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Accueil du site > Actualités > International > Un 11-Septembre politique - rêve américain devenu cauchemar

Un 11-Septembre politique - rêve américain devenu cauchemar

Ce 29 septembre 2008, le plan Paulson vient d’être rejeté par la Chambre des représentants. Il se peut bien qu’un nouveau texte soit refourgué et passe, ce qui ne nous dispense pas de commenter cet événement qui est historique à plusieurs égards.

Ce qui s’est passé aux Etats-Unis est inconcevable en France, même dans un contexte de cohabitation. Le plan Paulson a été rejeté par une majorité hétéroclite. 228 voix contre 205. Une configuration des plus étranges. Un fait si rare que ce serait dommage de ne pas le mettre en exergue et le commenter. Les représentants ont une courte majorité démocrate. GW Bush est un républicain. C’est lui qui a demandé un vote positif pour aider les banques américaines. Or, ce sont les républicains qui ont assuré l’issue du scrutin en votant aux deux tiers non, avec l’appui d’une bonne part des démocrates, mais pas la majorité. 133 républicains ont refusé ce plan avec 95 démocrates, contre 140 démocrates et 65 républicains qui l’ont approuvé. Quel mélange. Et quelle leçon de politique où l’on voit des élus voter en leur âme et conscience, selon leur conviction, sans aucune consigne de parti, en hommes libres. Et ce vote, eh bien ça ressemble à l’Amérique qu’on aime et à une France qu’on aimerait bien voir fonctionner ainsi. Parce que, chez nous, un tel événement serait impensable, au vu de la discipline de vote qui règne. A croire que nous vivons dans une autre culture et que la loi des libertés de conscience n’existe pas et que nos élus ne sont pas des hommes libres, mais des hommes auxquels un parti a offert un rôle et qui remercient le parti. Bon, c’est culturel, la France ne s’en tire pas si mal avec ce système. Ce n’est pas pire qu’aux States. C’est différent.

La décision paraît surprenante, mais elle reflète une sensibilité des élus qui, informés de la faible popularité du plan Paulson, doux euphémisme, ont voté contre une mesure qui indispose plus de 60 % des Américains n’ayant pas envie de payer pour les erreurs des financiers. Le vote est bien étrange puisque, parmi les démocrates, certains ont joué la sécurité, pour, comme l’a dit Obama, continuer à maintenir le rêve américain, un rêve de gamin, de génération Kennedy, de décapotable, de pavillon et de consommation festive. D’autres démocrates ont voté contre ne pas donner un blanc-seing à ce monde du profit. Parmi les républicains, la majorité a voté en prenant conscience que ce plan est une entorse aux fondamentaux libéraux de l’Amérique. Ils ont raison et n’ont pas trahi leur conviction, en hommes droits, jugeant que le système libéral doit sanctionner ceux qui ont mal géré et récompenser ceux dont les affaires sont vertueuses. D’autres républicains ont approuvé le plan Paulson parce que GW Bush le leur a demandé et qu’ils pensent limiter la casse. Ce qui n’apparaît pas, ce sont les lobbys qui ont sans doute eu quelques influences sur quelques élus. Mais pas au point de renverser l’issue du scrutin. Un vote qui, vu de chez nous, paraît inintelligible tant nous sommes persuadés que l’Amérique est une ploutocratie qui obéit aux intérêts des financiers.

Et la réaction des traders ? Le 11-Septembre se vérifie. Le rejet (provisoire ?) du plan Paulson a entraîné une chute sans précédent des indices boursiers. Presque 10 % pour le Nasdaq. Logique, cet indice intègre les sociétés de la finance à haut risque, autant que celles des nouvelles technologies. Si cet indice plonge, c’est le signe que le système est complètement vérolé et que le cancer financier a envahi les tissus en croissance de « l’économie basée sur la connaissance ». Le Dow Jones plonge de 7 %, l’indice chutant de presque 800 points, plus que la journée qui suivit les attentats du WTC et que le krach de 1987 (comme le Nasdacq du reste). C’est sans doute ce signe qui évoque un 11-Septembre. La découverte par le système financier qu’il « s’écroule » et ne sera pas sauvé par l’Etat. Ou peut-être l’inverse, une bourse frondeuse qui fusille son indice pour faire pression sur l’Etat, un peu comme le 11-Septembre a agi, essentiellement sur la riposte militaire des States. Où sont les causes, où sont les effets ? En vérité, incernables, comme entrelacées dans une figure du peintre Escher. Ce 29-Septembre est aussi ressenti comme tel par GW Bush qui ne s’attendait pas à une telle gifle, un affront des élus qui chez nous paraît relever de la politique fiction.

Ce vote, il est sans doute un électrochoc, une invitation à la prise de conscience, un message envoyé par les élus tant aux responsables du bilan désastreux depuis 2001 qu’aux héritiers de la gouvernance à la Maison-Blanche après les élections de début novembre. Le message, c’est que le rêve américain s’est achevé, ce 29 septembre 2008, le jour de la Saint-Michel, quand les dieux frappent de la foudre et de la révélation. Pour réveiller les Américains et leur signifier que le rêve est achevé, la fête terminée, remise à plus tard, et que les réalités d’un nouveau monde, imprévisible, embryonnaire, vont commencer. L’essence ne coulera plus comme avant, l’argent non plus, la domination des States s’achève, l’Asie prend son essor, la Russie ressuscite, l’Europe se cherche, l’Amérique du Sud assume son virage socialiste, l’Afrique cherche son salut, le Moyen-Orient fait ses affaires et nous prions pour qu’Israël ne pète pas les plombs et que l’Iran ne jette de l’huile sur le feu. La campagne présidentielle sera étrange. Mais beaucoup voudront croire qu’Obama peut sauver le rêve américain. Pourtant, un pays avec tant de ressources matérielles et humaines ferait mieux de songer à traverser la crise et remettre à plus tard un rêve réinventé avec de nouvelles bases. Obama peut être un président de transition. A-t-il l’envergure d’un Roosevelt ? Nous en doutons sérieusement.

Les premiers réveillés furent les membres du Congrès, stunned comme l’écrit le NYT. Ne pas confondre avec stone, rien d’une ivresse planante, mais tout d’une descente d’acide après un long voyage dans l’irréel. Un cauchemar pour les uns. Stunned se traduit par bouleversé ou renversé ou carrément sensationnel. Comme l’Amérique. Il ne manque qu’un artiste de rock pour transcrire en accords de guitare et en textes ce qui s’est passé ce 29 septembre 2008, le jour de la Saint-Michel.


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35 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 10:41

    Mes excuses pour les quelques coquilles et fautes d’accord. Ce billet a été rédigé vers minuit hier soir,


    • stephanemot stephanemot 30 septembre 2008 11:04

      ... et entretemps les marchés ont eu le temps de dégriser et d’absorber en partie le choc.

      j’ai adoré le speech de cet ultralibéral Républicain comparant le futur vote à la Révolution d’Octobre : "entre le pain et la liberté je choisis la liberté".

      sur le coup, Pelosi ne l’a pas joué très fine dans son appel au vote, pas vraiment "bi-partisan".

       


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 11:22

      Les affaires vont continuer c’est sûr mais ce vote m’est apparu comme historique et espérons que ce ne soit pas une fronde capricieuse de parlementaires mais bien l’amorce d’un nouveau deal entre l’économique et le politique.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 11:45

      RDV à 16 heures, on va voir si le Jones et le Nasdacq remontent. Ces traders sont des gamins capricieux, ils ont bien chahuté hier parce que les maîtres élus n’ont pas voulu leur donner l’argent de poche pour s’amuser au casino


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 22:55

      C’était prévisible, remontée de 5 points, de vrais comédiens ces traders, quoique, sont plutôt fébriles et versatiles, un monde étrange que ces créatures qui vivent dans une bulle.


    • La Taverne des Poètes 30 septembre 2008 11:37

      "En hommes libres" ? Pas si sûr... Voyant la colère de l’opinion présente et à venir, ils ont surtout voulu sauver leurs sièges à l’approche des élections, et la rente, les privilèges qui vont avec. Mais ils ont bien fait de voter contre ce projet néanmoins. Pourquoi faudrait-il remplumer actionnaires et boursicoteurs avec l’argent des contribuables alors que l’on sait que ces boursicoteurs remettront ça à la moindre occasion, guidés par leur seule avidité ? Le système est pourri ; il faut l’assainir en profondeur et non injecter l’argent de l’Etat (et négliger les citoyens qui sont dans la mouise).


