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Si vous voulez changer le monde, commencez par faire votre lit !

Amiral William McRaven en compagnie de Barack Obama

William McRaven est un amiral américain à la retraite, qui se trouvait à la tête du commandement américain des opérations spéciales. Il est connu comme l'homme ayant supervisé avec succès l'opération Neptune's Spear qui a abouti à la mort d'Oussama ben Laden le 2 mai 2011.

Choisi par l'Université du Texas, où il avait lui-même étudié, pour effectuer le discours de remise des diplômes aux étudiants le 17 mai 2014, il invite ces derniers à "changer le monde" en leur donnant 10 points clés tirés de sa propre expérience militaire pour les y aider :

Président Powers, Doyen Fenves, vice-doyens, membres de la faculté, famille et amis et surtout, la promotion 2014. Félicitations pour votre réussite. C'est en effet un honneur pour moi que d'être ici ce soir.

Cela fait presque 37 ans jour pour jour que je suis diplômé de l'Université du Texas. Je me souviens de beaucoup de choses à propos de ce jour particulier. Je me souviens avoir eu des maux de tête lancinants suite à une fête la nuit précédente. Je me souviens avoir eu une petite amie sérieuse, avec laquelle je me suis finalement marié – il est important de s'en rappeler d'ailleurs – et je me souviens que j'étais appointé par la marine militaire ce jour-là.

Malgré toutes ces choses dont je me souviens, je n'ai pas la moindre idée de qui a bien pu parler au micro ce soir-là et il est certain que je ne me souviens de rien de ce qu'ils ont pu dire. Alors... en reconnaissant ce fait, si je ne peux pas rendre ce discours d'ouverture mémorable, je vais au moins essayer de faire court.

Le slogan de l'Université du Texas est, « Ce qui commence ici change le monde." Je dois admettre que je l'aime bien. "Ce qui commence ici change le monde."

Ce soir, il y a près de 8000 étudiants diplômés de l'Université du Texas. Ce grand parangon de rigueur analytique, Ask.Com affirme que l'Américain moyen rencontrera 10.000 personnes au cours de toute sa vie. Cela fait beaucoup de gens. Mais, si chacun d'entre vous change la vie de seulement dix personnes – et que chacune de ces personnes change la vie de dix autres personnes – juste dix – alors d'ici à cinq générations – 125 années – la promotion 2014 aura changé la vie de 800 millions de personnes.

800 millions de personnes – pensez-y – c'est plus de deux fois la population des États-Unis. Une génération de plus et vous pouvez changer l'ensemble de la population du monde, 8 milliards de personnes.

Si vous pensez qu'il est difficile de changer la vie de dix personnes – changer leur vie à jamais – vous avez tout faux. J'ai vu arriver cela tous les jours en Irak et en Afghanistan : un jeune officier de l'armée prend la décision d'aller à gauche plutôt qu'à droite sur une route à Bagdad et les dix soldats de son escouade sont sauvés d'une embuscade. Dans la province de Kandahar, en Afghanistan, un sous-officier de l'équipe d'engagement féminin détecte quelque chose qui ne va pas et dirige le peloton d'infanterie loin de 500 livres d'explosifs, sauvant la vie d'une douzaine de soldats.

Mais, si vous y réfléchissez, non seulement ces soldats ont été sauvés par la décision d'une seule personne, mais leurs enfants à naître ont également été sauvés. Et les enfants de leurs enfants également. Des générations entières ont été sauvées par une décision, par une seule personne.

Mais changer le monde peut se produire partout et tout le monde peut le faire. Donc, ce qui commence ici peut en effet changer le monde, mais la question est – à quoi ressemblera le monde après que vous l'ayez changé ?

Eh bien, je suis convaincu que ce sera beaucoup, beaucoup mieux. Mais si vous pardonnez l'humour de ce vieux marin pour un moment, j'ai quelques suggestions qui pourraient vous aider sur votre chemin vers un meilleur monde. Et alors même que ces leçons ont été apprises durant mon temps dans l'armée, je peux vous assurer que peu importe si vous n'avez jamais servi un seul jour en uniforme. Peu importe votre sexe, votre origine ethnique ou religieuse, votre orientation ou votre statut social.

