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Icônes Présidentielles

Quand j'ai vu la photographie du président Hollande utilisée par le magazine Elle de la semaine, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à l'autoportrait parodique #moijeprésident que j'ai réalisé dans la série "Bureau du Personnel". Le portrait, nous dit-on, en dit long sur la personnalité, mais que pouvons-nous penser de ce portait-là ? 

 

L'objectif de la photographie ci-dessus n'est pas de proposer un comparatif entre deux présidents. Non, quand j'ai réalisé la photographie #moijeprésident j'avais bien en tête une critique de la fonction présidentielle et pas forcément l'homme. J'avais évidemment regardé les photographies officielles des différents présidents et m'en était inspiré, en particulier sur les 2 derniers présidents qui ont en commun d'avoir une image très mauvaise dans l'opinion publique (cf ci-dessous les portraits officiels). 

Vendredi matin en lisant mon fil twitter, je vois cette photographie de François Hollande qui fait la UNE du magazine ELLE. Je ne peux m'empêcher de penser à mon #moijepresident. Mais pire je ne comprends pas comment cette photographie, à l'heure de l'hypercommunication, peut être acceptée par le Président et ses conseillers. La mise en scène est bien symbolique des lieux de pouvoir, tapis, couleurs dorées mais le rideau qui est en fond n'est pas anodin. Est-ce la fin d'une pièce de théâtre ? Le président tire-t-il le rideau, ou y a-t-il quelqu'un, quelque chose à cacher ? Quelle intrigue se prépare en coulisse ? Dans cette photographie, dans ce portrait il n'y a rien de rassurant, on cherche le côté positif. Certes François Hollande paraît sérieux, concentré mais la pose théâtralise encore plus son personnage. Il serait intéressant d'avoir la vision du photographe Audoin Desforges au sujet de cette scéance pour mieux comprendre ce choix.

Autant le président sous la pluie n'a pas de chance d'échapper à aux photographes, autant le choix, l'éditing qui en est fait par les médias est un message subjectif lié soit à la ligne éditoriale soit à l'actualité et au ressenti du média par rapport au président. Mais le staff de communication ne dicte pas les modalités de la prise de vue, même s'il a en tête une idée des images qui peuvent sortir de telle ou telle visite.

On l'a vu durant la campagne présidentielle, le candidat Hollande a géré son image presque au cordeau, régime, message direct, attaque contre la finance, bref comme souvent la volonté politique mise en avant pour le changement. Et juste après son élection le président subit, passe son temps à réagir, il perd la main sur son récit. Evidemment la pluie et les images du président sous la pluie sont catastrophiques. Mais c'est aussi dans son portrait officiel que la "rupture" se fait. Le président normal paraît pour le coup complètement banal. Quand on regarde la série des différents portraits des présidents de la Vième République on est d'ailleurs surpris. En effet De Gaulle pose avec le costume des traditions, pour incarner l'institution. Pompidou qui le succède... lui succède et à quelques touches près se porte en héritier du Gaullisme. Avec Valery Giscard d'Estaing c'est la modernité nationale qui est incarnée regard direct dans l'objectif, à l'image de la politique américaine. en particulier d'images de J.F. Kennedy. Avec Mitterrand retour aux sources, celles du livre, de la constitution, il incarne, il est la France (d'où certainement l'absence de drapeau comme De Gaulle et Pompidou) et évidemment la Force tranquille, mais il adopte aussi le style VGE, plus décontracté et regard de face.

Jacques Chirac s'impose dans les jardins de l'Elysée, il semble vouloir donner du recul à la fonction présidentielle (pour mémoire c'est la France pour tous). 

Avec Nicolas Sarkozy retour au classique et au fondamentaux de la Vème, la bibliothèque, mais cette fois avec les drapeaux européens et français qui correspond assez bien à son "Ensemble tout devient possible". 

Enfin François Hollande, pardon Raymond Derpardon, mais c'est pas la meilleure de la série...

 

Heureusement pour nous tous, ce n'est pas une photographie qui nous fait, le portrait n'est qu'une vision des personnes à un moment et dans un contexte donné, et dans le monde actuel, les images se noient dans le flot, sauf quand elles deviennent iconiques, mais dans ce cas le portrait incarne un récit fort ou un message.

 

 

 

De Gaulle par Jean-Marie Marcel

 

Pompidou par François Pages

 

VGE par Jacques Henri Lartigue

 

Mitterrand par Gisèle Freund

 

Chirac par Bettina Rheims

 

 

Sarkozy par Philippe Warrin

 

Hollande par Raymond Depardon

 

 


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9 réactions à cet article    


  • JBL1960 JBL1960 7 mars 2016 18:42

    Ahhh ! Mais elle est horrible cette photo à la Une de Elle... Et pourtant j’y connais rien moi en langage corporel... Ahhh ! Tenez, il y a peu j’ai exhumé ce sketch d’un certain Adolf Bénito Glandu sur mon blog ; https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/27/adolf-benito-glandu/ Voilà à qui elle m’a fait penser moi cette photo smiley


    • Passante Passante 7 mars 2016 18:45

      quelle belle énigme aux codes si clairs,

      prenons : le livre, 
      il y a un bien la bibliothèque en fond,
      mais 

      -le livre sur la table avec charles 
      -le livre disparaît sous georges, seule la table
      -vge c’est : le livre, n’en parlons plus.
      -françois lui : moi j’ouvre le livre !..
      -jacques a dit : le livre est derrière mon dos désormais, n’en parlons plus.
      -nico décide : rejouons leur le disney-livre...
      -françois : ah bon, y’avait un livre ?

      • Roosevelt_vs_Keynes 8 mars 2016 08:08

        @Passante

        Pas faux.

        Après, il y a livre vu de l’extérieur, secret, énigmatique, plein d’intrigues ; et livre où tout est dit, tout est clair et dont la moitié de l’humanité s’inspire aujourd’hui... mais ça leur fait peur... :) :)


      • Abou Antoun Abou Antoun 8 mars 2016 10:50

        C’est quand qu’il pose officiellement pour Closer ?
        Sur Paris-Match il y a danger, son ex petite amie pourrait être tentée de lui refaire le portrait.


        • Abou Antoun Abou Antoun 8 mars 2016 10:52

          A quand une photo d’un président branché avec une tablette ou un smartphone ?


          • Passante Passante 8 mars 2016 13:12

            @Abou Antoun

            le bureau ovale projeté en hologramme continu au-dessus de timesquare mais sans le son
            c’est avant 2020...
            le grand aspirateur des webcams est à peine soupçonné, ô terreur,
            louons l’azur d’avoir connu toutes couleurs de l’encre, avant ce blanc final.

          • laertes laertes 8 mars 2016 15:42

            Superbes photos qui en disent long sur la manière d’envisager le pouvoir :
            - De Gaulle en face, tête vers la gauche, regard vers un ailleurs, bibliothèque en arrière plan nette, main droite appuyée sur un livre fermé. Tout de Gaulle est là !
            - Pompidou : même posture mais regard légèrement vers la droite , bibliothèque floue et pas de livre !
            - Giscard : plus de repère spatial, seulement la tête (homme de tête), regard vers l’observateur (rapprochement ?) sourire indéfinissable (plaire ?) drapeau envahissant et menaçant.
            - Mitterrand : comme De Gaulle mais cette foi-ci regard bienveillant et de face (pour plaire) et livre ouvert (ce qui est à l’inverse du personnage qui, s’il aimait la littérature n’était pas précisément un livre ouvert)
            - Chirac : de Face , debout , tête penchée (importance du physique et du mouvement) dehors (sans commentaire, tellement c’est évident), sourire coincé mais qui reflète une certaine authenticité et un malaise par rapport à tout ce qui est officiel.
            - Sarkozy : à l’intérieur devant des livres non ouverts qui ne servent qu’au décorum, costume trop grand, regard de face mais corps tourné (inverse de De Gaulle et Pompidou), visage qui sent le retouché à plein nez (bronzage, etc............... on sent la Rolex et les Ray ban qui rôdent) expression artificielle (lumière etc...) , symboles des drapeaux pour montrer et renforcer son statut ( c’est moi le président ! et de l’Europe aussi !).......... pas d’autres commentaires.
            - Hollande : comme Chirac, c’est à dire dehors avec une gaucherie qui fait tout de suite pitié et qui n’est pas masquée. Homme qui est sincère mais débordé. Drapeaux de la France et de l’Europe , comme avec Sarkozy mais sur des bâtiments qui donnent une impression de ravalement de façades................


            • laertes laertes 8 mars 2016 16:03

              Je conclurai en disant :
              - De Gaulle : homme d’état et de vrai pouvoir.
              - Pompidou : héritier d’une partie du pouvoir du précédent.
              - Giscard : ne sait pas ce qu’est le vrai pouvoir qui est derrière lui.
              - Mitterrand : passionné de pouvoir qu’il cherche à masquer 
              - Chirac : atteint de la maladie du pouvoir dont il veut se débarrasser
              - Sarkozy : animateur de télé qui, par incapacité ou ego infantile s’est agrippé aux colifichets du pouvoir sans même entrevoir ce que c’était.
              - Hollande : homme de synthèse sans pouvoir, perdu dans ses synthèses, perdu dans ses synthèses, perdu dans ses synthèses.


              • zygzornifle zygzornifle 9 mars 2016 13:26

                faudrait qu’il retire la chose qu’il a dans le cul .....

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