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TRUMP « so american, so british »... un conservateur conquérant « brut(e) de décoffrage »

TRUMP est rentré dans sa phase de grand meneur, héraut de l'Amérique humiliée, porteur d'espoir retrouvé avec sa devise programmatique "America First" partagée par une majorité d'Américains, devise dans les gènes du peuple WASP conquérant sans états d'âme de territoires immenses. Au lieu de jouer aux vierges effarouchées par des propos sans élégance, l'analyse du passé éclaire des comportements actuels "révoltants" et des objectifs futurs probables et donc devrait nous inciter, nous les Européens, à nous ressaisir !

"AMERICA FIRST" c'est non seulement "l'Amérique d'abord" avec des accents isolationnistes mais aussi et surtout "l'Amérique première" forte d'elle-même, assignée par ses gènes et par essence divine à dominer le monde, à le régenter ! Pour cela un MATAMORE puissant et courageux sera plus efficace qu'un avocat zélé, intellectuel droit-de-l'hommiste, servile car descendant d'esclaves : voilà pour qualifier la transition du pouvoir selon le NARCISSE élu par la grande majorité des WASP (White, Anglo-Saxon, Protestant), dont les ancêtres se sont appropriés un énorme territoire après avoir "traité" le problème des peuples autochtones par une grande lessive "plus blanc que blanc" ! Le développement de ce territoire est de leur fait, alors ils tiennent à en conserver tout le bénéfice et à continuer de jouir de ses profits : honte et halte à tous ces nouveaux immigrés ou réfugiés en provenance des Amériques, de l'Afrique, du Moyen-Orient et de l'Asie qui viennent les dépouiller de leurs richesses ! Car ces richesses ne viennent pas de la dépouille des territoires amérindiens puisqu'ils ne sont issus que du travail des colons européens et de leurs descendants : il n'y avait ni exploitations minières, ni usines, ni immeubles, ni infrastructures, ni hôpitaux, ni centres de recherches, lors de leurs invasions. Pour l'apport économique des esclaves noirs et des mexicanos c'est "peanuts" pour le wasp moyen, et ce n'est qu'une maigre contrepartie aux problèmes existentiels qu'ils imposent à une faible majorité de petits blancs !

Un peu d'Histoire

Autrefois, jusqu'à l'éclosion de la mondialisation, les riches et les classes dirigeantes profitaient du travail des esclaves et peuples opprimés (Cités Grecques et Empire Romain) puis des travailleurs asservis à des machines financées par des capitalistes de l'industrie et de la finance. Pendant quelques siècles, dans le sud des USA pour les exploitations agricoles (coton et productions alimentaires) la forte cupidité de certains colons a conduit à l'importation d'esclaves noirs, importation condamnée par les Waps des états du nord, même à l'époque, hormis une minorité de riches trafiquants d'esclaves (wasp du sud).

La colonisation de base de l'Amérique du nord commence en 1606, s'étend jusqu'en 1670, et se structure rapidement en colonies, bases des futurs états actuels. En 1607 la Virginie est constituée et rapidement 20 colonies sous juridiction anglaise se forment. Dès avril 1775, des groupes armés attaquent les garnisons anglaises, les colons ne supportant plus la soumission à la courronne britannique et à ses administrateurs délégués. Le 4 juillet 1776 les représentants de 13 colonies de l'Est, muées en États, proclament leur indépendance (les 7 autres colonies étant sises au Canada) : il s'en suit la guerre d'indépendance et l'éviction de la domination anglaise. Pendant plus d'un siècle et demi, les colons provenaient essentiellement des îles britanniques et hors les militaires, administratifs et entrepreneurs affairistes, ils étaient des bannis, des proscrits, des pauvres hères ramassés dans les rues et embarqués de force, des malfrats, des poursuivis par les créanciers ou par les cocus déshonorés au vu de tous, et aussi des opposants politiques comme les résistants irlandais échappant aux massacres de Cromwell (1649/1651). D'autres pays européens fournirent un contingent minoritaire d'immigrés. La conquête progressive de l'Ouest (des Appalaches, puis du Middle Ouest, enfin de l'ouest des Rocheuses) s'étendit sur près de deux siècles avant de se stabiliser. Une forte vague d'immigration (quelques millions) eut lieu dans les années 1848/1852 en provenance d'Irlande frappée par une terrible famine (plus d'un million de morts) sans que l'Angleterre, toujours en difficulté pour asservir et soumettre le peuple irlandais, ne s'implique sérieusement pour fournir une aide alimentaire suffisante. Malgré cela l'Irlande exsangue refusa de se soumettre docilement aux Anglais.