Nos luttes dans ce monde sont similaires, et les leçons pour nous aider à surmonter celles-ci et aller de l'avant – nous changeant nous-même et le monde autour de nous – s'appliqueront de la même façon pour tous.
Je suis un membre des forces spéciales de la marine depuis 36 ans. Mais tout a commencé quand j'ai quitté l'université du Texas pour la formation initiale des membres des forces spéciales à Coronado, Californie.

Cette formation, c'est six mois de longues courses atroces dans le sable fin, les bains de minuit dans l'eau froide au large de San Diego, des courses d'obstacles, des exercices physiques sans fin, des jours entiers privés de sommeil, et toujours à avoir froid, être mouillé et misérable. C'est six mois à être constamment harcelé par des guerriers formés professionnellement qui cherchent à trouver la faiblesse du corps et de l'esprit et à les empêcher à jamais de devenir un membre des forces spéciales.

Mais la formation vise également à trouver les élèves qui peuvent mener les autres dans un environnement de stress constant, de chaos, d'échec et de difficultés. Pour moi cette formation des forces spéciales équivalait à une vie de challenges contenue dans six mois.

Donc, voici les 10 leçons que j'ai apprises lors de cette formation des forces spéciales et qui je l'espère seront de valeur pour vous qui avancez dans la vie.

 

1) Si vous voulez changer le monde, commencez par faire votre lit.

Chaque matin de cette formation initiale des forces spéciales, mes instructeurs, qui à l'époque étaient tous d'anciens combattants du Vietnam, montaient dans nos baraquements et la première chose qu'ils inspectaient était votre lit. Si vous le faisiez bien, les coins étaient carrés, les couvertures tirées bien serrées, l'oreiller centré juste sous la tête de lit et la couverture supplémentaire pliée soigneusement au pied de l’étagère – c'est le langage des forces spéciales pour désigner un lit.

C’était une tâche simple, ordinaire au mieux. Mais chaque matin, il nous était nécessaire de faire notre lit à la perfection. Cela semblait un peu ridicule à l'époque, en particulier compte tenu du fait que nous aspirions à être de vrais combattants, des membres des forces spéciales durs et rodés à la bataille, mais la sagesse de ce simple geste m'a été prouvé à de maintes reprises.

Si vous faites votre lit chaque matin, vous aurez accompli la première tâche de la journée. Ceci vous donnera un petit sentiment de fierté qui vous encouragera à faire une autre tâche puis une autre et encore une autre. À la fin de la journée, cette tâche que vous aurez accomplie se sera transformée en de nombreuses tâches achevées. Faire votre lit renforcera également le constat que les petites choses dans la vie comptent. Si vous ne pouvez pas bien faire les petites choses, vous ne ferez jamais bien les grandes. Et, si par hasard vous avez eu une mauvaise journée, vous reviendrez chez vous où vous attend un lit qui est fait – que vous avez fait – et un lit fait vous procure l'encouragement que demain sera un autre jour.

Donc, si vous voulez changer le monde, commencez par faire votre lit.

 

2) Si vous voulez changer le monde, trouvez quelqu'un pour vous aider à pagayer.

Pendant la formation les élèves sont répartis en équipages. Chaque équipage comprend sept hommes – trois de chaque côté d'un petit bateau en caoutchouc et un barreur pour aider à guider l’esquif. Chaque jour, votre équipage est formé sur la plage et a pour instruction de traverser les brisants puis de pagayer plusieurs miles le long de la côte. En hiver, les vagues au large de San Diego peuvent atteindre 2 à 3 mètres de haut et il est extrêmement difficile de pagayer à travers ces vagues plongeantes si tout le ne s’y met pas. Chaque coup de pagaie doit être synchronisé avec le nombre de frappes du barreur. Tout le monde doit exercer un effort égal sinon le bateau finit par être retourné par la vague et jeté sans cérémonie sur la plage.

Pour que le bateau arrive à destination, tout le monde doit pagayer. Vous ne pouvez pas changer le monde seul – vous aurez besoin d'aide – et rallier le point de départ à celui d'arrivée nécessite l’aide d’amis, de collègues, la bonne volonté d’étrangers et un barreur fort pour les guider tous.

Donc, si vous voulez changer le monde, trouvez quelqu'un pour vous aider à pagayer.

 

3) Si vous voulez changer le monde, évaluez une personne par la taille de son cœur, pas celle de ses palmes.

Après quelques semaines d’un entraînement difficile, nous étions passés de 150 hommes au départ à désormais une quarantaine. Il restait six équipages de sept hommes chacun. J'étais dans le bateau avec les gars les plus grands, mais le meilleur équipage que nous avions était composé des petits gars – l'équipage des nabots nous les appelions – aucun ne dépassait 1m65.

L'équipage du bateau des nabots était composé d’un Indien d'Amérique, d’un afro-américain, d’un américain d'origine polonaise, d’un américain d’origine grecque, d’un italo-américain, et de deux forts gamins du Middle West. Ils surpassaient tous les autres équipages que ce soit à la pagaie, à la course ou à la nage. Les grands hommes dans les autres équipages s’amusaient toujours avec bon naturel des toutes petites palmes enfilées sur les tout petits pieds avant chaque nage. Mais on ne sait comment, ces petits gars, de tous les coins de la nation et du monde, riaient toujours en dernier – nageant plus vite que tout le monde et atteignant le rivage bien avant le reste d’entre nous.

Cette formation des membres des forces spéciales était un grand égalisateur. Rien ne comptait sauf votre volonté de réussir. Votre couleur, votre origine ethnique, votre éducation ou votre statut social n’entraient pas en ligne de compte.

Donc, si vous voulez changer le monde, évaluez une personne par la taille de son cœur, pas celle de ses palmes.

 

4) Si vous voulez changer le monde, surmontez le fait d’être un cookie au sucre et continuez à avancer.

Plusieurs fois par semaine, les instructeurs mettaient la classe en rang et procédaient à une inspection d'uniforme. C’était exceptionnellement minutieux. Votre chapeau devait être parfaitement amidonné, votre uniforme impeccablement repassé et votre boucle de ceinture brillante et sans tâches. Mais il semblait que peu importe les efforts que vous produisiez pour amidonner votre chapeau, repasser votre uniforme ou lustrer la boucle de votre ceinture – ce n'était tout simplement jamais assez bon. Les instructeurs trouvaient toujours « quelque chose » qui n'allait pas.

Pour avoir raté l'inspection d'uniforme, l'étudiant devait courir tout habillé dans la zone des brisants puis, mouillé de la tête aux pieds, rouler sur la plage jusqu'à ce que chaque partie de votre corps ait été recouvert de sable. L'effet était connu sous le nom de "cookie au sucre." Vous restiez dans cet uniforme le reste de la journée - froid, humide et sablonneux.

Il y avait beaucoup d'élèves qui ne pouvaient tout simplement pas accepter le fait que tous leurs efforts soient vains. Que peu importe combien d’efforts ils fournissaient pour rendre leur uniforme impeccable, ce n’était pas apprécié à sa juste valeur. Ces élèves ne survivaient pas à cette formation. Ils ne comprenaient pas le but de l'exercice. Vous n'alliez jamais réussir. Vous n'alliez jamais avoir un uniforme parfait.

Parfois, peu importe la qualité de votre préparation ou la quantité d'efforts produits, vous finissez toujours en cookie au sucre. C'est juste la façon dont la vie est parfois.

Donc, si vous voulez changer le monde, apprenez à surmonter le fait d'être un cookie au sucre et continuez à avancer.

 

5) Si vous voulez changer le monde, ne pas avoir peur des cirques.

Chaque jour de l’entraînement vous étiez confrontés à de multiples défis physiques – longues courses, longues nages, parcours d'obstacles, des heures de gymnastique – quelque chose conçu pour tester votre courage. Chaque défi avait des standards – ils devaient être réalisés dans des temps précis. Si vous échouiez à les respecter, votre nom était publié sur une liste et à la fin de la journée ceux de la liste étaient invités à un « cirque ». Un cirque était constitué de deux heures supplémentaires de gymnastique dont le but était de vous démoraliser, de vous briser mentalement, de vous forcer à abandonner.

Personne ne voulait un cirque.

Un cirque signifiait que ce jour-là vous n’aviez pas été à la hauteur. Un cirque signifiait plus de fatigue – et plus de fatigue signifiait que le lendemain serait encore plus difficile – et que vous seriez susceptible de subir d’autres cirques. Mais à un certain moment au cours de la formation des membres de des forces spéciales, tout le monde – tout le monde – se retrouve sur la liste du cirque. Mais une chose intéressante est arrivée à ceux qui étaient constamment sur cette liste. Avec le temps ces élèves – qui ont fait deux heures de supplémentaires de gymnastique – sont devenus de plus en plus forts. La douleur des cirques construit une force intérieure et une résilience physique.

La vie est remplie de cirques. Vous allez échouer. Vous allez probablement échouer souvent. Ce sera douloureux. Ce sera décourageant. Parfois, ce sera un test pour votre cœur même.

Mais si vous voulez changer le monde, n'ayez pas peur des cirques.

 

6) Si vous voulez changer le monde, vous devrez parfois vous lancer tête la première.

Au moins deux fois par semaine, on demandait aux élèves de courir une course d'obstacles. Le parcours d'obstacles comprenait 25 obstacles dont un mur de 3 mètres de haut, un filet de 10 mètres, et un couloir de fil de fer barbelé sous lequel ramper, pour n'en nommer que quelques-uns. Mais le défi le plus difficile était la glissage pour la vie. Il y avait une tour de 10 mètres avec trois niveaux différents d'un côté et une tour à un seul niveau de l'autre. Entre les deux il y avait une corde de 60 mètres. Vous deviez gravir la tour à trois niveaux et une fois en haut, prendre la corde, vous balancer en-dessous et avancer une main après l'autre jusqu'à ce que vous atteigniez l'autre extrémité.

Le record de la course d'obstacles avait tenu pendant des années quand ma classe a commencé sa formation en 1977. Le record semblait imbattable, jusqu'à ce qu'un jour, un élève a décidé de parcourir le principal obstacle tête la première. Au lieu de balancer son corps sous la corde et faire son chemin vers le bas comme les autres, il monta bravement sur la corde et se poussa lui-même vers l'avant.

C'était un mouvement dangereux – apparemment insensé, et plein de risques. Un échec pouvait signifier une blessure et la fin de la formation. Sans hésitation, l'élève a glissé en bas de la corde avec une rapidité périlleuse. Au lieu de plusieurs minutes, il ne lui a fallu que la moitié du temps et à la fin de l'épreuve il avait battu le record.

Si vous voulez changer le monde, vous devrez parfois vous lancer tête la première.

 

7) Si vous voulez changer le monde, ne reculez pas devant les requins.

Pendant la phase de formation sur la guerre terrestre, les élèves sont transportés en avion vers l'île de San Clemente, qui se trouve au large de la côte de San Diego. Les eaux au large de San Clemente sont un terrain fertile pour les grands requins blancs. Pour valider la formation il y a des séries de longues nages qui doivent être accomplies. L'une d'elle consiste à nager la nuit.

Avant la nage les instructeurs enseignent joyeusement aux élèves toutes les espèces de requins peuplant les eaux au large de San Clemente. Ils vous assurent, cependant, qu'aucun élève n'a jamais été mangé par un requin – du moins pas récemment. Mais l'on vous apprend également que si un requin commence à encercler votre position – restez où vous êtes. Ne fuyez pas. N'agissez pas sous l'effet de la crainte. Et si le requin, cherchant une collation de minuit, fonce vers vous - rassemblez toute votre force et frappez-le sur le museau. Il virera et ira nager plus loin.

Il y a beaucoup de requins dans le monde. Si vous espérez terminer votre nage, vous devrez traiter avec eux.

Donc, si vous voulez changer le monde, ne reculez pas devant les requins.

 

8) Si vous voulez changer le monde, vous devez être au plus fort dans le moment le plus sombre.

En tant que membres des forces spéciales de la marine, l'une de nos tâches consiste à mener des attaques sous-marines contre les navires ennemis. Nous pratiquions cette technique fréquemment lors de la formation initiale. La mission d'attaque de navire consiste à déposer une paire de plongeurs en dehors d'un port ennemi, puis de nager plus de trois kilomètres – sous l'eau – n'utilisant rien d'autre qu'une jauge de profondeur et une boussole pour se rendre à destination.

Pendant toute la nage, même bien en-dessous de la surface, il y a un peu de lumière qui passe au travers. Il est réconfortant de savoir qu'il y a un espace ouvert au-dessus de vous. Mais comme vous approchez du navire, qui est lié à une jetée, la lumière commence à disparaître. La structure en acier du navire bloque la lumière de la lune, elle bloque la lumière des lampes des rues tout autour, elle bloque toute lumière ambiante.

Pour réussir dans votre mission, vous devez nager sous le navire et trouver la quille – la ligne centrale et la partie la plus profonde du navire. C'est votre objectif. Mais la quille est aussi la partie la plus sombre du navire, où vous ne pouvez pas voir votre main devant votre visage, où le bruit de la machinerie du navire est assourdissant et où il est facile d'être désorienté et d'échouer.

Chaque membre des forces spéciales de la marine sait que sous la quille, au moment le plus sombre de la mission, est justement le moment où vous devez être calme et composé – c'est lorsque toutes vos compétences tactiques, votre puissance physique et toute votre force intérieure doivent être amenées à supporter l'épreuve.

Voilà pourquoi si vous voulez changer le monde, vous devez être au plus fort dans le moment le plus sombre.

 

9) Si vous voulez changer le monde, commencez à chanter quand vous êtes le cou dans la boue.

La neuvième semaine de formation est appelé "Hell Week" (semaine de l'Enfer). Cela consiste en six jours sans sommeil et un harcèlement physique et mental constant ainsi qu'un jour spécial dans les vasières – ces vasières sont situées dans la région entre San Diego et Tijuana, où l'eau ruisselle et crée le Tijuana Slues – un terrain marécageux où la boue vous engloutit.

C'est le mercredi de la semaine de l'Enfer que vous pagayez vers les vasières et passez les 15 heures suivantes à essayer de survivre à la boue gelée, les hurlements du vent et la pression incessante des instructeurs afin que vous abandonniez. Tandis que le soleil commençait à se coucher ce mercredi soir, ma classe de formation, ayant commis une certaine « infraction flagrante des règles » a été ordonnée de se mettre dans la boue.

La boue consommait chaque homme jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien de visible à part nos têtes. Les instructeurs nous disaient que nous en aurions fini avec la boue si seulement cinq hommes abandonnaient – seulement cinq et nous pourrions sortir du froid oppressant. En regardant tout autour, il était évident que certains élèves étaient sur le point d'abandonner. Il restait encore plus de huit heures avant que le soleil ne se lève – huit heures de froid à vous glacer les os.

Les claquement de dents et les gémissements de froid des élèves étaient si forts qu'il était difficile d'entendre quoi que ce soit d'autre. Puis, une voix a commencé à résonner à travers la nuit, une voix qui s'élevait en chantant. La chanson sonnait terriblement faux, mais chantée avec beaucoup d'enthousiasme. Une voix s'y ajouta, puis les deux sont devenus trois et rapidement tout le monde dans la classe chantait. Nous savions que si un homme pouvait s'élever au-dessus de la misère, d'autres le pouvaient tout aussi bien.

Les instructeurs nous ont menacés de rester plus longtemps dans la boue si nous continuions à chanter, mais nous avons persisté. Et en quelque sorte, la boue semblait un peu plus chaude, le vent un peu moins dominant et l'aurore pas si lointaine.

Si j'ai appris quelque chose durant mon temps à parcourir le monde, c'est la puissance de l'espoir. La puissance d'une seule personne – comme Washington, Lincoln, King, Mandela et même une jeune fille du Pakistan, Malala – une personne peut changer le monde en donnant de l'espoir aux gens.

Donc, si vous voulez changer le monde, commencez à chanter quand vous êtes plongé jusqu'au cou dans la boue.

 

10) Si vous voulez changer le monde ne jamais, jamais faire sonner la cloche.

Enfin, dans la formation des membres des forces spéciales, il y a une cloche. Une cloche de laiton qui pend dans le centre de l'enceinte et qu'il est donné à tous les élèves de voir. Tout ce que vous avez à faire pour abandonner est de sonner la cloche.

Sonnez la cloche et vous n'avez plus à vous réveiller à 5 heures. Sonnez la cloche et vous n'avez plus à subir de baignades glaciales. Sonnez la cloche et vous n'avez plus à faire les courses, la course d'obstacles, vous n'aurez plus à supporter les rigueurs de la formation. Juste sonner la cloche.

Mais si vous voulez changer le monde, ne jamais, jamais sonner cette cloche.

Élèves de la promotion de 2014, vous êtes à quelques instants de votre diplôme. À quelques minutes du début de votre voyage à travers la vie. À quelques moments de commencer à changer le monde – pour le mieux. Ça ne sera pas facile. Mais vous êtes la classe 2014 – promotion qui peut affecter la vie de 800 millions de personnes dans le siècle prochain.

Commencez chaque journée avec une tâche terminée. Trouvez quelqu'un pour vous aider dans la vie. Respectez tout le monde.

Sachez que la vie est injuste et que vous échouerez souvent. Mais si vous prenez certains risques, tenez bon quand les temps sont durs, affrontez les tyrans, défendez les opprimés et n'abandonnez jamais une seule fois – si vous faites ces choses, alors la prochaine génération et les générations qui vont suivre vivront dans un monde bien meilleur que celui que nous avons aujourd’hui.

Et ce qui a commencé ici aura en effet changé le monde – pour le mieux.

Merci beaucoup. Hook 'em horns (slogan de l'université du Texas à Austin).


Moyenne des avis sur cet article :  2.09/5   (23 votes)




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19 réactions à cet article    


  • NEMO Clark Kent 30 juillet 12:22

    11 . si vous voulez changer le monde, ça sera plus facile si vos parnts sont riches, mais là, vous en aurez pas envie !


    • Clocel Clocel 30 juillet 12:27

      Ach, l’Amérique...le nirvana des QI à deux chiffres...


      • NEMO Clark Kent 30 juillet 13:04

        @Clocel

        deux chiffres, c’est déjà au-dessus de 9 !

      • Clocel Clocel 30 juillet 13:33

        @Clark Kent


        Ouais...

        Je lisais un article l’autre jour, l’armée américaine a dû mal à recruter du personnel en mettant le QI minimal à 85.

        Entre les obèses, les franchement timbrés, les repris de justesse, les neuneus de base, et, les sexes indéterminables, ils ont du mal à remplir les rangs...

        Un pays moderne quoi ! Quand on pense qu’il aura fallu « génocider » tout un continent pour installer ces bourrins au train de vie pas négociable, ça laisse songeur sur sa relation à l’espèce...

        Bienvenue dans l’enfer climatisé ! smiley

      • Macondo Macondo 30 juillet 12:50

        Bonjour. C’est open ? Si vous voulez changer le monde, balancez votre frigo et votre télé sur votre bagnole, pour les premium sautez aussi ...


        • Jason Jason 30 juillet 14:41

          Clichés, lieux communs et cuistreries, ce viatique enrobé de pathos ne mènera pas ces jeunes gens très loin. Ils se rendront compte qu’ils ont été roulés dans la farine et que leur choix ne sera que de deux sortes, se soumettre ou disparaître socialement.


          L’Amérique, pays approximatif au mouvement brownien, qui voudrait changer le monde afin qu’il soit entièrement son vassal.

          C’est dans les universités américaines où on ment le plus à la jeunesse, elle qui se rebelle, pétrie de contradictions, et qui finit par tirer dans le tas.

          P.S. Il faut pas mal de culot ou d’inconscience pour mettre sur la toile un récit-guimauve d’une telle fadeur.


          • Loatse Loatse 30 juillet 14:50

            Bordu, je n’ose penser à l’état du monde sans le sens du dévouement, l’abnégation de ces braves ricains...





            • sylvie 1er août 18:23

              @Loatse
              excellent 2ème degré


            • Claudec Claudec 30 juillet 16:25

              @ l’auteur


              C’est de la provoc ou quoi ?
              D’autant que des conseils du même ordre ont été donnés par d’autres que des Américains. Même des Français l’ont fait (il faut dire que c’était avant mai 68)
              Et publier ça sur Agoravox !
              Faut plus se gêner !

              Mais ça ne peut pas faire de mal, et en tout cas ça rafraîchi.

              MERCI !

              • Jeekes Jeekes 30 juillet 17:38
                ’’Si vous pensez qu’il est difficile de changer la vie de dix personnes – changer leur vie à jamais – vous avez tout faux. J’ai vu arriver cela tous les jours en Irak et en Afghanistan’’
                 
                C’est bien vrai que prendre des bombes sur la gueule, ça te change la vie, radicalement parfois.
                Et on dit merci qui ?
                 
                 
                ’’Je suis un membre des forces spéciales de la marine depuis 36 ans’’
                 
                Y’a pas de quoi s’en vanter.
                Moi j’en aurais même carrément honte...
                 


                • L'enfoiré L’enfoiré 31 juillet 17:16

                  @Jeekes

                   Si vous avez un emploi, vous faites partie du système.
                   Vous y contribuez... 
                   « J’ai honte » un billet que j’ai écrit à une certaine époque.
                   Je n’étais pas dans l’armée mais l’entreprise qui m’employait avait pour client l’armée américaine.

                • aimable 30 juillet 20:28

                  les forces spéciales vivent dans un pays parfait donc pour changer le monde ils sont obligés d’agir a l’extérieur c’est a dire dans d’autres pays et la on voit au final ce qu’ils appellent un monde parfait .


                  • Eric83 31 juillet 12:46

                    Pour changer le monde, il faut commencer par changer soi-même et donc se connaitre soi-même.


                    Lisez Krishnamurti, notamment « Cette lumière en nous ».

                    Votre perception de la vie pourrait en être profondément bouleversée.

                    • DOLORES33 DOLORES33 31 juillet 13:56

                      @Eric83

                      Bonjour Eric,

                      Merci pour votre commentaire. J’ai effectivement lu Krishnamurti, plusieurs de ses ouvrages en fait. Mais cela ne m’empêche pas de m’intéresser à d’autres sujets. C’est la diversité qui est intéressante.

                      Je suis un peu surpris par la teneur générale des commentaires car le contenu de l’article n’a absolument rien de martial et il n’y a aucune idéologie sous-jacente non plus. Ce n’est pas parce qu’il est américain et militaire qu’il n’aurait rien d’intéressant à exprimer ou à tirer de sa propre expérience de la vie afin de la partager avec des jeunes.

                      Jamais il ne leur dit de s’engager dans l’armée et son discours n’est pas du tout politique ni idéologique. Ce sont simplement des situations qui peuvent être rapprochées d’épreuves que tout un chacun peut rencontrer dans sa vie, dans le déroulé de sa vie (ne jamais abandonner, s’aider les uns les autres, avoir du courage, traiter les autres avec respect quelle que soit sa situation, etc.)

                      En France, on a tendance à considérer que tout ce qui est américain est mauvais, on ne trie pas le bon grain de l’ivraie.
                      Certains font de même vis-à-vis des français d’ailleurs...

                      Je préfère la nuance car elle reflète mieux la réalité.



                    • L'enfoiré L’enfoiré 31 juillet 17:03

                      @DOLORES33 et Eric,

                       Un article se demande pourquoi a-t-on besoin de se comparer ?

                    • L'enfoiré L’enfoiré 31 juillet 17:12

                      J’ai testé toute ma vie active les choses matérielles et en version « management » les humains par la psychologie active.

                      De ce dernier côté, beaucoup de déceptions et seulement quelques réussites notoires.
                      Le management oblige de sortir de la mêlée. 
                      Aujourd’hui, je teste toujours. Cela veut dire qu’il faut parfois tester la résistance et passer la ligne jaune sans le taire.
                      Cela marche ou cela échoue mais au moins on en sait un peu plus.
                      Changer le monde est un leurre que l’on atteint à l’infini.
                      Cela n’a rien avoir avec un pays, qu’il soit français ou américain mais à une personnalité spécifique.
                      .


                    • Areole 1er août 01:05

                      Toutes les armées emploient les mêmes méthodes pour la formation de leur corps d’élites.

                      Ce n’est bien sûr pas un hasard. Etre capable d’avoir du courage physique s’apprend. Peu de personnes y parviennent. Ceux qui acquièrent cette expérience savent qu’il est important de se taire.
                      Les commentaires de cet article en font l’édifiante démonstration.


                      • kader kader 2 août 12:12
                        pourquoi voudrai t on changer le monde ? ne faut il pas plutot changer les hommes ?
                        combien de prophètes ont essayé..
                        le monde est ainsi. Il etait ainsi bien avant qu’on naisse et il sera à peu pres le même quand on sera mort.

                        ca fait le 2e articles ou l’auteur nous explique des choses bizarres.

                        Mais moi je ne veux pas faire parti d’une secte ou quelqu’un m’explique tout et je ne veux pas changer le monde, ni être le meilleur, je n’ai pas assez d’égo pour ca.

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