• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Médias > Vous filmez des violences, vous risquez la prison

Vous filmez des violences, vous risquez la prison

Le simple fait de sortir votre téléphone portable pour filmer des violences vous rend complice de ces violences. C’est une loi de mars 2007 reprise dans le Code pénal (art. 222-33-3), qui dit : « est constitutif d’un acte de complicité des atteintes volontaires à l’intégrité de la personne (…) le fait d’enregistrer sciemment, par quelque moyen que ce soit, sur tout support que ce soit, des images relatives à la commission de ces infractions ».

Ainsi, il suffit de filmer ou de prendre en photo des violences pour être « légalement » complice de ces violences. Et si ces actes entraînent le décès de la victime, vous voilà présumé complice d’un meurtre. Et cela même si vous n’avez aucun lien avec les agresseurs.

Au départ il s’agissait de lutter contre le happy slapping (joyeuse baffe), ce comportement de collégiens qui consiste à filmer des scènes violentes pour ensuite en diffuser les images, situation où le plus souvent le « caméraman » est de connivence avec les agresseurs. Mais mine de rien, le législateur est allé beaucoup plus loin : il a créé un délit autonome. Ce que les juristes appellent un cas de présomption légale de complicité.

Ainsi, un badaud filme avec son téléphone portable une agression dont il est le témoin, peu importe ses intentions : il est coupable et il encourt les mêmes peines que les agresseurs. Aucune justification possible, aucune possibilité de preuve contraire. Les faits sont dits irréfragables. Et le quidam se retrouve complice d’un délit ou d’un crime dont il ignore tout. À la merci d’une peine qui peut aller de 3 ans d’emprisonnement (et 45.000 € d’amende) à la réclusion criminelle à perpétuité. Il existe seulement deux exclusions : «  lorsque l’enregistrement ou la diffusion résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice  ».

Les journalistes sont donc exclus de ce texte, mais du bout des lèvres. À eux de prouver qu’ils agissaient dans l’exercice de leur profession. Pour un photographe de presse free-lance, pas évident !

Mais de quelles violences parle-t-on ?

Cela vise les crimes et délits prévus aux articles 222-1 à 222-14-1 et 222-23 à 222-31. Autrement dit, violences légères, torture, viol, actes de barbarie, etc. Dans un document paru dans la documentation juridique LexisNexis, Stéphane Detraz, maître de conférences à l’Université Paris XI, nous dit que la définition va bien au-delà de la forme classique du happy slapping, « elle recouvre non seulement ce type de comportement (…) mais également le fait de filmer, par exemple, des violences accomplies sur le mode « humoristique » à l’encontre d’un individu consentant, la rébellion d’une personne contre des fonctionnaires de police - ou, à l’inverse, un « passage à tabac » de leur part - ou encore des bagarres survenant lors d’une manifestation ».

On en arrive à un paradoxe étonnant où une personne qui filmerait des violences policières (illégitimes, s’entend) se verrait poursuivie comme complice des policiers qui ont commis ces violences.

Elle est pas belle, la vie !

Bien sûr, vous vous dites que ce n’est pas possible. Les juges vont apprécier les faits, ne pas appliquer le texte, un peu comme ils le font pour le délit d’assistance. Et dans quelques décennies, on aura sans doute un autre Éric Besson qui nous dira : « En 65 ans d’application de cette loi, (…) personne en France n’a jamais été condamné ».

Quel drôle de pays où les élus pondent des lois sans en mesurer les conséquences, à charge aux juges de s’en dépatouiller !

Si l’on veut rapprocher le Code pénal de l’actualité, on parvient à cette conclusion : à Strasbourg, le manifestant qui a filmé des représentants de l’ordre en train de lancer des pierres peut être poursuivi et condamné si lesdits représentants de l’ordre sont eux-mêmes poursuivis et condamnés*.

Bon, vous me direz, l’enquête est en cours…

La complicité « automatique » ne vise que l’enregistrement. Pour la diffusion des images, le législateur a créé un délit distinct, punissable de 5 ans de prison et 75.000 € d’amende. On pourrait donc penser que le policier qui a diffusé sur Facebook la vidéo d’une agression dans un autobus risque de le payer cher. Mais pas du tout ! Ces images ont été prises par une caméra de surveillance, pour servir de preuves, et dans ce cas l’alinéa 3 de l’article 222-3-3 précise que ledit article « n’est pas applicable  ». Cette vidéo peut donc être diffusée sur le Net (ce qui n’est plus le cas, puisqu’elle a été retirée) alors que les vidéos des manifestations anti-Otan tombent sous le coup de la loi et ne devraient pas être diffusées (alors qu’elles y sont toujours). Bizarre, non !

À noter que si l’on applique à ce délit de complicité la définition habituelle de la complicité,trucs-en-vrac-par-gotlieb.1239598556.jpg le simple fait de prêter par exemple son appareil-photo, peut constituer une « complicité de complicité ». Et pour la clarté du texte, il est bon de rappeler que le complice du complice encourt les mêmes peines que l’auteur principal et ses complices.

Je me demande, en racontant tout ça, si je ne me fais pas le complice de quelque chose…

_____________________________________________________

* Il semble d’après un lecteur juriste confirmé que le filmeur d’une agression pourrait être poursuivi même dans l’hypothèse où les auteurs ne seraient pas identifiés.

En réponse à certains commentaires : Cette loi existe. Je me suis contenté de mettre en exergue son aspect déraisonnable, et à mon avis excessif. A chacun de se forger sa propre opinion. C’est d’ailleurs la ligne de conduite de ce blog, où l’on échange des idées, pas des injures.


Moyenne des avis sur cet article :  4.38/5   (58 votes)




Réagissez à l'article

64 réactions à cet article    


  • roquetbellesoreilles roquetbellesoreilles 14 avril 2009 16:48

    Plutôt de nous dire ce qu’on a pas le droit de faire dans ce pays,
    ils devraient plutôt nous dire ce qu’on a le droit de faire,
    ça irai plus vite...


    • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 14 avril 2009 17:18

      Vous avez encore le droit de vous taire.

      Typhon


    • Emmanuel Aguéra LeManu 14 avril 2009 19:39

      Et c’est un honneur.


    • Marianne Marianne 14 avril 2009 22:18

      @ l’auteur,

      Vous devriez écrire dans Minute, vous avez une plume (au c...) qui devrait leur aller.


    • Bois-Guisbert 14 avril 2009 16:48

      « Quel drôle de pays où les élus pondent des lois sans en mesurer les conséquences, à charge aux juges de s’en dépatouiller ! »

      A l’époque de tarés où nous vivons, il n’est plus possible de prévoir la totalité des conséquences de ce qu’on dit, tout comme de ce qu’on ne dit pas.

      N’ai-je pas lu que l’auteur du Code civil de 1804, l’inverti Cambacérès, avait laissé la porte ouverte au mariage homosexuel en ne précisant pas que l’institution était prévue pour l’union d’un homme et d’une femme.


      • foufouille foufouille 14 avril 2009 17:53

        fais toi soigner
        les ploutocrates savent ce qu’ils font
        ou on leur dit de faire


      • PierreLe+ 14 avril 2009 17:48

        Effectivement, on a beau considérer qu’ils doivent justifier leur salaire et avantages par la ponte de quelques textes, de là à les rendre aberrants ...

        De là à penser que ce texte a pour but de réduire considérablement les preuves audio ou vidéos de certains délits, il n’y a qu’un pas.

        En effet la diffusion de ce genre de preuves peut servir aux victimes lorsque ce ne sont justement pas des systèmes prévus à cet effet qui ont été utilisés pour enregistrer, il y a donc tout intérêt à pouvoir les obtenir.


        • appoline appoline 14 avril 2009 19:44

          On arrivera à quelques beaux textes comme aux USA, (voir le Livre des Bizarres), où il est interdit de cracher contre le vent de telle heure à telle heure, de marcher sur la queue d’un crocodile......
          Comme quoi, après un p’tit coup à boire ou une fumette mal dosée, ils sont capables de nous pondre n’importe quelle connerie. Heureusement que Dominique ne siège pas, à lui tout seul il rétablirait le droit de cuissage.


        • Gabriel Gabriel 15 avril 2009 16:55

          C’est absolument scandaleux, bientôt il sera interdit aux clows qui nous gouvernent de taper dans la caisse ! Que vont-ils faire ? Vite les lois pour nous et le droit pour eux !.....
          Comme d’hab quoi !...