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 11:48

        On voit que vous ne connaissez pas le système américain, c’est pas comme le Parlement chez nous, les Députés sortis sont désemparés, mais ils se sont voté 5 ans d’indemnité, aveu qu’ils ne sont pas capables de se trouver une formation et un job en 5 ans. Aux States, la plupart des congressistes sont des types qui ont réussi dans les affaires, et sont par conséquent libres financièrement parlant. C’est ce que j’ai pu lire. Qu’on me corrige si je dis faux


      • La Taverne des Poètes 30 septembre 2008 11:57

        En même temps, mêmer les affaires et la politique, cela peut s’avérer dangereux. Mais je dénonce aussi ce scandale des élus de notre république qui s’octroient des privilèges exorbitants. N’oubliez pas nos sénateurs qui se partagent une enveloppe juteuse en voyages et autres divertissements coûteux, des retraites dorées, des appartements gratuits à vie...


      • La Taverne des Poètes 30 septembre 2008 12:01

        Donc, il serait bon que nos élus sachent faire autre chose que de la politique mais pas majoritairement du business...Il faut un turn over des représentants favorisé par une régle de non cumul de mandats, de non réélection à vie, et par la participation plus active des citoyens qui veulent participer à la vie de la Cité.

        erratum : il fallait lire "mêler" dans le commentaire préciédent.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 12:07

        Tout à fait, et c’est pour cela que pas mal de députés étaient des fonctionnaires en disponibilités, et donc assurer de retrouver leur job. Le pb, c’est que quand on est prof à 2000 euros, qu’on croute dans la cuisine de l’intendance ses sandwichs, et qu’on goûte ensuite à la cantine de l’Assemblée, son menu pour le prix d’un sandwich, plus le salaire de 6000 euros, ou plus, et les avantages, comme l’accès gratuit à un numéro de comique d’André Santini

        on n’a plus envie de retourner s’emmerder au lycée


      • La Taverne des Poètes 30 septembre 2008 12:30

        Je n’ai pas dit qu’il fallait favoriser uniquement les fonctionnaires. Trop de fonctionnaires aux chambres peut nuire autant que trop de gens d’affaires ou trop de politiciens carriéristes.


      • LE CHAT LE CHAT 30 septembre 2008 11:53

        Obama , pur produit de l’etablishment , soutient le plan paulson . faut il que certains soient naifs au point de croire que ce type va vraiment changer quelque chose ??????


        • COLRE COLRE 30 septembre 2008 12:07

          Ça fait drôlement vendre, le 11 septembre, surtout sur AV, d’où le titre racoleur ! Car, en réalité, ce vote américain n’a aucun rapport avec les attentats du 11 septembre…
          Ah là là, faut bien vivre et bien emballer sa came, n’est-ce pas ?… smiley


          • geko 30 septembre 2008 12:25

            Colre

            Ce titre a d’abord été repris par Mc Cain, puis Parisot....C’est surtout pour effrayer avec un arrière gout de va-t-en guerre !


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 12:33

            Je n’emploie pas le 11-septembre dans le sens de Parisot ou MC Cain qui ont parlé d’un 11 septembre financier, alors que dans ce billet, il est question d’un 11 septembre politique, un ovni venu du congrès qui a heurté l’innocence des traders se croyant protégés par l’Etat fédéral


          • Serpico Serpico 30 septembre 2008 14:16

            Dugué : "l’innocence des traders"

            **************

            Elle est bonne, celle-là !



          • non666 non666 30 septembre 2008 12:07

            Les etats unis et ses collabos chez nous sont devant un enjeux stratégique :

            Le dollar, "l’armée rouge" US va t’il survivre a cet effondrement.

            La première crise a eu lieu quand Saddam a envahi le koweit :

            Un Japon en plein krach + Une allemagne en reunification + un pays pétrolier envahi = plus personne pour financer le deficit US et acheter les "bunds" de la FED.
            Enquelques mois le dollar etait passé de 7 FFR à 3,50 Frcs.

