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RPD – La station de pompage de Vassilievka sous les tirs de l’armée ukrainienne

Alors que la situation sur la ligne de front en RPD continue de se dégrader de manière quasi-continue depuis le début de l’année, la station de pompage de Vassilievka s’est retrouvée prise sous les tirs de l’armée ukrainienne, obligeant les employés à se réfugier dans les abris anti-bombardement et empêchant un représentant de l’OSCE de se rendre sur place.

L’escalade militaire en RPD, la station de pompage de Vassilievka prise sous les tirs

Depuis le début de l’année 2020, l’escalade militaire en RPD (République Populaire de Donetsk) se poursuit, avec un nombre de violations du cessez-le-feu et de munitions tirées par l’armée ukrainienne qui ne cessent d’augmenter.

Malgré l’appel de la représentation de la RPD au sein du CCCC auprès de l’OSCE et des pays garants des accords de Minsk début mars 2020, lorsque l’artillerie de 122 mm a de nouveau été utilisée par l’armée ukrainienne contre la République, la situation a continué de se dégrader.

Rien que durant la semaine écoulée, du 7 au 13 mars 2020, l’armée ukrainienne a ainsi violé 102 fois le cessez-le-feu et tiré 877 munitions, dont 18 obus d’artillerie de 122 mm et 263 obus de mortier de 120 m et 82 mm contre le territoire de la RPD. Ces tirs ont endommagé 19 habitations et blessé un civil à Zaïtsevo, touché par un tir de sniper à l’abdomen.

Si on regarde sur un graphique l’évolution de la situation depuis le début de l’année, on constate une aggravation nette.

Cliquer sur le graphique pour le voir en grande taille :

Graphique des violations du cessez-le-feu en 2020

À l’heure où j’écris cet article, l’armée ukrainienne en est déjà à 25 violations du cessez-le-feu, et 211 munitions (dont 54 obus de mortier de 120 mm et 82 mm) tirées contre la RPD depuis ce matin, principalement contre la périphérie de Donetsk.

Sur ce total, 100 munitions de systèmes de défense anti-aériens (certainement du Zu-23) ont été tirées par les soldats ukrainiens contre la zone de la station de pompage de Vassilievka. Les employés de la station ont trouvé refuge dans les abris anti-bombardement et heureusement aucun n’a été blessé par ces tirs.

Station de pompage de Vassilievka

Or, le coordinateur de l’OSCE au sein du groupe de contact économique à Minsk, Ulrich Brandeburg, devait visiter la station de pompage aujourd’hui. Malgré les garanties de sécurité négociées avec l’Ukraine pour cette visite prévue à l’avance, l’armée ukrainienne a violé la trêve conclue alors même que les véhicules de l’OSCE et de la représentation de la RPD au sein du CCCC s’approchaient de la station de pompage, empêchant la visite d’avoir lieu.

À Zaïtsevo, les tirs de mortier de 82 mm menés par l’armée ukrainienne contre le village ce matin ont endommagé une maison, heureusement sans faire de victimes parmi les civils.

La situation se dégrade aussi à Petrovskoye, dans l’une des zones pilotes de désengagement, depuis que l’armée ukrainienne est revenue le 6 mars sur ses positions situées dans la zone censée rester démilitarisée. Après les tirs enregistrés dans cette zone le 10 mars, de nouveaux tirs ont eu lieu vers 7 h 25 ce matin, l’armée ukrainienne tirant avec des armes légères et des mitrailleuses lourdes contre le village de Petrovskoye.

De nouvelles initiatives pour avancer sur la résolution pacifique du conflit

Pendant que la situation militaire continue de se détériorer, une avancée diplomatique semble se dessiner. Ainsi lors de la réunion des groupes de contact à Minsk le 11 mars, un document important a été signé par l’Ukraine, la Russie, l’OSCE, la RPD et la RPL (République Populaire de Lougansk).

Protocole signé à Minsk

Protocole signé à Minsk page 2

Protocole signé à Minsk page 3

Protocole signé à Minsk page 4

Ce protocole que le site ZN.UA a publié sur son site, vise à créer un conseil consultatif constitué de représentants ukrainiens et de représentants de la RPD et de la RPL à égalité (10 pour l’Ukraine, et 10 pour les deux républiques), et d’un représentant par garant, à savoir la Russie, l’Allemagne, la France et l’OSCE.

