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Ukraine – Le néo-nazi américain Craig Lang devrait enfin être extradé vers son pays natal

Après plus d’un an de bataille judiciaire en Ukraine, une cour de Kiev a enfin décidé de valider l’extradition du néo-nazi américain Craig Lang, recherché pour un double meurtre aux États-Unis. Retour sur cette saga judiciaire américano-ukrainienne.

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Pérégrinations d’un néo-nazi américain en Ukraine

Craig Lang est un néo-nazi américain, qui a d’abord servi dans l’armée américaine, en Irak et en Afghanistan, de 2008 à 2014. Il se fait virer de l’armée après avoir tenté de tuer sa femme, qui était enceinte (après qu’elle lui ait envoyé des vidéos d’elle avec d’autres hommes), et passe quelques mois en prison pour ça.

Puis début 2015, Craig Lang se rend en Ukraine pour intégrer une unité de Secteur Droit (organisation néo-nazie ukrainienne) afin de se battre pour Kiev dans le Donbass. Puis il tente d’intégrer l’armée ukrainienne régulière, en 2016. Mais il ne termine pas son enregistrement dans l’armée, et rentre aux États-Unis quelques mois plus tard. Puis il revient brièvement en Ukraine avant de rentrer au bercail.

C’est justement en Ukraine, en 2015, que Craig Lang rencontre Alex Zwiefelhofer, avec qui il tente de partir combattre au Soudan en 2017. Mais les deux compères se font refouler à l’entrée du pays et rentrent aux États-Unis.

Meurtre aux États-Unis

C’est là-bas que leur vient alors l’idée de partir au Venezuela, combattre Maduro au côté des opposants, début 2018. Mais ils n’ont pas l’argent pour ce voyage.

D’après la justice américaine, Craig Lang et Alex Zwiefelhofer ont alors une idée : mettre des armes en vente sur le site internet Armslist.com pour se faire de l’argent. Au total ce sont 15 armes à feu qu’ils mettent ainsi en vente sur le site, dont des pistolets Glock.

Un homme d’affaire de 53 ans, Serafin Lorenzo souhaite acheter les armes pour 3 000 $, qu’il est prêt à payer en liquide. Le rendez-vous est fixé le 9 avril 2018 à Lee County, en Floride.

Mr Lorenzo vient au rendez-vous avec sa femme Deana. Leurs deux corps seront retrouvés criblés de balles sur le parking d’une église située près du lieu de rendez-vous. Serafin Lorenzo a reçu 11 balles dans la tête, la nuque et l’estomac. Sa femme en a reçu sept, principalement dans la tête et le torse. Une véritable boucherie.

Sur place les enquêteurs américains ne trouvent pas d’argent, mais le téléphone de Serafin Lorenzo va s’avérer être une vraie mine d’information. En effet, les enquêteurs y trouvent la discussion pour l’achat des armes, qui leur permet de remonter jusqu’au téléphone mobile de Zwiefelhofer.

La justice américaine l’arrête en mai 2019, après qu’il a été appréhendé pour avoir tenté de vendre des armes à feu dans le Wisconsin.

Craig Lang, lui, a disparu dans la nature. Utilisant l’identifiant de quelqu’un d’autre, il s’est fait faire un faux passeport en septembre 2018, avec lequel il a réussi à partir pour le Mexique. De là il part pour la Colombie, puis rejoint l’Ukraine via l’Espagne et la Moldavie.

Mais entre temps, les États-Unis ont émis un mandat d’arrêt contre lui, le 18 août 2019, et l’ont immédiatement mis sur la liste Interpol des personnes recherchées. Lorsque Craig Lang essaye de rentrer en Ukraine depuis la Moldavie, au point de passage de Moguilev-Podolsk, dans la région de Vinnitsa, le 21 août 2019, il est déjà trop tard.

Lors de la vérification de ses papiers, les gardes-frontières ukrainiens découvrent le nom de Lang dans la liste d’Interpol. Craig Lang est alors placé en état d’arrestation pour 40 jours.