        • alizée 14 avril 2009 17:51

          je considère qu’une personne peut être complice d’un agresseur dans la mesure ou cette personne n’intervient pas et ainsi ne porte pas secours à la victime, en danger. la solidarité, l’humanisme sont des valeurs auxquels je crois et je pense ne pas être la seule..
          Après, que cette mesure de « complicité à l’agresseur » s’applique a tout type d’ agressions voire jusqu’au meurtre, je pense qu’il y a une justice qui peut s’en occuper au lieu de sur-responsabilisé les citoyens.
          lili


          • Traroth Traroth 14 avril 2009 18:45

            Dans le cas où quelqu’un se fait tabasser par les flics, on devrait donc d’après vous intervenir et donc se battre avec la police ? Bon moyen pour toujours avoir tort. Celui qui s’aviserait de réagir de cette manière se ferait simplement embarquer aussi, et il n’y aurait jamais de preuve de la culpabilité des policiers, puisque justement, il est interdit de filmer !


          • Walden Walden 15 avril 2009 13:05

            En fait, le cas de violences policières s’avère très particulier : car a priori, quoiqu’on en pense, elles font partie de l’arsenal légitime de l’usage de la force, à condition que celui-ci reste « proportionné » aux circonstances. Donc effectivement, comme le souligne implicitement l’auteur (dont je ne partage pas, au demeurant, le point de vue général exposé dans cet article, même s’il est fort intéressant, comme son blog POLICEtc smiley ce cas d’espèce ne serait, en principe, pas punissable, sauf à démontrer d’abord que les violences commises ont été non seulement disproportionnées, donc illégitimes, mais relevant d’un excès qui permet de les condamner pénalement... ce que les tribunaux hésitent généralement à faire (quoiqu’on en pense).

            Donc on peut sans grande crainte continuer à exercer sa responsabilité de citoyen en filmant les dérapages sauvages de matraques au cours des manifestations (voire alentours, lorsqu’elles rencontrent malencontreusement sur un quai de gare des collégiens en goguette avec leur professeur).

            On peut aussi, certes plus courageusement, intervenir quand quelqu’un se fait agresser devant soi, ne serait-ce, a minima, qu’en utilisant son téléphone pour appeler les secours plutôt que de s’en servir de manière cyniquement voyeuse pour filmer.

            D’ailleurs la non assistance à personne en danger est déjà punissable en soi. Mais ce que vise la loi, c’est sans doute à proscrire la promotion médiatique de la violence, sa banalisation par l’image. A bon droit, me semble-t-il, croyant à des valeurs comme celle du devoir de respect mutuel.

            Quand aux sujet des « snuff movies », images montrant des scènes de crime prolongées, telles des scènes de viol, d’actes de torture ou de barbarie, il me semble que la question de la nécessaire complicité du voyeur ne fait même pas débat.

             


             



            • zelectron zelectron 14 avril 2009 18:10

              Il faut tout de suite attaquer la RATP pour avoir filmé les violences de l’autobus.....


              • JPaul 14 avril 2009 18:17

                non, puisque l’exclusion fonctionne, ces images sont faites pour servir de preuves


              • Paul .ca Paul .ca 14 avril 2009 18:11

                Il serait plus court d’indiquer les actes qui sont autorisés par la loi française et les différentes couches de réglements un peu comme ce que les assurances assurent réellement plutôt que tout ce qu’elles ne couvrent pas.
                Et il faut penser aussi à tous ces juges, procureurs et avocats qui doivent gagner leur vie et nourrir leur famille. :lol :

                Bon après l’ironie, il faut reconnaitre qu’avec des milliers de pages et de couches successives de législation, c’est difficile de garder un minimum de cohérence entre tout ces textes de loi. Il faudrait grandement simplifier tout cela avec l’aide de logiciens et philosophes compétents pour palier aux incohérences du législateur (volontaire ou maladroite) et du personnel qui rédige ces textes. J’ai très peu d’espoir que ça s’arrange vu les conflits d’intérêts. Ça restera probablement le bordel très longtemps. La solution ? Désolé je vois rien à part avoir suffisamment d’argent pour s’offrir les services d’avocat en cas d’acte criminel pour ladite loi. Nous sommes tous des criminels. Reste à éviter le crime de sang par strangulation d’un procureur. :lol :


                • JPaul 14 avril 2009 18:12

                  « ou est réalisé afin de servir de preuve en justice » donc on peut filmer mais à condition de faire parvenir le film à la justice.
                  et là on est tranquille, non ?