Ce conseil consultatif, qui devrait être mis en place le 25 mars après accord de l’OSCE, de la France et de l’Allemagne, a pour but d’amener les deux parties du conflit à discuter ensemble de manière directe, sans passer par des intermédiaires (ce que les groupes de contact à Minsk sont censé faire depuis cinq ans, mais en vain), et sa tâche principale est d’élaborer des propositions pour faire avancer la mise en œuvre du volet politique des accords de Minsk.

Cette initiative est issue des négociations entre le chef de l’administration du Président ukrainien, Andreï Yermak et Dmitri Kozak, qui remplace Vladislav Sourkov dans la gestion du dossier ukrainien en Russie.

En plus de cet accord sur le volet politique de la résolution du conflit, d’autres accords ont été conclus lors de la réunion du 11 mars pour mener un nouvel échange de prisonniers et le désengagement des troupes.

Vladimir Poutine a aussi soutenu l’initiative de Viktor Medvedtchouk de créer une version parlementaire du Format Normandie, afin que les députés russes, français et allemands aident à convaincre leurs homologues ukrainiens de la nécessité d’appliquer les accords de Minsk.

Sur le papier ces initiatives semblent indiquer que l’Ukraine pourrait enfin appliquer les accords de Minsk un peu plus sérieusement. Mais dans la réalité cela risque d’être une autre histoire. La réaction du journaliste de ZN.UA qui a publié les copies de l’accord signé le 11 mars montre que cette initiative pose de sérieux problèmes à l’Ukraine.

En effet, la composition du conseil consultatif indique clairement que les deux parties du conflit sont l’Ukraine d’un côté, et la RPD et la RPL de l’autre. La Russie est officiellement mise dans le groupe des garants, avec l’Allemagne, la France et l’OSCE, ce qu’elle a toujours été depuis la signature des accords de Minsk !

La guerre du Donbass, un conflit interne à l’Ukraine

En clair, cet accord acte de manière officielle que la guerre du Donbass est bien un conflit interne à l’Ukraine, une guerre civile et non une guerre entre l’Ukraine et la Russie ! Une position qui a d’ailleurs été tenue par Sergueï Sivokho, l’adjoint du secrétaire du Conseil de Sécurité Nationale et de Défense ukrainien, lors d’une interview.

À la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, Sivokho a en effet répondu que malgré les aspirations ukrainiennes en ce sens, rien ne se fera car « les pays avec un conflit interne ne peuvent rejoindre l’OTAN, malheureusement, nous avons des combats [dans le Donbass – NDLR]  ».

Ces propos et la lancement d’une initiative de réconciliation nationale ont provoqué un scandale, et des néo-nazis ukrainiens d’Azov et du Corpus National s’en sont pris à Sivokho, l’ont insulté et l’ont poussé jusqu’à le faire tomber au sol. Сette attaque a eu lieu alors que Sivokho présentait l’initiative de plateforme de réconciliation nationale.

Les néo-nazis et leur chef Andreï Biletski en tête ont qualifié Sivokho de séparatiste, de traître et tout ce qui s’ensuit.

Ce coup d’éclat des néo-nazis est une démonstration de force d’Avakov qui prouve qu’en plus d’être indéboulonnable, c’est lui en réalité la personne qui a le pouvoir et pas Zelensky, d’après le politologue Kirill Moltchanov. Pour lui les prochains mois montreront si l’accord de Zelensky pour la constitution de ce conseil consultatif est la preuve d’une réelle volonté de paix de la part de Zelensky ou si ce n’est qu’une façon de gagner du temps.

Personnellement je pense que c’est une façon de gagner du temps et de sauver la face après qu’il est devenu évident que la prochaine réunion au Format Normandie n’aura pas lieu faute de progrès sur les points convenus lors de la réunion de décembre. Le but de Zelensky serait alors d’obtenir un nouvel échange de prisonniers pour essayer de faire remonter sa cote de popularité tombée sous la barre des 50 %, et de redonner des gages de sa volonté d’appliquer les accords de Minsk auprès de Paris et Berlin au vu du fiasco de l’application des décisions de la dernière réunion.

Je pense qu’il ne s’agit malheureusement que d’un nouvel écran de fumée, un coup de communication pour sauver les apparences pendant que Zelensky continue de chercher à appliquer le scénario chypriote dans le Donbass. Dans ce plan, l’opposition des ultra-nationalistes et des néo-nazis ukrainiens est d’ailleurs un point central de l’opération médiatique permettant d’arriver à cet objectif. Zelensky jouant le rôle du « bon flic », pendant que les néo-nazis jouent celui du « méchant flic ».