Bataille judiciaire en Ukraine pour l’extradition de Craig Lang

C’est là que va commencer une bataille judiciaire de plus d’un an. Un mois après son arrestation et son envoi à la maison d’arrêt de Vinnitsa, la cour de la ville libère Craig Lang et le place simplement en résidence surveillée. Ce qui vaut à Craig Lang la clémence des juges c’est le fait qu’il a servi dans le Donbass, ses avocats ayant fait valoir qu’il a servi chez Secteur Droit et dans la légion géorgienne, et qu’il a défendu l’Ukraine.

Les États-Unis demandent son extradition. Mais problème : il n’y a pas de traité d’extradition entre l’Ukraine et les États-Unis ! Résultat, seul le bureau du Procureur Général ukrainien peut décider de son extradition. Et il ne s’est pas pressé de le faire.

Résultat, en septembre 2019, Craig Lang fait une demande d’asile politique en Ukraine, en faisant valoir qu’il risque la peine capitale aux États-Unis pour les crimes qui lui sont imputés, et que Trump étant un bon ami de la Russie, les anciens volontaires américains ayant servi côté ukrainien dans le Donbass (surtout chez Secteur Droit) sont persécutés dans leur patrie natale.

Puis début octobre, la cour d’appel de Vinnitsa a cassé la mesure d’assignation à résidence de Craig Lang, le renvoyant en maison d’arrêt. Deux mois plus tard, le 5 décembre 2019, la court de Vinnitsa prolonge la détention de Lang, indiquant que ce dernier n’apparaît pas dans les listes des soldats de l’armée ukrainienne contrairement à ce qu’il clame.

Le 24 décembre, nouveau retournement de situation, la cour d’appel de Vinnitsa casse la décision et renvoie Craig Lang en résidence surveillée, sous prétexte qu’il donne des cours de langue via Skype pour subvenir aux besoins de sa famille (il est en couple avec une femme ukrainienne), et qu’il a fourni du matériel médical et militaire (lunettes de vision nocturne) aux Forces Armées Ukrainiennes.

Mais en janvier 2020, les services d’immigration refusent de reconnaître Craig Lang comme un réfugié ou une personne ayant besoin d’être protégée. Les avocats de Lang ont alors fait appel de la décision, d’abord à la cour administrative, qui a rendu un verdict négatif le 1er juillet 2020, puis à la cour d’appel administrative, qui a donné la même réponse. Pour les juges, les aller-retours réguliers de Lang aux États-Unis depuis 2015, montrent qu’il n’est pas du tout persécuté dans son pays natal. Mais ces appels judiciaires répétés ont permis à Craig Lang de gagner du temps.

Parallèlement à sa procédure de demande d’asile politique, la bataille judiciaire, entre autre autour de son placement ou non en maison d’arrêt s’est poursuivie.

Le 26 mars 2020, la cour de Vinnitsa réétudie la mesure de détention à l’encontre de Craig Lang, et il s’avère alors qu’il n’y a aucun document officiel prouvant qu’il a servi chez Secteur Droit et la légion géorgienne. Alors que l’homme apparaît clairement dans un reportage de VICE de juin 2016 dans le Donbass, côté ukrainien, la police nationale ukrainienne, le SBU et le ministère ukrainien de la Défense vont tous dire qu’ils n’ont aucune information sur la participation de Craig Lang au conflit dans le Donbass, ni sur sa présence dans les unités de Secteur Droit et de la légion géorgienne.

Par contre le SBU dit qu’il était enregistré comme soldat sous contrat du 25e bataillon d’infanterie motorisée « Kievskaya Rus » à partir de mars 2016. Sauf qu’il s’avère qu’il n’est pas venu terminer son enregistrement militaire, et qu’il a été rayé des listes le 29 avril 2016.

Malgré tout cela, le procureur demande seulement que sa détention soit prolongée, mais il n’exige pas que Lang retourne en maison d’arrêt.

Pendant tout ce temps, les néo-nazis ukrainiens, mais aussi journalistes de médias financés par les États-Unis prennent ouvertement la défense de Craig Lang. Ce qui explique pourquoi l’Ukraine a tant traîné dans cette affaire : encore une fois les néo-nazis ukrainiens ont interféré dans la justice du pays.