            La gigantesque planche a billet qui produit de l’inflation s’etait remise en route.
            Quelques rackets plus tard( pardon on dit cofinancement de la 1ere guerre du golf quand on cause diplomatique...) le meme deficit reapparait et comme avant, plus personne ne veut finacer la "supériorité" US. le Fils Bush tente de refaire le coup de son père et c’est la cata :
            malgrès un attentat superbement organisé (papa lui a expliqué le torpillage du Lusitania et l’affaire du golfe du Tonkin) personne ne veut ni suivre les etats unis en Irak, ni financer leur guerre...

            Du Coup la FED reprends la bonne vielle technique de Bismark en Europe centrale : si vous voulez que l’Allemagne rebourse son enorme dette , chers tchcoslovaque, il va falloir nous faciliter l’ouverture de votre marché, sinon comment vous rembourser ?....autrement qu’en monnnaie devaluée ?

            Personne n’a voulu cracher au basinet et la FED provoque deliberement ce qui va provoquer inevitrablement une devaluation massive du dollar et la ruine de tous les preteurs et acheteurs de bonds du tresor....

            Les meme personnes, les memes groupes qui possedent la FED( qui n’est pas une banque centrale au sens strict) et qui ont déja provoqué les crises de 1907 et 1929 organisent la ruine de leurs concurrents...

            Bravo !

            Heureusement qu’ils ont mis un de leur pion a l’Elysée et un autre , "de gauche" au FMI en train de se construire un statut de remplaçant en chef pour un PS deliquescent.
            Parce que sinon, si nous avions des journalistes et des politiciens dignent de ce nom, cela pourrait provoquer de l’indignation. 




            • blibgnu blibgnu 30 septembre 2008 12:49

              Peut-être est-ce là une étape nécessaire puisque qu’il existe un projet de remplacement du dollars par l’amero d’ici à 2020, non666 ? Enfin on verra bien !


            • LE CHAT LE CHAT 30 septembre 2008 13:30

              l’apero ça serait mieux !


            • herve33 30 septembre 2008 13:43

              De toute manière , Plan Paulson ou pas , nous n’éviterons pas la débacle financière . Personne ne croyait qu’il aurait réussi à enrayer à lui tout seul la bulle du crédit aux US . 700 milliards de dollars semble bien peu et cela arrive trop tard d’après Paul Jorion . 

              http://www.pauljorion.com/blog/?p=787

              Qui va t-il se passer maintenant ?

              A vos pronostics !!!



              • antitall antitall 30 septembre 2008 14:10

                c’est pas difficile,le merdier à coup sûr !.........tous aux abris !! smiley


              • Aafrit Aafrit 30 septembre 2008 14:54

                 J’ai l’impression que rien ne va avec la santé mentale des USA, une autre erreur et qu’ils vont la regretter, ne pas voter OUi.
                 Se suicider est ce qui est compatible pour donner fin à tout ça ?
                Pourquoi n’ y avait-il pas d’abord un vote pour renflouer les caisses des âmes dessechées ?
                Les USA Étaient peut être sages mais les Bush and Con les ont abrutis et abêtis..d’où le vote irresponsable..



                  • morice morice 30 septembre 2008 15:47

                     Ça sera donc comme chanson everybody must get "stunned"... sur la base du texte de Dylan.. ?

                    mais en ce moment c’est plutôt Brother can you spare me a dime !!! 

                    Lyrics to Brother Can You Spare A Dime :
                    once I built a railroad, made it run
                    made it race against time
                    once I built a rairoad, now it’s done
                    brother can you spare a dime ?
                    once I built a tower to the sun
                    brick and rivet and lime
                    once I built a tower, now it’s done
                    brother can you spare a dime ?

                    once in khaki suits
                    gee, we looked swell
                    full of that yankee Doodle De Dum
                    half a million boots went slogging through hell
                    I was the kid with the drum
                    say don’t you remember, they called me Al
                    It was Al all the time
                    say don’t you remember, I’m your pal !
                    buddy can you spare a dime ?

                    once I built a railroad, made it run
                    made it race against time
                    once I built a rairoad, now it’s done
                    brother can you spare a dime ?
                    once I built a tower to the sun
                    brick and rivet and lime
                    once I built a tower, now it’s done
                    brother can you spare a dime ?

                    once in khaki suits
                    gee, we looked swell
                    full of that yankee Doodle De Dum
                    half a million boots went slogging through hell
                    I was the kid with the drum
                    say don’t you remember, they called me Al
                    It was Al all the time
                    say don’t you remember, I’m your pal !
                    buddy can you spare a dime ?


                    • Ràzösky Ràzösky 30 septembre 2008 21:36

                      Vous savez ce qu’est la justice immanente Dugué ?

                      MOI JE sais ; c’est la seule chose qui me fasse peur......


                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 21:39

                        La justice immanente c’est

                        accroche toi au pinceau, j’enlève l’échelle !


                        ou alors,

                        le premier de cordée se casse, démerde toi !


                      • grangeoisi grangeoisi 1er octobre 2008 00:31

                        ....."Et quelle leçon de politique où l’on voit des élus voter en leur âme et conscience, selon leur conviction, sans aucune consigne de parti, en hommes libres".... ROFL !

                        Ca se fait en 2 temps :

                        1 st : un vote négatif par ceux qui doivent se faire réélire

                        2nd : un vote positif perdu dans la masse de vagues explications... holy cow !! Not so stupid, always vote that way !


                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er octobre 2008 09:14

                          Il y a quelque chose d’étrange dans la perception de ce vote,

                          JM Aphatie a dit pareil que moi sur son blog

                          L’opinion populaire invente de prétendus calculs politiques. Quand nos députés votent comme des godillots, tout le monde ici crie au secours, présidentialisation, les parlementaires aux ordres de Sarkozy

                          Mais quand c’est là-bas, alors, ce vote libre des congressistes dérange. Notre opinion aurait-elle préféré un vote aux ordres de Bush ? Etrange cette opinion à géométrie variable

                          mais j’ai une explication, les Français ont peur de la crise, de perdre quelques petits sous, seraient-ils prêts à accepter une dictature si celle-ci garantissait leurs sous ?


                        • Patience Patience 1er octobre 2008 10:10

                          Moi, j’attends que Bernard-Henri Levy mene une longue et rigoureuse enquete a Wall Street.

                          C’est vrai quoi. Je me suis habitue a lire l’eminent point de vue de l’illustre philosophe, alors je lui fais confiance pour me pointer les vrais coupables de cette catastrophe.

                          Imaginez que sans lui, j’en serais encore a croire betement que ce sont les Georgiens qui ont attaque l’Ossetie !!!

                          Allez Bernard-Henri, je compte sur toi.

                          Tu es le meilleur. tu es grand, tu es beau et si riche.


                        • wesson wesson 1er octobre 2008 10:26

                          Bonjour Bernard,

                          comme l’a vu la taverne, c’est plus la peur de devoir assumer politiquement un plan très impopulaire qui aurait poussé bon nombre de députés à voter non à ce texte afin de tenter d’assurer leur réélection.

                          Et pourtant le problème reste entier : Les banques font faillites, et vu l’interconnection de ces établissements financiers, c’est l’ensemble de ce système qui risque de tomber à la prochaine grosse faillite.

                          Personnellement ça me troue le cul, mais sauver la mise des banques, c’est pas une option, et les gouvernements sont bien obligés d’intervenir. 

                          Le plan paulson en l’état était à peu près inacceptable : il organisait un renflouement inconditionnel, sans aucun contrôle possible sur l’ardoise finale, ni à priori, ni à postériori. Espérons qu’une mouture plus raisonnable sera formulée avant que nous arrivions à la faillite généralisée du système.


                          • armand armand 1er octobre 2008 10:59

                            Bernard :

                            Plutôt d’accord avec votre analyse, sans ignorer cependant d’autres considérations qui ont joué - sachant qu’à peine 11% de leurs électeurs soutenaient le plan, les députés songeaient aussi à leur réelection. Ce qui m’attriste c’est comment inlassablement on les fait revoter (comme ce que Sarko proposait pour guérir les Irlandais de leur euroscepticisme), et il est à parier que le Congrès se laissera persuader à l’usure.