                   
                   


                  • kokobolo kokobolo 14 avril 2009 18:15

                    Et si on filme des violences policiéres on risque quoi ?


                    • Gazi BORAT 14 avril 2009 18:29

                      @ KOKOBOLO

                      Les violences policières ?

                      Ces choses appartiennet au passé.. Il n’y aplus aujourd’hui que des fonctionnaires faisant usage de la « force strictement nécessaire » pour protéger un citoyen entré en rebellion contre le mal qu’il pourrait se faire lui-même..

                      gAZi bORAt


                    • Marianne Marianne 14 avril 2009 20:03

                      @ Gazi Borat,

                      Je suppose que les gens qui ont voté pour vous ont compris le second degré de votre commentaire...


                    • Gazi BORAT 15 avril 2009 09:14

                      @ Marianne

                      Peut-être pas tous, malheureusement.. et c’est le genre d’inquiétude qui saisit toujours ceux qui veulent faire rire en usant du second degré...

                      gAZi bORAt


                    • Marianne Marianne 15 avril 2009 11:29

                      Vous êtes très drôle (pardon, très troll) en effet !


                    • Nethan 14 avril 2009 18:28

                      A l’époque ça avait déjà fait débat. Pas autant qu’une Hadopi certes, mais il y a eu énonciation des problèmes exposées dans l’article, etc...

                      Mais difficile de faire réfléchir un tel gouvernement/majorité.

                      On arrive dans une société où il vaut mieux se taire que de reporter car ça peut attirer davantage de problèmes qu’en résoudre. C’est une façon comme une autre de désolidariser les gens encore plus

                      Cette loi permet aussi de baisser les chiffres de la criminalité/délinquance, car la victime, souvent peu enclin à porter plainte suite au traumatisme, serait davantage motivée si quelqu’un avait filmé et peut témoigner. Là, il vaut mieux se taire. Qu’elle se débrouille.

                      Aie je m’emporte sur la théorie du complot. Quoique...

                      Une vidéo montrant bien les coupables dans leur acte est pourtant la meilleure façon de prouver quelque chose...

                      Cette loi fait partie des nombreuses lois qui DOIVENT être corrigés. Un de ces jours, il va falloir faire une liste.


                      • Sébastien Sébastien 14 avril 2009 18:33

                        Cela vise les crimes et délits prévus aux articles 222-1 à 222-14-1 et 222-23 à 222-31. Autrement dit, violences légères, torture, viol, actes de barbarie,

                        Bah merde alors. Je ne pourrai plus filmer un viol penard ? Je pourrai plus non plus filmer un mec se faire torturer ? Quelle deception.

                        Non mais vous vous rendez compte de ce que vous ecrivez ? Evidemment que l’on peut risquer la prison si on filme des violences.

                        Vous imaginez la scene ? Une nana se fait tabasser devant vous et vous sortez votre telephone... non pas pour appeler les flics mais pour filmer la scene. Vous voulez une medaille pour ca ?


                        • Marianne Marianne 14 avril 2009 19:04

                          Entièrement d’accord avec Sébastien.

                          « Une vidéo montrant bien les coupables dans leur acte est pourtant la meilleure façon de prouver quelque chose... »

                          Non monsieur, une video n’est pas gage d’authenticité, elle peut très bien montrer une mise en scène savamment huilée même si cela se déroule dans un « décor » tout ce qu’il y a de plus naturel.

                          Les commentaires qui suivent cette video ne sont pas non plus à prendre au pied de la lettre, ils peuvent être le fait d’un petit nombre d’internautes qui font nombre en multipliant les pseudos...

                          Concernant la véracité des images, rappelez-vous par exemple la fausse interview de F. Castro par PPDA, les charniers de Timisoara ou des images récentes sur le Tibet présentés par de nombreux journaux occidentaux comme des clichés d’actualité alors qu’il s’agissait du tournage d’un film. Tous ces exemples se sont avérés être des montages. Entre réalité et fiction, il faut parfois faire la part des choses. Les cinéastes et vidéastes pourraient vous en apprendre beaucoup à ce sujet.

                          Il n’y qu’à regarder les publicités pour comprendre qu’il est facile de manipuler l’opinion en manipulant les images et en travestissant la réalité.

                          Et les pédophiles qui diffusent des images de viols d’enfants sur Internet, vous les autorisez à filmer ?


