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Stabilité au Soudan : priorité absolue

Les récents événements survenus au Soudan ces derniers jours attristent tout Arabe épris de ce grand pays, qui regorge d’intellectuels et d’élites capables de lui assurer une protection politique contre le glissement vers le chaos et l’instabilité. Depuis la destitution de l’ancien président Omar el-Béchir, les choses ont évolué vers un dialogue pacifique entre toutes les parties soudanaises.

Par contre, ce qui s’est passé récemment suscite l’inquiétude. Les appels à des sit-in, ainsi que l’échec de la médiation du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui n’a jusqu’à présent donné aucun résultat fructueux, ont bien témoigné de la complexité de la situation.

La tâche semble plus difficile qu’avant. Les chances de dialogue ne cessent de diminuer rapidement et les divergences entre les parties dans l’arène politique se creusent.

Le plus dangereux de tous, des partis qui ont des agendas bien connus dans la région sont en train de se déchaîner dans les médias. Ils cherchent à provoquer un conflit civil dans ce pays pacifique. Ceux qui contestent que le Soudan est le théâtre de tentatives de sédition devraient suivre les propos des chaînes satellites et des organisations terroristes du Qatar.

De l’avis général, le Soudan a une histoire politique et une élite capable de gérer le conflit d’une manière civilisée digne de cette histoire. Mais il va de soi que tous les amis du Soudan s’inquiètent de ce qui se passe, en particulier vu les troubles et les conflits actuels dans la région arabe, qui ne se cantonnent pas dans certains pays arabes mais qui comportent des enjeux extérieurs importants.

Les préoccupations des Arabes concernant la situation au Soudan semblent légitimes et évidentes. Le différend entre les partis politiques soudanais était auparavant gouverné par le dialogue. Mais, à mesure que la situation a changé et que des affrontements ont éclaté, il a fallu s’atteler à la recherche de la sécurité et de la stabilité et d’une formule satisfaisante pour toutes les parties, sans plus tarder.

La violence ne sera dans l’intérêt d’aucune partie. Elle ouvre les portes de l’inconnu au peuple soudanais, qui a souffert de nombreux conflits pendant des décennies. Toutes les parties doivent maintenant défendre les intérêts de l’État et du peuple soudanais, renoncer à l’intolérance et aux préjugés en matière de gouvernance, et se montrer ouvertes à un dialogue national sérieux.

Il faut donc une flexibilité politique mutuelle. Il est important de combler les lacunes exploitées par les acteurs souhaitant exacerber le conflit et faire du Soudan un champ de bataille pour atteindre leurs ambitions, après leurs échecs dans d’autres pays.

Le peuple soudanais ne se trouve pas dans une situation où l’on peut s’attendre aux conflits internes et aux troubles civils. Mais depuis de longues années, des médias se concertent dans la région sous le prétexte de revendiquer la démocratie, pour le compte des partisans de ce projet séditieux. Ils ne cessent de diaboliser les autres. Il peut arriver qu’ils puissent pousser les choses encore plus loin vers une crise.

Les Arabes misent sur la conscience du peuple, des intellectuels et de l’élite soudanaise des réalités de la situation régionale et internationale. Ils sont à même d’orienter ce pays vers sa destination légitime, dans le langage du dialogue qui régnait au début après la chute de Bachir.

Le pari sera gagné. De par son héritage politique unique dans le monde arabe, le Soudan a fait la preuve de sa capacité à suivre un modèle différent.

En toute objectivité, le Soudan traverse une période difficile. La confiance nécessaire entre les partis politiques diminue et les événements s’accélèrent. Toutes les parties soudanaises doivent être très prudentes, avant toute mesure qui pourrait compliquer la transition politique.

Rétablir le calme et réduire les tensions récentes semblent être les exigences les plus pressantes, en vue de la reprise du dialogue national. Il faut partir du principe du «  Soudan d’abord,  » et il n’y a ni gagnants ni perdants dans un débat sur l’avenir de la patrie.


