengagement en invoquant, comme prétexte, la présence d’une infrastructure civile dans la zone de désengagement », a ajouté M. Deïnego.

«  L’Ukraine exige que cette infrastructure soit démantelée, bien que cela ne soit pas prévu dans la décision-cadre. Nous sommes prêts à discuter des amendements à la décision-cadre lors de la prochaine réunion à Minsk », a déclaré le ministre.

«  Toutes les actions des parties doivent être symétriques et équivalentes. Toutes les modalités de retrait doivent être documentées. Aujourd’hui, nous le répétons, elles ne contiennent pas de telles conditions. L’Ukraine devra également démanteler les installations concernées, si nous parvenons à nous mettre d’accord sur ce point  », a déclaré M. Deïnego.

«  Nous pensons que la démarche que l’Ukraine prépare pour demain prouve qu’elle s’en tient à l’ancienne ligne politique visant à torpiller le processus de paix de Minsk. Nous exhortons l’Ukraine à mieux réfléchir et à assurer le désengagement définitif des forces dans la région de Stanitsa Louganskaya et à cesser de formuler des exigences qui ne sont pas prévues dans les décisions du Groupe de contact trilatéral. Nous demandons instamment à l’OSCE et à Martin Sajdik, Coordinateur de l’OSCE au sein du Groupe de contact trilatéral, d’empêcher une nouvelle interruption du désengagement des forces à Stanitsa Louganskaya. L’Ukraine l’a déjà interrompu plus de 80 fois. Il faut mettre un terme à cette mascarade  », a-t-il conclu.

Dans le même temps, l’armée ukrainienne a violé le cessez-le-feu à 20 reprises en RPD durant les dernières 24 h, tirant 401 munitions sur le territoire de la République, dont 144 obus de mortier de 120 mm et 82 mm. Ces tirs ont endommagé cinq maisons et plusieurs lignes électriques à Krasnyi Partizan et Kominternovo.

En RPL, l’armée ukrainienne a violé le cessez-le-feu à quatre reprises, tirant 85 munitions sur le territoire de la République, heureusement sans faire de destructions ni de victimes parmi les civils.

Comme on peut le voir les espoirs générés par le lancement du processus de désengagement des forces à Stanitsa Louganskaya restes ténus, tant les faits semblent indiquer que l’on se dirige tout droit vers de nouvelles désillusions.

Christelle Néant

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2 réactions à cet article    


  • Guy19550 Guy19550 30 juin 00:43

    C’est vrai que s’ils se retirent, c’est un signal très fort. Espérons pour la suite mais je me doute bien qu’il y aura bien quelqu’un pour bloquer le désengagement.

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