                        • Nethan 15 avril 2009 15:57

                          Vous vous rendez compte de ce vous écrivez ?

                          Comme si on allait filmer AVANT d’appeler les flics ? Vous êtes ridicule. Je ne chercherai même pas à argumenter davantage.

                          Pour Marianne :

                          « Non monsieur, une video n’est pas gage d’authenticité, elle peut très bien montrer une mise en scène savamment huilée même si cela se déroule dans un « décor » tout ce qu’il y a de plus naturel.  »

                          Absolument d’accord, mais ça y contribue, et la police ne se contente généralement pas que d’un seul élément. Avec recoupement et tout, il est tout à fait possible d’authentifier et donc d’insérer à charge une vidéo prise sur le fait.

                          Cette loi empêche le simple fait d’enregistrer, alors que son but initial était de stopper l’augmentation de la DIFFUSION d’actes de ce genre sur Youtube ou autres à l’époque. Diffusion et enregistrement n’ont pas forcément les mêmes finalités.


                        • lionesse 14 avril 2009 18:57

                          Nos élus, à commencer par le premier d’entre eux, ont décidé d’employer tous les moyens pour censurer l’Internet car c’est le seul espace de liberté qui reste aux citoyens.

                          La télé, la radio et la presse écrite sont aux mains des amis du président et il n’y a qu’à écouter, voir ou lire pour se rendre compte que tout ce et ceux qui ne sont « politiquement convenable » sont censurés. Entendez par là, qui ne plaisent pas aux pouvoirs.

                          Reste le web, bientôt on devra dire RESTAIT le web. Mais ceux qui sont censés nous représenter sont aux ordres et font leurs salades pour faire perdurer leur système hautement rentable et rémunérateur, et dans leur esprit, il faut pour cela tuer la liberté sur le web. Ils s’y emploient à coup de lois scélérates.

                          Mais n’oublions pas qu’il y a toujours un rapporteur pour une loi. On connait son nom, mais peut-être que ses électeurs, eux, ne le connaissent pas.

                          Si on étalait, diffusait ou listait les prises de position de nos députés et sénateurs et menions campagne auprès de leurs électeurs.

                          Ce n’est pas possible à quelques uns, mais un mouvement national de délation, de diffusion de leurs votes, de leurs prises de position et de leur cuisine risque peut-être de leur flanquer la frousse.

                          Ces gens là doivent leur existence même au système démocratique, or ils se fichent éperdument du peuple qu’ils représentent. Rappelons-leur que leur siège peut être éjectable, même avec le soutien de leur sponsor.


                          • chmoll chmoll 14 avril 2009 19:02

                            si la personne est temoin d’un meurte ou braquage et qu’elle le filme avec son portable ? 


                            • Battement d’elle 14 avril 2009 20:11

                              @ l’auteur
                              Franchement..... filmer la violence.... oui.... c’est à gerber !!
                              Comme vous l’écrivez si bien ’’ le badaud’’.... dois-je vous rappeler la définition du mot badaud : Robert : personne qui s’attarde à regarder le spectacle de la rue : curieux, flâneur......
                              .... et quel spectacle !!!
                              Je n’arrive pas à comprendre que quand on est en face de la violence infligée à l’autre, on peut oser filmer la scène .... plutôt que de réagir en portant secours à l’agressé : il y a vraiment quelque chose de malsain dans tout ça !!!

                              Après... que vous ayez l’envie d’interpréter....d’extrapoler... de divaguer sur le pourquoi cette loi a été créée... cela n’implique que vous !

                              Marre de toutes ces personnes qui quand il y a agression baissent la tête ou prennent leur portable pour pouvoir diffuser ces horrreurs sur l’internet..... cette course à qui diffusera les images les plus violentes sont écoeurantes !!!!!!!!!!!!!!!!


                              • Diogène de Synope 14 avril 2009 21:38

                                Tout est dit !
                                Le voyeurisme vicieux passif à son apogée.


                              • Nethan 15 avril 2009 15:50

                                « Je n’arrive pas à comprendre que quand on est en face de la violence infligée à l’autre, on peut oser filmer la scène... plutôt que de réagir en portant secours à l’agressé »

                                Navré de ne pas être un grand baraqué musclé pouvant rivaliser avec n’importe quel type d’agresseur ou quantité d’agresseurs. Vu mon physique, je ferai au mieux rire, le plus souvent je me retrouverai dans la même salle d’hôpital que la victime initiale.

