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Accueil du site > Actualités > Médias > Monique Pinçon-Charlot : quand le pseudo service public est partial, fermé (...)

Monique Pinçon-Charlot : quand le pseudo service public est partial, fermé et brutal

C’est un papier d’Acrimed qui m’a alerté sur l’incroyable interview de Monique Pinçon-Charlot sur le plateau de C l’hebdo, émission qui s’était déjà illustrée par le traitement assez biaisé du débat sur le hijab de Décathlon entre Zineb El Rhazoui et Aurélien Taché il y a un mois. Derrière une forme assez douce, la prise de recul sur les mécanismes de cette émission est profondément révoltante.

 

Les chiens de garde de l’oligolibéralisme
 
Bien sûr, il faut veiller aux généralisations abusives. Après tout, Ismaël Emelien en a fait la douloureuse expérience la semaine dernière sur le plateau de l’émission pourtant politiquement correcte C’est à Vous, de la même chaine. Patrick Cohen l’a placé face à ses contradictions fermement, démontrant qu’il n’est pas un défenseur sans nuance du macronisme. Mais si parfois le dit service public fait un bon travail, comme le fait Elise Lucet en général, trop souvent, les journalistes du service public se font, consciemment ou pas, les ayatollah de la pensée dominante oligolibérale, défendant de facto les 1% contre les 99% ou des visions contraires à notre société, comme le communautarisme.
 
La réception de Monique Pinçon-Charlot sur le plateau de C l’hebdo est probablement un des cas les plus emblématiques. A priori, la thèse de la sociologue, « Macron, président des ultra-riches  » ne prête guère à la polémique. Même le Monde, pourtant grand défenseur de la majorité actuelle, doit bien reconnaître, au regard de l’impact des mesures fiscales du gouvernement sur les ménages, que sa politique favorise outrageusement les ultra-riches. En effet, selon l’institut des finances publiques, les 1% des ménages les plus riches ont gagné près de 6% de pouvoir d’achat, quand les 22% les plus modestes ont perdu jusqu’à 1% de pouvoir d’achat, les classes moyennes gagnant 1%.
 
Il eut été intéressant d’inviter un économiste, qui aurait pu compléter les propos de la sociologue qui a consacré sa vie à étudier les plus riches et qui est stupéfaite de constater que Macron va bien plus loin encore que Sarkozy, notamment avec la flat tax sur les revenus du capital, qui ramène à 12,8% l’imposition de ces revenus (le 30% comprend les prélèvements sociaux), un taux dérisoire par rapport à l’imposition des revenus. Mais non, la meute de 5 contradicteurs et l’arbitre partial ont construit une défense de Macron en expurgeant du débat les éléments gênants pour se concentrer sur quelques éléments de défense bien choisis pour redorer l’image du monarque présidentiel.
 
D’abord, le fait qu’il a réussi des concours anonymes et son ascension hors parti, pour contre-carrer le fait qu’il serait le candidat du système. Une défense un peu dérisoire pour l’ancien conseiller des deux précédents présidents, ancien ministre, et largement appuyé par une partie des médias. Ensuite, une volée de bois vert à Monique Pinçon-Charlot pour avoir dit qu’il était le « candidat de la banque  », en affirmant que cela nourrit les théories du complot, alors même que la sociologue souligne qu’elle est parle du capitalisme financier en général. Bref, l’émission donnait l’impression d’être un procès aux relents totalitaires, totalement inégal, à 6 contre 1, laissant bien peu de temps à la sociologue
 
 
Merci à Acrimed pour ce joli décryptage de cette forfaiture de service public, une véritable honte journaliste d’autant plus choquante que le sujet ne devrait pas porter à polémique. Quelle misère de voir une telle émission aussi caricaturalement biaisée ! La liberté dont se prévalent ces journalistes serait plus crédible s’ils ne versaient pas si facilement dans la défense de Macron.

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26 réactions à cet article    


  • JL JL 6 avril 10:19

    Je regrette l’utilisation abusive de liens en ce qu’ils sont ici, répétitifs : on retrouve plusieurs fois les mêmes.


    • JL JL 6 avril 14:39

       « Pseudo-service public’’ ?
       
       Le service public en l’occurrence, ça consiste à mettre les moyens techniques publics à la disposition des Rédactions et journalistes adoubés et missionnés par les maîtres de la lutte des classes, pour servir la soupe ou démolir ad libitum, proprement et dans le bon ordre, en faisant le maximum d’audience possible.
       
       Du temps de l’ORTF, les missions du Service Public étaient : « informer, éduquer, distraire ».
       
       »Éduquer«  ? Pour un marchant, un client averti n’en vaut plus la moitié.
       
       »Informer«  ? Depuis Orwell on sait que la conscience des masses n’a besoin d’être influencée que dans un sens négatif
       
       »Distraire" : ah oui ! ça c’est resté ; pour fournir du temps de cerveau disponible pour la pub, on n’a pas trouvé mieux.


    • baldis30 6 avril 10:31

      bonjour,

       article excellent


      • CN46400 CN46400 6 avril 12:08

        Ces gens n’aiment pas que l’on disent du mal de la classe bourgeoise à laquelle ils s’identifient parfois alors qu’ils sont souvent loin de pouvoir vivre des dividendes qu’ils perçoivent ici ou là.

        Ce sont les obligés, inconscients mais conservateurs apeurés, de la haute-bourgeoisie auxquels Mm Pinçon-Charlot a préféré répondre par un sourire plutôt qu’en insistant sur des arguments qu’ils étaient décidés à détruire par tous les moyens. Peut-être, ce faisant, leur a-t-elle rendu service...


        • Yann Esteveny 6 avril 16:40

          Message à Mr Laurent Herblay,

          Il n’y a pas de service public. Il y a une télévision d’Etat au service du régime. La télévision est devenue le moyen de propagande par excellence. Ceux qui la regardent sont complices de ceux qui la font.

          Respectueusement


          • Fergus Fergus 6 avril 19:06

            Bonsoir, Yann Esteveny

            « La télévision est devenue le moyen de propagande par excellence »

            Il y a un mot de trop : « devenue ».

            Ce phénomène a en effet commencé sous De Gaulle avec une ORTF complètement noyautée et placé sous la très ferme autorité d’un ministre de l’Information qui n’était autre, en réalité, qu’un ministre de la Propagande.

            Et contrairement à notre époque où les téléspectateurs ne sont pas captifs et disposent de sources alternatives, les Français d’alors n’ayant qu’une chaîne à disposition n’entendaient qu’un seul discours, celui qui était téléguidé de l’Elysée. Comme dit le proverbe « Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son » ! 


          • Yann Esteveny 6 avril 20:40

            Message à avatar Fergus,

            La télévision a complètement suppléée la radio et la presse qui étaient des moyens de propagande alternatifs mais moins captifs.
            Quand il y avait une chaîne ou deux de télévision en France, il était plus aisé de percevoir la propagande et le discours unique. Il est plus difficile pour nos contemporains de croire que rien n’a changé et que la multitude des chaînes françaises n’apporte aucune pluralité. Le téléspectateur a au final aussi peu de choix que l’électeur pour les élections européennes de cette année.


          • Cyril22 6 avril 21:24

            @Yann Esteveny
            La diversité des courants politiques qui se présentent aux élections européennes est considérablement plus grande que celle des grands média, tous eurobéâts.


          • Cyril22 6 avril 21:42

            @Fergus
            sauf que dans les années 60 tout le monde n’avait pas la télé, il y avait des radios indépendante émettant depuis des régions frontalières, et la presse papier était prépondérante et très diversifiée à l’époque. A part le Figaro (et peut être France soir ?), la plupart des quotidiens étaient d’opposition, par exemple le Monde au centre gauche, l’Aurore AFN puis lecanuetiste, l’Humanité avait une large audience, etc.


          • Furax Furax 7 avril 12:00

            @Fergus
            Entièrement d’ accord avec Cyril 22. Peu de français étaient équipés de télés en 1960. Une seule chaîne. De Gaulle n’avait même pas voulu de son temps de parole au premier tour, en 1965. Tout se jouait à la radio (Europe en 68 !) et surtout une puissante presse d’opinion.
            Citez moi une « chaîne » actuelle critique envers Macron !
            Un journal ?


          • Eric F Eric F 6 avril 18:35

            On peut préciser que le tableau qui figure en illustration ne tient pas compte des mesures prises fin 2018, notamment les 100€ de prime d’activité et le remboursement de la hausse de CSG pour les retraités entre 1200 et 2000 euros par mois.