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4 réactions à cet article    


  • phan 16 juin 00:11
    «  7 pays en 5 ans ! » : pour la gloire d’Israël.
    Nous allons attaquer et détruire les gouvernements dans 7 pays en 5 ans. Nous allons commencer par l’Irak, et puis nous irons en Syrie, au Liban, en Libye, Somalie, au Soudan et en Iran. » 

    • victormoyal victormoyal 17 juin 09:10

      L’Afrique des dictateurs….what else sur ce con tinent...


      • Jonas 17 juin 13:09

         Je suis sûr et certain , que très peu d’arabo-musulmans donneront leur avis sur ce qui se passe actuellement au Soudan. Car ces arabo-musulmans ne sont intéressés que par le soi-disant Etat Palestinien , qui est en réalité composé de 2 Etats ennemis , celui du Hamas et du Fattah. 

        Je reviens sur l’article concernant le Soudan . Que l’on souhaite la stabilité du Soudan est une chose , mais que l’on qualifie ce pays de pacifique dépasse l’entendement. Il faut vraiment ignoré l’histoire de ce pays pour oser écrire cela.

        Je rappelle à toutes fins utiles qu’il y a toujours eu des conflits dans ce pays. Les premières tensions entre le Soudan du Nord et le Soudan du Sud , à majorité chrétienne , commencent dès le lendemain de l’indépendance du Soudan, anglo-égyptien en 1956. La première guerre civile soudanaise dure 16 ans de 1956 à 1972. Elle prend fin à la suite des accords signés à Addis-Abeba, ( Ethiopie) qui accorde au Soudan Sud une certaine autonomie. 

        La deuxième guerre civile soudanaise éclate en 1983, et durera 22 ans , jusqu’en 2005, date à laquelle un accord est signé à Naivasha ( Kenya ). Cette seconde guerre civile a fait plus de 2 millions de morts et 4 millions de déplacés. Un accord est signé qui prévoit une large autonomie pour le sud pendant 6 ans . A la fin de cette période un référendum est organisé du 9 au 15 janvier 2011, remporté par le ,OUI , et donnant l’indépendance au Sud par , 98,83% de voix. 

        Revenant , sur le dictateur Omar, el-Béchir arrivé au pouvoir 1989, suite à un coup d’Etat fomenté par les islamistes. Ces derniers ont infiltré progressivement toutes les institutions militaire depuis les années 1980 ainsi que tous les rouages économiques. 

        Je rappelle a l’auteur de l’article, que le Soudan à la différence des révoltes en Egypte , Tunisie , Syrie, Libye et même en Algérie etc, bien que ces pays aient vécu sous des régimes de dictatures ou autoritaires , le Soudan , lui, non seulement a été sous un régime militaire , mais aussi islamiste.C’est la première expérience de pouvoir des islamistes dans le monde SUNNITE. 

        Donc , pour les Arabo-musulmans , faussaires de l’histoire , ils peuvent continuer à attribuer les conflits internes et externes aux Occidentaux et à Israël. , au lieu d’analyser les raisons ethniques, tribales , claniques, religieux , territoriaux , économiques, sociaux et politiques qui secouent ces pays depuis des décennies.


        • phan 19 juin 07:42

          Les manifestants pour la démocratie soudanais ont été les premiers à protester contre l’ingérence de l’Arabie saoudite dans leur révolution. Nous savions tous que les Saoudiens et les Émiratis avaient injecté des millions de dollars dans le régime d’Omar al-Bechir, demandé pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale et maintenant chassé du pouvoir par une cabale militaire à la Sisi. Mais ce sont les manifestants du sit-in qui ont inventé le slogan : « Nous ne voulons pas de l’aide saoudienne, même si nous devons manger des haricots et des falafels ! »

          Maintenant, à l’exception de vagues mots de l’administration Trump selon lesquels elle condamne la violence au Soudan, il n’y a pas eu de déclaration sérieuse de la Maison-Blanche sur les bouleversements massifs dans ce pays. Les États-Unis veulent la démocratie au Soudan – sans doute parce que c’est ce que leur propre gouvernement est censé défendre dans toutes les nations – mais tout le monde sait que Trump, dans sa vision perverse, considère le prince héritier saoudien comme un allié de confiance – malgré le meurtre de Jamal Kashoggi – et Sisi comme « un grand homme » malgré la mort en détention de Mohamed Morsi.

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