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Turquie – OTAN : Vers un renversement d’alliance ?

 

La signature cette semaine entre la Turquie – deuxième armée de l'OTAN – et la « menaçante Russie », d'un contrat de plus de 2 milliards d'euros portant sur l'achat de systèmes de défense antiaériens S-400 (russes !), n'a laissé personne indifférent au sein de l'Alliance atlantique, où l'indépendance stratégique passe généralement au second plan en matière de défense.

 

Membre de l’OTAN depuis 1952, la Turquie fait depuis longtemps partie d’un dispositif états-unien (et par extension "occidental") visant à contenir la puissance russe (autrefois soviétique) et à verrouiller l’accès à la Méditerranée. Feu Zbigniew Brzezinski, définissait la Turquie, à l’instar de l’Iran ou de l’Ukraine, comme un "pivot géostratégique" : "un État dont la position géographique lui donne un rôle clé pour accéder à certaines régions ou lui permet de couper un acteur géopolitique de premier plan (en particulier Russie et Chine) des ressources qui lui sont nécessaires"[i]

 

Or à partir de l'année 2016, et plus particulièrement suite à la tentative de coup d'état manqué du 15 juillet de la même année, la nouvelle Turquie d'Erdogan semble opérer un changement stratégique majeur, en s’émancipant toujours un peu plus de ses alliés traditionnels occidentaux. En effet, les relations avec Bruxelles[ii] – sur fond de "crise des réfugiés", mais aussi d'ingérence dans la politique intérieure turque – et les États-Unis – Washington appuyant militairement sur le terrain les combattants kurdes de l'YPG dans le collimateur d'Ankara – ne cessent de se dégrader et poussent logiquement la Turquie à se tourner vers de nouveaux alliés dans la région. Une tendance qui pourrait bien se confirmer, et qui ne manquera pas d’exaspérer encore un peu plus les Occidentaux...

 

[i] Zbigniew Brzezinski, Le Grand Échiquier : l'Amérique et le reste du monde, Bayard, 1997


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17 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 16 septembre 09:20

    Que veulent les Turcs ? La majorité veut Erdogan, un homme fort, viril, flamboyant, nationaliste, respectueux de la religion, agressif face aux opposants et aux minorités, démagogue et soupçonné d’avoir organisé des attentats pour consolider son pouvoir.

    Celui-ci promet de leur rendre leur grandeur et leur fiertés face aux occidentaux « arrogants ».

    Ce schémas ne vous rappelle rien ? C’est une tendance générale sur toute la planète politique en décomposition rapide.

    La cause principale est la mondialisation sauvage voulue par les ultra riches pour favoriser l’expansion des multinationales aux dépens des états, imposée par la puissance US, sa diplomatie mais surtout son armée impériale.

    Le résultat est une redistribution générales des cartes, des puissances, des alliances et des richesses.

    Pour en revenir à la Turquie, les dirigeants européens ont choisi, comme d’habitude, de faire le gros dos en attendant que l’orage passe, en l’occurrence que Erdogan disparaisse de la scène politique, d’une manière ou d’une autre.

    Sauf que Erdogan renforce son pouvoir personnel à l’intérieur et à l’extérieur, il rend coup pour coup à la manière de Poutine qu’il craint, qu’il admire et qu’il imite, dont il entend les conseils intéressés.

    Remarquez comme il use de la présence de Turcs en Allemagne, comme Poutine use de la présence de Russes au Donbass et ailleurs.

    Les pommes de discorde ne manquent pas, comme l’adhésion à l’UE, promise par les US mais sans cesse repoussée et surtout, la création d’un état kurde promis par les US, qui décidément ne sont pas avares de promesses qui n’engagent que ceux qui sont assez naïfs pour les croire.

    Il met les occidentaux en demeure de choisir. Ce sera l’adhésion à l’UE et le renoncement à l’état kurde ou une alliance stratégique de la Turquie avec la Russie.

    Si les occidentaux ne cèdent pas et que la disparition d’Erdogan n’est pas pour demain, sauf mort subite, il faut s’attendre à une guerre turque contre les kurdes syriens et à une fuite en avant de type dictature nationaliste agressive.

    Les Grecs ont raison d’être inquiets et de faire tout ce qu’il faut pour rester dans l’UE.

     


    • Alren Alren 16 septembre 18:41

      @Daniel Roux

      Pour Erdogan et il a raison les dirigeants européens c’est « peanuts ».

      Seuls comptent dans le clan occidental les dirigeants US et leur agressivité.
      Or il a pris conscience que ceux-ci ne conduisent une politique étrangère que dans l’intérêt des puissants US (milliardaires et autres parasites sociaux) exclusivement et que son pays et lui-même seront sacrifiés si c’est leur intérêt.

      De plus les Étatsuniens sont bien loin, presque aux antipodes, alors que les Russes sont des voisins.

      Enfin ces s-400 lui paraissent sans doute sans équivalents techniquement et ils pourraient être mis en œuvre, on ne sait jamais si la folie d’un Trump le poussait un jour à bombarder la Turquie.
      Contre la menace potentielle, US la Corée du Nord a choisi la dissuasion nucléaire. Plus modestement Erdogan a choisi les plus perfectionnés et puissants missiles sol-air du marché mondial. On peut imaginer que les Russes ont aussi vendu des systèmes de brouillage qui ont démontré leur efficacité en Syrie.


    • covadonga*722 covadonga*722 16 septembre 11:27

      yep , juste au passage , la « deuxieme armée » de l otan n’est plus qu’une coque vide suite au purge 

      que l’on pourrait comparer a celle de Staline avec l ’armée rouge.Des milliers de techniciens et d’officiers sont en prison ou révoqués.Les site spécialisés indique que depuis 6 mois la moitiés des aéronefs ne disposent plus de pilotes. Ainsi les attaques de postes de l’armée turques par les kurdes ne voient plus l’intervention immédiates des hélicos .Erdogan a réussis a casser ce qui était la deuxième armée de l’otan. Quand au missiles il faut des techniciens capables d’acquérir les compétences pour servir un nouveau système d’arme la majorité de ceux ci sont en prison .

      • Rincevent Rincevent 17 septembre 14:56

        @covadonga*722

        Bien vu. Si Staline avait pu se rétablir en 6 ans (1937/1943), le niveau technologique actuel va, sans doute, réclamer plus et se fera sentir longtemps. Et là, il ne suffira pas d’avoir des S400 pour se proclamer indépendant, si on doit compter d’abord sur les techniciens russes pour les faire fonctionner. Aujourd’hui, c’est le grand amour avec Poutine, mais demain ?

        Ceci-dit, devant l’agression allemande, le père Staline avait fini par libérer les spécialistes dont il avait besoin (du moins ceux qui étaient encore en vie). Un espoir pour les embastillés turcs ?


      • Jonas 16 septembre 13:39
        « La signature cette semaine entre la Turquie – deuxième armée de l’OTAN – et la « menaçante Russie » »

        Alliance qui s’avérera, si elle a lieu, catastrophique sur le long terme.
        La Turquie a collaboré avec l’Allemagne nazie pendant la deuxième guerre mondiale, et Erdogan, dirigeant de l’AKP, est lui-même un soutien officiel du parti d’extrême-droite néo-nazi des Frères Musulmans, dont les dirigeants politiques, tels Youssef Al Qaradawi, Mohamed Morsi, Safwat Hizaji, Mohamad Al Arifi, Rateb el Nabulsi entre autres appellent publiquement, devant des millions de téléspectateurs sur les chaines de télévision arabes, à la haine des juifs.
        Armée de missiles russes, la Turquie, par sa proximité, pourrait très rapidement devenir une menace anti-occidentale bien plus dangereuse que la Corée du Nord.

        • Rincevent Rincevent 17 septembre 15:04

          @Jonas

          La Turquie a collaboré avec l’Allemagne nazie pendant la deuxième guerre mondiale…
          Historiquement faux. Quelque soit ses sympathies, elle est restée neutre. La leçon de la première guerre mondiale, qui lui avait coûté son empire, avait été retenue.


        • zygzornifle zygzornifle 16 septembre 13:54

          Erdogan est un malin qui sait utiliser les autres nations a son avantage , rien qu’a voir avec l’Europe le chantage aux migrants qui coûte et ce n’est qu’un début 3 milliard d’€....


          • HELIOS HELIOS 17 septembre 09:20

            @zygzornifle

            On sait donc avec quelle ressource la Turquie a payé les S400....

          • Alren Alren 18 septembre 16:45

            @zygzornifle

            Les migrants transitant par la Turquie viennent du Moyen-Orient (et non d’Afrique).
            C’est la guerre déclenchée dans leurs pays par les USA soutenus par leurs larbins européens qui les a décidés à partir.
            Pas de guerre, pas de migrants du Moyen-Orient, pas de « chantage » d’Erdogan ...


          • zygzornifle zygzornifle 16 septembre 16:29

            Otan en emporte le vent ......


            • jambon31 16 septembre 16:53

              @zygzornifle
              Effectivement, dans le Sud-Ouest l’« Autan » c’est du vent.


            • baldis30 16 septembre 18:06

              bonsoir,

              On ne pet pas oublier que la répression de la tentative de coup d’Etat a touché la partie la plus laïque du pays , dont l’armée ... C’est à ne pas oublier dans aucune analyse de la situation .

              D’où une question :

              Erdogan essaye-t-il de prendre de vitesse cette partie laïque qui n’attend rien ni de l’OTAN ni de l’UE ? Alors se tourner vers la Russie serait une façon de consolider son pouvoir .... en verrouillant la porte de sortie de son opposition ... Supposition


              • titi 16 septembre 20:35

                Erdogan gesticule : il a l’épée de Damoclès Kurde sur la tête.

                S’il tourne le dos à l ’OTAN, alors les USA ne se gêneront plus pour récompenser leur allié Kurde contre Daesh.
                Un état Kurde ca permet de punir les Turc, l’Iran, et la Syrie en une seule opération.
                Gros retour sur investissement.

                Erdogan le sait.


                • aimable 17 septembre 08:02

                  une chance pour la Russie qui va trouver de la main d’œuvre , également pour les turcs qui seront mieux payés qu’en Europe, l ’Allemagne va faire la gueule elle va perdre sa main d’œuvre  smiley

                  Erdogan est un religieux avec un égo qui le rend dangereux et peu infréquentable , tant qu’il sera au pouvoir il vaut mieux éviter d’ avoir trop de relations avec la Turquie , mais par contre avoir a son égard une surveillance accrue .


                  • HELIOS HELIOS 17 septembre 09:24

                    @aimable

                    peu importe, quand les russes n’en auront plus besoin, nos allemands préférés les appelleront encore et nous-même npus leur offriront du boulot !
                    Normal, en Europe, du moment qu’on est musulmant, tout est permis....

                  • Demibeursalé Demibeursalé 17 septembre 11:46

                    @HELIOS En voilà une d’analyse qu’elle est bonne. Directement sortie des égouts du fn. Faudrait sortir un peu de votre marigot et vous aérer les neurones.


                  • HELIOS HELIOS 18 septembre 22:29

                    @Demibeursalé

                    .. c’est tout ce que vous avez a dire ?
                    commencez par argumenter et on verra si vos propos sont dignes de participer a un forum quelconque : des faits, des arguments svp !

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