                                Ma réaction est d’appeler la police, puis de filmer, car je suis aussi quelqu’un qui n’est pas du tout physionomiste. De fait, difficile de témoigner, car je ne fais pas attention à ces détails.

                                Cette loi avait une raison : C’était la DIFFUSION d’actes de violences sur Youtube ou autre, qui était clairement scandaleux.

                                Mais ce que vous ne semblez pas comprendre, c’est que ce n’est pas la DIFFUSION qui est punie, mais le principe même d’ENREGISTRER.

                                Enregistrer la scène et autant que détails que possible des coupables, vous rend vous-même coupable, même si c’est pour aider la police. Je suis puni pour ne pas être capable de témoigner comme d’autres.

                                Il y a vraiment quelque chose de malsain dans tout ça.


                              • Faith 15 avril 2009 20:41

                                @Nethan :"Navré de ne pas être un grand baraqué musclé pouvant rivaliser avec n’importe quel type d’agresseur ou quantité d’agresseurs. Vu mon physique, je ferai au mieux rire, le plus souvent je me retrouverai dans la même salle d’hôpital que la victime initiale.« 

                                Je ne suis pas moi même ni grand, ni baraqué. Je suis pourtant plusieurs fois intervenu avec succès pour séparer agresseur et victimes :
                                - 3 femmes se faisant malmener par ce qui devait être leur copain : un simple »avez-vous besoin d’aide mademoiselle ?" suffit, d’une part à détourner l’agressivité du mec, de l’autre à laisser la personne partir. résultat : j’ai accompagné l’une au métro le plus proche, permis à une autre de s’éloigner seule, quand à la dernière, elle semblait ne pas vouloir/avoir besoin d’aide.
                                - 1 femme brutalisée en plein couloir métro : il m’a suffit de ceinturer le mec pour que d’autres personnes trouve le courage de venir s’interposer.
                                - 1 homme qui avait eu le malheur de demander à un mec de baisser le son de son lecteur MP3. Idem ci-dessus : il a suffit que je m’interpose pour que d’autres viennent donner un coup de main.

                                Bref, pas besoin d’avoir un certain physique pour aider les gens. Un peu de culot suffit bien souvent.

                                Quoi qu’il en soit cette loi est là pour condamner la non-assistance, donc le fait d’avoir appelé la Police suffit à dédouaner de tout risque d’être condamné. Après, filmer si on se sent totalement incapable d’intervenir et donner immédiatement l’enregistrement à la Police, pourquoi pas.


                              • Battement d’elle 19 avril 2009 20:08

                                @ nethan

                                heu... moi non plus..... je ne suis pas une armoire à glace : mais je suis toujours intervenue quand je voyais une personne se faire agresser...Je comprends mieux.... avec ce genre de réaction.... pourquoi je n’ai jamais été aidée dans de telles de situations.... même quand les rames de métro sont bondées..... ils baissent tous la tête..... tremblants...... c’en est désespérant...... d’ailleurs de votre couardise je m’en suis souvent servie pour renverser la situation..... prenant à témoin l’agresseur aviné ou camé..... en lui disant bien sur que j’ai peur de vous.....mais mettez vous à ma place un moment.... regarder une personne se faire massacrer sans agir..... c’est de moi que je finirais par avoir peur..... regardez les tous.....tête baissée.... trouvez vous ça normal ?
                                et voilà le tour est joué..... l’agresseur reporte sa violence sur la foule....donc sur personne en particulier... et au fil des secondes se rend compte que sa violence est une vaie faiblesse....qu’il est lamentable... et finit par déguerpir..... ce n’est qu’ensuite que cette foule sort de son mutisme...... et vous congratule...dont les armoires à glace... ’’ quel courage Mademoiselle !’’.....
                                j’espère que je ne vous ressemblerai jamais.................que j’aurai toujours assez de révolte ..... pour faire abstraction de ma peur.

                                Avec des personnes comme vous..ce n’est pas pour demain la révolution.... sarkozy est tranquille....il peut dormir sur sa rolex et son bracelet en poil d’éléphant...........


                              • Reinette Reinette 14 avril 2009 23:22
                                Vous filmez des violences, vous risquez la prison

                                ok

                                Mais à qui profite le crime ?