            En complément à ce qui est exposé dans le présent article, il apparait clairement que les classes moyennes-supérieures (ou aisées) autour des 80 et 90ème centiles ont été perdantes des mesures Macron, surtout concernant les retraités, ce qui montre que les « un peu riches » sont des vaches à lait du macronisme au bénéfice des « très riches ». Peut être sont ils considérés comme un « électorat captif » qui ne votera pas pour les partis protestataires, et dont l’« acceptation de l’impôt » est à toute épreuve. Mais à trop tirer sur la corde, elle se rompt.


            • Eric F Eric F 6 avril 18:42

              j’ajoute que je suis d’accord avec l’auteur concernant la Flat Tax : là réside -bien plus encore que dans la suppression de l’ISF- l’iniquité fiscale : les revenus financiers sont moins imposés que les revenus du travail ou de remplacement, et ne sont pas soumis à la progressivité des « tranches » de l’impôt (de mon point de vu cela aurait du être déclaré anticonstitutionnel par le CC au titre de l’égalité devant l’impôt à revenu égal). C’est cette mesure qui explique le « gain » pour le dernier centile que montre les diagrammes.
              Il est regrettable que la pression suite au mouvement GJ (et notamment dans les contributions au débat) n’ait pas été focalisée sur ce point.


            • Cyril22 6 avril 21:20

              @Eric F
              Vous mettez le doigt sur la rouerie du pouvoir actuel, qui met à l’abri les détenteurs de fortunes financières, en désignant comme « privilégiés » ceux des échelons juste en dessous. Les premiers de cordée ont coupé la corde, les suivants tirent.


            • blablablietblabla blablablietblabla 6 avril 20:08

              Le pire dans cette émission c’est Apathie , c’est l’oracle de Delphes lui « alors alors qu’en pensez vous monsieur Apathie » quel triste sire cuilà.. Et je préfère même pas parler de son salaire digne d’un pdg d’une grande multinational .


              • ddacoudre ddacoudre 6 avril 23:21

                Bonjour Interressante analyse, mais elle ne va pas sur le fond, mais sur la comptabilisation erron ? de ’otre valeur travail. Ceci est pas une critique car l’analyse repose sur l’objectivit ? de nos r ?f ?rences norrmatives et elle est juste sauf que la jaquerie des gilets jaunes m ?me s’ils sont dans une impasse pose la probl ?matique de ’otre organisation capitaliste et de la confusion qu’il y a avec le lib ?ralisme. Divers articles sur mon blog trait ? de ce sujet et le dernier sur ce site Ne restons pas soumis ! Cordialement ddacoudre OverBlog


                • izarn izarn 7 avril 12:09

                  Les mesures qui vont vers la réduction d’impots sur le capital remontent à 1983...

                  Avec Maastricht ensuite, puis la libre circulation des capitaux (vers les paradis fiscaux), on a atteint des sommets.

                  Macrobe président des riches ?

                  Oui, et alors ?

                  UE qui favorise la baisse d’impots sur les plus riches ?

                  Bien entendu !

                  Pourquoi nous mettre Mucron devant le nez ? C’est de l’UE qu’il faut parler !

                  D’ou vient Junker ? D’un paradis fiscal...

                  CQFD.


                  • Eric F Eric F 7 avril 14:42

                    @izarn
                    La « course à la baisse » des taxes sur les bénéfices des sociétés et sur les revenus du capital n’est absolument pas spécifique à l’UE, c’est un phénomène mondial avec la « dématérialisation » du capital. En un clic il est transféré dans un paradis fiscal ou un état à faible taux de prélèvement. De nombreux super-riches trouvent un asile fiscal en Suisse, que ce soit des possesseurs d’actions ou des vedettes. Depardieu a même trouvé refuge fiscal en Russie après le refus belge.


                  • Dédé15 7 avril 12:33

                    Patrick Cohen percutant face à Israël Emelien : N’est-ce pas un effet positif du clash avec Dupont-Aignan ? Aurait-il fait un examen de conscience ? (je suis peut-être optimiste !).


                    • pepe22 7 avril 12:48

                      retraite tres bien paye, fonctionnaire jusqu’aux ongles = aucun credit, elle s’emmerde a la retraite et veut s’acheter une conscience


                      • Pierre 7 avril 13:25

                        Cette vieille peau doit probablement regretter la chute du mur ! Pour contrebalancer ce torrent pseudo prolo, il faudrait quand même rappeler, ce que beaucoup semblent ignorer, qu’ici on redistribue la plus grande partie du Pib dans le monde, que l’écart entre plus gros et plus petits revenus est le plus faible après fiscalité, qu’économiquement et stratégiquement il est stupide d’aligner l’imposition du capital et des revenus, etc...


                        • Eric F Eric F 7 avril 14:47

                          @Pierre
                          « économiquement et stratégiquement il est stupide d’aligner l’imposition du capital et des revenus »

                          La justice fiscale est une stupidité, car les capitalistes ont réussi à ce que le monde entier soit pour eux un paradis fiscal


                        • Pierre 7 avril 16:16

                          @Eric F
                          ouais, en particulier notre pays puisque beaucoup trop partent, encore plus nombreux ceux qui le souhaiteraient ! Les faits sont têtus, mais pas pour tout le monde semble-t-il...


                        • Eric F Eric F 7 avril 23:38

                          @Pierre
                          Vous confirmez donc ma remarque, la fiscalité sur les revenus financiers connait une « course à la baisse » liée au dumping fiscal mondialisé.

                          Avec Macron :
                          1° suppression de l’ISF sur les capitaux financiers alors qu’elle est maintenue sur l’immobilier non délocalisable
                          2° Flat tax (taux fixe IR 12,5% outre les prélèvements sociaux) sur les revenus financiers, alors que le travail, les revenus de remplacement, le locatif sont soumis à des taux progressifs jusque 45%
                          3° baisse de l’impôt sur les bénéfices des grandes sociétés, actuellement à 33,3% (depuis 1993), prévu de passer à 25% dans trois ans, soit divisé par deux depuis 1985.

                          Mais ce n’est jamais assez, car comme disait Montaigne « la soif de richesse est plus aiguisée par leur abondance que par leur disette »


                        • Pierre 8 avril 02:47

                          @Eric F
                          Je vois que votre hémisphère gauche adore la fiscalité massue, ce qui pourrait être approuvé si cela profitait à l’économie soit finalement à tout le monde et encore mieux si le monde était limité à l’hexagone, mais voilà, d’une part plus la fiscalité baisse, plus la collecte est importante et d’autre part, ce sont les pays à faible fiscalité qui s’en tirent le mieux. Il a été démontré que l’Isf, spécialité nationale, a coûté des milliards à notre pays. Par ailleurs, fiscaliser à l’excès les revenus financiers pénalise les entreprises qui, chez nous, ont un cruel besoin de capitaux et d’ailleurs en France le financement des boites se fait surtout par les banques, ce qui est une faiblesse, tandis qu’aux US par exemple, ce même financement s’effectue principalement par la bourse. Enfin, la baisse de l’impôt sur les sociétés ne fait que nous ramener presque au niveau européen et donc va améliorer notre compétitivité encore très en retard.


                        • Eric F Eric F 8 avril 10:25

                          @Pierre
                          Ce n’est pas une question de « massue », mais d’équité, on peut réduire les prélèvements, mais alors que ce soit sur l’ensemble des revenus et non pas seulement les revenus financiers incluant la spéculation boursière qui ne profite en rien à l’économie.
                          Je n’ai absolument pas parlé de rétablir l’ISF, mais d’assurer la progressivité de l’impôt sur les revenus, qui doit concerner ceux-ci en valeur, indépendamment de leur nature.
                          Vous confirmez une nouvelle fois la course à la baisse apportée par le dumping fiscal entre les états, les profits des entreprises sont deux fois moins taxés qu’il y a trente ans, alors que les salaires le sont toujours autant (hormis la tranche supérieure). si c’était pour le bien de l’économie la détaxation se focaliserait sur les réinvestissements.


                        • Pierre 8 avril 12:29

                          @Eric F
                          Evidemment, tout le monde est favorable à la réduction des prélèvements, l’équité étant tout de même plus que respectée puisqu’une poignée de contribuables paie l’essentiel de l’Irpp. Sauf que pour réaliser une réduction réelle des impôts, le salut ne pourra venir que de la diminudion des dépenses. Enfin, la taxation des entreprises n’est qu’une taxation finale des consommateurs.

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