Les migrations et apports de populations ne se limitèrent pas aux colons issus de l'Europe : il faut ajouter la traite négrière qui importa des centaines de milliers d'esclaves sur la côte Est. Esclaves revendus rapidement ou après une forte croissance démographique, vers les États du Middle Ouest ou du sud essentiellement en domestiques et ouvriers agricoles. En 1810, deux ans après l'interdiction de la traite négrière, mais pas de l'esclavage, la population des esclaves noirs est estimée à 1,1 million. Avec la multiplication démographique, il y avait en 1860, 4 millions d'esclaves noirs et après l'abolition (1865 fin de la guerre de Sécession) il y avait alors 5 millions de noirs américains affranchis (sans bénéficier des mêmes droits que les purs américains) en tenant compte des noirs déjà affranchis, progressivement dans les États du Nord-Est (à partir de 1777 pour le Vermont). Ces chiffres sont à rapporter à la population totale américaine de l'époque, les noirs (esclaves et affranchis) constituant 19% du total entre 1790 et 1810. Dans certains États du Sud la majorité de la population était alors noire.

Une autre perturbation importante de l'équilibre des populations, eut lieu suite à la guerre avec le Mexique (1846/48) consécutive à la sécession du Texas, alors mexicain, par des indépendantistes yankees. En 1848, le traité de Guadalope Hidalgo, transfère la souveraineté de huit États mexicains (autrefois espagnols) aux USA : Texas, Californie, Utah, Nevada, Colorado, Wyoming , Nouveau Mexique et Arizona. Ce sont des millions de mexicains qui sont devenus des Américains hispaniques, des Mexicanos ou Latinos. Cette nouvelle population n'était pas simplement constituée de "peons" et de bandes de voleurs, version humiliante et désobligeante présentée dans les westerns toujours à la gloire des gringos. Il y avait des villes, des villages, des haciendas, avec des administrations, des écoles, des églises, des commerçants, artisans et entrepreneurs, donc une population tout aussi éduquée que les immigrants wasp "à la conquête de l'ouest". Le brassage des deux populations a été plus ou moins prononcé selon les États, mais la culture mexicaine ou hispanique est restée très vivace, encore de nos jours, avec un apport régulier d'immigrants des pays latinos ; ces immigrants souvent clandestins sont les bienvenus en tant que main-d'oeuvre docile et sous-payée surtout dans les exploitations agricoles. La langue espagnole est une langue quasi officielle dans certains états : les hispaniques immigrés et leurs nombreux descendants sont plus de 55 millions aux USA, mais surtout ils sont déjà plus nombreux que les "blancs" en Californie, au Texas et au Nouveau-Mexique !

Un petit détour par l'Australie : les Anglais, mal vus et chassés de l'Amérique du Nord lors de l'indépendance, se sont rabattus, pour évacuer et parquer leurs prisonniers, vers la très lointaine Australie pour installer des bagnes et centres pénitentiaires, comme antérieurement en Amérique. Le 26 janvier 1788, la "First Fleet" débarque dans la baie de Sydney (Port Jackson) une expédition de 1030 personnes comprenant 736 prisonniers, plus les matons, les administratifs et des militaires, pour constituer le premier bagne ou centre pénitentiaire. Puis des civils, s'exilant de Grande-Bretagne, par goût de l'aventure ou contraints et forcés, se sont joints à d'autres convois de prisonniers et ont participé à la création de colonies. La date, ci-dessus, de débarquement des premiers "forçats" a été retenue comme date de la fondation ou création de l'Australie : le 26 janvier est devenu le jour de fête nationale ! Magnifique de célébrer le jour du premier grand "hold up" sur un territoire occupé par les aborigènes. Ces derniers subirent un sort comparable à celui des indiens d'Amérique, les exécuteurs restant de même facture et nature. D'une estimation entre 300 000 et un million lors de l'arrivée des "civilisateurs" ils n'étaient plus que 60 000 en 1920. Depuis, la prolifération démographique liée à un peu de respect et de préservation a fait remonter la population de ce sous-peuple d'aborigènes (actuel 3% de la population australienne de 25 millions habitants). L'alcool et les maladies sont invoquées ainsi que quelques répressions par des militaires, par des déportations/abandons, et par des "accidents de chasse" perpétrés par des descendants de bagnards (évadés ou libérés) et assimilés. En comparaison, quelques décennies plus tard, les Français en Nouvelle-Calédonie on créé aussi des centres pénitentiaires et des foyers de colonisation, mais heureusement n'ont pas "su ou voulu" appliquer les mêmes traitements, les effets des maladies et de l'alcool restant comparables : d'où une population de Kanacks maintenue (actuel 40% du total plus 10% de métis) et une gouvernance régionale sur une grande partie du territoire !

Un aparté récent sur l'Australie  : Obama avait promis au premier ministre australien (son nom n'est pas à retenir) d'accepter le transfert de 2000 réfugiés politiques et clandestins, en majorité des Rohingyas birmans (musulmans), arrêtés par la police australienne et refoulés dans des camps dans l'île Nauru (indépendante)et dans une île de la Nouvelle-Guinée avec une compensation financière (comme l'UE pour refouler des réfugiés de Grèce vers la Turquie). La "petite Australie" (15 fois la France) et "surpeuplée (25 M habitants) aurait succombé, étouffée par ces 2000 réfugiés. Quand Trump et ce premier ministre australien ont eu récemment un entretien téléphonique de prise de contact, le premier ministre rappelant la promesse d'Obama s'est fait rabrouer par Trump avec son langage châtié et élégant que l'on connaît : alors "shocking" le premier ministre australien a sèchement raccroché ; on ne parle pas ainsi à un descendant britannique, à un "sujet de sa gracieuse majesté" ! Quel affront pour un pays grand défenseur des droits-de-l'homme !

 

RETOUR SUR LE PRÉSENT, avec TRUMP

Trump a le profil d'un vigoureux "blanc" descendant des pionniers, des colons, des aventuriers, des forts en gueule, qui ont envahi et conquis l'Amérique puis l'ont construite et façonnée culturellement selon les "paradigmes civilisationnels" des conquérants britanniques ! Son comportement, hormis l'absence d'assujettissement au puritanisme, s'explique par cette filiation. Le fier et fort conquérant, domine et méprise les faibles et ne respecte ni la nature, ni l'environnement.

Politique économique : Trump s'est fait élire démocratiquement selon le système électoral fédéraliste par une majorité de "petits blancs" de classes moyennes inférieures tombant dans la pauvreté, des wasps victimes des subprimes et autres explosions de bulles financières, par les victimes de la mondialisation effrénée prônée par les multinationales, les milieux financiers affairistes, capitalistes, néolibéraux : ses discours sur la désindustrialisation, sur les déficits commerciaux et les dettes induites exhibaient une vérité trop longtemps camouflée. Ainsi le déficit annuel de la balance commerciale US depuis l'an 2000 varie dans la fourchette 400/750 Milliard $. Le déficit avec la Chine entrant pour plus de 50% dans le total ! Trump veut relancer l'emploi industriel en relocalisant des activités hier délocalisées pour plus de profits pour les actionnaires, banques et marchés financiers. L'Amérique doit rester ou redevenir la première puissance industrielle du monde sans se trouver dépendante d'un État étranger pour des fournitures vitales, d'où déjà la relance des pétroles et gaz de schistes aux USA et l'importation du Canada de pétrole de schistes (le Canada est un pays frère, un petit frère sous l'autorité morale et politique du grand Frère). Trump va donc cogner du poing sur la table pour rééquilibrer les échanges, renégocier les accords commerciaux, imposer, si nécessaire, des restrictions (taxes compensatoires, quotas...) selon sa propre initiative. Cette politique de restauration des capacités productives, de libre-échange équilibré et négocié, a été plébiscitée par la grande masse des Américains pauvres et moyens, y compris par les minorités américaines noires et hispaniques. Les USA doivent rester dominants dans les grands secteurs de pointe, de haute technologie, en conservant les entreprises dans des mains américaines sures : Trump ne tolérera pas que la Chine, par ses entreprises envoyées en mission, s'accapare des fleurons américains civils ; l'interdiction existe déjà pour toutes les entreprises liées à la défende nationale. L'accumulation des avoirs chinois sur les USA, suite aux énormes déficits de la balance commerciale US/Chine (cumul de plusieurs milliers de milliard $) actuellement placés principalement en bons du Tresor US, est de plus en plus utilisé pour des achats de grandes entreprises (avec leur savoir faire) ou de prises de participation très actives. Trump freinera cette dérive. Les Chinois se rabattent sur l'Europe comme la récente offre d'achat du suisse Sygenta (offre de 43 Md$ pour un CA de 12,7 Md$ et un bénéfice de 1,1 Md$) par le chinois ChemChina. Les niveaux d'achats antérieurs de centaines de millions $ puis de quelques Md$ sont largement dépassés !

