• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Ukraine - Naftogaz admet les problèmes avec la fourniture de gaz et promet (...)

Ukraine - Naftogaz admet les problèmes avec la fourniture de gaz et promet un hiver froid

Le début de la saison de chauffage pourrait capoter dans de nombreuses grandes villes d’Ukraine, dont Marioupol, Odessa, Kharkov et Jitomir. Et les habitants de Kiev, selon les médias, ont déjà commencé à ramasser du bois de chauffage. RIA Novosti a enquêté sur les raisons pour lesquelles le pays risque de geler malgré ses réserves de gaz record depuis 2010.

Le problème de la dette

Il y a désormais 20 milliards de mètres cubes de combustible bleu dans les installations de stockage souterrain d’Ukrtransgas – soit les deux tiers du volume maximum. Alexeï Gontcharouk, le nouveau Premier ministre ukrainien, s’est empressé de déclarer que cela permettra de « regarder l’hiver sereinement  ». Toutefois, la société mère ne partage pas son optimisme.

La semaine dernière, Naftogaz a publié une liste de 116 entreprises endettées envers le monopole, dont les clients risquent d’être laissés sans chauffage.

« Les paiements insuffisants effectués par ces entreprises pour le gaz représentent une menace pour l’approvisionnement en eau chaude des consommateurs pendant la période de chauffage », indique le communiqué officiel.

Il faut souligner que les entreprises de la liste de Naftogaz ne représentent qu’un dixième des fournisseurs de chauffage du pays, mais elles travaillent dans les grandes villes : à Marioupol, Odessa, Kharkov, Jitomir, Krivoï Rog, Kherson, Ivano-Frankovsk, et Vinnitsa. Ainsi, la fermeture de ces entreprises menace l’Ukraine d’une catastrophe humaine à l’échelle nationale.

Les autres services publics sont également menacés. Malgré une légère diminution de la dette des citoyens pour le logement et les services communaux pendant la saison chaude (de 1,7 pour cent en août – jusqu’à 47,3 milliards de hryvnias), principalement en raison du fait qu’ils ont payé une compensation pour les services publics non fournis auparavant, dans un avenir proche, la dette pourrait remonter.

Le fait est que depuis le début du mois d’octobre, les Ukrainiens qui chauffent leurs maisons et leurs appartements au gaz verront leurs subventions réduites – de 4,5 à 4 mètres cubes de gaz par mètre carré de surface au sol. À partir du 1er décembre, Naftogaz augmentera ses tarifs jusqu’à la limite fixée par le Conseil des ministres – 9,7 hryvnias par mètre cube. En conséquence, en moyenne, l’entreprise de services publics augmentera son prix de deux mille hryvnias. C’est ce qu’a dit l’expert en énergie Valentin Zemlianski à l’antenne de la chaîne Zik TV.

Des négociations sans fin

L’autre problème ce sont les dernières négociations trilatérales sur le gaz entre Moscou, Bruxelles et Kiev, qui se sont terminées fin septembre. Elles n’ont apporté aucun résultat concret.

La principale question examinée lors de la réunion était la perspective d’un transit du gaz russe vers l’Europe par le système ukrainien de transport de gaz. À la fin de l’année, le contrat actuel expire : Kiev insiste pour en conclure un nouveau pour 15 ans, mais Gazprom a rappelé qu’à cette fin, l’exploitant du gazoduc Ukrtransgaz devrait, conformément au droit européen, sortir du giron de Naftogaz et devenir une société indépendante. D’ici la fin de l’année, il est peu probable que Kiev soit en mesure de le faire, ont déclaré les représentants russes. Gazprom a donc proposé de proroger l’accord actuel pour une période suffisante pour permettre à Ukrtransgas d’effectuer les procédures nécessaires.

La société russe comprend que Kiev a besoin d’un nouveau contrat afin de parvenir à un accord avec les courtiers européens et de racheter une partie du gaz en transit pour ses propres besoins, en le présentant à ses citoyens comme du gaz envoyé par flux inversé.