                            Quant à l’"Amérique qu’on aime", on peut lire des billets ici et là dans la presse U.S. appelant à supprimer le rcours incessant au crédit, rappelant l’époque - pas si lointaine - où on déposait son ’paycheck’, on retirait l’argent qu’il fallait pour la semaine et, s’il venait à manquer, on se passait de tel ou tel achat. C’est cette même Amérique qui, en cas de coup dur, savait se serrer la ceinture.

                            En effet, nous en sommes arrivés à une telle perversion que s’endetter de nos jours s’apparente au civisme - je revois encore Sarkozy affirmant que ceux qui s’endettent ’croient en l’avenir’ !!!!

                            Par contre, il est symptomatique que le rejet des ’fat cats’ aux U.S.A. n’aboutit pas à deux mesures, sans doute inconcevables dans la société américaine - effacer ou renégocier la dette des particuliers défavorisés (comme on le ferait pour un pays du Tiers Monde), suggérer que toute la clique des Investment Bankers, Paulson en tête, soient contraints de cracher leurs milliards de dollars au bassinet pour effectuer le ’bailout’. Et même au plus fort des échanges entre acteurs de cette farce, quand Paulson s’est mis à genoux devant Pelosi, personne ne lui a suggéré d’affecter sa fortune personnelle (près d’un milliard de dollars) à la somme qu’il entendait faire payer aux contribuables.


                            • millesime 1er octobre 2008 11:12

                              il s’échange 3 200 milliards de $ sur le marché des changes "au quotidien" selon la BRI (Banque des Réglements Internationaux) .. ;SEULS ...5% de ces échanges servent à des achats ou ventes de produits ou de services entre Etats ou entreprises..
                              le reste c’est-à-dire l’immense majorité des échanges sert à la recherche "effrénée" de plus-values...c’est à dire que ce marché monétaire est un véritable "casino" spéculatif.. !
                              et les politiques le savent bien... ! 

                              - quand reprendont-ils la main sur les financiers ?

                              - quand les échanges internationaux seront des échanges réels et non plus "virtuels" ?
                              tant que les politiques "laisseront" faire. ;eh bien ..tout les plans imaginables seront TOUS voués à l’echec.. !
                              faut-il que ce soit la Chine qui apprenne à nos leaders politiques ce qu’est ll"économie de marché ?
                              un comble... !


                              • Patience Patience 1er octobre 2008 12:00

                                Le holdp-up du siècle, par Michael Moore
                                1er octobre 2008

                                « Ce renflouement a pour mission de protéger la masse obscène de richesses qui ont été accumulées au cours des huit dernières années.... Laissez les riches souffrir, pour une fois. Laissez-les payer pour ce sauvetage. » Le cinéaste Michael Moore appelle ses concitoyens à agir contre le plan Paulson qu’il juge inacceptable.

                                Par Michael Moore, Common Dreams, 29 septembre 2008 (extrait)

                                Permettez-moi d’aller droit au but. Le plus grand holp-up de l’histoire de ce pays se déroule au moment même ou vous lisez ces lignes. Aucune arme à feu n’est utilisée, mais 300 millions de personnes ont été prises en otages. Ne nous méprenons pas : Après avoir dérobé 500 000 milliards de dollars qui ont été empochés depuis 5 ans par leurs soutiens les profiteurs de guerre, après avoir garni de plus d’une centaine de milliards de dollars les poches de leurs amis les pétroliers depuis deux ans, Bush et ses potes - qui doivent bientôt quitter la Maison Blanche - sont en train de piller le Trésor américain de chaque dollar qu’ils peuvent récupérer. Ils prennent dans le coffre autant qu’ils pourront en emporter en se dirigeant vers la sortie.

                                Peu importe ce qu’ils disent, peu importe les mots terrifiants qu’ils emploient. Ils recourent encore une fois à leurs vieux trucs consistant à créer la peur et la confusion afin de rester parmi les 1% les plus riche. Il suffit de lire les quatre premiers paragraphes de l’article de la une lundi dernier dans le New York Times, pour comprendre la réalité du contrat proposé :

                                 « Au moment même où les responsables politiques travaillent sur les détails d’un plan de sauvetage du secteur financier de 700 milliards, Wall Street commence à chercher le moyen d’en tirer profit.