Quant à sa lutte contre l'immigration clandestine traversant la frontière avec le Mexique, elle n'est contestée, discrètement, que par les employeurs de main d'oeuvre sous-payée et par cette masse de main-d'oeuvre clandestine. Les travailleurs américains et les immigrés avec une carte de travail officielle ne sont pas pour l'ouverture libre des frontières synonymes de baisse du niveau des salaires et augmentation du chômage. La réduction des "avantages " sociaux octroyés par l'ObamaCare est comprise comme une mesure contre l'immigration clandestine. Le retour à un plein emploi mieux rémunéré permettrait d'autofinancer une bonne protection sociale avec une bien plus faible implication financière budgétaire fédérale ! Mais Trump ne pourra pas réduire fortement les avantages sociaux octroyés aux pauvres et très pauvres tant que les effets de son volontarisme économique et industriel ne se feront pas sentir chez les déshérités et classes inférieures. Le réalisme va prévaloir, sinon aux élections de mi-mandat -dans moins de deux ans- les Républicains seront balayés par les Démocrates. Par contre, la lutte contre les immigrés illégaux coupables de crimes et délits ou simplement musulmans en provenance de pays islamisés sera systématique et bien acceptée par la majorité des Américains. La lutte contre l'immigration clandestine des "mexicanos" et assimilés va s'amplifier en espérant que sa "Grande Muraille" va freiner "l'hispanisation" de la société américaine : avoir un noir purement américain à la Maison Blanche était tolérable et acceptable car les noirs se "blanchissent culturellement" et l'immigration noire est très réduite et contrôlée. Mais laisser les mexicanos américains devenir majoritaires, c'est perdre l'âme de l'Amérique, abandonner le statut de peuple dominateur et régenteur du monde, sous la bénédiction divine. Déjà le sénateur Mac Cain, républicain proposait une régularisation massive des méxicanos : en 2010 le nombre estimé d'illégaux sans papiers de travail, mais tolérés, connus et en fait difficilement reconduisibles à la frontière, des hispaniques en très grande majorité, s'élevait à 12,4 millions ! Avant d'invectiver Trump sur son mur déjà érigé en grande partie par ses prédécesseurs sous la forme de haute clôture, penchons-nous sur nos "murs" ou hautes clôtures anti-immigration : Ceta et Melina, (enclave espagnole avec le Maroc) et celles au sud de la Hongrie avec la Serbie, et d'autres en projet.

Pour les relations avec les milieux affairistes et financiers qui dominent le monde économico-financier mondial la position actuelle de Trump est mi-figue, mi-raisin. Condamner les excès révoltants de ces milieux responsables de crises financières ruinant de nombreux épargnants et confortant les ultra-riches, était une nécessité électorale par rapport aux victimes et par rapport aux soutiens financiers accordés à Hillary Clinton. Trump était, depuis ses "exploits professionnels" dans le monde des affaires, depuis des ardoises laissées aux banques et aux actionnaires dans quelques-unes de ses activités (voir les casinos d'Atlantic City), était donc dans une situation délicate avec les banques et ces dernières n'ont pas été partantes pour le soutenir en espérant que la faiblesse relative de sa campagne électorale (sur le plan financier) ne pouvait que le faire perdre. On aurait crû que Trump, pour se venger, allait durcir la législation réglementant les banques. Bien au contraire, il intègre deux grands dirigeants de Goldman-Sach dans son équipe rapprochée, et demande par décret à son administration de faire des propositions pour détricoter les réglementations (protectrice des clients) imposées par la loi Dodd-Frank de 2010 et par la directive Volker (ex-patron de la Federal Reserve). Ces réglementations imposaient, en outre, des "crash-tests" simulant des perturbations financières affectant les banques : elles devaient s'en sortir sans risques de krach. Les conseillers de Trump issus de la galaxie bancaire prétendent que le but n'est pas de faire des cadeaux aux banques mais de leur permettre de rester efficaces, concurrentielles et dominatrices au plan mondial. Il peut y avoir du vrai dans cet "abdication" de Trump ! Mais le virage à 180° est probablement dû à d'autres raisons : en effet, on s'inquiète à tort d'un possible chantage de Poutine au sujet d'éventuelles frasques libertines de Trump en Russie. Ce chantage aurait pu être efficace pendant la campagne électorale pour déstabiliser Trump (pour le faire perdre) et apparemment ce n'était pas le souhait de Poutine. D'autres considérations plus sérieuses concernent les affaires de la nébuleuse Trump, affaires peu transparentes au niveau de la situation financière et des accidents de gestion : des banques y ont laissé des plumes et Trump a pu se vanter de ne pas payer d'impôts depuis de nombreuses années, car apparemment il réintégrait des déficits anciens, liés à des ardoises laissées par certaines de ses sociétés. Aujourd'hui on ne connaît pas l'état de santé des nombreuses entreprises où il a des participations plus ou moins importantes, ainsi que l'état des différents emprunts octroyés par les banques. Si le système bancaire s'est si vite implanté à la Maison Blanche et impose une modification avantageuse des réglementations, c'est qu'il a de bonnes raisons de faire plier Trump avec des menaces de chantage sur ses montages financiers, sur l'état réel financier de sa nébuleuse. et sur la possibilité de lui couper les vivres ! Alors c'est du donnant-donnant : adoucissement des réglementations contre de bons soutiens financiers et du silence !

Pour les problèmes politiques de la vie courante, avortement, écoles/éducation, ports d'armes, PMA, GPA, libéralisation du cannabis,.... Trump laissera les États légiférer ou adoptera des positions souples n'entravant pas sa réélection dans 4 ans. Pour les questions de sécurité intérieure, les fusillades et attentats, les mesures prises le seront surtout vis-à-vis de l'extérieur, du terrorisme islamiste, comme déjà pour le récent décret contesté visant les entrants issus des 7 pays ; l'Arabie Saoudite d'où provenait la grande majorité des terroriste du 11 septembre 2001 étant exclue pour des raisons inexpliquées ou inavouées : ce pays détient une grosse partie de la dette publique US et quelques-uns de ses ressortissants ont des participations financières dans de nombreuses entreprises américaines, comme autrefois la famille Ben Laden avec les entreprises de la famille Bush ! En serait-il de même pour l'empire Trump ?

Pour la politique internationale, c'est avant tout "America First", c'est tenir tête aux pays contestant le leadership, et c'est l'injonction aux pays amis de soutenir l'Amérique ou du moins de ne pas entraver ses décisions ! L'analyse dans mon article du 29 nov 2016 sur Agoravox international intitulé : "Avec TRUMP la seconde guerre mondiale euro-atlantique sera-t-elle enfin terminée ?" reste d'actualité. Trump veut de bonnes relations avec la Russie et Poutine, sans rien abandonner, hormis une forme larvée d'hostilité, pour parvenir ensemble à éradiquer Daesh - comme Poutine en Tchétchénie, avec ses méthodes "efficaces"- et à maintenir un semblant de paix (ou des conflits larvés sporadiques) entre les états sunnites et chiîtes. La bonne entente Trump/Poutine devrait permettre de mettre l'OTAN en veilleuse, et de rendre Poutine plus résistant et indépendant face aux tentatives chinoises de s'inviter dans ses terres sibériennes. Trump et l'Amérique ont besoin d'une Russie neutre ou amie pour contrer efficacement l'expansionnisme de la Chine. Déjà Trump renouvelle le soutien indéfectible des USA, au Japon et à la Corée du Sud, au vu des tentatives de déstabilisation chinoises. Pour ce qui concerne les autres pays du monde (Amériques du Sud et Centrale, Afrique,...) la position de Trump et de son équipe n'est pas encore à l'ordre du jour ; elle ne saurait être qu'une politique favorisant les intérêts des entreprises américaines : quoi de plus logique ?

 

QUEL AVENIR POUR L'EUROPE ?

L'ensemble des "gamins et gamines" jouant et se chamaillant dans la cour de l'Europe, n'a que des idées floues sur l'avenir de l'UE. Seule la grande-Bretagne depuis son immixtion dans le Marché Commun, permise par la trahison de Pompidou du diktat protecteur de De Gaulle, avait une vision claire sur l'avenir de l'Europe : devenir une simple zone de libre-échange pour les produits et les biens, sans perte de souveraineté nationale y compris pour le contrôle des mouvements de population, les impôts, la monnaie, les réglementations sociales et financières. La GB a tout fait pour freiner toute velléité d'intégration européenne et a milité, avec succès, pour l'extension du marché européen vers l'EST. Elle a accepté ou toléré une certaine liberté de circulation des personnes, sans accepter les accords de Schengen et en conservant le contrôle de ses frontières. Si avec Blair et Brown, les Polonais étaient les bienvenus en GB, depuis la crise des subprimes (sous Brown puis Cameron) ils subissent de plus en plus une certaine hostilité. Avec la grande vague d'immigration de réfugiés, la GB refuse la libre circulation des personnes en provenance de l'UE et Cameron s'est livré à une opération de chantage : soit la GB fait ce quelle veut et garde un droit de quasi veto sur toute décision de l'UE ou de l'Eurozone pouvant nuire à ses intérêts, soit elle quitte l'UE. L'UE a refusé et proposé un compromis heureusement rejeté par le Brexit, compromis qui aurait compromis la nécessaire construction européenne, dont le chantier est en déshérance. Le Brexit qui n'est absolument pas encore mis en oeuvre, et qui reste à négocier, a toutes les faveurs de Trump : l'UE (avec la GB) serait (est) la première puissance économique mondiale et en cas d'intégration fédérale en États-Unis d'Europe, comme les USA, cette puissance, sous militarisée, ferait de l'ombre économique et politique aux USA. Alors Trump se félicite du Brexit et incite les autres États à suivre cet exemple. Pour la défense de cet ensemble disparate de nations, l'OTAN sous la férule américaine est suffisante. Notons que les attaques de Trump sur les énormes excédents commerciaux allemands, en grande partie sur le dos de ses voisins européens, sont justifiés : les Autorités de l'UE somment régulièrement l'Allemagne de rééquilibrer ses comptes en augmentant ses importations et en sous traitant davantage de production aux pays de la Communauté.

Il existe deux grands problèmes politiques et économiques que l'UE ou l'Europe se doit impérativement de résoudre :

- la construction/intégration de l'UE en y associant (intégrant ?) la Russie, européenne par nature et culturellement ;

- la démographie galopante de l'Afrique capable de balayer l'Europe si cette dernière ne prend pas des mesures courageuses et justes.

 

La construction de l'Europe ne peut se faire que progressivement, d'abord avec quelques pays moteurs, puis intégration/absorption des autres pays attirés par le noyau central. La simple circulation libre des divers citoyens et des marchandises, avec une monnaie unique bancale, reste insuffisante comme moteur de la construction européenne. Les citoyens de chaque pays doivent y trouver un ensemble d'avantages susceptibles de compenser des pertes de souveraineté :

+ la défense commune est surtout assurée par l'OTAN, donc par les USA. Cette défense doit être adaptée aux menaces potentielles. Celle ancienne de l'URSS communiste, du bloc soviétique, a disparu. Si il y a du fait de Poutine, un léger risque de conflit avec la Russie, de bonnes et sérieuses négociations, en toute confiance, devraient permettre de vivre en paix et en collaboration sur des plans culturels, économiques, financiers et même militaires. Sans les actions d'encerclement et de harcèlement des USA et de sa CIA depuis la chute du mur de Berlin et du rideau de fer, la Crimée serait encore ukrainienne avec une grande base maritime militaire russe à Sébastopol et sans conflit dans le Dombass. L'Ukraine comme prévu dans les accords Reagan/Gorbatchev devait être une articulation entre les deux anciens mondes antagonistes. Difficile aujourd'hui de revenir complètement en arrière ! La vraie menace pour la sécurité de l'Europe est celle du terrorisme islamique, actuellement en provenance des États Arabes, et également dans un futur proche en provenance de l'Afrique musulmane (bande SS), puis de toute l'Afrique. Ce ne sont pas les forces de l'OTAN, classiques ou nucléaires qui vont supprimer cette menace. Les diverses capacités des services de renseignements et de lutte anti-terroriste doivent coopérer intimement et même s'unifier.

+ la libre circulation des travailleurs -celle des touristes allant de soi- où des travailleurs formés dans leur pays d'origine, aux frais des contribuables de ces pays en dépenses publiques, vont offrir leur force de travail et leurs compétences aux entreprises d'autres pays, est un facteur de désagrégation de l'UE. En effet, les grands "inquisiteurs" économiques et financiers de la Troïka (et autres structures auto proclamées compétentes), condamnent les pays formateurs de ces travailleurs obligés à immigrer vers des pays en manque de main-d'oeuvre comme l'Allemagne en bénéfique sous-natalité, pour mauvaise gestion, pour des dépenses excédant les ressources fiscales ! L'Allemagne, avant l'afflux récent de réfugiés, absorbait en immigration nette 300 à 400 000 travailleurs bien formés aux frais des pays d'origine, souvent européens. Sachant qu'un travailleur entre sa conception biologique et sa formation professionnelle, coûte en dépenses publiques (État, collectivités territoriales) de santé, d'instruction (maternelle, primaire, secondaire,supérieure, professionnelle), d'allocations spécifiques, de culture (gymnase, stades, salles polyvalentes...) et en diverses allocations, entre 200 000 et 250 000 € selon le niveau de formation. C'est donc une économie annuelle pour les différents budgets publics allemands, de 80 à 100 Md€. Et cela dure depuis plus d'une décennie. Comme les travailleurs immigrés ne remboursent pas leur pays d'origine, cela justifie les graves difficultés budgétaires de ces pays, et les niveaux de dettes publiques déséquilibrés. D'où :

+ l'impérative nécessité de mutualiser entre les pays les dépenses d'enseignement et de formation des jeunes. Sinon, c'est la désagrégation de l'UE et/ou la fin de la gratuité de l'enseignement. Dans ce dernier cas, c'est la formation minimum (et insuffisante) pour les jeunes issus de familles pauvres ou de classes inférieures, et la consanguinité des familles riches pour les formations longues, valorisantes, avec la constitution d'une caste fermée de privilégiés : l'explosion révolutionnaire sera inévitable !

+ La création d'un Parlement de l'eurozone à partir du PE actuel, sans élections spécifiques, mais avec un Président et un bureau différent du PE actuel. Ce Parlement de l'eurozone élira (ou le suffrage universel) un Président ou une équipe gouvernementale ;

+ L'adoption du "statut du citoyen européen" de l'Eurozone, précisant ses devoirs et garantissant ses droits supérieurs à ceux des ressortissants étrangers, en matière juridique, économique, sociale et financière ;

+ La simpliflication des requêtes de groupes de citoyens auprès du Parlement pour examiner des questions de sociétés, des textes par le Parlement ou par référendum ;

+ L'adoption de lois financières protectrices des déposants avec la séparation entre banques de dépôts classiques et banques d'affaires : les dépôts seront garantis d'abord par des assurances souscrites par les banques et par des fonds de garantie, ensuite par les banques nationales des États et in fine par la BCE ;

+ La BCE deviendra une vraie Banque Centrale à l'instar de la FeD, de la Banque d'Angleterre, de la Banque du Japon, de la Banque Populaire de la Chine..., avec les mêmes prérogatives en matière de crédits aux États (avec un comité directeur pour évaluer la pertinence des demandes). Les vraies banques centrales ont dans leur portefeuille, des crédits ou avances au Trésor Public, de montants énormes non remboursables ou pseudo-remboursés suite à une nouvelle émission !!! Les rachats actuels de quelques dettes publiques et même privées sur les marchés financiers, financés par l'émission de QE (total de l'ordre de 1000 Md€) ne sont que temporaires, provisoires, pour une faible durée : en effet, les emprunteurs ne sont pas délivrés de leurs dettes, ils doivent payer les intérêts à la BCE et rembourser le capital dû à l'échéance (limitée à quelques années et non pas des décennies ou renouvelables "ad vitam eternam"). A la fin des remboursements le total effectif des émissions du QE sera alors ramené à zéro ! Notons le cas particulier exceptionnel lors d'une négociation de la Grèce avec la Troïka, où les intérêts élevés payés par la Grèce seront remboursé par la BCE à l'issue du remboursement intégral du capital par la Grèce (ou du montant -avec décote- payé par la BCE lors du rachat sur les marchés financiers). Les emprunts rachetés par la BCE sont de courte durée, d'où dans le cas de dettes publiques la nécessité d'emprunter à nouveau sur les marchés financiers pour rembourser les emprunts à échéance : c'est la principale utilisation finale des QE par les banques, ces dernières voyant temporairement leurs rapports ressources propres/ emprunts alloués se renforcer. Ainsi la BCE devrait pouvoir prêter à des taux voisins de zéro pour des durées de 50 ans ou plus, avec remboursements par annuités pendant la durée du prêt, pour "apurer" des dettes publiques (surtout Grèce : 310 Md€, soit 177% PIB, puis Portugal 134 %PIB et Italie 133%PIB), ou pour financer des investissements à très long terme amortissables sur 50 ans et plus, en infrastructures et en protection contre les effets dévastateurs des perturbations climatiques liés au réchauffement climatique. Ces grands investissements, ces grands travaux généreront de nouveaux emplois et des recettes publiques impôts et charges sociales pour rééquilibrer les comptes.

 

La démographie galopante de l'Afrique pèse et pèsera de plus en plus sur l'Europe. Cette population est passée de 100 millions vers 1900 à 640 millions en 1990 pour atteindre 1200 millions en 2016, avec une croissance annuelle de l'ordre de 25 à 30 millions par an ! Cette progression est due à un taux de fécondité de 4,5 enfants/femme (actuel) (en baisse régulière) à la baisse de la mortalité infantile à la naissance et en bas-âge, à la diffusion de médecine et des médicaments et à l'aide alimentaire en cas de famines. Les moins de 20 ans constituent plus de 50% de la population ! Dans des pays faiblement industrialisés, sous-équipés, à l'agriculture en voie de modernisation (sous l'effet des grandes exploitations agricoles aux mains d'étrangers (Indiens, Chinois,...) pour produire beaucoup plus, les besoins en création d'emplois ne sont pas actuellement assumés par les forces économiques en place : il y a et il y aura une très forte pression migratoire vers l'Europe, de l'ordre de plusieurs millions chaque année, sans commune mesure avec l'accueil actuel des réfugiés en Europe et des "mexicanos" aux USA. Ce déséquilibre potentiel porte en lui les germes de graves conflits armés civils et militaires. La seule façon de faire face est de collaborer avec les pays africains d'une part pour promouvoir le planning familial et le contrôle des naissances, avec l'appui de toutes les autorités politiques et religieuses (l'usage de l'avortement n'est pas indispensable) et d'autre part de participer fortement au développement de la formation et de l'économie, avec des financements par des dons et par des prêts à 50 ans à taux zéro.

 

On peut gloser sur les réactions de TRUMP et se gausser de sa versalité et de ses erreurs, mais on ne doit pas s'exonérer des grandes responsabilités que nous avons en tant que citoyens européens.


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  • Hecetuye howahkan howahkan 14 février 10:32

    Salut ...long travail, merci

    cela nous raconte l’histoire des humains quand ils ne coopèrent pas..ne partage pas, ne s’entraide pas et tout ceci par simple refus de le faire..

    tout ce qui est dit dans ce texte intéressant vient de là..mais d’où vient le fait de ne pas cooperer, de ne pas partager, de ne pas s’entraider, de ne pas vouloir être dans une vraie paix, pourquoi sommes nous devenus si tarés et dangereux ...ce n’est pas à moi de réellement faire ce chemin pour les autres..

    indication, comme je fais depuis 45 ans lancez à la cantonade : voulez vous un monde juste ou on coopère et on partage tout égalitairement...entendez les réponses dont certaines vont être très violentes et là vois saisirez que c’est la masse qui a créé ce désastre..donc le maître..

    pas de problèmes je sais que cela na va pas remonter au cerveau,

    le maître n’en croit pas ses yeux d’avoir affaire à tant d’ahuris ignorant..mais je vous livre quelques mots d’un écrivain de talent nomme Étienne de la Boétie sur la servitude volontaire

    merci à l’auteur de cet article smiley

    ===========================================================================

    "Chose vraiment surprenante (...) c’est de voir des millions de millions d’hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu’ils soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient redouter, puisqu’il est seul, ni chérir, puisqu’il est, envers eux tous, inhumain et cruel"

    Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté qu’apitoyé par leur sottise

    La seule liberté, les hommes ne la désirent point.

    Il ne faut pas abuser du saint nom de liberté pour faire mauvaise entreprise.

    Pauvres gens et misérables, peuples insensés, nations opiniâtres en votre mal et aveugles en votre bien, vous vous laissez enlever, sous vos propres yeux, le plus beau et le plus clair de votre revenu, piller vos champs, dévaster vos maisons et les dépouiller des vieux meubles de vos ancêtres ! vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il se1nble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies.

    Aux maîtres si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien

    E. De La Boétie- 1530-1563


    • zygzornifle zygzornifle 14 février 13:29

      Quand on voit les nôtres les « non brut de décoffrage les énarques » et ce qu’ils ont fait du pays et de l’Europe , ils ont tout pourri et tout donnés aux lobbys on se dit qu’il faut du brut pour les brutes et avec les planches du coffrage on va leur faire un massage de l’échine en profondeur..... 


      • microf 15 février 21:50

        Je ne commenterais que la partie qui concerne l´Afrique.
        HUGO PORTISCH célèbre journaliste Autrichien d´origine Hongroise fête cette semaine ses 90 ans, il n´a jamais vécu en Afrique.
        Tout ce qu´il sait de l´Afrique, c´est ce qu´il a lu ou récu comme informations concernant ce continent.
        Cet Hugo PORTISCH a dit ceci« WER EUROPA RETTEN WILL, MUSS AFRIKA RETTEN », en Francais« QUI VEUT SAUVER L´EUROPE, DOIT SAUVER L´AFRIQUE ». Un autre journaliste MARTIN WASSERMAIR aussi journaliste et écrivain Autrichien, qui a longtemps vécu en Afrique lui a répondu en disant ceci« WER AFRIKA RETTEN WILL MUSS EUROPA RADIKAL VERÄNDERN » en Francais « QUI VEUT SAUVER L´AFRIQUE DOIT RADICALEMENT CHANGER L´EUROPE ».
        Le problème de l´Europe, c´est l´Europe elle même, ce n´est pas la démographie Africaine, par contre le problème de l´Afrique, c´est l´Europe qui est son cauchemard.
         Tant que comme le dit Martin WASSERMAIR l´Europe n´aura pas radicalement changé envers l´Afrique, l´Afrique aura toujours des problèmes même si les pays d´Afrique réduisent leurs populations de moitié.
        L´Afrique est vide, en dehors des grandes villes, l´intérieur des pays Africains, est vide, ceux qui ont été en Afrique, pourront le confirmer, je ne sais pas si l´auteur a déja été en Afrique.
        Il ne faut pas oublier que la plus part des pays Africains ont de grandes superfices, ce qui veut dire suffisament de la place pour contenir assez de personnes.

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hugo BOTOPO


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