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Accueil du site > Actualités > Médias > Erotisme et société autour du film Femmes Much Loved d’Ayouch

Erotisme et société autour du film Femmes Much Loved d’Ayouch

Le cinéma vérité, entre les libertés et le respect indu. Cinéma sismique et électrochoc thérapeutique

Liturgie érotique, bacchanales, l’art pénètre son dard et confond notre corps et notre âme, en déchirant le ça et l’égo.

La morale, la religieuse, la scolaire, comme la citoyenne et la laïque restent les seules ressources, les seuls garde-fous, capables d’endiguer les instincts lubriques ou malveillants !

 

 EROTISME ET SOCIETE AUTOUR DU FILM

FEMMES MUCH LOVED D’AYOUCH 

 

Du respect pour tous et des libertés aux créateurs.

 

Iconoclasme

Il est évident qu'un film littéralement pornographique a ses adeptes, ses amateurs, ses filières, ses cinéastes et son public. Ce film ‘’Much Loved’’, proscrit avant sa présentation a été décrété malveillant pour le peuple. Inopportun, interdit, il lui sera impossible d’être projeté dans les cinémas officiels et sur ceux, rares, qui végètent encore dans les quartiers.

Liturgie érotique, bacchanales, l’art pénètre son dard et confond notre corps et notre âme, en déchirant le ça et l’égo. Ce cinéma, sans le dire nous envoie au psychiatre et à Dieu. La censure, prise entre les feux, fait ramasser les DVD ? Pourra-t-elle suffire pour faire disparaitre tous les CD pornographiques, ceux du Net et des satellites ?

La morale, la religieuse, la scolaire, comme la civique et la laïque restent les seules ressources, les seuls garde-fous, capables d’endiguer les instincts lubriques ou malveillants ! Le film, n’est pas moralisateur mais iconographe. Son rôle n’est pas de nous protéger ni de nous avertir, au mieux il nous montre ce qu’on sait tous ! A nous de nous méfier et de militer, de dénoncer le stupre et le lucre. Sauf que ces deux valeurs, sont les clés des maux et des misères, des monstruosités dont le monde souffre.

En s’étalant sous nos yeux ébahis, il interpelle notre conscience, son versant humain, instinctif et sa bestialité. Le sexe, sentiment, affection et plaisir codifié, est satanisé. On ne voit plus que les frictions étalées et les organes en action. Pudique, moralisant, ou malodorant à la marge du crime, il nous sort de nos réserves, en nous responsabilisant. Acerbe et vrai, le film nous libère de nos pudeurs complices et tétanisées. Le silence déchire les voiles de nos tabous. Ayouch, par quel miracle ou témérité, nous pousse à parler, à méditer et à médire ou maudire ! 

 

Les so much loved ‘’hebaybates’’

Non par pudibonderie ou bigoterie, ni par la h’chouma ou l’hypocrisie, mais par-delà la prohibition et la censure prophylactique, par respect ! Respect dû aux mœurs locales qu’il ne faut pas ostentatoirement minorer ni braver. Un respect qui fait force de contrat moral, une précaution, un ménagement dus à toute personne non avertie, que ce genre irriterait et qu’il ne faut ni duper ni outrager.

Mais ces lignes rouges, tout créateur les veut justement dépasser, pour se faire valoir, s’exhiber afin de se montrer et s’illustrer. La situation s’est retournée, on lui a fait une ub nationale ! On l’a rendu célèbre, on l’a insulté et victimisé. L’a-t-on cassé pour autant, lui le Nabil Ayouch et son harem d’actrices ? Le cinéaste saura-t-il positiver cette expérience de l’échec, pour transformer le recul en fougue et en résilience ?

Pari, perversion, outrage, illumination, le cinéaste explore l’inconnu, dépasse les tabous et filme les secrets et les non-dits : le sexe vicieux, la pratique souterraine des rues, des chambrettes discrètes ou des apparts de luxe et autres villas cossues !

C’est une dénonciation spectacle qui peut se reprocher les mêmes voies de fait. Sauf que, c’est fréquent et que cela se voit dans tous les pays du monde. Et qu’il faut être d’une duplicité perverse et d’une hypocrisie bigote démesurée pour crier sus aux femmes, haro sur le baudet, qui a mis en images le tabou, que la société conservatrice et pleine de religiosité, aura vu bessif, cette contrainte qu’elle devra supporter !

 

Vers qui ira cet acquis ?

Si ce n’est pas du cinéma, du bon cinéma, c’est quand même une révolution sociale dont il s’agit. Je parle des images, des médias et des forums qui se sont emparés de cette affaire de culs, avec sagacité et force culots. La presse en état de mal vivre, s’est empressée de ventiler les échos des tribuns férus de ragots. Ils ont investi le gouvernement et le parlement en les abreuvant d’affaires. La scène politique résonne encore de leurs brimades.

L’usage politique du sexe, nouveau cru, va investir dans les courbes et les plis pour préparer ses élections. Les tambours ne se sont pas tus. Les politiques sont à la veille des urnes.

Demain, ce bol d’air, ce vomito de faunes en mal de luxure, cette rasade érotomane de flirts, de mots piquants et de postures vulgaires, seront-ils oubliés ? De plus aventureux cinéastes plongeront dans les abîmes de nos vertus, paradoxales et contrastées. Contrites et contradictoires, ils vont essorer nos meurs et les amplifier, aux fins de nous saisir de stupeur et de nous vendre le tribut. Filmés, nous serons suivis, poursuivis par nos images et notre imaginaire, nos fantasmes virtuels ou plus que rapprochés ! De leurs excitantes quintessences, mise en films, victimes et acteurs paitront de leurs propres élans.

 

Le saut de la relance

Le Maroc, ouvert à l’Europe libertaire et aux riches dépravés d’Orient, en mal de luxure, n’a besoin de la morale de personne ! Il sait ces heurts universels. Seuls les fanatiques aveugles ou clairvoyants, s’en émeuvent. De bonne foi, ils veulent, sinon les supprimer au moins s’en dédouaner. Perspicaces, justes et loyaux, ils ont la morale avec eux !

Les autres, récipiendaires prophétiques de la modernité, héritiers des avancées libertaires et des richesses des mœurs légères des past civilisations et présentes colonies, ils regardent le sexe comme un label de modernité et progrès. La laïcité dans le genre, c'est-à-dire des libertés impudiques face à la religiosité qui prospère. Un combat interne, une guerre civile va supplanter les problèmes des langues et de l’économie. Malgré ces tares amorales le pays reste ouvert, conservateur et pudique, sur les berges timides de sa démocratie qui avance ! Pendant que certains, sis aux cafés et autres lieux de détente, regardent avec la loupe de la morale et les scanners de leurs yeux, les déhanchements publics de celles qui se sont libérées ! 

 

Le cinéma vérité

Surprise des termes crus usités et des images de film volées. La stupéfaction est au fait, car on passe subrepticement des images de soi-disant danseuses érotiques au porno littéral et par surprise ! Des séquences inattendues et alourdies, plus langoureuses et torrides que celles qui auront précédemment été vues, dignes du hard abject et du porno le plus outré, sont subitement larguées !

Une surprise, un clash, une frappe, une tromperie, soit. Mais aussi des faits d’armes, des images et des mots, des mouvements qui fâchent, incommodent et déstabilisent. Une dame a parlé de trash. Mais c’est le cinéma vérité, madame ! Ni maquillé ni truqué, pour adultes seulement. Jusqu’à quelles limites les adultes peuvent-ils aimer voir et supporter ce ça ? Cet instinct animal qui se délecte de la chair arable. Adultes, c’est déjà quel âge, quelle force de caractère, quels désirs et quelle éducation ! Je crains que ce ne soit guère pour les dames ! Ayouch a choisi son clan ! Au point de rompre l’estime que l’artiste méritait. Et cette dérive, plus qu’obscène n’est pas méritée pour devoir le classer définitivement.

Alors, pas d'amalgames entre le pavé osé et ses séquences sournoises. L’amour vendu, le physique plus que les mots. C’est un séisme que ce film, mais la société est pire que cela ! Et là, s’il violente, il viole pour opérer à vif, sans prévenir le scrutateur.

