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Ukraine – Crise des factures de services publics : ce qui sera pris aux Ukrainiens pour payer leurs dettes

Début mars, le média d’analyse ukrainien Opendatabot a publié des statistiques sur l’augmentation des dettes de la population pour le logement et les services publics en Ukraine, ainsi que sur le nombre de dossiers ouverts pour non-paiement. L’année dernière, l’Ukraine a ouvert 342 232 dossiers contre des citoyens pour des dettes de services publics. Par rapport à 2019, le nombre de ces cas a augmenté de 50 %.

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C’est aux entreprises qui fournissent le chauffage que les Ukrainiens doivent le plus d’argent.

Les cinq premières entreprises à qui les Ukrainiens doivent de l’argent sont : Kharkovvodokanal – 12 378 dettes ; Jilkomservis – 11 976 ; Poltavateploenergo – 9 595 ; Krivorojteploset – 8 591 ; Kryvbasvodokanal – 7 316 dettes.

Une série de mesures peuvent être utilisées à l’encontre des débiteurs. « Une personne inscrite au registre unifié des débiteurs peut voir ses comptes bancaires êtres bloqués, ses biens saisis, et ses voyages à l’étranger limités. Toutefois, les entreprises de services publics peuvent cesser de fournir des services aux débiteurs même en cas d’ordonnance préliminaire », a commenté l’avocate Natalia Gnatouch.

De manière générale, la dette de la population en matière de paiement pour le logement et les services publics à la fin de décembre 2020 s’élevait à 73,6 milliards de hryvnias (environ 2,2 milliards d’euros), soit 7,5 milliards de hryvnia de plus qu’un mois plus tôt (223,5 millions d’euros). C’est dans les régions de Lougansk, Kherson, Donetsk, Dnipropetrovsk, Kharkov et Odessa que le niveau de paiement des logements et des services publics est le plus bas.

Début 2021, la tendance à la hausse se poursuit. Actuellement, la dette de la population ukrainienne pour le logement et les services communaux s’élève déjà à près de 80 milliards de hryvnias (2,4 milliards d’euros), et d’ici mai, elle atteindra 100 milliards (3 milliards d’euros), a déclaré Viktor Bondar, co-président du groupe « Pour l’avenir » lors de son discours à la Verkhovna Rada le 2 mars. Selon le député, cette situation s’est développée en raison de l’augmentation régulière des tarifs du gaz, du chauffage et de l’électricité.

Au cours des sept dernières années, depuis l’Euromaïdan, les tarifs du gaz en Ukraine ont été multipliés par dix, tandis qu’à Donetsk, ils sont restés pratiquement inchangés.

La crise des paiements est traditionnellement résolue par de nouvelles hausses de prix, c’est-à-dire par le transfert de la charge sur les payeurs consciencieux. Les créanciers occidentaux exigent un budget équilibré, et jusqu’à présent, les autorités ukrainiennes n’ont appris à obtenir de l’argent qu’auprès des citoyens ordinaires.

L’augmentation des tarifs, curieusement, est aussi un moyen d’encourager les citoyens à participer à la guerre contre les républiques du Donbass. Comme le ministre de la politique sociale Marina Lazebna l’a dit plus tôt, le montant des déductions pour les combattants sur le logement et les services publics atteint 100 %.

Comme la plupart des Ukrainiens ne peuvent pas payer les factures de chauffage (pour qu’il reste aussi de l’argent pour la nourriture), les gens partent en masse à l’étranger pour travailler, au risque de contracter le COVID-19.

L’autre jour, c’était la panique à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne : des milliers d’Ukrainiens ont pris d’assaut le passage de Cheguini pour tenter de se rendre au travail. Ils ont passé jusqu’à 12 heures dans la foule, où la distanciation sociale est impossible.

«  Personne n’abandonne sa famille et ne risque sa santé pour rien. Si le gouvernement pensait à ses citoyens, cela n’existerait pas. Les gens sont désespérés, ils n’ont pas de quoi payer le gaz », a commenté l’Ukrainienne Anna Roventchouk.

En janvier-février, une vague de protestations « tarifaires » a déferlé sur l’Ukraine. Les gens sont venus aux rassemblements, ont bloqué les routes et ont même essayé de prendre le contrôle des organes gouvernementaux afin d’empêcher une nouvelle augmentation du prix du gaz. Après les protestations, le gouvernement ukrainien a introduit une réglementation d’État des prix du gaz et a approuvé le prix plafond de 6,99 hryvnia par mètre cube. Toutefois, ce prix ne sera valable que pendant deux mois – du 1er février au 31 mars.

