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Visite provocatrice et intentions iraniennes hostiles

Au milieu de l'escalade verbale iranienne injustifiée envers les pays de la région, des menaces et des allusions aux capacités militaires iraniennes parfois, et du passage d'une stratégie de défense à une autre offensive de la part de l'armée et des Gardiens de la révolution iraniens, le Commandant des Gardiens de la révolution, le Général Mohammad Ali Jafari, a rendu une visite provocatrice à l'île émiratie Abou Mussa, et a fait des déclarations desquelles le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont provocatrices et hostiles révèlant les intentions des mollahs envers les pays voisins.

Lors de la visite, Jafari a déclaré que l'île d'Abou Moussa constituait « le cœur de l'Iran naissant », ajoutant que les ennemis devraient savoir que ces îles (les trois îles des Emirats Arabes Unis occupées : Grande Tunb, Petite Tunb et Abou Moussa) faisaient partie intégrante du territoire iranien et que les combattants iraniens défendraient ces îles comme ils défendraient leur honneur, des déclarations qui n’apportent rien de nouveau, sauf le haut niveau d'hostilité, reflétant l'inquiétude des dirigeants et des responsables iraniens par rapport à ce qui s'en vient.

Il est à noter que Jafari, un dirigeant censé connaître les règles stratégiques les plus élémentaires, a dit directement après ce discours provocateur que « le fait d’assurer la sécurité dans le détroit d'Ormuz et dans le Golfe relève de la responsabilité des pays de la région », sans se rendre compte de l'impossibilité de combiner l'agressivité de ses propos sur les îles des EAU et l'idée de coopération entre les pays de la région pour assurer la sécurité dans le détroit d'Ormuz, à moins que le régime iranien n’estime que la coopération dans son dictionnaire stratégique signifie la décision exclusive et l'acceptation par toutes les parties concernées du désir de ce régime de dominer et d'étendre le contrôle sur des États souverains et qui, dans leur pouvoir global, sont bien supérieurs à l’Iran.

Le régime iranien réitère ses revendications sur la sécurité et la stabilité régionales et son désir de coopération régionale pour atteindre cet objectif, tout en évoquant que les trois îles des Émirats arabes unis occupées sont « une partie intégrante du territoire iranien » et rejette toute proposition juste et logique des Émirats arabes unis sur la négociation sérieuse et directe sur le sort de ces îles ou le renvoi de l’affaire entière à un arbitrage international.

Le rejet de la part du régime des mollahs de ces propositions logiques ne peut être compris. Ces suggestions reflètent un haut niveau civilisé de gestion des crises selon les meilleures formules produites par les relations internationales à travers les expériences des siècles passés, une formule de négociation et de dialogue sérieux et d’arbitrage international au cas où les négociations directes s’avèrent difficiles ou inefficaces pour arriver à un règlement équitable des problèmes et des crises.

Jafari a déclaré « Les amis et les voisins de l'Iran sont maintenant conscients du fait que l'Iran est leur pays frère et leur véritable partenaire. » Là, Jafari exerce les pires pratiques de mensonges et d'auto-illusion. Personne dans la région ne fait confiance au régime iranien. Même les pays et les parties qui entretiennent des relations ouvertes avec l’Iran comme le régime qatari, ne peuvent faire confiance au régime iranien. Le peuple qatari sait bien comment distinguer ses ennemis de ses amis et ne croit pas aux orientations de son régime qui s’est jeté dans les bras du régime iranien à la recherche d’une protection présumée et de peur de la colère de son peuple en premier lieu, et non de peur d’ingérences extérieures qui n’ont d’existence que dans l’esprit du régime qatari, qui craint les conséquences de ses complots contre les pays voisins.

Les mauvaises intentions du régime iranien ne concernent pas que les Émirats arabes unis : tout le monde connaît l'hostilité des mollahs à l'égard de l'Arabie saoudite et de ses dirigeants avisés, car tous sont au courant de l'ingérence persistante de l'Iran dans les affaires internes du Bahreïn, dont le dernier exemple est représenté par les déclarations du porte parole des affaires étrangères iraniennes, Bahram Qassimi, au sujet de la décision de la Cour d’Appel du Bahrein qui a condamné à la prison à vie Ali Salman, Secrétaire Général de la Société nationale de conciliation du Bahreïn, et deux dirigeants de l'opposition du royaume frère !

Il est étrange que les mollahs d'Iran rejettent toute discussion internationale sur l'opposition iranienne sous prétexte de refuser que d’autres parties s'immiscent dans les affaires internes de l'Iran, tout en se permettant d'intervenir dans le dossier bahreïnien et de parler de « l'exclusion de tous les opposants pacifiques de ce pays ».

Le Royaume du Bahreïn agit en accord avec un système judiciaire, mais il est confronté à une intervention iranienne dans ses affaires, alors que des dizaines de dissidents iraniens disparaissent via assassinat, disparition forcée et assignation à résidence sans inculpation ni procès. La liste est longue et il est difficile de limiter les victimes de ce régime parmi ses fils et loyalistes, pas seulement ses opposants !

L'hostilité du régime iranien à l'égard de Bahreïn et la visite de Jafari sur l'île occupée d'Abou Moussa sont des pratiques inséparables, reflétant la panique du régime iranien et l'inquiétude suscitée par la tentative du gouvernement du président américain Donald Trump de traiter avec le régime des mollahs. Mais les mollahs doivent comprendre que le langage de la supériorité et du désir d'hégémonie vient du passé et qu'il existe une forte conscience internationale du rôle de l'Iran dans la propagation du chaos et des troubles au Moyen-Orient, après que ce régime est devenu le dénominateur commun dans toutes les crises de la région, ce qui contribuera sans aucun doute à l’édification d’un consensus international sur le danger que représente ce régime afin d’assurer la sécurité et la stabilité dans une région dont le monde entier est conscient de son importance stratégique.


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4 réactions à cet article    


  • Christian Labrune Christian Labrune 9 février 12:38

    à l’auteur,

    Je me proposais de relever quelques phrases de votre article qui soulignent les incohérences dans les déclarations et le comportement du régime des mollahs, mais il y en a trop : c’est à une sorte de folie qu’on est confronté, la même que celle d’un Adolf Hitler à la veille du plan Barbarossa, et on sait très bien à quoi, finalement, ça l’aura conduit.

    J’étais hier à la manifestation organisée à Paris par la résistance iranienne. Tout le monde était à peu près persuadé que l’année du quarantième anniversaire de la « révolution » serait celle, aussi de la disparition de la dictature des ayatollahs.

    Ce qui est consternant, c’est le soutien, indéfectible jusqu’à ce jour, d’une Europe démocratique à l’un des régimes les plus pourris que l’histoire ait connus. Il y avait peu de monde à la manifestation : les Iraniens de Paris, mais très peu de Français. C’est qu’on ne sait à peu près rien ici de ce qui se passe en Iran, et d’une sourde agitation permanente jusque dans les petites villes les plus éloignées de Téhéran. Tout ce qu’on montre à la télé, c’est les sourires complices qu’échange avec Zarif, dans les conférences internationales, une Fédérica Mogherini, plus idiote encore que la pauvre anglaise qui l’avait précédée à ce poste.

    Comme je l’avais remarqué bien avant une intervention d’un maire de la banlieue à la tribune, on rappelle l’ambassadeur de la France en Italie pour quelques insanités peu diplomatiques proférées par des responsables politiques, mais on protège l’Iran et ses mafias terroristes quand ce pays prépare activement, grâce au financement permis dès les accords de Vienne par la levée des sanctions, ses missiles intercontinentaux bientôt nucléarisables. Sans le soutien criminel de l’Europe, ce régime serait déjà tombé.

    On trouvera bien évidemment, à la suite de cet article, pas mal de défenseurs de l’islamo-nazisme iranien. Les mêmes qui justifient un Maduro et que fascine la violence des systèmes les plus totalitaires.


    • sls0 sls0 9 février 17:27

      Ne connaissant pas l’ile d’Abu Moussa je suis allé voir sur wikipédia.

      Iranienne depuis l’antiquité sauf la période sous protectora anglais.

      Il y a eu un accord de signé en 1971 et c’est 3 ans après la création des EAU en 74 qu’il y a eu contestation.

      Quant à l’article il ressemble de plus en plus à un écrit du département d’état US, pas étonnant qu’il plaise à Labrune.


      • Matlemat Matlemat 10 février 13:46

        Ça fait deux siècles qu’on attend une conquête perse sur ses voisins.


        • Julyo Julyo 10 février 19:05

          @Matlemat
          Confronté à l’indigence consternante de l’article (l’auteur est coutumier du fait)
          merci pour cette réflexion adéquate qui s’imposait.

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