D’ailleurs le fait que ce système risque de mener à un scénario qu’on peut qualifier de chypriote a été indirectement souligné par la chroniqueuse de ZN.UA, Tetyana Silina qui a qualifié la création du conseil consultatif d’erreur similaire à celle qu’a commise Chisinau dans le règlement du conflit transnistrien, et que les experts avaient appelé Kiev à ne pas répéter. Or l’un des synonymes possibles pour le scénario chypriote envisagé par Kiev, c’est celui de scénario transnistrien, puisque là aussi on a un conflit gelé de facto sur le plan militaire, et la renonciation temporaire à la reconquête d’un territoire sans que le conflit n’ait été résolu politiquement.

Si je me réjouis de cette initiative, je reste donc néanmoins très circonspecte, car je me souviens que tous s’étaient réjouis de la même façon de la signature par l’Ukraine de la formule Steinmeier, du désengagement des troupes, et du résultat de la réunion au Format Normandie, avant de déchanter devant l’évidence que Kiev n’applique pas ce qu’elle signe ou promet.

Un fait que l’on a pu constater aujourd’hui. Alors que l’Ukraine a signé les mesures additionnelles de contrôle du cessez-le-feu, l’armée ukrainienne a tiré aujourd’hui sur la station de pompage de Vassilievka en RPD, une infrastructure civile critique, commettant ainsi un nouveau crime de guerre. Et l’armée ukrainienne est revenue dans la zone de désengagement de Petrovskoye, alors qu’aucun accord n’a encore été trouvé pour les trois prochaines zones pilotes de retrait. J’attendrai donc de voir les résultats concrets de ce conseil consultatif avant de m’en féliciter.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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7 réactions à cet article    


  • astus astus 14 mars 17:35

    Bonjour,

    La Russie ne semble pas touchée par le Covid-19.

    Avez-vous des statistiques ou des explications sur ce point précis ?

    D’avance merci.


    • Christelle Néant Christelle Néant 14 mars 19:52

      @astus
      Bonsoir
      Si si ils ont des cas aussi https://tass.com/russia/1130251 59 cas pour l’instant



    • Guy19550 Guy19550 15 mars 09:17

      @astus

      Vodka et 2g dans le sang... loool
      Faut bien plaisanter de temps en temps...
      Aucun risque d’un missile lancé par erreur, depuis le temps que c’est automatisé...

      A propos du virus, saviez-vous que la grippe fait en moyenne 1000 morts en Belgique par an. 3000 pour les années où le vaccin est un peu moins performant.

      Comme vous je cherche la cause du mal actuel, mais je n’ai pas encore réussi à obtenir des indices sérieux sur le sujet. Ma thèse est que le virus a été spécialement créé par les cowboys à la suite du fait qu’ils ne sont pas satisfait du résultat de la guerre des trades avec la Chine (c’est un bon mobile). A ce jour, je n’ai aucun indice sérieux sur le sujet. Mais, c’est sûr qu’on sortira un jour de cette période (avec un certain nombre de morts) et que l’année suivante on aura un vaccin qui viendra bien de quelque part.

      J’attends le mouvement opposé à l’augmentation des cas pour me faire une idée plus globale.


    • JC_Lavau JC_Lavau 14 mars 19:41

      Certes, mais il faut débannir « eric ». Question de moralité.


      • Guy19550 Guy19550 15 mars 09:29
        • @JC_Lavau
        J’ai déjà discuté avec Christelle sur le sujet. Ma position est claire, le temps viendra je pense à arranger les choses. Mais je peux comprendre Christelle qui veut un peu plus de calme et moins de prises de bec pour agir ainsi. Je n’ai pas de solution au problème autre que ce que le temps peut apporter et ce que j’ai déjà dit avant.

      • Guy19550 Guy19550 15 mars 09:39

        Cette signature est une bonne chose, mais vu ce qui s’est déjà produit avant à mantes reprises, il ne faut pas trop espérer que les nationalistes vont obtempérer aux décisions prises. Je ne suis pas convaincu non plus que les signataires vont respecter cette signature suplémentaire. Je vois cela comme une pomme pourrie avant même d’avoir été mise en vente. En plus dès que la situation devient gluante pour les cowboys, ils donnent soit des armes, soit des sous... or ce papier implique une situation plus gluante pour eux ! 

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