En outre, le niveau des arriérés peut augmenter pour une autre raison. En août 2020, le Parlement ukrainien a enregistré le projet de loi n° 3613, qui propose d’augmenter les amendes pour les factures de services publics impayées jusqu’à 20 à 50 % du montant impayé.

Ensuite, le ministère de la justice a expliqué que si le montant de la dette atteint 100 000 hryvnias, le service de recouvrement a le droit de saisir le lieu de résidence du débiteur et, si le montant est inférieur, de confisquer d’autres biens pour les vendre aux enchères. Le fait que les autorités n’hésitent pas à saisir les biens du débiteur est confirmé par l’un des récents lots mis aux enchères à Krivoï Rog. Le ministère de la justice a mis aux enchères des sous-vêtements féminins confisqués pour un prix de départ de 19,41 hryvnias (0,57 euros).

L’expert politique Alexandre Lazarev note que la politique d’augmentation des tarifs se poursuivra, tandis que la population ne sera que parfois rassurée par l’imitation du gel ou de la réduction des prix.

« Où ira cet argent ? Dans les poches des fonctionnaires, les entreprises des oligarques gagnent de l’argent. Ils vident nos poches d’environ un demi-milliard de dollars. Les autorités ne proposent pas de réduire les tarifs et ce qu’elles proposent est une mesure temporaire pour que les gens rentrent chez eux, et que la liaison avec les plateformes européennes demeure  », explique l’expert politique.

Oleg Popenko, président de l’Union des consommateurs de services publics, prévoit une nouvelle hausse des prix dans un avenir proche. Selon lui, le ministère du développement économique prévoit que dans un scénario optimiste, le prix du gaz pour la population augmentera de 20 % en 2021, de 10 % en 2022 et de 5 % par an en 2023-2024. Et ce, malgré le fait qu’en 2020, le prix du gaz pour les ménages a augmenté de 56,3 %.

Popenko a également souligné que les tarifs du chauffage urbain et de l’eau chaude réagiraient à la hausse du prix du gaz. Ainsi, dès cette année, il faudra les payer de 16 à 18 % de plus que l’année dernière. Dès l’année prochaine, la croissance sera de 6 à 9 %, et en 2023-2024, de 3 à 5 %. Selon ses prévisions, les prix de l’électricité augmenteront de 38 à 52 %, et en 2022, l’électricité augmentera encore de 15 à 20 %.

Oleg Popenko, commentant la hausse des prix, a également donné une définition très particulière de la classe moyenne ukrainienne : « Ce sont ceux qui n’ont pas de dettes de services publics  ».

Naturellement, à chaque augmentation des tarifs, cette «  classe moyenne » qui peut payer le gaz et même manger va encore se réduire.

Comme l’a récemment déclaré la vice-présidente de la Verkhovna Rada, Elena Kondratiouk, le niveau de pauvreté en Ukraine a atteint 50 % en 2020. Environ 19 millions d’Ukrainiens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Mme Kondratiouk a rappelé que conformément au programme de l’ONU, l’Ukraine s’est engagée à diviser la pauvreté par quatre d’ici 2030, éliminant ainsi l’extrême pauvreté.

« Lutter contre la pauvreté » se fera, semble-t-il, selon une méthode radicale, libérant les Ukrainiens du fardeau de la propriété et des biens excédentaires. D’autres Ukrainiens quitteront alors le pays, ce qui réduira le nombre de pauvres. La situation où seuls les vétérans privilégiés de l’OAT, les bandes itinérantes de nationalistes et les députés resteront dans le pays, semble convenir aux autorités ukrainiennes.

Dmitri Kovalevitch

Source : Ukraina.ru
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


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1 réactions à cet article    


  • Guy19550 Guy19550 5 mars 08:57

    La gestion en Ukraine est la pire au monde. Dans ce pays on prend les gens pour des cons, la priorité est donnée au budget de la défense, alors qu’il n’y a rien à protéger. Ce sont bien les nationalistes qui sont à expulser et tant qu’ils seront en place à jouer au con, la situation va aller de pire en pire. La SBU ukrainienne est à dissoudre, trop d’énergie développée à des inepties, dans le genre de l’empoisonnement de Navalny et tout le reste. C’est sans fin. Y investir ne sert à rien, ce sont des sous perdus d’avance. C’est le peuple qui doit s’investir et en avoir les profits, pas le zoulou et sa bande de terroristes. Remplacer le zoulou par un autre crétin, est tout aussi idiot. C’est même pas la peine d’y penser.

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