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Procès DSK/Carlton de Lille : Le Monde a-t-il pris ses lecteurs pour des pigeons ?

La corruption touche au coeur de la démocratie, mais lorsque les médias l'abordent, c'est pour faire parler des experts complaisants pour en minimiser la portée (5). Un expert qui ne se fait pas inviter, lui, dit ceci :  « L’action judiciaire engagée contre un homme politique ne relève dans l’écrasante majorité des cas que d'un spectacle dont la chute est par avance et connue et voulue par l’ensemble des acteurs. » En attendant l'issue du procès intenté c. Balkany, qui peut compter sur le journal fondé par l'ex-épouse de DSK, le HuffPost, pour sa communication de crise, l'on pourra se familiariser avec ce cas d'école que le même journal n'a pas cru devoir exposer à ses lecteurs, celui du procès en France de DSK, justement, pour proxénétisme. En résumé, ce n'est pas cela qui aurait dû être aurait au centre du procès, mais le mot « corruption ».

 Suivant les réquisitions du procureur (1), les juges ont sauvé l’état de droit en « mettant en pièce » le travail des juges d’instruction qui se prenaient pour des puritains de la Nouvelle-Angleterre (les scènes de sodomies, « particulièrement », auraient touché un point sensible). Ça, c’est de le consensus de la presse dite respectable, et notamment le journal Le Monde sous la plume de Pascale Robert-Diard. Cette instruction qui tombe à plat, le procureur en a tiré une admirable formule (2) :

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Pourtant, il y aurait de quoi rouvrir le dossier, depuis que, en avril 2017, un ancien avocat affilié à l’université de Toulouse 2, que les notaires connaissent comme le loup blanc (3), a jeté un pavé dans la mare. Selon sa version, les juges d’instructions ont servi de boucs émissaires dans une mise en scène. C’est moins pour les affaires de mœurs, en elles mêmes, que DSK aurait dû être poursuivi, que pour bénéficier de faveurs d’un grand groupe de BTP qui vit de la commande publique, Eiffage (nom qui n’apparaît pas dans l’article du Monde clôturant sa longue chronique). Les premières étaient plus spectaculaires, mais aussi plus difficile à prouver, que les secondes. Autrement dit, c’est le mot « corruption » qui aurait dû être au cœur du dossier d’instruction.

Nous concluons avec une recommandation d’utilité publique : permettre l’accès à l’information brute (les jugements) sur ce genre de dossier (4), afin que les journalistes indépendants, la société civile, et le public, puissent la traiter elle même, plutôt qu’en réserver l’exclusivité à des médias traditionnels auxquels plus personne ne fait confiance et maintenus en activité grâce à des aides publiques.

Notes

(1) M. Frédéric Fèvre, promu la même année à l’échelon supérieur, celui Procureur Général, auprès de la Cour d’Appel de Nancy.

(2) Ou encore cette formule de l’avocat du directeur d’une filiale d’Eiffage condamné dans cette affaire, Dupont-Moretti : Un puritanisme judiciaire insupportable !

(3) Cet auteur peut se prévaloir d’une victoire judiciaire totale (tribunal, appel, cass.) dans le procès en diffamation que lui avaient intenté les notaires pour son livre décrivant les rouages d’un État au dessus de l’État, ‘Manifeste contre les notaires’ (2011).

(4) Comme l’ont été les documents du tribunal de New York, dans l’affaire DSK/Sofitel.

(5) Croyez en Corinne Lepage, administratrice de Transparency International : « Cahuzac, plus jamais »

 

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Procès DSK/Carlton de Lille : Le Monde a-t-il pris ses lecteurs pour des pigeons ?

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6 réactions à cet article    


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 20 juin 09:54

    Si vous dites vous même que les juges d’instruction ont instruit une affaire de moeurs au lieu d’instruire « la vraie affaire », alors ils sont vraiment trop nuls, et leur travail mérite effectivement d’être taillé en pièces.


    • zygzornifle zygzornifle 20 juin 11:20

      Le monde quel immonde ....


      • Pierre 20 juin 15:06

        Ben, si la référence est un avocaillon qui passe son temps à affabuler ....


        • Gloubi 20 juin 19:37

          Bien vu !

          En effet, qu’est-ce que les dirigeants d’Eiffage attendaient comme retour d’ascenseur en offrant des prostituées à M. Strauss-Kahn ?

          Anne Sinclair, une idée ?


          • orage mécanique orage mécanique 21 juin 09:14

            @Gloubi
            en l’occurence, il n’y a pas grand mystére. La mairie est à l’époque socialiste par l’intermédaire de dame Aubry et tous les gros chantiers de la ville avec gros dépassements ( stade, hotel de police...) sont attribués de maniére litigieuse à Eiffage. Maintenant reste à comprendre pourquoi Strauss-Khan avait une influence sur la mairie ?


          • tout_permis tout_permis 21 juin 15:18

            @orage mécanique DSK était présidentiable en 2011, et il ne faut donc pas voir le retour sur investissement comme seulement restreint à Lille. Le cadre d’Eiffage dans l’affaire en question a été comdamné pour abus de bien social (peut-être ironiquement, la dite société s’était constituée partie civile). La question du recel profitant à DSK a été éludée. C’est là le point sensible de cette affaire.

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