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Russie, Arménie et Azerbaïdjan signent un accord mettant fin au conflit du Haut-Karabakh – Conditions et conséquences

Quelques heures après qu’un hélicoptère de l’armée russe ait été abattu par l’Azerbaïdjan dans l’espace aérien de l’Arménie, la Russie et les deux parties au conflit du Haut-Karabakh ont signé une déclaration commune mettant fin aux hostilités. Des casques bleus russes sont en train d’être envoyés dans le Haut-Karabakh afin d’y assurer la sécurité, pendant qu’en Arménie, la signature de cette déclaration commune secoue politiquement le pays.

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Photo : Ministère russe de la Défense

Contenu de l’accord mettant fin au conflit dans le Haut-Karabakh

Si l’accord a été conclu seulement après l’incident qui a coûté la vie à deux membres de l’équipage de l’hélicoptère russe abattu, la question de l’envoi de casques bleus dans le Haut-Karabakh était dans les tiroirs depuis plusieurs semaines, et des discussions étaient déjà en cours à ce sujet, sans parvenir à un résultat concret.

Il n’est donc pas à exclure que l’incident du 9 novembre au soir, couplé à la conquête de Chouchi par l’Azerbaïdjan après des semaines de progression de l’armée azerbaïdjanaise, aient changé la donne et obligé les deux parties au conflit à s’asseoir à la table des négociations sous l’égide de la Russie. L’Arménie pour ne pas tout perdre, et l’Azerbaïdjan pour se faire pardonner l’hélicoptère russe abattu (en plus du fait de punir les responsables, comme l’a promis Aliyev).

Voici les points contenus dans l’accord signé hier par Vladimir Poutine, Nikol Pachinian et Ilham Aliyev.

« Nous, Président de la République d’Azerbaïdjan I. G. Aliyev, Premier ministre de la République d’Arménie N. V. Pachinian et Président de la fédération de Russie V. V. Poutine, avons déclaré ce qui suit :

1. Un cessez-le-feu complet et l’arrêt de toutes les hostilités dans la zone de conflit du Haut-Karabakh sont déclarés à partir de 00:00 heure de Moscou le 10 novembre 2020. La République d’Azerbaïdjan et la République d’Arménie, ci-après dénommées les parties, s’arrêtent sur leurs positions actuelles.

2. Le district d’Agdam doit être restitué à la République d’Azerbaïdjan au plus tard le 20 novembre 2020.

3. Un contingent russe de maintien de la paix (casques bleus – note de la traductrice) composé de 1960 soldats armés d’armes légères, 90 véhicules de transport de troupes blindés et 380 véhicules et équipements spéciaux est déployé le long de la ligne de contact dans le Haut-Karabakh et le long du couloir de Latchin.

4. Le contingent de maintien de la paix de la fédération de Russie est déployé parallèlement au retrait des forces armées arméniennes. La durée du séjour du contingent de maintien de la paix de la fédération de Russie est de cinq ans, avec prolongation automatique pour des périodes successives de cinq ans, à moins que l’une des parties ne déclare, six mois avant l’expiration de la période, son intention de mettre fin à l’application de cette disposition.

5. Un centre de contrôle du cessez-le-feu est mis en place pour améliorer le suivi de l’application des accords par les parties au conflit.

6. La République d’Arménie rendra le district de Kelbadjar à la République d’Azerbaïdjan au plus tard le 15 novembre 2020 et le district de Latchin à la République d’Azerbaïdjan au plus tard le 1er décembre 2020. Le corridor de Latchin (5 km de large), qui assurera la communication entre le Haut-Karabakh et l’Arménie et n’affectera pas la ville de Chouchi (qui reste donc sous contrôle de l’Azerbaïdjan suite à sa capture – note de la traductrice), restera sous le contrôle du contingent de maintien de la paix de la fédération de Russie.
Comme convenu par les parties, un plan de construction d’une nouvelle route le long du corridor de Latchin pour assurer une liaison entre le Haut-Karabakh et l’Arménie sera défini au cours des trois prochaines années, avec le redéploiement ultérieur du contingent russe de maintien de la paix pour protéger la route.

La République d’Azerbaïdjan garantit la sécurité de la circulation des citoyens, des véhicules et des marchandises dans les deux sens le long du corridor de Latchin.

7. Les personnes déplacées et les réfugiés sont renvoyés dans le territoire du Haut-Karabakh et les zones adjacentes sous le contrôle du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

8. Un échange de prisonniers de guerre, d’otages et d’autres personnes détenues, et de dépouilles est mené.

9. Tous les liens économiques et de transport dans la région sont débloqués. La République d’Arménie garantit la sécurité des réseaux de transport entre les régions occidentales de la République d’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan afin d’organiser la circulation sans entrave des citoyens, des véhicules et des marchandises dans les deux sens. Les voies de transport sont contrôlées par les organes du Service des frontières du FSB de Russie.

En accord avec les parties, la construction de nouvelles voies de communication reliant la République autonome du Nakhitchevan aux régions occidentales de l’Azerbaïdjan sera assurée.  »

Suite à cet accord voici à quoi ressemble la nouvelle carte de la région :

Carte du Haut-Karabakh suite à l'accord signé

Le Haut-Karabakh se trouve réduit à la partie où les casques bleus russes seront stationnés. Les parties de la République d’Artsakh capturées par l’armée azerbaïdjanaise passent désormais sous contrôle de Bakou.

Et contrairement à ce que la Turquie et l’Azerbaïdjan ont essayé de faire croire, il n’y aura pas de casques bleus turcs aux côtés des Russes. L’accord conclu entre la Russie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan est très clair sur le fait que seuls des casques bleus russes assureront désormais la sécurité du Haut-Karabakh et du corridor de Latchin (cette petite bande de terre au sud de la ville du même nom, qui est désormais la seule route entre l’Arménie et le Haut-Karabakh).

D’ailleurs les casques bleus russes ont déjà commencé à se déployer. Douze avions militaires ont déjà décollé pour l’Arménie, amenant d’abord les officiers, puis une partie des soldats et des équipements militaires du contingent de casques bleus.

« L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat »

Si on analyse cet accord de plus près, on se rend compte que les dirigeants russes, Vladimir Poutine en tête, connaissent sur le bout des doigts « L’art de la guerre  » de Sun Tzu, et surtout la partie concernant le fait d’arriver à vaincre l’adversaire sans combat.

La Russie a en effet réussi à faire cesser les combats dans le Haut-Karabakh, sans avoir besoin d’intervenir militairement pour aider l’Arménie contre l’Azerbaïdjan, avec qui Moscou a de bonnes relations, et tient à les garder.

Grâce à cet accord, la Russie a empêché l’Azerbaïdjan et surtout la Turquie, de reconquérir totalement le Haut-Karabakh, d’y mener une épuration ethnique totale, et d’envisager potentiellement de passer ensuite à l’Arménie elle-même, ce qui aurait mené à un conflit entre Moscou et un pays de l’OTAN (la Turquie). Le tout sans mettre à mal ses relations avec l’Azerbaïdjan (qui a d’ailleurs bien compris la gravité de l’incident avec l’hélicoptère russe, les excuses immédiates du ministère des Affaires étrangères, puis du Président azerbaïdjanais montrent clairement que Bakou a eu très peur de la réaction russe et des conséquences qu’elle pourrait avoir pour le pays) et avec la Turquie.

Le deuxième effet « kiss cool » de cet accord, c’est qu’en devenant la seule force armée assurant la défense du Haut-Karabakh, la Russie empêche l’OTAN et l’Occident de mettre plus avant la main sur l’Arménie (je rappelle que Pachinian était au départ très critique contre la Russie et voulait faire sortir son pays de l’union eurasiatique avant de se raviser), car si Erevan opte pour une politique russophobe, elle perdra pour de bon le Haut-Karabakh, ce qui pourrait avoir des conséquences politiques internes assez graves.

Il suffit de voir les émeutes qui ont éclaté à Erevan après la signature de l’accord pour se rendre compte des conséquences potentielles pour l’Arménie si elle tournait le dos à la Russie. Les manifestants ont brisé les vitres de la porte d’entrée du parlement, pénétré à l’intérieur, blessé le porte-parole, et exigent que Pachinian démissionne.

Les partis d’opposition ne sont pas en reste, puisque 17 d’entre eux ont qualifié cet accord de page la plus honteuse de l’histoire arménienne, et réclamé, eux aussi, la démission de Pachinian.

Ce dernier s’est d’ailleurs lancé dans un mea culpa, admettant qu’il était personnellement responsable de ce qui est arrivé, et que la guerre aurait pu être évitée, si l’Arménie avait saisi l’offre qui lui avait été faite (en 2011 à Kazan) de renoncer aux territoires situés autour du Haut-Karabakh. Mais il dit aussi que le peuple arménien n’aurait pas accepté cette cession de territoire (chose confirmée par les manifestations qui ont eu lieu à Erevan hier soir).

Avec cet accord, la Russie s’est donc assurée de garder l’OTAN (qui a été d’une grande inutilité pour stopper les velléités agressives d’un de ses membres, à savoir la Turquie, contre l’Arménie) à distance d’Erevan, empêchant ainsi de voir un pays de plus de sa périphérie passer sous contrôle occidental.

Moscou a aussi partiellement damé le pion à la Turquie, l’empêchant de mener à terme ses plans militaires dans la région, mais aussi ses plans diplomatiques.

En effet, comme on a pu le voir tout au long du conflit, la Turquie a essayé de s’imposer diplomatiquement, pour empêcher tout accord d’être conclu, Ankara poussant Bakou à la guerre (violant ainsi la neutralité à laquelle l’astreignait son rôle dans le groupe de Minsk) et n’ayant donc aucun intérêt à la paix.

Cette tentative de se « taper l’incruste » est plus que visible dans la déclaration turque et azerbaïdjanaise visant à faire croire que des casques bleus turcs participeront à la sécurisation de la ligne de front aux côtés des casques bleus russes, alors qu’il n’en est rien.

Pareil pour les articles de la presse turque disant que Poutine et Erdogan ont décidé de créer un groupe de travail pour régler le conflit du Haut-Karabakh, alors que rien de tel n’a été approuvé.

La Russie a très bien compris le jeu de la Turquie, comme le montre le discours de Vladimir Poutine au Club de discussion de Valdaï. Quand il dit que «  lorsqu’un processus impliquant un certain nombre d’acteurs capables de manière réaliste de parvenir à un accord entre eux est parfois interrompu de manière grossière et barbare par des forces extérieures », qui « le font uniquement dans le but de démontrer leurs ambitions, leur pouvoir et leur influence », « pour séparer tout le monde », et « pour ne pas apporter une contribution positive à la question  », il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec le comportement de la Turquie tant dans le processus de résolution du conflit syrien, que dans celui du Haut-Karabakh.

Cet accord de fin des hostilités dans le Haut-Karabakh n’est ni totalement gagnant ni totalement perdant pour chacune des parties, à part la Russie qui est de loin celle qui tire le plus son épingle du jeu. L’Arménie est le pays qui a perdu le plus dans cet accord, mais n’avait plus d’autre choix, pour éviter de tout perdre.

Les grands perdants de toute cette gabegie, ce sont surtout les civils du Haut-Karabakh, qui ont pour certains perdu la vie, pour d’autres des proches, et pour beaucoup ont perdu leur maison et tous leurs biens.

Car malgré le point N°7 de l’accord, on voit mal comment des Arméniens du Haut-Karabakh pourront rentrer chez eux dans les villes et villages désormais sous contrôle de l’Azerbaïdjan, alors que le Président Aliyev a déclaré il y a un mois « nous les chassons comme des chiens  » en parlant d’eux.

Le conflit est avant tout un conflit inter-ethnique, et il faudra encore beaucoup de travail diplomatique et politique pour arriver à faire cohabiter pacifiquement Azéris et Arméniens sur un même territoire.

L’accord signé le 9 novembre est un bon début, mais la Russie a encore beaucoup de travail devant elle pour arriver à pacifier cette région. D’un autre côté, s’il y a bien un pays qui peut y arriver, c’est bien elle. La preuve, au milieu des gesticulations et déclarations grandiloquentes, mais vides, des autres membres de la communauté internationale, c’est finalement la Russie qui a réussi à faire cesser pour de bon les combats dans le Haut-Karabakh, prouvant qu’elle est un excellent médiateur, et un pays clé pour la stabilité et la paix dans le monde.

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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22 réactions à cet article    


  • vraidrapo 11 novembre 2020 11:07

    La République d’Arménie garantit la sécurité des réseaux de transport entre les régions occidentales de la République d’Azerbaïdjan et la République autonome du Nakhitchevan afin d’organiser la circulation sans entrave des citoyens, des véhicules et des marchandises dans les deux sens.


    ça c’est la grosse chiure pour les Arméniens et aussi pour ces traitres de Géorgiens.

    Kémal avait préparé cette opportunité dès janvier 1931 :

    il avait obtenu un échange de territoires avec le chah d’Iran. Ce couloir de 3 km de large et de 23 km de profondeur crée une frontière commune Turquie/Nakhitchevan.

    En obtenant aujourd’hui, le passage le long de la frontière Arménie/Iran, Ankara sera relié à Bakou par autoroute (aérien ou souterrain ?).

    Le gazoduc en voie d’achèvement à travers la Géorgie devient caduc. Autant d’économie pour les droits de passage qui ne seront probablement pas versé à l’Arménie mais permettront d’entretenir le Contingent Russe de protection.

    Les maux d’Hitler vis-à vis des Juifs ont autant que possible été réparés puisqu’ après la Réunification de l’Allemagne en 1989. Les Juifs ont obtenu restitution des biens immobiliers de Berlin-Est remis en état par l’Etat Allemand.

    Faisons le parallèle avec le sort des Arméniens :

    un Génocide non reconnu par l’Etat turc avec spoliation de tous les biens, persécution et tracasserie des 40,000 arméniens stambouliotes craintifs à chaque occasion depuis plus de 100 ans,

    deux provinces arméniennes Nakhitchevan et Artsakh rattachées à la République soviétique d’azerbaidjan par Staline jusqu’à nos jours après des dizaines de milliers de morts avec la participation d’un Etat turc décomplexé...

    Cerise sur la gâteau, la fourniture et la mise en main par des techniciens Israéliens de drones particulièrement meurtriers contre les Arméniens.

    Je me demande quelle sera l’ambiance lors des prochaines cérémonies de Commémoration du Génocide de 1915 en présence du Préfet et des représentants de Juifs de France.... ???

    En même temps que les attentats anti-judaïques, les associations juives s’étaient rapprochées de leurs homologues arméniennes... mais, ceci n’est que mon impression...


    • vraidrapo 11 novembre 2020 11:18

      Car malgré le point N°7 de l’accord, on voit mal comment des Arméniens du Haut-Karabakh pourront rentrer chez eux


      Le mieux qu’aient à faire les Arméniens est de quitter cette terre maudite :

      — encerclés par des gens incultes, envieux, cupides et cruels,

      terre de séisme meurtrier

      ils ont du savoir faire dans tous les domaines, bien des pays chrétiens seraient heureux de profiter de leurs compétences, de leur affabilité, de leur gaité...

      Les turcs ne respectent pas les frontières : que de fois ils se sont rendus de nuit en Géorgie dans la province du Djavakhk pour voler les bovidés des éleveurs arméniens. En toute impunité vu les intérêts de la Géorgie avec la turquie...


      • vraidrapo 11 novembre 2020 11:28

        @vraidrapo
        Les Tatares, turcs, iraniens, Russes, géorgiens sauront bien mieux se mettre sur la gueule quand les Arméniens ne seront pas au milieu...
        et les drones tueurs d’Israël continueront à faire le bonheur de bien des gens...


      • Christelle Néant Christelle Néant 11 novembre 2020 23:10

        @vraidrapo
        Pourquoi devraient-ils partir ? Ce sont leurs terres. Tout comme les habitants du Donbass, qui sont chez eux.


      • vraidrapo 12 novembre 2020 09:12

        @Christelle Néant
        Pourquoi devraient-ils partir ? Ce sont leurs terres.

        Parce que tu ne connais pas les turcs !
        Demande aux Arméniens qui vivent à Istanbul après le Génocide de 1915. Ils sont toujours dans la crainte de se faire insulter ou assassiner dès qu’une rumeur d’une mésaventure anti-turque provient d’un coin de la Planète (Ex célèbre. le pogrom anti-grec de 1955 qui a « profité » à des milliers Arméniens stanbouliotes)
        Les parents n’osent pas critiquer l’État turc devant les enfants qui risquent de les trahir, comme en URSS.
        Etre traité d’ arménien est la pire insulte en Turquie...
        comme bougnoul, melon ou bicot en France
        Un 24 avril, un soldat turc a assassiné froidement d’un coup de fusil,un « camarade » de Régiment d’origine arménienne et les témoins se sont dégonflés au tribunal...
        D’autres malfaisants traversent de temps en temps, la frontière avec la Géorgie pour voler des bovidés aux Arméniens du Djavakhk...
        Il n’y a pas une once de noblesse dans 99,9% de ces gens-là et, ils se permettent d’insulter un peuple qui leur est supérieur en tous points... simplement parce que leurs « femelles » sont plus prolifiques...
        ( au train où vont les choses, il en ira de même en France avant la fin du Siècle...
        car les Préfectures de l’hexagone ne disent pas tout. Depuis qq jours les façades des écoles catholiques de Marseille sont taguées avec des slogans islamistes, authentique ! !

        Dans ce cas-là, il vaut mieux quitter les lieux et aller prospérer dans des pays accueillants pour les civilisation chrétiennes au lieu de merdouiller dans des conditions spartiates ( poêles à charbon ou à bois, maisons et véhicules vétustes...) sous la menace tatare-mongole... ou de séisme comme en 1988 (25000 morts) !
        Tous ceux qui ont émigré en Occident ou en Australie vivent dans des conditions normales certains ont prospéré dans les métiers du Droit ou de la Politique sans risquer leur vie.

        Bref, chacun est libre de son choix mais, je ne me sens pas le droit de les encourager à rester au milieu de ces fanatiques sauvages pour mon confort moral ou par intérêt financier.


      • Christelle Néant Christelle Néant 12 novembre 2020 15:03

        @vraidrapo
        Ce n’est pas une question de confort moral. Les gens d’ici comme dans le Haut-Karabakh ont une conception différente de la patrie, et du fait d’être sur ses terres. Ici aussi les gens sont exposés aux bombardements, à des conditions de vie difficile, et pourtant ils restent. Parce que ce sont LEURS terres. Ils sont chez eux. Beaucoup de gens vivant sur la ligne de front refusent de partir malgré le danger. Beaucoup ne partent que lorsque leur maison est rasée par les obus !


      • vraidrapo 12 novembre 2020 15:49

        @Christelle Néant

        Je faisais allusion au « confort moral » des conseilleurs qui se sentent solidaires mais qui vivent à l’extérieur dans un Occident encore civilisé (pour combien de temps encore... ?)

        Parce que ce sont LEURS terres

        Pour ma part, ayant observé ce Monde pendant 6 longues semaines malgré les manifestations mondiales de la diaspora arménienne. Je préfère vivre sur une nouvelle terre inconnue que d’être enterré sous la MIENNE à très court terme !

        Regarde nos binationaux, même ceux qui se disent étrangers à la France, ne sont-ils pas heureux ??? Qui parmi eux regrette l’Algérie et sa terrible gendarmerie « Ad Darak El Watani » ou la Sécurité Nationale sans marche blanche ?

        il y a ceux et celles (plus nombreuses) qui réussissent dans nos Media, la médecine, les Sciences, la Politique (la « talentueuse » Rachida !!!), les PME...
        et il y a tous les parasites (100,000 ?) qui pourrissent la vie de leur voisins en violant les lois, protégés par les bisounours, les juges, les marches blanches, les Droits de l’Homme EN PARFAITE IMPUNITÉ.


      • Christelle Néant Christelle Néant 12 novembre 2020 19:51

        @vraidrapo
        « Je préfère vivre sur une nouvelle terre inconnue que d’être enterré sous la MIENNE à très court terme ! » et c’est justement là toute la différence entre les peuples occidentaux et le peuple russe, ou le peuple arménien. Eux ils préfèrent risquer leur vie pour garder leurs terres que de fuir.


      • vraidrapo 13 novembre 2020 09:13

        @Christelle Néant

        risquer leur vie

        C’est « Perdre » !

        Surtout quand il y a du turco-mongol à proximité, prolifique démographiquement parlant et,.... auquel tout le monde fait des salamalecs

        Je vais vous faire une confidence à toi et aux autres Français de souche européenne qui seuls pouvez comprendre :
        chaque fois que je contemple, grâce aux Reportages TV, les belles et si nombreuses réalisations de la France ( Architectures intérieure, extérieure, sculpture, peinture, etc...etc...), je dis à ma compagne « on voit bien que le turc n’est pas passé par là ! » Voltaire ou Hugo m’aurait approuvé, me semble-t-il.

        Les turco-mongols ont détruit en Anatolie, 800 monastères (comme celui de Dadivank en Artsakh) et 4000 églises...


      • Christelle Néant Christelle Néant 13 novembre 2020 22:57

        @vraidrapo
        Ben si les Soviétiques avaient pensé comme vous, le Nazisme aurait gagné... Risquer sa vie ce n’est pas perdre. C’est donner le tout pour le tout pour tenter de gagner.


      • vraidrapo 11 novembre 2020 11:39

        Voici le genre de construction qu’Aliyev a fait détruire au Nakhitchevan et qu’il peut faire détruire à partir d’aujourd’hui....

        http://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=71748

        Sa femme Mehriban Aliyeva était copine avec l’ancienne directrice bulgare de l’UNESCO mais, ça n’a pas empêché Aliyev de s’asseoir sur les mises en garde de l’Organisation...

        Malgré ces forfaits, Azerbaidjan a obtenu plus tard un siège de direction.... quand on a du pétrole...


        • vraidrapo 12 novembre 2020 15:28

          @vraidrapo

          Mettez cet Article dans vos précieuses archives pour vos enfants... sait-on jamais ?!
          Les turcs disaient, il y a seulement une trentaine d’années « les Arméniens ça n’existe pas ! ».
          Le ministère de la « culture » turc avait émis un catalogue des monuments architecturaux dans lesquels, BALIAN est devenu BALIANI d’origine italienne... ben voyons !
          Quand vous visitez les sites en turquie, essayez d’éviter de pouffer de rire devant les explications du guide et, surtout soyez bisounours, évitez de lui parler de la contribution des Arméniens en lisant votre Guide Vert Michelin. Au risque de le rendre rouge de colère smiley

          La Famille Balyan (en arménien : Պալեաններ) fut une famille d’architectes arméniens au service des sultans ottomans. Sur cinq générations, du XVIIIe au XIXe siècles, ils conçurent les plans de nombreux édifices, dont des palais, des kiosques, des mosquées, des églises et diverses autres constructions publiques, majoritairement à Istanbul. Les neuf membres les plus célèbres de cette famille servirent six sultans durant près d’un siècle, ils contribuèrent à l’occidentalisation de l’architecture au sein de la capitale impériale.

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Balyan


        • roman_garev 11 novembre 2020 12:28

          Salut Christelle,

          Merci pour cette article. 

          Non seulement vous comblez la lacune du site du Kremlin, où tous les matériaux sont publiés uniquement en russe et en anglais, mais vous donnez également une analyse très détaillée et compétente de la situation. Inutile d’attendre qqch de pareil de la part des médias français.


          • Christelle Néant Christelle Néant 11 novembre 2020 23:09

            @roman_garev
            Merci du compliment. smiley


          • roman_garev 11 novembre 2020 12:44

            Pour préciser la situation actuelle avec les casques bleues russes, voici les cartes d’aujourdui, fournies par le Ministère russe de la Défense (en russe, mais facilement comparables avec celle de l’article) :

             Situation générale au jour du 11 novembre ;

             Zone d’opération de maintien de la paix ;

             Déploiement de postes d’observation russes dans le couloir de Latchin.


            • Guy19550 Guy19550 11 novembre 2020 14:15

              C’était important de mettre un terme à la bestialité des actions sur le terrain. Pas sûr que cela va tenir, mais on peut l’espérer. A quand les soirées dansantes entre les deux camps ?


              • vraidrapo 12 novembre 2020 09:14

                @Guy19550
                A quand les soirées dansantes entre les deux camps ?

                L’ecosystème aura rendu l’âme avant


              • vraidrapo 12 novembre 2020 10:59

                @vraidrapo

                De toutes façons, dans le monde mizilman, les chants sont péchés alors tu penses pour les danses...
                C’est une des raisons pour lesquelles, même les émirs se font chier chez eux...


              • vraidrapo 13 novembre 2020 09:22

                @vraidrapo
                même les émirs se font chier chez eux...

                les femmes de leur harem aussi, je suppose
                et eux malgré elles.
                Une petite pour la route. Une vraie que j’ai apprise par une indiscrétion d’un militaire du Palais.
                Le Roi Hassan 2 (T ’nin en arabe) projetait 2 voyages avec son harem.
                L’avion ne pouvant contenir toutes ces dames, il leur proposa un marché :
                elles devaient se scinder en 2 groupes,
                le premier pour le voyage en Saoudie,
                le second pour celui de Paris, ultérieurement

                que croyez-vous qu’il se passât (ce n’est pas une Volkswagen ! ... Passat !)


                Bon, je vous raconte la suite ou je vous fais attendre demain ?
                A samedi ! smiley

                 smiley il a osé !!!


              • vraidrapo 14 novembre 2020 08:00

                @vraidrapo
                Bon puisqu’il y en a (au moins) un que ça intéresse ( les autres sont pudiques ?) ::

                le premier groupe du harem marocain est revenu du voyage en Saoudie (terre sainte),
                tandis que le second groupe préparait le voyage de Paris, ces Dames qui revenaient de Terre Sainte ont ordonné à leurs servantes de préparer de nouveau leurs valises..smiley
                King Hassan informé du remue-ménage fit venir sa maman pour connaître la raison de tout ce désordre, smiley
                ces Dames considéraient qu’un voyage en Saoudie ça ne comptait pas par rapport à un séjour dans la Capitale Française...(les musulmanes, gardiennes de la Tradition, sont parfois déroutantes..) smiley

                Je vous laisse deviner, la Conclusion !
                Qui s’étonnera que Hassan en ait eu assez des nanas...

                Moraâlité : on n’est pas près de voir les binationaux ou les mono... quitter la France pour La Mekka, Médina, Abu Dhabi, Bahrein, Qatar etc... pourquoi aller se faire chier, il y a tellement d’avantages en Europe ( DDH, Alcool, délinquance protégée, vente de stup, femmes en poste à la Radio /TV, Politique, Sciences...)


              • vraidrapo 12 novembre 2020 14:58

                Vois les deux sites qui vont basculer dans le camp « à zéro », et pense à ce que va en faire ce taré d’Aliyev avec l’aide de sa population fanatisée :

                (dorénavant quand j’entendrai « plus jamais ça » par les bouches occidentales, j’aurai du mal à éclater... de rire !)

                Comme répétait Zemmour hier au soir : « il faut expliquer aux enfants dans les écoles qui nous sommes revenus au XIX è siècle dans les relations entre les nations »

                1)

                https://fr.wikipedia.org/wiki/Gandzasar

                Gandzasar Monastery, headed by the Church of St. John the Baptist, is the most significant shrine of Nagorno-Karabakh. The monastery of Gandzasar, as well as hundreds of other ancient monasteries, testify to the thousand-year presence of Armenians in Karabakh and prove that the sacred Artsakh land from time immemorial has belonged to the Armenian people.

                Gandzasar Monastery is perhaps the most prominent architectural monument of Artsakh, which for a long time has been a symbol of Armenian statehood in Nagorno-Karabakh. It is located near the village of Vank in the Martakert region, in the heart of the historical province of Khachen in Artsakh. The word “Gandzasar” is translated from Armenian as “treasure mountain” (“gandz” means treasure, and “sar” – mountain). Truly being a treasure, Gandzasar Monastery is “a pearl and encyclopedia of medieval Armenian architecture”.

                Situation actuelle
                Mur extérieur de Gandzasar. En 2005. Inscription en arménien : « L’église a été pilonnée le 29 octobre 1992. Projectiles non explosés. Ne pas toucher »

                À la suite du bombardement par l’aviation azerbaïdjanaise, le monastère a été gravement endommagé lors du conflit frontalier au Haut-Karabagh 19911994. Le 20 janvier 1993 le monastère a été soumis à des tirs de roquettes qui ont endommagé l’église principale et détruit le bâtiment monastique À l’heure actuelle le monastère a été restauré et un complexe de formation a été ajouté pour le séminaire.

                2)

                https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Dadivank

                Le 8 octobre 2001, le document no 9256 de la sauvegarde de l’héritage historique et culturel de la République du Haut-Karabagh fut signé par 16 membres de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, provenant d’Arménie, de Chypre, d’Italie, de Roumanie, de Grèce et de Russie, reconnaissant que parmi les exemples les plus flagrants de la politique de l’Azerbaïdjan au Haut-Karabagh figurait la destruction de Dadivank, que « la population locale musulmane considéra comme un vestige de la religion chrétienne arménienne et qu’elle dégrada autant qu’elle put » (Iskander Haji « Lel-Kala – A near and unavailable fortress, Vishka, no 10, 16-23 mars 2000).

                En 1994, le monastère fut rouvert et la reconstruction put reprendre jusqu’à aujourd’hui. Le monastère appartient au diocèse d’Artsakh de la Sainte Église apostolique arménienne.

                La restauration débuta en août 2004 et fut terminé en 2005. Le travail de restauration fut financé par la femme d’affaires américano-arménienne Edele Hovnanian.

                La chapelle (construite au XIIIe siècle) du complexe de Dadivank est un exemple rare d’architecture. Elle a été restaurée par Edik Abrahamian (Téhéran, Iran).

                le père Hovhannès Hovhannisyan refuse de rendre aux Azéris le complexe monastique de Dadivank dans la Région de Karvadjar

                https://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=71869


                • vraidrapo 12 novembre 2020 15:18

                  Quand on compare les situations du Kosovo et de l’Artsakh, on arrive à une absurdité :

                  le Kosovo est un territoire historiquement serbe qui a été détaché de la Serbie par les bombardement de l’OTAN auquel s’est joint l’aviation turque avec la jubilation qu’on imagine,

                  l’Artsakh est un territoire historiquement arménien récupéré par sa seule population sur l’Azerbaïdjan que la turquie OTANisée peut, seule, détacher de l’Arménie...

                  Comme l’A.G de l’ONU (que des mizilmans qualifieront sans vergogne « gagnée au parti chrétien ») a voté pour l’intangibilité des frontières d’Aliyev... de belles empoignades sont à prévoir pour les prochaines délibérations territoriales...

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