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Accueil du site > Actualités > Médias > Le Point sur : l’autoritarisme, l’extrémisme, le fascisme, (...)

Le Point sur : l’autoritarisme, l’extrémisme, le fascisme, l’anti-immigrationnisme, le racisme, etc.

Une mise au point pour les dictionnaires d'usages contemporains, ou nos mentalités actuelles.

 

L'autoritarisme désigne l'abus d'autorité. L'abus. C'est-à-dire que, de base, l'autorité n'est pas abusive. Comme son étymologie l'indique, l'autorité a rapport avec l'auteur, l'auctorialité : elle est le caractère de ce qui origine ses démarches et s'en respecte. Par contre, quelqu'un d'autoritariste est entré dans un délire : il s'imagine originaire de ses démarches ... de sa seule autorité.
Or, la reconnaissance autoritaire ne peut pas venir de soi : l'autorité est un phénomène social-politique. Elle est reconnue par le groupe, la société, le collectif, le monde. Et elle peut être reconnue même à des éléments aussi spirituels que des valeurs.
Même les anars, accordent de l'autorité à la valeur de modestie dirigeante : ce sont donc les personnes les plus modestes à ce niveau, qui seront les plus reconnues - auxquelles les anars accordent le plus d'autorité ! ...
En tout cas, si l'autoritarisme désigne l'abus d'autorité, on ne voit pas pourquoi le libertarisme ne désignerait pas l'abus de liberté. M'enfin.

Le centrisme prétend aujourd'hui incarner à lui seul la démocratie libérale, du moins en France, alors que - comme la France - il est particulièrement étatiste et mentaliste dans la démarche. C'est un gauchisme idéologique sur fond de pratiques droitières, par une vulgate libérale-libertaire côté société civile. Néanmoins, cela ne l'empêche absolument pas de s'avérer extémiste parfois (séparatiste-insurrectionniste) : il y a des extrêmes partout.

Le droitisme, aujourd'hui, concentre avant tout les esprits identitaires, c'est-à-dire qui assument et se portent garants de leur identité, avec plus ou moins d'intelligence. Sinon, ce sont des centristes. Mais entre les identitaires, il y a du lard et du cochon : certains sont fixistes, d'autres historicistes. Généralement, on s'oppose à l'identité (quand on est gauchiste et centriste), au prétexte de l'évolutionnisme culturel.
Malheureusement, la tradition, comme son nom l'indique, est une tra-dition, trans-duction, trans-mission identitaire, inter-générationnelle. Quand on parle d'évolutionnisme culturel, il est rare qu'on ait affaire (tout comme en biologie) à du transformisme ou du mutationnisme brutal : il y a, justement, des traditions-transductions-transmissions identitaires intergénérationnelles.
L'erreur, avec l'identité, évidemment, c'est de la fixer. Elle ne se laisse pas facilement fixer et souvent on se sent de telle identité, quand on a la chance d'en rencontrer d'autres. Seulement, pour cela, il faut bien des identités. Pas de diversité sans identités.

L'extrémisme désigne une démarche qui semble extrême, pour les uns ou pour les autres. C'est donc la notion la plus relative qui soit, absolument pas scientifique. Par exemple, la France Insoumise et le Rassemblement National ne sont décidément plus extrémistes de gauche ou de droite, honnêtement, parce qu'ils ne portent pas spécialement d'éléments électoraux si franchement étonnants : les deux se cantonnent à l'espace républicain français, tout comme le centrisme, mais avec des nuances de socialisme illibéral, d'immigrationnisme ou non, et de conservatisme libéral.
Maintenant, s'il faut vraiment donner une teneur à l'extrémisme, nous dirons qu'il s'agit au mieux d'un séparatisme, au pire d'un insurrectionnisme. En effet, un groupe peut vouloir se séparer social-politiquement d'un autre : il est extrémiste, puisqu'il tient à s'en séparer jusqu'à l'extrême (jusqu'au bout). Et puis, un groupe peut vouloir s'insurger : cela aussi, va jusqu'au bout. L'insurrection peut être de nature résistancielle (les Résistants passaient pour des extrémistes, aux yeux des nazis) ou terroriste (non seulement les Résistants passaient pour des terroristes aux yeux des nazis, mais plus largement la stratégie terroriste va jusqu'au bout de ses idées séparatistes en acte, comme c'est le cas de Daesh).
Comme on le voit, en soi, l'extrémisme n'est ni bien ni mal (nous jugeons les idées nazies extrémistes et mal, mais les Résistants anti-nazis étaient extrémistes et bons, de s'insurger et être séparatistes des nazis).
La géopolitique est toujours complexe.

Le gauchisme, actuellement, cherche à se dépêtrer comme il peut du centrisme, mais ce n'est pas évident. Du droitisme, il se distingue en rejetant la notion d'identité, sans comprendre qu'il défend alors son identité gauchiste. Allez comprendre.
On remarque le gauchisme, essentiellement, à ses amalgames notionnels. En effet pour le gauchisme : autoritarisme, extrémisme, fascisme, (anti-)immagrationnisme, nationalisme, nazisme, racisme, totalitarisme ... c'est la même chose.
En fait, le gauchisme n'est pas politique : c'est une morale qui, comme toute morale, juge les choses de façons manichéennes entre masse de gentils idéologiques, et masse de méchants amalgamés, sans distinction intellectuelle. Mais il ne faut pas sous-estimer la faculté de raisonnement des gauchistes : dès qu'il s'agit d'être raisonneurs, ils peuvent déployer des subtilisations effarantes.

Le fascisme désigne une idéologie militariste et étatiste. Il est donc très difficile de qualifier le Rassemblement National de fasciste, puisqu'il est conservateur libéral. C'est dans ce cadre-là, que s'inscrit son nationalisme, et rien d'autre, même si les groupuscules néofascistes auront plutôt tendance à voter Rassemblement National.
Dans la mesure où les militantismes de gauche s'appuient avant tout sur l'Etat (du latin miles, qui donne militaire aussi), on devine bien que le fascisme n'est pas autant à droite qu'on le prétend, mais qu'il relève plus facilement du centrisme et du gauchisme. Ceci dit, leur pacifisme anti-belliciste laisse croire que ces derniers ne seraient pas fascistes. Néanmoins, les faits parlent contre eux, dès qu'ils ont le pouvoir, et de toutes façons ils pratiquent une ostracisation sociale-culturelle extrémiste dès que quelqu'un leur semble contrevenir à leurs idées.
Bien sûr, le droitisme n'a pas toujours hésité à mobiliser des troupes non plus.

L'(anti-)immigrationnisme, comme son nom l'indique, consiste à prôner des démarches sociales-politiques en faveur ou non, de l'immigration, sachant qu'au sein de chaque (anti-)immigrationnisme il peut y avoir des nuances. Par exemple, l'immigration choisie pratiquée aux USA et aux Canada est-elle immigrationniste ou anti-immigrationniste ?
En fait, un peu des deux, comme quoi décidément, le monde n'est pas manichéen.

Le nationalisme estime que la nation est une et indivisible à travers le temps. A ce titre, la Constitution française est largement nationaliste. Même si elle permet d'assimiler, d'intégrer, d'inclure d'autres types culturels, elle est pensée sur le mode républicain un et indivisible d'une nation comme projet. Cette nation comme projet d'avenir, est une dynamique nationaliste, qu'on le veuille ou non.
Le *isme de nationalisme désigne donc une tendance nationalisante, une tendance à faire-nation. Le républicanisme français, est un vaste nationalisme - à ne pas confondre avec l'ethnicisme, plus généticien au plan scientifique.
Mais, dans tous les cas, on a affaire à du territorialisme, et ce n'est pas un mal puisque l'espèce humaine est une animale territoriale.

Le nazisme, comme son nom l'indique, est nationaliste et socialiste. De base, il se fonde sur une idée de l'Allemagne, de ses origines et de son avenir, et s'en occupe sur le mode socialiste d'une étatisation des moyens de production. Avec de grands plans économiques et industriels, tendanciellement keynésiens quoique capitalistes centralisés (un peu comme en Chine, actuellement).
Au fur et à mesure, le nazisme a oublié sa dimension nationaliste tout en conservant sa dimension socialiste pour garder la mainmise matérielle. En effet, le nazisme a oublié sa dimension nationaliste par suprémacisme-exterminationisme, au plan occulte-ésotérique : inspiré par des idéologies pseudoscientifiques et des groupuscules sectaires type Ordre de Thulé, le nazisme croyait en des Aryens hyperboréens, aux "Supérieurs Inconnus", en l'avènement progressif et contemporain de métahumains physico-spirituels, aboutissant à "l'homme-dieu". Autant dire qu'on nage en pleine magie, qui s'est retournée contre le peuple allemand lui-même puisqu'il fut sacrifié jusqu'au bout, même quand la guerre semblait perdue et tandis que les chefs se suicidaient, pour ne pas avoir à assumer et croire la défaite qu'ils subissaient.
Leur holocauste et leur sacrifice ont une dimension suprémaciste-exterminationiste propre au racisme, évidemment.

Le racisme est une mentalité suprémaciste-exterminationiste, racialement. C'est-à-dire qu'il existe différentes races humaines croisables sur Terre, comme les chiens, sauf que les dogues allemands ne prétendent pas régner suprêmement sur les yorkshires tout en exterminant les bergers des Pyrénées.
Autant vous dire que le racisme est très rare, aujourd'hui, et qu'il n'a rien à voir avec l'anti-immigrationnisme, pas plus qu'avec les recherches génétiques démontrant que les Européens sont - comme on dit aux USA - a caucasian race, finalement peu métissée depuis les grandes migrations d'implantations originaires.
Il y a donc une aire génétique-culturelle européenne, fondée sur les Indo-Européens, et il n'y a pas plus mort d'homme de le dire que de s'y vouloir anti-immigrationniste, sans racisme ni a fortiori nazisme.
Sans compter que le fascisme n'a rien à voir là-dedans, faut-il tout amalgamer.