 

Cinéma sismique

Tel un dément, il interpelle, avec défi, vaillance et passion, l’Etat et le commerce de chair. Mais, sans trouver de solutions évidemment ni en proposer. Ce n’est guère son rayon ! Un volcan vultueux, un séisme thématique qui sort des chantiers battus pour lancer ses héroïnes toutes fumeuses, ses actrices en guerrières du sexe, aussi chaudes qu’incendiaires, des ‘’chair à canon’’ épatantes et prolixes. Ça c’est pour le cinéma.

S’il semble poser un problème et questionner. Le sujet est tellement banal que ça ne valait pas la peine d’y penser, dès le premier coup. Mais qui nous parle alors de solutions, pour tous les travers de la vie et le commerce des choses défendues ? Ces agriculteurs et ces commerçants des drogues que les personnes addictes de partout, fument, boivent ? Ils en inspirent des discours populistes, pour faire changer les lois locales, afin de rendre la culture du kif légale ! La drogue licite viendra prendre place à côté des médicaments, en vue de sa vente libre, dans les pharmacies. Ou aux épiceries, c’est selon, pour plus de proximité. Cela rendra la psychiatrie inutile. Inutile jusqu’à fermer tous les Bouya Omar de France et de Navarre, de Marrakech et d’Orient. Et les proxénètes et autres profiteurs du sexe, prisonniers de la drogue, seront mieux servis ! En tant que démons et fous !

Un PV sur cette misère humaine. Le but du film, conçu de la sorte, était-il noble et éducatif, messianique ou politique ? Etait-ce un documentaire simple ou un ‘’appel du pieu’’ ? Un rappel fait aux politiques pour sauver le peuple du mal des lits, des nuées de nues agrippées aux sept cieux.

Les nôtres ont aussi vite évolué que leur partenaires du Nord ! Leur boussole sexuelle est au zénith. Ils connaissent depuis jeunes cet état de fait, dans tous les pays du monde ! Dès lors, qu’apporte le film ? Pour être sincère et positiviste, c’est quoi ? Une critique sociale sur le mode de la détente ? Ou des montées et descentes de lit ? Une moquerie, un clin d’yeux prolongé, un instant de voyeurisme, une jouissance mystique, ou simplement encore, l’innovation du créateur ? Pas plus ? Dès lors, pourquoi lui cherchez des poux dans les lyrics et le scénario ? Au total, c’est un simple résumé de la société, un flagrant constat doublé d’un relevé de faits anthropologique.

 

Ruminations

Pendant que les grandes puissances, longtemps empêtrées dans leurs guerres des colonies, des religions et des couleurs, dépassant leurs youpins, leurs surhommes et leurs nègres, alors qu’elles s’échinent à éteindre leurs belligérances inutiles, et que pour se protéger ils créent ou laissent des lieux de conflits larvés pour nous contenir, nous disperser et nous occuper, alors qu’elles se développent à l’envie, conquérant le monde, l’économie et les marchés, et, qu’ils domestiquent l’atome, l’électronique et découvrent l’univers…. Nous par ici, nous implorons la paix, en regardant des guerres interreligieuses nous entredéchirer.

Les nationalistes de l’arabité sont liquidés, leur civilisation oubliée aussi. Les pays de l’islam s’éclatent par-delà leurs frontières, hier apaisées. Par paquets, ils s’achèvent aujourd’hui, en guerres civiles et chiismes incompris, cannibalisés qu’ils sont par ces guerres que ces chers Bush ont allumées et imposées.

Ce n’est plus le Liban, ou la Palestine et Gaza que l’on pleure, mais la débandade des états-nations que nous regardions, après leurs indépendances, se consolider. Al Qaeda et la Daeich se mêlent de la partie. Le Yémen et ses pêcheurs Houtis, Ces shiites-sunnites d’Irak, l’Iran ou l’Arabie dans la partie, la Syrie et à coté la Lybie, pulvérisés ! Tout l’échiquier du moyen Orient est en train d’exploser. Et ce, sur les médias, le Web et les télés, dans un spectacle continuel qui nous ôte, toute estime, tout espoir, toute intelligence et toute humanité, dans les frasques d’une barbarie des plus sombres et de ses féroces atrocités ! L’éveil des arabes de leurs moyens âges, les printemps arabes, ce ne furent point des roses ni des œillets, mais des chrysanthèmes, comme lauriers !