Mais tout a une fin. Vendredi 30 octobre la court du district de Petcherk à Kiev a validé l’extradition de Craig Lang aux États-Unis. Il faut dire que contrairement à d’autres affaires criminelles internes à l’Ukraine, le procureur américain en charge du dossier ne s’est pas laissé impressionner par les néo-nazis ukrainiens et a mis la pression nécessaire pour faire avancer le dossier.

La question se pose de savoir pourquoi la justice ukrainienne a enfin décidé de bouger maintenant, et de satisfaire la demande des autorités américaines, après plus d’un an d’atermoiements judiciaires.

La date semble ne pas avoir été choisie au hasard. En effet, Craig Lang et ses avocats ont cinq jours après la décision de la cour de Kiev pour faire appel de cette dernière. Soit le 4 novembre.

C’est-à-dire le lendemain de l’élection américaine, qui promet de générer de nouveau pas mal de chaos aux États-Unis. Certains en Ukraine espèrent peut-être que la situation aux États-Unis sera assez chaotique pour que, si la décision de la cour de Kiev est cassée en appel, Washington sera trop absorbé avec ses problèmes internes post-électoraux pour s’occuper d’un fuyard de nouveau en liberté à des milliers de kilomètres de là. Comme on dit, affaire à suivre…

Christelle Néant

Voir l'article sur Donbass Insider


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4 réactions à cet article    


  • armand 3 novembre 2020 11:11

    Innombrables petites frappes à foutre le bordel partout, petits yeux rapprochés, une crapule, et souvent de la même origine.....


    • Super Cochon Super Cochon 4 novembre 2020 07:55

      .
      .
      C’est pas un néo-nazi ! ....... c’est juste un paumé qui est prêt à aller dans n’importe quelle conflit pour tuer des gens ! ......... il a aucune idéologie !
      .
      .
      Ce faux néo-nazi qui part se battre au Soudan ! ....... si c’est pour défendre la race blanche , il a du louper les cours de géographie !
      .
      .


    • La Hyr La Hyr 3 novembre 2020 19:35

      @Christelle Néant
      mardi 3 novembre 2020


      « Ukraine –

      « Après plus d’un an de bataille

      « …...néo-naz….extradé vers son pays natal »

      « le procureur ….en charge du dossier ne s’est pas laissé impressionner

      « par les néo-naz…. et a mis la pression nécessaire pour faire avancer le dossier. »


      Sur un petit arrangement de la « tirade des nez » de Cyrano de Berjerac

      complété par mes excuses à feu Edmond Rostand...


      « Ah ! Non ! C’est un peu court, ….oh ! Dieu !

      « En variant le ton, —par exemple, tenez :
      « Agressif : « moi, monsieur, si j’avais un tel naz,
      « Il faudrait sur le champ que je... l’amputasse ! »


      Il faut bien l’avouer par le temps qui court ….avec cet incestueux Covid19 qui s’invite aux creux des « chez soi » jusque dans l’intimité de chacun…où chaque jour qui court sous l’obligation de masquer nos naz….une colère froide et sournoise transpire sous nos caches-naz……


      Que le diable les emporte….ces naz...car s’ils s’affichent à l’Est...à l’Ouest...nous les subissons…avec ce crescendo de la torture psychologique né de l’engineering social qu’ils manient avec l’aisance des financiers, maîtres d’ouvrages de nos turpitudes.

      Un procureur a pris en charge le dossier de cette âme damnée….nous aurions besoin d’un tel décideur...chez nous….les directions du plus hauts niveaux….de l’Europe entière...comme le dit si bien Cyrano « Il faudrait sur le champ que je... les….amputasse ! »


      Merci Christelle….de nous annoncer….non des bruits de bottes….mais celui d’un petit pas de la justice….qui l’espoir aidant...autorisera sous l’auspice de bons alizés d’outre atlantique….l’exécution….d’un bras séculier, celui du XXIè siècle.




      • Guy19550 Guy19550 4 novembre 2020 00:54

        Je m’excuse car c’est la première fois que je peux féléciter la tenacité des cowboys.

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