Kiev a eu des problèmes avec ce système à la fin du mois de juillet, lorsque le secrétaire général de la Fédération européenne des courtiers en énergie (EFET) Jan van Aken a rappelé au chef de Naftogaz Andriy Kobolev qu’Ukrtransgas devait 4,1 milliards de hryvnia aux Européens. Et si la dette n’est pas remboursée dans un proche avenir, toutes les fournitures de gaz cesseront.

Sachant cela, Moscou a offert à Kiev de signer un accord de fourniture directe, qui réduira les tarifs pour les utilisateurs finaux de 25 %. Cependant, si Kobolev l’avait fait, il aurait dû expliquer l’achat de carburant au « pays agresseur » et les tarifs prohibitifs des services publics, qui auraient pu être évités s’il avait trouvé un terrain d’entente avec Gazprom auparavant.

Les amis se reconnaissent dans les situations difficiles

Malgré le volume record d’injection de carburant bleu, Kiev manque cruellement de charbon – une autre ressource sans laquelle il n’y aura pas « d’hiver calme ». À la fin de l’été, l’ancien ministre de l’énergie Ivan Platchkov a déclaré que les réserves de ce carburant sont deux fois inférieurs à celles de l’année précédente – 753 mille tonnes contre 1,4 million de tonnes. Et ils les dépensent une fois et demie plus vite qu’ils ne se réapprovisionnent : à ce rythme, le charbon sera épuisé à la mi-octobre.

Dans le même temps, les représentants de DTEK, le plus grand groupe énergétique du pays, ont annoncé un accord pour 300 000 tonnes de charbon de Colombie à 75 dollars la tonne. Toutefois, les experts ont rappelé que les centrales thermiques et électriques locales fonctionnent exclusivement à l’anthracite russe ou ukrainien.

Il s’avère que cet accord n’est rien d’autre qu’une magouille tout droit sortie de l’ère Porochenko, quand, sous couvert de charbon américain et africain, ils ont introduit clandestinement du charbon de Russie et du Donbass dans le pays.

Cependant, même un contrat de 300 000 tonnes de charbon n’est pas la panacée. Le pays doit acheter environ un million de tonnes supplémentaires pour un hivernage confortable, et il doit payer pour cela. Et si la question du transit n’est pas résolue l’année prochaine, Kiev va se retrouver avec trois milliards de dollars en moins dans le budget.

En théorie, le gouvernement ukrainien peut allouer des crédits du FMI à cette fin, mais ce n’est pas si facile : le Premier ministre Gontcharouk a déclaré après une récente visite du créancier qu’il espère signer un nouveau programme au plus tôt en décembre. La dernière fois que Kiev a reçu la première tranche du programme Stand-By c’était seulement deux mois après son approbation.

Note de la traductrice : cette menace de coupure du chauffage ou de l’électricité en Ukraine est devenue récurrente. Le problème est qu’à chaque fois que le problème prend des proportions inquiétantes, Kiev prend des mesures sparadrap pour faire tenir la situation encore un peu. Mais ces rustines ne règlent pas le problème de fond qui continue d’empirer de mois en mois (comme le problème de la dette des ménages en termes de charges communales). Si Kiev résout le problème cette saison-ci, il réapparaîtra dans 6 mois ou un an, en pire. Et il viendra un moment où Kiev n’aura plus de rustine en stock pour sauver la situation. Le fait que cette menace apparaît désormais régulièrement prouve de manière claire que le pays se somalise, en grande partie à cause de décisions politiques désastreuses prises pour des raisons idéologiques, là où il faudrait faire de la realpolitik.

Source : RIA.Novosti
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider


Moyenne des avis sur cet article :  4.5/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 4 octobre 09:58

    Merci pour l’information, vous n’avez pas écrit le mot, mais je comprends que l’Etat ukrainien est en faillite. Belle réussite pour les pays occidentaux qui prétendent répandre la démocratie et la prospérité !


    • Christelle Néant Christelle Néant 4 octobre 12:54

      @Fifi Brind_acier
      Oui, cela fait plusieurs années que l’Ukraine est en faillitte de fait. C’est juste que personne ne le dit...


    • Guy19550 Guy19550 4 octobre 10:36

      Pas de panique, il peuvent se chauffer avec l’électricité de Crimée :

      https://tass.com/politics/1081268

      mais faudra envoyer les nationalistes avant pour réparer...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès