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Protectionnisme, discrimination : les fausses nouvelles du service public

Le service public médiatique devrait être un modèle de rigueur intellectuelle, mais aussi d’ouverture. Malheureusement, la théorie est souvent battue en brèche par une attitude extraordinairement dogmatique de défense des idées oligo-libérales, jusqu’à nier la réalité. Nouveaux exemples avec les annonces protectionnistes de Donald Trump ou de ses mesures contre la discrimination positive.

 

Caricatures et préjugés oligo-libéraux
 
Premier exemple sur France Inter, où les journalistes se font les porte-paroles des marchés et de leurs intérêts au sujet des annonces protectionnistes du président étasunien, qui fait du bruit et dont les mesures restent bien plus timides que ses mots. Voilà donc un journaliste qui affirme que « le protectionnisme des années 1930 a provoqué la grande dépression  » : déjà, aurait-il échappé au journaliste que le déclencheur de la grande dépression a été le krach financier et que ce qui a transformé la crise en grande dépression a été la politique austéritaire. Le protectionnisme n’a été qu’une conséquence de la crise, et non la cause, une conséquence souhaitable qui plus est pour Keynes
 
C’est ce qu’expliquent des économistes renommés, comme James Galbraith, qui a publié un livre éclairant sur la grande dépression, ou des « prix Nobel d’économie » comme Maurice Allais ou Paul Krugman. Bref, il est totalement effarant que, parce que Donald Trump fait des déclarations protectionnistes fracassantes, qui n’ont toujours pas été suivies sérieusement des faits, le service public médiatique se lève comme un seul homme pour défendre l’agenda du grand patronat, au point parfois d’en faire un chemin vers la guerre, une lecture ridicule des évènements de l’entre deux guerre mondiales. Un nouvel exemple du fait que le mauvais avocat d’une bonne idée peut profondément l’affaiblir…
 
Autre exemple criant : Donald Trump a pris position contre la discrimination positive et annoncé que la couleur de peau ne sera plus un critère d’admission dans les universités. En effet, à Harvard, pour rééquilibrer les résultats, les Asiatiques partent avec un handicap de 140 points, les Hispaniques un bonus de 130 points et les Afro-Américains un bonus de 310 points. Pour une fois, les républicains hexogonaux sincères devraient soutenir une telle décision, conforme à notre modèle de société. Difficile de ne pas y voir une forme de racisme institutionnel, une telle règle gravant de facto dans le marbre une forme de supériorité intellectuelle des Asiatiques et d’infériorité des Afro-Américains.
 
France Télévisions prend position contre la mesure et pour la discrimination positive en affirmant que « les Etats-Unis (…) ont grâce à cela grandement corrigé les disparités raciales pendant un demi-siècle  ». Sauf que cette affirmation définitive, et absolument pas étayée, est complètement fausse. Au contraire, même les partisans les plus déterminés de cette politique reconnaissent aujourd’hui que la discrimination raciale ne cesse de s’amplifier depuis des décennies, comme je l’avais rapporté dans un papier à l’automne dernier. La situation se dégrade depuis 30 ans, sur la mixité raciale ou sur l’insécurité (avec un taux d’homicide dix fois supérieur), contredisant complètement France Télévisions.
 
 
Bien sûr, le dit service public mérite une condamnation ferme pour ce traitement aussi partiel que partial de l’information, qui en dit long sur le conformisme, l’intolérance et le manque de réflexion de journalistes pourtant mieux protégés que les autres par la révolution numérique. Mais cela montre aussi les limites qu’il y a à avoir un mauvais messager pour de bons messages…

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3 réactions à cet article    


  • Attila Attila 28 juillet 12:43

    Le service public a le gouvernement comme patron. Le directeur du gouvernement et ses ministres sont corrompus jusqu’au trognon (pas forcément de manière illégale puisqu’ils peuvent faire les lois).
    Il n’est donc pas étonnant que le service public de l’audiovisuel serve les intérêts des puissances financières puisqu’elles sont les patrons de leur patron.

    .


    • waymel bernard waymel bernard 28 juillet 17:43

      La sélection par le mérite que nous avons connue en France dans le passé distingue les meilleurs . La discrimination positive avantage les médiocres sans grande culture. Elle ne peut avoir que des conséquences négatives.


      • zygzornifle zygzornifle 2 août 10:37

        le service pue blic est a la solde du gouvernement qui ne dit et ne fait que ce qu’on lui demande , pas besoin de cerveau un seul nerf lui suffit....

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