Alors que nous pleurons sur nos tombes opaques, ci-dessus citées, voici que nos cadres et nos artistes, s’illustrent dans les amours vraies. Des amours qui empestent, à en perdre la bourse, le cerveau qui va avec et les portefeuilles.

 

La politique du slip !

Comme si nous n’avions rien à faire, là dans la citrouille d’en haut, on s’occupe de ces balivernes, torrides ou tiédies ! C’est ça la politique du slip ! On connaissant celle romaine du pain et des jeux. Des gladiateurs remplacés par celles des stades de foot, des cafés et des hooligans ! Là, on se découvre une suite au Prince de Machiavel. Un chapitre résilient nouveau : La politique du slip !

Si l’on parle aussi d’amours vraies, on s’en reproche de filmer d’autres ! On chique pour quelques images de malbouffe et un film de mal-baise, porté aux nues ! Les plus hautes autorités et les chefferies des partis ne peuvent plus parler de développement, d’élections, de culture de travail ou de religion, de corruption ni d’argent, sans faire le lien physique et orgasmique avec les Femmes d’Ayouch ! Au su et au vu seulement d’un film parcellaire, que l’on a interdit, sans l’avoir vu.

Les vêtements des stars. Le Maroc de ma-houa-zine, des Mawazine, nous balance dans l’air du temps. L’espace Schengen, en vrac, là sous nos yeux ahuris et nos balancements, balbutiants naturels. Sans se la bouger, sans visa ni de queue pour se la faire ! Alors que les jeunes s’émoustillent en améliorant sous perfusion, un bolus d’anglais, on reproche aux danseuses leurs tenues vestimentaires et à la diva ses jeux de fesses fortement assurées !

Comme si ce n’’était pas l’équivalent, plus chiche des tenues de nos vertueuses et ambrées cheikhates ! On leur veut mettre des tkachettes, des Qamisses, des lithams ou des robes de nones, alors que nous avons payé pour les voir chanter et danser comme au naturel, dans leurs pays.

Un langage de jeunes peu compréhensibles. Trop en avance qui ne voient rien de gai bouger à l’intérieur des hijab, des niqab, des khimar et autres burqa ! Et c’est pourquoi que c’est fait justement, me répond, ce mari bien barbu ! La pudeur est la base de la morale et du respect. Et ce n’est pas sur la scène ni les films que c’est sauvegardé ! Deux mondes s’opposent dans nos têtes bipolaires !

Demain, disais-je ailleurs, on interdira les plages à ceux et celles des bikinis qui ne seront pas totalement habillées ! C’est une erreur de gaspiller les vagues et le soleil et ce sable des 1000 kilomètres de côtes, qu’il vite enlever !

 

Amalgames et intrusions étrangères

Censure et chasse aux grues incongrues ! On se veut fiers, avancés et libérés, on se toque d’images et de chasses aux sorcières. Ces pauv’typesses de Femmen qui se sont filmées en train de se bécoter en bas de la Tour Hassan, en face du mausolée de Mohamed V ! Et cet autre pédé qui a chanté sur les les planche de Mawazine, exhibant sur le torse un article homophobe de loi marocaine  ! ! On en fait des tas pour quelques misères, au point de les déifiera. Si ce n’est pas de l’intransigeance, c’est de l’inquisition qui est mal partie. Une bigoterie embarrassante pour un pays sunnite du juste milieu ! Qui ne veut pas de plage, n’a pas à y aller ! Idem pour les fêtes ou les concerts ! Autant pour les chaînes de télé. Avec le droit de chacun d’éteindre celles dont il n’a pas envie ! Il en est des dizaines de chaînes religieuses à voir, dotées d’étroites vues ou de très larges vertus !

Nier le spectacle des planches et en vouloir à 2Mtv ?! Ne fallait-il pas se taire, lâcher du lest, plutôt que de s’en faire, à propos d’une émission rapportée en différé sur la 2 de télé ? Pour un pays politiquement ouvert sur tous les axes de la boussole, c’est se renier que d’oublier la parabole sentencieuse, l’image que feu SM Hassan II a donnée de la géostratégie du Maroc. Son feuillage qui s’aère ou brille vers le Nord, sans perdre ses racines qui plongent en Afrique. Là où s’investit physiquement et avec intelligence et compassion SM Mohammed VI. Ou, de cet Orient d’où vient la culture nôtre, la civilisation de notre nation, la foi, mais aussi cette amitié consolidée avec nos partenaires et frères arabes ! C’est une gageure, un entêtement, un déni de l’histoire et de l’évolution que de continuer à nous harceler pour épater d’autres, avec ces interdictions d’un autre âge.

Comme c’est un outrage pervers et pernicieux que de montrer des images hostiles de nues impudiques, aux enfants. Si le spectacle on live était licencieux par endroit, ne fallait-il pas le savoir, avant de le réprimander ? Et de s’en vouloir, après que ces soirées eussent été reprises à la télé, en vrac et sans césure. Interdire les choses, les actes, indécents ou pas, après qu’ils se soient produits, est une réaction malheureuse, quelle que soit la personnalité, respectable qui en décide.

 

Les femmes d’Ayouch

Je ne veux parler ni d’économie ni de tourisme mais de cette banalité qu’on a rendue célèbre. So Much Loved ! Ce film est-il un acte de militant ou seulement une érotomanie, une bravade licencieuse et lucrative ? Etait-il réalisé afin de dénoncer le plus vieux métier du monde et de corriger nos mœurs les moins louables ? Ou par civisme, la ville qu’on a voulue pervertie, la Sodome et Gomorrhe, et par là de vilipender tout le pays ? C’est une erreur de tir en somme.

Le droit de ne voir que les séries lénifiées et édulcorées que les familles peuvent aimer ou supporter, quelles que soient leur traductions et leurs nationalités est un acquis, malgré les facilités d’importation et leur perversité. Leur effet pervers vient du fait que cela freine la création locale. Les films, standards, sans prétentions artistiques ni innovations, sont les plus '' visibles '' en société. Ayouch aurait pu nous livrer un travail sociologique, un message de militant pour la cause féminine. Voire servir d’avocat à ces bas quartiers, sans ternir sa pellicule par des obscénités. A l’opposé on observe des images et des simagrées, déplacées, banales pour les accros et si mal fichues. S’étaler longuement sur ces actes d’approche érotique et de pratique sexuelle a tué et le film et le message potentiel, voire Ayouch et ses acteurs, qui ont de ce fait été livrés à la curée des critiques et aux rancunes de tous bords.

Les écrans, ceux des télés locales et des rares cinés encore ouverts, ne pourraient placer ce spectacle dans leur programmes, ni même en parler dans leur journaux, sans brutaliser et déstabiliser les familles.

 

Le syndrome d’Ayouch 

Le déchirement du patch communautaire s’est accompli sous les feux de la braguette magique et des trous pelliculaires. Le péril sociétal, insane d’un film ordurier, bon pour le caniveau est consommé ! Diplopie et fantasmes, extrémismes et gaucheries, les forums éclatent dans l’intempérance inamicale, l’intempérie des injures et les tsunamis des préjugés. Ce avant toute logique d’examen objectif du film. Cela relève du procès d’intention, une procédure extraterritoriale des juges ! Ce avant sa copie intégrale ou remaniée, à la seule vue partiale et séquentielle des seuls extraits !

Et puis, ceux qui l’auront vu, avant qu’on ne ramasse les dégâts et les dvd loadés, en auront pour leur argent. Certes, ce même si c’est interdit par le ministère, ils voudront s’y plaire ou le juger. Pervers, curieux objectifs de ces objecteurs de conscience, que nous sommes ! Certains l’auront quand même vu. Combien, même si c’est amoral ou par curiosité, l’auront-ils vu ? Et rincé l’œil, pratiquement gratis, pour en parler en société.

Condamner le film ou ses censeurs est devenue démocratique à la portée de tous ! C’est là un phénomène accessible du virtuel, devenu un fait de société réel et vrai. Ce paramètre, cette pratique du web, licencieuse et gratuite, est à inclure dans les études des phénomènes sociologiques ! Un artefact à considérer sur les formalités, les évènements, les manifestations sociales et politiques… Les censeurs ont du pain nu sur la planche. Ils devront, les moralistes et les administrateurs, réfléchir avant de couper ! Car ces entraves des libertés spontanées, ne font qu’exacerber les curiosités et hisser les productions dépravées au niveau des célébrités et des succès ! Curieux phénomène que le syndrome de Much Loved ! N’est-ce pas ?

 

Malgré nous, on a constaté que cette ‘’affaire Much Loved’’ a grugé les bonnes manières et bridé les discussions politiques. On en a eu que pour ce film ! On a marre de ce film, de cette mocheté qui n’est pas sortie qui a transformé des chefs de file, en concierge opportuns, politisant même ce qui n’a pas lieu d’être ! Comme m’a dit ce journaliste de mes amis.

Paradoxale interdiction qui ne fait qu’exciter donc le défi, la consommation ou les parjures ! Paradoxale posture qu’il est de jouir ou de goûter le poison, avant de s’en servir et de s’en verser ! Appelons ça ‘’le syndrome d’Ayouch’’ ! Sans se vanter de lui trouver un médicament !

 

Coupures

Un clivage s’est opéré entre ceux qui espéraient ou qui voyaient des avancées positives dans le film d’Ayouch et leurs antagonistes. C'est-à-dire un remue-méninge, un dépassement des frontières démocratiques et des balises artistiques habituelles. Un film d’avant-garde d’un côté, face à ceux qui rangés sous l’étendard de la pureté et de la morale, les traditionnistes étroits, de l’autre bord, ceux qui ne voient dans cette pellicule qu’un gâchis amoral, qu’une sale ânerie !

Ce fracas pelliculaire, œuvre de Satan, est venu selon détériorer la famille et salir la société musulmane et sa renommée. Que ce serait une infamie politique, mise entre les mains de nos adversaires, qui salissant le Maroc, par voie de fait, en ternit l’image face à ses ennemis ! Quels ennemis ? La réputation de Marrakech est surfaite et celle du pays est odieusement entachée. Est-on arrivé à cet extrême, vraiment ?

Beaucoup sur les forums conspuent l’œuvre et son créateur, le traitant de tous les maux, y compris par ceux qu’il utilise sciemment pour faire frimer les ‘’respectueuses’’, les p… qui ont joui dans son forfait.

 

Luxure et gouvernance

Entre les hypocrites et les délateurs, les fanatiques, les troublions frénétiques et les tribuns politiques, largement ouvert déjà, le marocain est un être paradoxal. S’il est fier de son passé et de ses avancées, il parait victime d’une schizophrénie. Lié à ses fondements culturels et son identité multiple, encore conservateur et pudique par endroits, il s’ouvre à tout, en apparence, malgré tout ce qu’il commet impudemment. Imprudemment ?

Ces actes permissifs, s’ils étaient avalisés, pourraient pousser les fanatiques et conservateurs à crier contre le Makhzen télévisuel. A décrier les sphères des vigiles, à responsabiliser l’Exécutif de tous les maux ! Ce Gouvernement qui est sensé défendre leur quiétude et leur foi et qui dans ces affaires de mœurs, aura failli.

 

L’avenir du style

Par-delà les mots épicés, les séquences hard pour certaines d’entre-elles, sont malvenues ! Mauvaises augure pour ce film elles en aient la facture ! Ce style de film, déjanté n’est pas marocain. Et pourtant la vérité n’est pas si noble que ! Mais pas que chez nous ! Cette recherche et ce type d’expression doivent pousser monsieur Ayouch à se déterminer pour se verser dessus plus objectivement !

Soit en optant pour le hard, s'il y tient. Il est libre et comptable de le faire sur les stations qui le veulent se le programmer, ailleurs, pour chanter nos vices, hélas ! Et ça c’est le pire pour nous. Détériorer l’image de la ville et celle de tout le pays ! Ses amis d’Orient et ses clients d’Europe, dont les Français y ont été bien moqués !

Un électrochoc théra-putique

Ici, pour nous, pour le moment, il fallait juste nous suggérer les images, comme des ombres chinoises. Elles auraient été subtiles, subliminales et bien comprises, sans entrer physiquement dans le sexe et les faits. Sans passer aux actes on aurait compris, sans subir les sueurs ni les senteurs de ceux qui s’y sont amusés !

Il ne faut pas tromper son public en lui imposant un choix mortel. Celui de subir de pleurer sur ses douleurs et de se moquer de sa propre pudeur. Perdre l’estime de soi, détériorer celle de son identité, sont au-delà du supportable et c’est un spectacle sadomasochiste, aux limites télévisuelles et artistiques discutable. Un film ennemi de soi, qui nous confond de tristesse et qui nous pousse à nous sous-estimer. Est-ce la cure psychiatrique, la douche froide qu’Ayouch voulait nous imposer ?

 

Espoir et conclusion

Pour les vigiles. Loin de voir des outrages partout, calmer et ardeurs et relativiser, laisser les gens vivre leur temps pour aimer et être aimés de tous, sans altérer leurs identités. Pour les artistes dont Ayouch. Réserver plus de respect aux familles et aux organismes régisseurs des marocains et des pays comme le nôtre eût été plus porteur et plus que favorable. Par ailleurs, en toute objectivité, il faut voir tout le film et analyser toutes ses facettes et séquence avant de le méjuger, de l'apprécier, de le condamner ou de le récompenser.

 

 

Kénitra le 06 juin 2015

Dr Idrissi My Ahmed

Le cinéma vérité, entre les libertés et le respect indu

Cinéma sismique et électrochoc thérapeutique


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9 réactions à cet article    


  • maidoc25 maidoc25 8 juin 2015 18:49

    MERCI AUX SUPERVISEURS ET MODERATEURS D’AVOIR FAIT PASSER CETTE REFLEXION SOCIOLOGIQUE, MALGRE SES LONGUEURS .


    • philouie 8 juin 2015 20:52

      Merci pour l’article.
      texte un peu lourd, je ne l’ai pas lu dans le détail.
      je voudrais faire part d’une ou deux réflexions bien que je ne sois en rien spécialiste de ces questions.
      La première est, qu’effectivement, ce film contrevient à une longue tradition marocaine qui veut qu« ’il n’y a pas de prostitution au Maroc », tradition qui s’ancre dans une autre longue tradition islamique « on ne fait pas état de ses turpitudes »
      Évidement le « il n’y a pas de prostitution au Maroc » ne rend pas compte de la réalité : des villages entiers y sont consacrés et dans les campagnes tous les hommes connaissent le lieu d’habitation de femmes qui moyennant un petit billet s’offre aux hommes. Il est assez vraisemblable que cette situation vient en grande partie de la facilité de répudiation et de la mauvaise considération des femmes répudiées.
      Ce que je décris là, correspond, à une forme ’traditionnelle" de la prostitution à laquelle il faut ajouter le développement depuis une quinzaine d’année - disons depuis la mort d’Hassan II - du tourisme sexuel et donc d’une prostitution destinée aux occidentaux. Marakech y jouant un rôle central.
      Nous pouvons être à peu près certain d’une grande complicité des autorités marocaines dans ce développement.
      De l’interdiction du film au Maroc, même si c’est des intégristes que monte la bronca, il est fort probable que ce sont plutôt les autorités qui la souhaitent en raison de leur corruption même qu’ils ne veulent voir étaler au grand jour.
      Il pourrait également être intéressant de connaître l’origine des fonds qui ont permis un tel film. Il est assez probable qu’au-delà d’un film d’auteur, se cache un film politique, c’est à dire délivrant un message qui pourrait être, non pas de montrer la corruption pour la dénoncer, mais la montrer pour l’étendre. Montrer la prostituion n’étant ceratinement pas le meilleur moyen de la combattre mais plus probablement le meilleur moyen de la répandre.
      Je n’ai évidement pas vu le film et je ne le verrais pas.


      • maidoc25 maidoc25 8 juin 2015 22:57

        @philouie

        Bonsoir

         

        Je mets un certain temps pour ramasser mes idées et parcourir tout ce qu’on a écrit et publié sur le pavé en question. Je suis honoré de vous savoir prendre un moment pour me survoler et plus encore pour confirmer cette opinion courante qu’est la vôtre et que beaucoup savent et partagent. Et que ce Film ne vient que remuer ! Un point positif, que j’ai salué. Un forcing qui étale, dans le ludique, un film social caustique, cinéma vérité, ou vanité, cinéma psychochirurgical, je dis, qui vient faire éclater un abcès chronique….Sans prétendre le curer ! Les plus pusillanimes vont crier au désordre, social ou religieux, pour se cacher sous tabous. Mais j’ignore et je ne pense pas que des politiques locaux aient subventionné ce film….Ce guère n’est pas dans leur habitude. Ça n’a pas dû consommer trop d’argent, pour que je crie à l’orfraie !

        Et puis c’est courageux et c’est disais-je, comme ces chocs électrique sur les malades, les psys et les cardiaques, ça peut sauver si c’est bien dosé !

        Pour plus de facilités, afin de le lire, en caractères plus gras, je vous souhaite d’imprimer ce texte (fait d’une seule traite et dont vous avez eu la primeur, peu corrigée en fait) sur Agoravox, que je remercie d’exister !

        Salut 


      •  Mohamed Takadoum Mohamed Takadoum alias Bouliq. 9 juin 2015 14:23

        Bensalem Himmiche  philosophe, grand écrivain et scénariste marocain de langue arabe place ce film dans le contexte du cinéma marocain et ce qu’il appelle son « triptyque dégueulasse » à savoir le sexe la drogue et l’intégrisme comme si ce pays ne vit qu’avec et par cela. 

         Il dénonce notamment le misérabilisme et les subventions accordées à ce genre de films des deniers publics à des créations artistiques qui n’en sont pas. Ayouch en a bénéficié pour ses films sauf pour celui-là. Ci-après le lien de ce beau texte qui ne doit être lue et appréciée que dans sa langue originale l’arabe.

         http://www.hespress.com/art-et-culture/265298.html

         Il est vrai que le cinéma est destiné entre autres à faire à divertir et à rêver avec des fictions ; les films de ce triptyque dénoncé par Himmich ne comportent souvent pas de fictions sous prétexte de retracer la réalité. Il d’agit donc plus de documentaires que de film et de cinéma.

         Filmer une réalité -toujours la même- avec ses propres protagonistes -ce que fait Nabil Ayouch dans ses films- donc sans  acteurs (souvent pour ne pas les payer) c’est tout sauf du cinéma. C’est plutôt de l’arnaque : arnaque de l’état avec l’obtention de subvention et arnaque du public en lui refilant des documentaires au lieu et place de film de cinéma. 


        • maidoc25 maidoc25 10 juin 2015 01:56

          SALUT ALEX 


          J’ai un problème d’envoi de réponse 
          A toute fin utile je la poste ici aussi : 


          • philouie 10 juin 2015 20:20

            @Alex
            S’il y en avait effectivement, on pourrait s’interroger sur les motivations de Nabil Ayouch.
             
            je parle sans savoir mais je le dis quand même :

            un film putassier sur la prostitution, serait le fait d’un cinéaste qui se conduitt en proxénète et trouve une jouissance sadique aux souffrances infligées aux femmes qu’il fait mine de dénoncer.


          • maidoc25 maidoc25 10 juin 2015 21:14

            @Alex
            Totalement d’ACCORD avec vous , en vous remerciant de la précision des mots et des bons conseils. 


          • maidoc25 maidoc25 10 juin 2015 21:18

            @philouie

            Vous ne perdez rien à y regarder
            Le film devrait avoir un impact sociologique pour que le geste soit positivé. Et que ça réveille l’Etat pour sauver celles qui pourraient être sauvées....
            A plus 

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