                                 Les entreprises financières ont exercé un lobbying afin que toutes sortes d’investissements en détresse y soient inclus, en plus de ceux qui sont liés aux prêts hypothécaires.

                                 Dans le même temps, les firmes de gestion d’investissement intriguaient pour que leur soient confiés les actifs que le Trésor prévoit de sortir du bilan des établissements financiers, un rôle qui pourrait leur faire gagner des centaines de millions de dollars par an.

                                 Personne ne veut rester à l’écart de la proposition du Trésor pour acheter les actifs douteux des établissements financiers. »

                                Incroyable ! Wall Street et ses soutiens ont créé ce gâchis, et maintenant, ils prétendent faire le ménage en s’en mettant plein les poches. Même Rudy Giuliani fait pression pour que son entreprise soit retenue (et payée) pour « consulter » durant le sauvetage.

                                Le problème, c’est que personne ne sait vraiment ce que cet « effondrement » signifie. Le secrétaire au Trésor Paulson a admis lui-même qu’il ne connaît pas le montant exact nécessaire (il tout simplement sorti ce chiffre de 700 milliards de sa tête !). Le responsable du Congressional Budget Office a déclaré n’avoir pas trouvé de raison à ce montant et ne pouvoir l’expliquer à quiconque.

                                Pour autant, ils crient que la fin est proche ! Panique ! Récession ! La grande dépression ! Le bug de l’an 2000 ! La grippe aviaire ! Il faut voter le projet de loi sur le sauvetage aujourd’hui ! Le ciel nous tombe sur la tête ! Le ciel nous tombe sur la tête !

                                Il tombe pour qui ? RIEN dans ce plan de « sauvetage » ne fera baisser le prix de l’essence que vous mettez dans votre voiture pour aller travailler. RIEN dans ce projet de loi ne vous protégera contre la perte de votre maison. RIEN dans ce projet de loi ne vous donnera une assurance maladie.

                                L’assurance maladie ? Mike, pourquoi en parler ? Qu’est-ce que cela a à voir avec l’effondrement de Wall Street ?

                                Cela a tout à voir. Ce soi-disant « effondrement » a été déclenché par les défaillances massives et les saisies provoquées par les crédits hypothécaires. Savez-vous pourquoi tant d’Américains sont en train de perdre leurs maisons ? A en croire les Républicains, c’est parce que trop d’idiots de la classe ouvrière ont souscrit des prêts qu’ils ne pouvaient pas assumer. Voici la vérité : La raison numéro un pour laquelle les gens sont ruinés c’est à cause des dépense de santé. Permettez-moi de l’exprimer clairement : Si nous avions eu une assurance santé universelle, cette « crise » des crédits hypothécaires pourrait n’avoir jamais eu lieu.

                                Ce renflouement a pour mission de protéger la masse obscène de richesses qui ont été accumulées au cours des huit dernières années. C’est pour protéger l’élite des actionnaires qui possèdent et contrôlent l’entreprise Amérique. C’est pour s’assurer que leurs demeures, leurs yachts et leur « style de vie » ne soient pas remis en causes tandis que le reste de l’Amérique souffre et se bat pour payer ses factures. Laissez les riches souffrir, pour une fois. Laissez-les payer pour ce sauvetage. Nous dépensons 400 millions de dollars par jour pour la guerre en Irak. Qu’ils mettre fin à la guerre immédiatement et nous fassent économiser 500 milliards de dollars supplémentaires !

                                Je dois arrêter d’écrire et vous devez arrêter de me lire. Ils organisent ce matin un « coup » dans notre pays. Ils espèrent que le Congrès agisse vite avant qu’il ne prenne le temps de réfléchir, avant que nous ayons une chance de les arrêter nous-mêmes. Alors, arrêtez de lire et faites quelque chose et faites le MAINTENANT !


                                contreinfo.info/article.php3


                                • armand armand 1er octobre 2008 12:25

                                  BIEN DIT, MIKE !

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