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Treize affaires pénales lancées contre Porochenko en Ukraine - Cours Petia, cours !

Le Bureau National d’Enquête (SBI) ukrainien a lancé 13 affaires pénales contre l’ancien président, Petro Porochenko. Or de manière « étrange », juste après avoir été auditionné, Porochenko est parti en « vacances » à l’étranger. Porochenko est-il en train de faire un Saakachvili bis ?

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En février 2019, avant même qu’aient lieu les élections présidentielles ukrainiennes, j’avais prédit dans mon article « Game of Maidan saison 3, épisode 4 – L’élection de la honte », que de prédateur, Porochenko pourrait bien se transformer en proie judiciaire pour ses ennemis, surtout s’il perdait l’élection.

Et cette prédiction semble bien partie pour se réaliser. Après l’ouverture de plusieurs affaires judiciaires contre l’ancien président ukrainien, lancées fin mai grâce aux éléments fournis par Andreï Portnov, avocat et ancien membre de l’équipe du président Ianoukovitch, il semble que le SBI a décidé de passer la cinquième.

Car, de quatre affaires lancées fin mai, le SBI est passé à 13 dossiers au 31 juillet ! La dernière affaire lancée (toujours à l’initiative de Portnov) concerne non seulement Porochenko, mais aussi plusieurs dizaines de ses proches ou alliés. L’ancien président y est accusé d’avoir siphonné des milliards de hryvnias en devises étrangères de la société de défense Ukroboronprom envoyés vers des comptes offshores, grâce à des contrats bidons.

Un siphon, fond fond le budget de la défense

« Je vous informe d’une nouvelle procédure pénale qui pourrait viser des dizaines d’alliés de Porochenko. Hier, le Bureau National d’Enquête l’a officiellement enregistrée et a lancé l’enquête  », a écrit Andreï Portnov sur sa chaîne Telegram.

L’affaire concerne également l’ancienne cheffe de la banque nationale Valeria Gontareva, des fonctionnaires de la société publique de défense Ukroboronprom et de la banque publique Ukreximbank, qui «  ont organisé des transferts de plusieurs millions de dollars en devises étrangères directement d’Ukroboronprom vers des comptes offshore et d’autres juridictions en vertu de faux contrats pour leur propre profit, tout en étant conscients que cela nuit à la sécurité nationale et la défense de l’Ukraine  », a déclaré Portnov.

D’après l’avocat, pour faciliter ce détournement massif de fonds, la banque centrale ukrainienne a aboli en janvier 2016 les lois de contrôle des changes, autorisant ainsi Ukroboronprom à faire des paiements vers des comptes offshore à l’avance sans aucun contrôle ni limite sur les sommes ! Le tout fait sur ordre direct de Porochenko et Gontareva ! De quoi permettre à Porochenko et sa clique de siphonner discrètement des milliards de hryvnias du budget ukrainien de la défense.

Avant l’annonce de Portnov, c’est le nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui avait déclaré que les forces de l’ordre avaient découvert un schéma de corruption dans l’industrie de la défense du pays. D’après Zelensky, au cours des cinq dernières années, environ 30 millions de dollars ont été détournés vers des comptes de sociétés offshore via des contrats douteux.

Le 22 juillet, peu de temps après la déclaration de Zelensky, les procureurs militaires ukrainiens ont effectué des perquisitions dans les bureaux du gouvernement, des services des frontières et fiscaux, ainsi que dans l’entreprise Spetstechnoexport, qui fait partie d’Ukroboronprom. Ces perquisitions font suite à la découverte par les services de renseignement ukrainiens d’un vaste schéma de détournement de fonds dans le secteur de la défense. À elle seule, cette affaire pénale porte sur le détournement de 6,7 millions de dollars, versés en vertu d’un contrat entre une société étrangère et l’une des entreprises d’Ukroboronprom pour la livraison d’équipements spéciaux au service ukrainien des gardes-frontières.

Pour Portnov il y a là quoi envoyer Porochenko et ses complices en prison pour un bon moment et justifier la saisie de tous leurs biens (y compris les usines, les actions, les biens immobiliers et l’argent liquide).

Des affaires pénales de plus en plus nombreuses contre Porochenko

Et Porochenko n’est pas au bout de ses peines, car cette affaire n’est que la dernière en date d’une liste qui s’allonge de semaine en semaine !

Car Porochenko est également soupçonné de haute trahison, d’abus de pouvoir, de blanchiment d’argent, d’évasion fiscale, de tentative d’usurpation du pouvoir judiciaire et de nomination illégale de ministres en 2016 lorsqu’il n’y avait pas de coalition au parlement ukrainien.

L’un des cas concerne une entreprise de construction navale et d’armement de Kiev, Kouznitsa na Rybalskom, l’actif principal de Porochenko. Selon des données non officielles, l’ancien président a signé un faux contrat sur sa vente à l’homme d’affaires ukrainien Sergueï Tiguipko. Une affaire pénale a été ouverte pour fraude fiscale et blanchiment d’argent.

Et Porochenko a eu beau parader après son premier interrogatoire en prétendant qu’il n’y avait pas d’affaire pénale contre lui (ce qui est un mensonge avéré), le 28 juillet, il s’envolait avec sa famille à l’étranger alors qu’il est convoqué de nouveau le 12 août !

Autre fait troublant, alors que sa voiture a été prise d’assaut le 25 juillet à sa sortie d’interrogatoire par le SBI, Porochenko a renoncé à demander la protection de l’État. Serait-ce parce qu’une fois à l’étranger pour de bon afin d’échapper à la justice il n’en aura tout simplement pas besoin ?

Porochenko appelle les lobbyistes américains à la rescousse

Car malgré sa déclaration rassurante à la sortie de l’interrogatoire, l’ex-président ukrainien semble être bien conscient de ce qui l’attend, si on en croit le journal Vesti Ukraine. Citant ses sources, le journal ukrainien indique en effet que Petro Porochenko aurait demandé aux sociétés de lobbying américaines de l’aider à régler ce problème d’affaires pénales lancées contre lui.

Il pourrait entre autre faire appel au groupe BGR, où l’envoyé spécial américain pour l’Ukraine, Kurt Volker, est conseiller ! Niveau neutralité on a déjà vu mieux. Mais aux grands maux les grands remèdes ! Car d’après Vesti Ukraine, Porochenko est bien conscient de la gravité des accusations portées contre lui par le SBI.

L’ancien président ukrainien n’a pas envie de finir ses jours en prison. Et si Washington décidait de ne pas protéger Porochenko, il ne lui reste alors qu’une solution : la fuite ! Il finirait ainsi comme Mikheïl Saakachvili, l’ancien président géorgien en exil, qui a fui son pays après que la justice a commencé à se pencher sur son cas, et qui est d’ailleurs accessoirement devenu un ennemi de Porochenko.

Le destin commun des présidents issus de coups d’État

Un destin commun entre les deux ex-présidents, qui semble s’expliquer par la nature même du phénomène qui les a mené au pouvoir : une révolution colorée. C’est le point de vue qu’a exprimé le porte-parole de la Douma, Viatcheslav Volodine.

«  Le sort des présidents qui arrivent au pouvoir à la suite des « révolutions de couleur » est prédéterminé », a-t-il dit, faisant référence à l’ancien dirigeant géorgien Mikheïl Saakachvili qui «  a quitté la Géorgie et est devenu un paria dans son pays  ».

« Hier, Porochenko et sa famille ont quitté l’Ukraine  », a ajouté M. Volodine.

« Tous deux sont arrivés au pouvoir avec un soutien extérieur et ont infligé des dommages irréparables à leur pays », a ajouté Volodine. Il a souligné que «  la Géorgie a perdu l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud à cause des actions de Saakachvili, tandis que l’Ukraine, autrefois économiquement prospère et autosuffisante, a perdu sa souveraineté et a plongé dans des conflits internes, au cours desquels les droits fondamentaux des citoyens, protégés dans tous les pays démocratiques, sont violés  ».

« Ces exemples illustratifs nous amènent à la conclusion qu’aucune révolution venant de l’extérieur, aucune prise de pouvoir organisée avec le soutien d’autres pays, n’a amélioré la vie des gens, » conclut Volodine.

Reste maintenant à attendre le 12 août et voir si Porochenko aura le courage de revenir en Ukraine, ou s’il décidera de suivre l’exemple de son homologue géorgien, et fuira pour de bon son pays natal, en abandonnant derrière lui ses usines et ses biens, qui ne manqueront pas d’être saisis par la justice ukrainienne.

Toute révolution porte en elle les germes de sa propre destruction, et Porochenko est en train d’en faire l’amère expérience. Pourtant ce qui est arrivé à Saakachvili aurait dû lui servir d’exemple à ne pas suivre. Tant pis pour lui. Il avait oublié qu’au « jeu des trônes, soit on gagne, soit on meurt  ». Et comme dit le dicton « quand on n’a pas de tête il faut avoir des jambes  ». Alors cours Petia, cours !

Christelle Néant

PS : Petia est le diminutif du prénom de l’ex-président Ukrainien, Petro. Il est souvent utilisé par les détracteurs de Porochenko pour s’adresser à lui de manière irrévérencieuse.

Voir l'article sur Donbass Insider


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18 réactions à cet article    


  • Guy19550 Guy19550 2 août 10:56

    Il reviendra car sur la photo il ressemble bien trop à Lee Majors dans the six billion dollar man. Et s’il revient, autant le mettre en tôle immédiatement (Avec 2 tonnes de chocolat dans la même cellule). S’il veut plus de place, faut manger beaucoup !


    • Christelle Néant Christelle Néant 2 août 12:12

      @Guy19550
       smiley smiley smiley La photo n’est pas contractuelle smiley


    • JulietFox 2 août 21:15

      Mais, nous avons les mêmes.

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