Le républicanisme consiste à se centrer sur l'idée de République, de chose publique. Ce qui signifie donc que la structure administrative permettant la gestion sociale-politique est importante, plus importante que tout. Au final, une bureaucratie occulte fait aussi bien l'affaire, du moment que les questions sont débattues publiquement.
Le problème, c'est que les méandres bureaucratiques peuvent largement la confisquer, comme c'est le cas de l'énarchie, de la technocratie, de la médiacratie et de la ploutocratie. Ainsi, être républicain (de gauche, de centre comme de droite - du parti des Républicains en particulier ou non) ... être républicain ne signifie pas être démocratique et, même si être républicain semble plus démocratique qu'autre chose, il existait une République romaine impériale, et des Républiques soviétiques (qui d'ailleurs se prétendaient démocratiques aussi ... ).
Bref, le républicanisme ne garantit absolument pas contre la confiscation du pouvoir entre les mains d'une oligarchie plus ou moins évidente pour tous. D'ailleurs, même quand cette oligarchie est évident pour tous, ses mondanités privées restent occultes.
La transparence n'existe nulle part. Mais d'y croire, de croire qu'elle est applicable et appliquée, rend idiot.

Le totalitarisme consiste, pour une idéologie et une structure, à (s')imposer totalement (dans les esprits). Le totalitarisme radical, universel, suprême et absolu est donc chimérique. Il n'y a pas de possibilité de contrôle définitif des hommes, par contre il y a bien des contrôles plus ou moins poussifs, à caractère totalitaire.

L'universalisme désigne la démarche de celui qui se sent universalisable d'après ses croyances (telles que l'unithéisme chrétien et musulman) ou ses discutables raisons (telles que de philosophies scientistes ou légalistes), humanitaire, c'est-à-dire désireuse de faire la charité à la totalité de la Terre.
Clairement, l'universalisme est un standard menaçant la diversité sociale-culturelle, donc des identités, parce qu'ils faudraient que tout un chacun adopte ses principes, peu importe lesquels (religieux ou éthiques).

 

 

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14 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 octobre 2019 18:48

    Populisme : masque cocardier de gros bon sens affiché par l’extrême-droite, mettant en avant le respect des traditions


    • Mervis Nocteau Marzhin Tavernier 2 octobre 2019 19:16

      Je croyais que c’était le traditionalisme, et je ne savais pas que toutes les sociétés traditionnelles seraient d’extrême-droite. Allez dire ça à Saoudien, je suis curieux de savoir comment il vous répond.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 3 octobre 2019 10:36

      @Marzhin Tavernier

      Demandez à Khashoggi


    • Mervis Nocteau Marzhin Tavernier 3 octobre 2019 10:53

      Est-ce d’extrême-droite ? ... Staline était doué pour ce genre de choses.
      Est-ce populiste ? ... Non, c’est un prince.
      Est-ce traditionnaliste ? ... Plutôt, oui, mais l’extrême-droite et Staline n’étaient pas traditionalistes.
      Est-ce humain ? ... Probablement. Trop humain, quand le régime le permet aisément. Mais même les plus modérés des régimes, s’y rendent de temps à autre, pour des raisons géostratégiques de raison d’État. François Mitterand était « un bon » pour ça, ou François Hollande.


    • Mervis Nocteau Marzhin Tavernier 3 octobre 2019 20:28

      Oh bordel.


    • Mervis Nocteau Marzhin Tavernier 3 octobre 2019 23:17

      Oh bordel.


    • Francis JL 2 octobre 2019 18:52

      L’extrémisme est fille de la pensée binaire : c’est quand on pense que tous ceux qui ne sont pas avec soi sont sont contre soi.


      • Mervis Nocteau Marzhin Tavernier 2 octobre 2019 19:17

        Comme Jésus : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. » Ou Moïse. Ou Mahomet. Ou les macronistes d’extrême-centre.


      • Francis JL 2 octobre 2019 19:27

        @Marzhin Tavernier
         
         Je ne fais pas de généralisations, je laisse ça aux extrémistes.
         
         Pour ce qui concerne Jésus en particulier, je ne sais pas : et ce n’est pas ce qu’on en dit qui le fera porter un jugement sur sa personne.


      • Mervis Nocteau Marzhin Tavernier 2 octobre 2019 21:24

        Non mais c’est écrit texto dans la Bible : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. »


      • sylvie 4 octobre 2019 11:35

        @Marzhin Tavernier
        ou ?


      • Mervis Nocteau Marzhin Tavernier 6 octobre 2019 00:38

        Matthieu 12:30 mais vous ne disiez cela que pour troller : vous auriez pu mener la recherche vous-mêmes, sur un moteur internautique.


      • Jelena Jelena 2 octobre 2019 20:57

        Aujourd’hui les élections en France, c’est devenu Star Academy, c’est celui qui est le plus beau ou la plus belle qui gagne à la fin.

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