                                • Canine Canine 15 avril 2009 06:00

                                  @ l’auteur :

                                  "Il existe seulement deux exclusions : «  lorsque l’enregistrement ou la diffusion résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice  ».

                                  Les journalistes sont donc exclus de ce texte, mais du bout des lèvres. À eux de prouver qu’ils agissaient dans l’exercice de leur profession. Pour un photographe de presse free-lance, pas évident !« 

                                  Je ne vois pas en quoi les journalistes sont exclus de ce texte, puisque leur profession est précisément d’informer le public.
                                  Par ailleurs, juste par curiosité, en dehors de ces deux motifs, quels sont les justes causes qui peuvent justifier le fait de filmer une agression ?
                                  Personnellement, en dehors d’une utilisation judiciaire, je ne vois pas pourquoi j’irais filmer une agression. Mais ça n’engage que moi, et il y a peut être d’autres bonnes raisons, c’est juste que je ne les vois pas là tout de suite, vous en avez peut être à proposer.

                                  Par contre, ce qui peut poser problème, c’est que la limitation à l’usage judiciaire pour un particulier interdit toutes diffusions de »dénonciation en place publique sur youtube« de faits que la Police (ou la justice, ou le gouvernement) voudraient étouffer. Il faudrait que le particulier passe par un pro pour la diffusion, et on connait les liens des »pros" avec le pouvoir. 


                                  • sisyphe sisyphe 15 avril 2009 06:43

                                    Qu’il me soit permis de réclamer, ici, instamment, auprès de la direction d’AgoraVox, le RÉTABLISSEMENT DES VOTES NEGATIFS SUR LES COMMENTAIRES.

                                    En effet, la seule possibilité de vote positif induit un effet pervers qui consiste à valoriser indument un commentaire, sans que ceux qui y sont défavorables, même s’ils sont une large majorité, puissent exprimer leur désapprobation.

                                    Il suffit alors, d’une bande de trolls ou de comparses, pour qu’un commentaire apparaisse exagérément favorisé, alors même qu’une grande majorité y est opposée.

                                    D’ailleurs, a-t-on jamais vu, dans quelque consultation démocratique que ce soit (élections, réferendums, etc...) la possibilité D’UNE SEULE RÉPONSE ??
                                    Là, il ne s’agit plus de démocratie, mais de manoeuvre plebiscitaire.

                                    Le système actuel est donc tout à fait pervers et anti-démocratique : je demande donc, dans un souci de simple démocratie, LE RETABLISSEMENT DES VOTES NEGATIFS  ; quitte à comptabiliser le nombre de plus et de moins, pour avoir une idée exacte de l’avis de l’ensemble des votants.

                                    Je compte être soutenu dans cette requête par tous les AgoraVoxiens épris d’équité, et de respect des opinions diverses.

                                    Merci d’avance.


                                    • Marianne Marianne 15 avril 2009 11:27

                                      Je vous entièrement soutiens Sisyphe. Agoravox ressemble de plus en plus à Minute au nom de la liberté d’expression et d’un journalisme citoyen qui tient plus de la discussion du café du commerce que d’un réel travail journalistique (enquête, documentation, interviews, etc...)

                                      Mais il est vrai que ce journalisme-là ne coûte rien ! La plupart des internautes qui postaient sur ce site n’y viennent plus depuis l’inauguration de la nouvelle formule. Reste des trolls racistes et xénophobes. AGORAVOMIR...


                                    • Walden Walden 15 avril 2009 13:16

                                      Tout à fait d’accord, l’argumentaire est impeccable.

                                      SVP, rétablissez aussi les smileys, qui permettent de tempérer sympathiquement les réactions smiley


                                    • Canine Canine 15 avril 2009 19:45

                                      Je vous plussoie Sisyphe.

                                      Soit on met des votes positifs et négatifs, soit on en met pas du tout, mais uniquement des votes positifs, c’est parfaitement idiot. Un avis auquel serait défavorable 250 personnes, mais qui aurait 20 opinions favorables, se retrouve avec un +20 laissant croire à un petit plébiscite, c’est tout sauf un système pertinent.

                                       


                                    • G2L G2L 16 avril 2009 03:51

                                      @ Sisyphe,
                                      Je suis complètement d’accord avec vous, ce nouveau système de note n’est pas représentatif !!!
                                      Cordialement

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès