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Signature de la formule Steinmeier par Kiev – Réel espoir ou coup de comm’ ?

Hier, 1er octobre 2019, Léonid Koutchma, le représentant de Kiev au sein des groupes de contact à Minsk, a enfin signé la lettre d’approbation de la formule Steinmeier. Si beaucoup se sont réjouis, annonçant déjà un pas important pour la paix, d’autres se montrent bien plus prudents, et soulignent que cette signature est surtout un coup de communication de Kiev. Retour sur cette signature et ses implications réelles.

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Déjà revenons sur ce qu’est la formule Steinmeier. Malgré la signature par Kiev, la République Populaire de Donetsk (RPD) et la République Populaire de Lougansk (RPL), des accords de Minsk en 2014, puis de Minsk-2 en 2015, rien n’avançait. Kiev continuait de violer le cessez-le-feu, et de vouloir mettre les derniers articles des accords en premier (comme le retour du contrôle de la frontière), bref de mettre la charrue avant les bœufs, et forcément ça ne marchait pas.

De plus la loi spéciale sur le statut du Donbass, votée par la Rada ne comprenait que le premier article de la loi prévue, n’est valable qu’un an, et n’a pas été élaborée en concertation avec la RPD et la RPL comme prévu dans le texte de Minsk-2.

Devant l’enlisement de l’application des accords de Minsk, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, propose lors d’une réunion au format Normandie (entre la Russie, la France, l’Allemagne et l’Ukraine) un texte pour clarifier l’ordre d’application des points litigieux. Cet accord est approuvé verbalement par tous les membres du Format Normandie le 2 octobre 2015, puis un an plus tard, lors d’une autre réunion au format Normandie, en octobre 2016.

Depuis, l’Ukraine tournait autour du pot, refusant de signer cette formule, et de l’appliquer. Le problème c’est que devant l’évidence du sabotage mené par Kiev, la Russie avait posé la signature de la formule Steinmeier comme prérequis pour organiser la prochaine réunion au Format Normandie. Comme l’avait dit la Russie, pourquoi perdre du temps à rediscuter de ce qui a déjà été approuvé par deux fois ? Pour qu’il y ait une nouvelle réunion, il faut que ce qui a été approuvé précédemment soit signé, qu’il y ait un minimum de progrès. En clair, pas de signature par Kiev de la formule Steinmeier, pas de réunion.

Or, Volodymyr Zelensky a besoin de cette réunion sur le plan médiatique pour « prouver » qu’il cherche à faire la paix, comme le veut la majorité de la population ukrainienne. Et en refusant de signer la formule Steinmeier, Kiev disait ouvertement qu’elle ne voulait pas la paix. L’écran de fumée de Zelensky l’illusionniste se dissipait à grande vitesse. Il fallait rattraper le coup.

Voilà pourquoi Kiev a finalement signé la formule Steinmeier hier, lors de la réunion des groupes de contact à Minsk. Non sans renâcler et faire planer le suspense jusqu’au bout. Mais l’Ukraine n’avait pas le choix, si elle refusait de signer, alors tout le processus de négociations aurait été remis en cause publiquement et le blâme en aurait été porté par Kiev.

Et cela, Zelensky ne pouvait se le permettre, même si cette signature l’oblige à jouer les équilibristes. Car cet accord signé a entraîné de gros remous en Ukraine.

À commencer par Ioulia Tymochenko qui a déclaré sans ambage sur sa page Facebook, que la formule Steinmeier est inacceptable, et que sa signature à Minsk représenterait une menace à la sécurité nationale (sic), à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine (ce qui est risible vu que la politique de Kiev se décide à Washington depuis longtemps).

Petro Porochenko, l’ancien président ukrainien, a quant à lui déclaré qu’en signant cette formule, Kiev renonçait à appliquer les accords de Minsk (ce qui est un non-sens complet, puisque la formule Steinmeier n’est qu’un compromis permettant l’application de ces accords), et que cette formule avait été concoctée par le Kremlin (je pense que monsieur Steinmeier sera ravi d’apprendre qu’il travaillait pour Moscou).

L’ancien représentant de l’Ukraine à Minsk, Roman Bezsmertny, a déclaré que la signature de la formule Steinmeier n’apporterait pas la paix mais la guerre à son pays car les conditions de cette formule ne sont pas dans l’intérêt de l’Ukraine. Pour lui, organiser les élections dans le Donbass selon cette formule revient à légitimer les autorités actuelles de la RPD et de la RPL, et cela reviendrait à créer une nouvelle Transnistrie. Il a aussi exhorté Zelensky à désavouer cette signature lors de la rencontre au Format Normandie.

Les plus radicaux comme Andriy Parouby, qualifient cette signature de démembrement de l’Ukraine, tandis que l’ex-conseiller de Porochenko, Konstantin Eliseev, l’a qualifiée de reddition. Un thème repris par Arkadi Babtchenko (le journaliste ressuscité), qui a déclaré que la capitulation de l’Ukraine n’avait pas eu lieu hier, mais le 21 avril 2019 (c’est-à-dire lors de l’élection de Zelensky au deuxième tour de la présidentielle).

Résultat, les groupes radicaux ukrainiens ont emboîté le pas de leurs représentants et ont lancé des manifestations, de plusieurs centaines de personnes chacune, un peu partout en Ukraine, de Kiev à Lvov, en passant par Kharkov, Marioupol et Zaporojié, contre la signature de la formule Steinmeier. Le Corpus National de Biletski a même déclaré une action illimitée contre ce qu’ils considèrent comme une reddition de l’Ukraine.

Les ultra-nationalistes ont demandé la démission du ministre ukrainien des Affaires étrangères et du représentant de Kiev à Minsk, Léonid Koutchma. Ils ont aussi exigé qu’une enquête criminelle soit ouverte sur eux si le document a été signé selon les termes de la Russie.

Côté russe, cette signature a été l’occasion de déclarations parfois euphoriques, certains allant jusqu’à dire que c’était enfin un premier pas concret vers la paix dans le Donbass. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, disant espérer que cela créera « une atmosphère positive pour la poursuite de la mise en œuvre des accords de Minsk  ». Une position rejointe par le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

Natalia Nikonorova, la ministre des Affaires étrangères de la RPD, a quant à elle déclaré qu’il s’agissait d’une victoire diplomatique pour les deux républiques populaires et que cela ouvrait des perspectives pour le règlement politique du conflit. Elle a aussi appelé Kiev à lancer la réforme constitutionnelle nécessaire pour la mise en œuvre du statut spécial pour le Donbass.

Son homologue de la RPL, Vladislav Deïnego, s’est montré d’un optimisme très prudent, soulignant qu’il restait beaucoup de travail à Kiev pour appliquer tout cela. Comme faire annuler les lois qui contreviennent aux accords de Minsk (comme la loi sur la langue russe par exemple), mais aussi voter la loi d’amnistie, et celle pour l’organisation des élections.

Bon sur le papier, c’est très joli tout ça. Mais en vrai ? En vrai, très vite après l’enthousiasme des premiers moments, les deux républiques populaires et la Russie sont brutalement revenues au scepticisme habituel, après la déclaration de Zelensky justifiant la signature de la formule Steinmeier.

En effet, ce dernier parle de mettre au point une nouvelle loi sur le statut spécial du Donbass, mais ne va pas en discuter avec la RPD et la RPL, comme il est pourtant prévu dans les accords de Minsk. Au lieu de cela, Zelensky veut en discuter avec le peuple ukrainien, déclare que les élections dans le Donbass n’auront lieu qu’une fois que le contrôle de la frontière avec la Russie sera rendu à Kiev (alors que ceci est le tout dernier point des accords de Minsk et de la formule Steinmeier, qui doit avoir lieu après les élections), et qu’aucune ligne rouge ne sera franchie.

Encore pire, un des députés du parti de Zelensky, Bogdan Yaremenko, chef du comité des Affaires étrangères de la Rada, a déclaré que l’Ukraine n’avait rien signé !

« Hier, personne n’a rien signé », a écrit Yaremenko sur sa page Facebook. «  Le représentant de l’Ukraine auprès du groupe [de contact] Léonid Koutchma a informé par écrit l’envoyé de l’OSCE Martin Sajdik que l’Ukraine est satisfaite de la formule approuvée par les assistants des quatre dirigeants du Format Normandie à Minsk le 1er septembre 2019  », a-t-il expliqué.

Le député ukrainien a également souligné que Kiev n’a pas l’intention d’abandonner ses principes, notamment l’intégrité et la souveraineté de l’Ukraine, ainsi que le droit de Kiev « d’interpréter les accords de Minsk à sa manière » (sic).

Ce rétropédalage montre bien que cette signature n’est qu’une entourloupe de Zelensky l’illusionniste. Cette déclaration a tout de suite déclenché la sonnette d’alarme, tant chez les dirigeants de la RPD et de la RPL, que chez les analystes politiques.

Ainsi, Denis Pouchiline et Léonid Passetchnik, les chefs de la RPD et de la RPL, ont rappelé que :

1) les élections n’auront pas lieu après le retour du contrôle de la frontière entre les mains de Kiev, mais avant,

2) le nouveau statut du Donbass devait être élaboré en concertation directe avec les représentants des deux républiques populaires,

3) plusieurs points problématiques de la loi votée à l’époque Porochenko devaient être abrogés, mais que d’autres devaient absolument être gardés, et que tout changement devait se faire en coordination avec la RPD et la RPL, faute de quoi cela serait une violation des accords de Minsk, ce qui rendrait cette loi nulle et non avenue.

De plus, le début de la déclaration conjointe des deux dirigeants, montre le gouffre qui existe entre la conception qu’a Kiev de la formule Steinmeier et des accords de Minsk, et celle de la RPD et de la RPL. En effet, les deux chefs d’État déclarent qu’en signant la formule Steinmeier, Kiev a «  reconnu le droit du peuple du Donbass à l’auto-détermination ».

La déclaration indique aussi que la RPD et la RPL sont les seules à pouvoir choisir quelle langue elles veulent parler, comment orienter leur économie, comment élaborer leur système judiciaire, la façon dont la milice populaire doit protéger les citoyens des deux républiques, et comment mener l’intégration avec la Russie. Le but des deux républiques lors des négociations à Minsk n’est pas de réintégrer l’Ukraine mais de «  parvenir à terme à l’autonomie et à l’auto-détermination totales  ».

Face à la reculade de Zelensky, et à son interprétation très « spéciale » de a formule Steinmeier, le sénateur russe Alexeï Pouchkov a souligné que ni la Russie, ni la RPD ni la RPL ne reconnaîtraient ni n’accepteraient une loi sur le statut spécial du Donbass qui ne soit pas validée par le groupe de contact à Minsk. Il a aussi souligné, comme l’analyste Alexeï Tchesnakov, qu’à l’instar de son prédécesseur, Zelensky désavouait ce qu’il venait juste de signer.

Cette attitude laisse clairement penser que cette signature n’est qu’un coup de communication, un nouvel écran de fumée de la part de Zelensky l’illusionniste, comme l’a déclaré Andreï Souzdaltsev, Vice-doyen de la faculté d’économie et de politique mondiales de la Haute École d’Économie de Moscou.

«  Nous devons bien voir que l’Ukraine, qui a créé ce concept de coup de communication à propos de sa « volonté de dialogue avec la Russie », n’a pas changé d’objectifs stratégiques, » a-t-il déclaré.

Il a rappelé que Kiev veut toujours se tourner vers l’UE et l’OTAN, considère toujours la Russie comme le pays agresseur, appelle toujours à renforcer les sanctions contre Moscou, insiste pour que la RPD et la RPL n’existent plus et utilise toujours la Crimée comme moyen de pression sur la Russie.

Pour Souzdaltsev, la signature de la formule Steinmeier est juste d’un changement de tactique de la part de Kiev.

« Il (Zelensky) a laissé entendre que cela ne sera possible que lorsque les gardes-frontières ukrainiens se tiendront à la frontière ukraino-russe dans le Donbass, et n’a pas dit un mot sur les changements à apporter à la constitution qui font partie de la formule Steinmeier. C’est-à-dire, bien sûr, que rien ne sera fait. L’essentiel pour eux est de mettre (la Russie – éd.) sous la menace de l’Occident et de faire pression sur la Russie au niveau mondial. Voilà le truc. Ils nous entraînent dans un dialogue sciemment voué à l’échec  », a ajouté Souzdaltsev.

Selon lui, en signant la formule Steinmeier, Zelensky montre au public ukrainien, à son électorat, qu’il se bat pour résoudre le conflit, mais « dans un format devant conduire la Russie à capituler ».

«  Nous devons comprendre que c’est un piège et rien de plus. Il ne sert à rien d’engager un dialogue avec Kiev, Porochenko ou Zelensky. Il s’agit d’un coup de communication à usage interne, d’un coup de communication pour l’Occident, pour montrer qu’il est un président sain d’esprit. Mais la chose la plus importante qu’ils veulent, c’est la reddition de la Russie  », a ajouté Souzdaltsev.

Pour cet expert, cela ne vaut même pas la peine de parler de la mise en œuvre de la formule Steinmeier par Kiev.

«  Oh, allez. C’est absolument impossible. Nous avons déjà signé [les accords de] Minsk deux fois,  » a-t-il conclu.

Le fait que Kiev a une fâcheuse tendance à ne pas appliquer ce qu’elle signe, a aussi été souligné par plusieurs personnalités politiques et journalistes en RPD.

Ainsi le porte-parole du Conseil Populaire de la RPD, Vladimir Bidiovka, a déclaré que la signature par Kiev de la formule Steinmeier ne garantissait en rien que l’Ukraine allait l’appliquer. Une opinion dictée par l’expérience, puisqu’en cinq années de guerre la RPD a pu voir à de nombreuses reprises ce que vaut la signature de Kiev en bas d’un document, comme l’a souligné Valery Skorokhodov, député du Conseil Populaire de la RPD.

« Cinq ans d’expérience en matière d’interaction avec l’Ukraine nous ont pratiquement privés de toute confiance dans le fait que Kiev se conformera aux documents qu’elle a signés. Et que l’Ukraine applique ou non la formule qu’elle a signée, nous continuerons sur la voie que nous avons choisie en 2014 : renforcer les institutions de l’État, développer les capacités de défense, renforcer l’économie et intensifier l’intégration avec la fédération de Russie afin de réaliser notre droit complet à l’autodétermination, » a déclaré le député.

Le journaliste Oleg Antipov a lui aussi souligné qu’il n’avait aucune confiance dans les autorités de Kiev. Il a rappelé que malgré la signature des accords de Minsk, puis de Minsk-2, les bombardements continuent, les réunions à Minsk ne produisent rien de concret la plupart du temps, et le processus de négociation fait le plus souvent du surplace. De plus, comme il l’a rappelé, les habitants du Donbass sont dans leur majorité très négatifs envers toute idée de retourner sous le giron ukrainien (ce qui se comprend, après cinq ans à se prendre des obus et des bombes sur la tête et à subir un blocus commercial et économique total).

Personnellement je pense que cette signature n’est qu’un coup de communication de la part de Zelensky pour obtenir la réunion au Format Normandie dont il a besoin médiatiquement pour contenter son électorat.

Contrairement à Souzdaltsev je pense que la Russie sait très bien à quel jeu joue Zelensky, mais Moscou a ses propres raisons de pousser à cette signature. Car une fois le coup de communication dissipé, quand il va falloir réellement appliquer ce qui a été signé, les méthodes d’illusionniste de Zelensky ne suffiront pas à cacher le fait que Kiev a saboté le processus de négociation et de résolution pacifique du conflit.

Quand l’Ukraine s’avérera incapable d’appliquer la formule Steinmeier, Zelensky ne pourra pas se cacher derrière une histoire d’incompréhension technique, ou prétendre qu’il n’a pas approuvé ce document, puisque la signature du représentant à Minsk est clairement visible en bas. Il est facile de ne pas appliquer un document approuvé seulement à l’oral, il suffit de prétendre qu’on a rien approuvé, puisqu’il n’y en a aucune trace concrète. Une signature c’est une autre histoire, car les paroles s’envolent mais les écrits restent.

Même si en réalité, cette signature ne signifie pas que Kiev va appliquer ce qu’elle a signé. L’Ukraine a signé Minsk-1 et ne l’a pas appliqué. Elle a signé Minsk-2 et ne l’a pas plus appliqué que la première version de ses accords. En cinq ans, Kiev n’a pas été capable d’appliquer ne serait-ce qu’un seul des points de ces accords qu’elle a signés ! Et plus récemment, Kiev a signé les mesures additionnelles de contrôle du cessez-le-feu. Cela a-t-il abouti à une meilleure application du cessez-le-feu, à une baisse du nombre de violations, ou à des procédures disciplinaires contre les soldats ukrainiens violant la trêve ? Non !

Cette signature est là pour servir de preuve que Kiev n’a pas de parole, lorsque l’Ukraine sabotera le processus de résolution du conflit. Et pour preuve que la Russie ne prend pas des vessies pour des lanternes, la réunion au Format Normandie n’aura lieu que lorsque le retrait des troupes et des équipements dans les zones pilotes de Zolotoye et de Petrovskoye (approuvé lui aussi lors de la réunion des groupes de contact à Minsk) sera pleinement mis en œuvre.

La position de la Russie se résume ainsi : « Vous avez signé, eh bien appliquez maintenant !  ». Comme l’a dit Xavier Moreau, que Kiev applique ou non les accords de Minsk, la Russie est gagnante. Or l’Ukraine ne peut pas appliquer ce qu’elle a signé, car cela l’obligerait à renoncer à l’OTAN et à l’UE, et signerait l’acte de mort de l’Ukraine en tant qu’entité (car il n’y a pas que le Donbass qui veut l’autonomie). Et ça ce n’est pas à l’agenda de ceux qui dirigent réellement l’Ukraine.

De plus, comme on le voit dans les discours des gouvernements de la RPD, de la RPL et de l’Ukraine, la vision de ce que signifie l’application des accords de Minsk est diamétralement opposée, et on voit mal comment il sera possible de trouver un compromis qui satisfasse toutes les parties. Surtout lorsqu’on tient compte que l’hostilité de la majorité de la population du Donbass de réintégrer l’Ukraine.

Ceux qui se frottent les mains en croyant que le Donbass va retourner sous le giron ukrainien rapidement peuvent redescendre de leur petit nuage. La réalité est que l’Ukraine a signé pour marquer, à court terme, des points sur le plan médiatique, qu’elle va perdre à long terme au bénéfice de la Russie, de la RPD et de la RPL, quand viendra le moment de justifier l’échec du processus de Minsk. Kiev vient de se mettre elle-même dans un cul-de-sac diplomatique dont elle ne pourra pas sortir. La Russie a laissé l’Ukraine prendre un de ses pions pour pouvoir ensuite la mettre échec et mat !

Le scénario le plus probable est donc que l’Ukraine poursuive son agonie lente et douloureuse menant à l’effondrement et à l’éclatement du pays, comme la défunte Yougoslavie. Les accords de Minsk (1 et 2), et la formule Steinmeier restant dans l’Histoire comme les preuves signées et tangibles du déshonneur et de l’hypocrisie des autorités ukrainiennes.

Christelle Néant

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26 réactions à cet article    


  • Guy19550 Guy19550 3 octobre 08:49

    C’est un excellent résumé de la situation, j’ai mis ce que j’ai relevé sur le sujet dans un autre post.

    Ça grince à plus d’un niveau : les propos du zoulou, les manifestations, et document pas signé sur la même feuille. Ce sont les grincements les plus importants.

    On sera fixé assez vite avec le retrait des troupes... mais ce qui est à suivre également, ce sont les tirs de gros calibre.


    • Guy19550 Guy19550 3 octobre 09:22

      @Guy19550
      Je suggère également aux lecteurs d’aller lire les choses ici :
      https://dnrsovet.su/en/


    • Christelle Néant Christelle Néant 3 octobre 15:31

      @Guy19550
      Retirer les troupes est dans le domaine du faisable pour Zelensky. Mais appliquer la formule Steinmeier c’est mission quasi impossible.


    • Guy19550 Guy19550 4 octobre 06:36

      https://www.reuters.com/article/us-ukraine-zelenskiy-russia-talks/zelenskiy-wants-ukrainian-candidates-to-run-in-donbass-election-idUSKBN1WI1VB

      Je rigole, mais on va vite voir l’impossibilité matérielle de satisfaire à ses propos.

      Soit le zoulou maintient cette position, mais il faut alors étendre les élections à la totalité du Donbass (territoires ocupés et non-occupés). Les candidats ukrainiens peuvent alors être présents dans ces conditions mais cela implique également alors que le statut spécial du Donbass devra être d’application pour le Donbass entier et plus seulement pour certains territoires. Je doute très fort que le zoulou veuillent cela et s’il ne veut pas cela, il y a lieu de partir du principe que les candidats ukrainiens sont à proscrire dans les républiques. C’est l’un ou l’autre mais certainement pas un mélange des deux !

      Ca bouge aussi aux US, mais là pour savoir la logique des choses et la tendance, faut être une déesse !


      • Christelle Néant Christelle Néant 4 octobre 12:53

        @Guy19550
        Le problème c’est que des partis d’extrême droit autorisés en Ukraine sont interdits ici et pour une bonne raison. Et à l’inverse le parti communiste et interdit en ukraine et autorisé ici. Comment va-t-on concilier ce bazar en sachant que si un Biletski se pointe ici il va se faire lyncher ?


      • Guy19550 Guy19550 4 octobre 13:43

        @Christelle Néant

        L’accord de Tarzan implique des discussions entre Kiev et les républiques, s’il y a des difficulté à cela, il faut étendre l’accord à l’entièreté du Donbass, si on veut simplifier les choses car dans cette configuration la Rada est plus libre de mettre des terroristes sur la liste des élections. Et de toute façon cela réstera avec des réserves pour ce qui est des républiques. C’est selon moi la seule solution à mettre en oeuvre pour que cela puisse réussir. 

        Autant dire de suite que l’armée de tonton doit rentrer au bercail. La dissoudre serait encore mieux !


      • Guy19550 Guy19550 4 octobre 13:48

        @Guy19550

        Le retrait de l’armée des terroristes de Kiev, permet aussi de redonner le contrôle de la frontière à l’Ukraine bien plus tôt et c’est ce qu’ils veulent.


      • Christelle Néant Christelle Néant 4 octobre 13:59

        @Guy19550
        Non le contrôle de la frontière ce sera après les élections.... Ca on ne reviendra pas dessus


      • Guy19550 Guy19550 4 octobre 15:17

        @Christelle Néant
        Don’t say never... depends of how much conciliations could be done. For now, what’s done is nothing and if I look to the comments, ... same point next week. 


      • Christelle Néant Christelle Néant 4 octobre 21:07

        @Guy19550
        Euh non le retour de la frontière ce sera à la fin. Pouchiline et Nikonorova ont été très clairs là dessus on ira pas plus loin que le compromis qu’est la formule Steinmeier. Les gens d’ici ne sont pas des débiles. Si on rend la frontière avant, ce sera une épuration ethnique façon Kraïna serbe... Et ici on a pas oublié ce qui est arrivé aux Serbes de la Kraïna....


      • Guy19550 Guy19550 4 octobre 21:54

        @Christelle Néant
        Au stade actuel, je dois vous donner raison, mais moi je vois plus loin, car l’accord de Tarzan devrait se généraliser à tout le Donbass et l’armée se retirer du Donbass et donc bien plus que ce qui est prévu de faire. Dans cette hypothèse, le contrôle de la frontière se pose différemment et devient moins important. Et cela d’autant plus que les garants restent en place. C’est de la fiction pour le moment, j’en conviens, mais je suis persuadé que c’est vers cela qu’il faut tendre pour que l’accord soit stable.


      • Christelle Néant Christelle Néant 4 octobre 22:09

        @Guy19550
        Ce que vous n’avez pas compris c’est que l’ensemble de ces accords c’est de la fiction... Les garants occidentaux ne font pas leur boulot, Kiev non plus, et c’est pas prêt de changer....


      • Guy19550 Guy19550 4 octobre 23:25

        @Christelle Néant
        Entièrement d’accord avec vous et c’est bien pour cela qu’il faut prévoir les deux issues possibles. Les républiques sont très claires sur l’appréciation à donner, elles sont très méfiantes et avec raison, vu ce qui s’est toujours produit antérieurement. Il y a lieu également d’aller de l’avant en partant du principe que cela peut foirer. D’ailleurs, dans le passé, les cowboys ont toujours fait ce qu’il fallait pour cela et les deux européens n’ont jamais mis la pression qu’il y avait lieu de mettre. L’exemple le plus flippant que je peux signaler est l’utilisation de munitions prohibées et pour lesquelles, l’Europe a fait voeu de silence et cela a été ainsi en toutes les occasions ou presque. 


      • Christelle Néant Christelle Néant 5 octobre 16:01

        @Guy19550
        Il n’y a que deux issues possibles :

        1. Kiev applique pleinement les accords de Minsk tels qu’ils sont et la formule Steinmeier. Cela crée un précédent, d’autres régions demandent plus d’autonomie, l’Ukraine ne rentre jamais dans l’OTAN ni l’UE, et a toutes els chances de finir disloquée, chaque région autonome faisant un référendum pour se barrer du bourbier ukrainien.
        2. Kiev n’applique pas les accords de Minsk, la RPD et la RPL continuent leur vie dans leur coin, et l’Ukraine finit par s’effondrer totalement à terme, laissant les pays voisins récupérer les morceaux de l’ex-pays.

      • Guy19550 Guy19550 5 octobre 21:36

        @Christelle Néant
        Il est impossible d’y voir clair pour le moment, mais sur base des propos du zoulou, l’Ukraine n’a pas encore l’intention de discuter avec les républiques. Sur base de ces propos, il encourage la rada sur une voie glissante pour laquelle les républiques n’accepteront jamais l’issue. Les propos tenus du zoulou sont sans suite pour l’instant (dit une fois, mais pas encore deux fois). Sur base de cela, on en viendra à votre version 2.

        Cependant, la version 1 peut encore être appliquée si le zoulou recule avec ses propos. La version 1 ne parle pas dans les textes de l’Otan et de l’UE. Les deux points mentionnés doivent être traités au niveau du statut spécial ou ce qui est peu probable, être oubliés par l’Ukraine.

         et je termine par la même première phrase : Il est impossible d’y voir clair pour le moment, mais sur base des propos du zoulou, l’Ukraine n’a pas encore l’intention de discuter avec les républiques. ca coince à ce niveau pour le moment. 

        *

        Une autre possibilité est que l’armée prenne une position ferme de résistance au zoulou. Faire reculer l’armée est primordial pour le moment et surtout ne pas donner de crédit aux ukrainiens pour le moment. 


      • Guy19550 Guy19550 4 octobre 06:41

        En plus, les troupes doivent alors se retirer de l’entièreté du Donbass, je rigole toujours... c’est le prix à payer pour avoir des élections libres !


        • Guy19550 Guy19550 4 octobre 06:48

          Je reconnais volontiers être une peau de vache, et je suis même une peau de banane comme m’ont qualifié certains de mes anciens élèves.


          • Guy19550 Guy19550 4 octobre 07:05

            Je suggère aussi de transmettre mes propos à « Nicorova » pour la prochaine réunion à Minsk avec la proposition d’étendre la formule de Tarzan à l’entièreté du Donbass. LOOOL


            • Guy19550 Guy19550 6 octobre 21:38

              [b]Samedi 05/10/2019[/b]
              https://tass.com/world/1081597
              Je n’y crois pas beaucoup pour octobre car je n’ai rien vu de concret pour un redressement des propos tenus par le zoulou.

              Ceci est un bon résumé de la situation : https://www.bbc.com/news/world-europe-49931755
              Ce que rapporte la BBC est vrai, mais les propos du zoulou constituent un blocage, cela date déjà de quelques jours avant, j’avais posté les liens également. Le plus important est de constater qu’en date du 4 octobre, la BBC n’a pas d’élément neuf. Je ne pense pas de ce fait avoir loupé un épisode. Il y a peut-être eu quelque chose à Minsk en plus, mais j’en ai pas trouvé de trace. C’est le cinéma des cowboys qui rend les recherches difficiles en ce moment avec Google.

              Ce lien met en évidence qu’en date du 03/10/2019, des armes lourdes prohibées par les accords de Minsk sont encore utilisées : https://dan-news.info/en/defence-en/ukrainian-forces-fire-142-rounds-at-dpr-over-24-hours-use-122mm-artillery-inflict-damage-jccc.html
              Personnellement j’estime que le 3 octobre est encore trop proche de la signature de l’accord de Tarzan pour en tirer des conclusions, c’est ce qui se passera après qui est important. Je crois que les terroristes de Kiev sont capables de retirer les forces qu’il est convenu de retirer tout en augmentant les tirs de plus loin avec des armes lourdes. Si c’est le cas, cela montre qu’ils ne sont pas fiables avec la signature de l’accord de Tarzan.

              [b]Dimanche 06/10/2019[/b]
              https://tass.com/world/1081661
              C’est pas ainsi que cela va se concrétiser en positif, mais j’espère me tromper. Cependant, à de nombreuses reprises avant, il s’est avéré que cela fini souvent en échec et je pense bien que le but non avoué est de ne pas faire le retrait des troupes. Le prétexte dans l’article est la sécurité des ukrainiens. Rien que pour cela, il faudrait un référendum et le retrait des troupes, mais qui va leur dire ?


              • Christelle Néant Christelle Néant 7 octobre 14:54

                @Guy19550
                Je veux pas être émchante mais vu le score des violations du cessez-le-feu des dernières 24 h, c’est très très mal barré pour la paix.... https://t.me/DNR_SCKK/3099 39 violations, 886 munitions, 11 habitations touchées, plus encore plusieurs tôt ce matin à Staromikhaïlovka entre autres...


              • Guy19550 Guy19550 7 octobre 19:31

                Les news du lundi et les manifestations du weekend sont également mauvaises (j’ai tranché sur la question, cela veut dire que sur base de ce que j’ai lu et pas pu lire, c’est mauvais). Y a strictement rien de positif à la suite de ce que j’ai écrit avant. Je dirais donc au Kievkongs d’aller au diable. 


                • Guy19550 Guy19550 8 octobre 01:55

                  J’ai vu les violations sur Dan, il n’y a pas de gros calibres, cela vient donc de bien plus près de la ligne de front et probablement des gus similaires à ceux qui ont manifesté à Kiev. Evidemment les manifestations ont encouragé les tirs, mais en ce qui me concerne, le commandement n’a donné aucun ordre, jusqu’à preuve du contraire.


                  • Christelle Néant Christelle Néant 8 octobre 12:12

                    @Guy19550
                    "le commandement n’a donné aucun ordre

                    " c’est là que vous vous trompez, ou plus exactement vous vous trompez d’ordre qui n’a pas été donné. Je rappelle qu’ici comme en RPL les ordres du commandement sont très stricts : on ne viole pas le cessez-le-feu sauf cas d’extrême nécessité. Ceux qui enfreignent la trêve sans justification peuvent aller en prison !
                    Côté ukrainien, malgré le fait qu’ils ont approuvé ces mesures additionnelles de contrôle de la trêve, ils ne donnent pas les ordres de cessez-le-feu et n’applique aucune mesure disciplinaire aux contrevenants. Cela s’appelle laisser un blanc seing.
                    De plus il y a du gros calibre contrairement à ce que vous affirmez, les mortiers de 82 mm et 100 mm sont du gros calibre interdit par les accords de Minsk.
                    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/donbass-kiev-sabote-deliberement-218420


                  • Guy19550 Guy19550 8 octobre 13:34

                    @Christelle Néant
                    sur Dan, il n’est pas fait mention de gros calibres, dans le lien que vous donnez, on parle de 120 (gros pour moi et vient de plus loin). J’associe ce qui est supérieur à 100 au commandement et ce qui est inférieur à 100 aux gamins des terroristes de Kiev qui n’en font qu’à leur tête. Pour moi, il n’existe aucune discipline militaire chez les Kievcongs. En cela, je vous rejoins sur le sabotage régulier des choses.


                  • Christelle Néant Christelle Néant 8 octobre 15:34

                    @Guy19550
                    Sauf que le calibre utilisé n’a rien à voir avec les ordres ou pas du commandement. Le mortier de 82 mm est déjà au dessus de la limite fixée par les accords de Minsk. De plus, je rappelle que durant la semaine écoulée ils ont utilisé des chars d’assaut (obus de 125 mm) et de l’artillerie de 122 mm...


                  • Guy19550 Guy19550 8 octobre 05:40

                    Mardi 08/10/2019
                    https://tass.com/world/1081914
                    En tenant ces propos et de la manière dont c’est écrit, il retire sa responsabilité. Un peu plus bas dans l’article, je lis « start hating us », je crois que la haine existe aussi bien dans le camp des nationalistes que du côté des républiques à la suite sans fin des tueries et des bombardements.Ce n’est pas quelque chose qui commence mais qui en cours depuis bien longtemps.

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