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35 ans de recherche désespérée de politique sociale…

Aujourd’hui, notre jupiter de pacotille va confortablement faire son discours de l’Etat de l’Union au lieu de répondre démocratiquement à des journalistes, alors que quelques députés macronistes appellent à un rééquilibrage social. Un appel ridicule à celui qui dénonçait le « pognon dingue  » que coûteraient les aides sociales, qui assume complètement l’absence de politique sociale.

 

Trois décennies et demie de politiques antisociales
 
Pour qui prend un peu de recul, l’absence de vraies politiques sociales depuis si longtemps est stupéfiante. On pourra objecter qu’il y a eu le RMI, mais le passif de ceux qui l’ont voté est tellement lourd (marché unique européen, libéralisation de la finance et du commerce, franc cher, indépendance de la banque de France), que ce legs paraît bien léger. Puis, le Chirac de la « fracture sociale », s’il fut au début plus généreux sur le SMIC que Hollande, fut l’homme d’un virage austéritaire brutal pour mettre à notre pays les menottes monétaires européennes. Jospin, l’homme des 35 heures qui profitèrent aux cadres, fut l’homme du laisser-faire qui privatisa plus que Juppé et Balladur réunis !
 
Mais le plus paradoxal est sans doute que les années Hollande et Macron, après dix ans de pouvoir de droite, ont marqué une très forte accélération anti-sociale et oligo-libérale, d’un point de vue fiscal (pour les riches et les entreprises), que législatif (droit du travail). La grande crise financière de 2008 n’a pas permis la moindre prise de conscience, seuls les gros ayant été sauvés, quand les petits ont été abandonnés à leur triste sort. La politique sociale semble être sortie de l’histoire dans tous les pays de l’UE, tant les « modérés » et « la gauche » n’y portent plus la moindre attention, se contentant de défendre une mondialisation à visage un peu moins inhumain, un vœu pieux dans la réalité…
 
Bref, pas la moindre conquête sociale depuis trois décennies, alors même que le chômage est resté massif, que les inégalités ont explosé, multipliant les sujets où une politique sociale aurait pu être menée. Il y a quelque chose de comique à voir le PS critiquer le caractère antisocial de Macron, après avoir mené une politique économique plus à droite que Sarkozy… Et que dire des marcheurs présidentiels ? On sent bien que leurs déclarations sont purement électoralistes, pour la forme, et pas le fond, pour tenter de donner un peu le change. La seule chose que l’on peut reconnaître à Macron, c’est d’assumer assez largement son programme anti-social et profondément oligarchique.
 
On atteint un point où le progressisme social est même sorti des média, qui véhiculent très majoritairement l’agenda économique du Medef et des plus riches, comme avec le conflit sur la réforme de la SNCF. Et même si les peuples, par des mécanismes bien décrits par Jacques Généreux, suivent parfois cette voie, on voit tout de même que les braises progressistes et sociales ne sont pas éteintes. Quelques que soient les limites de Mélenchon, il portait ce discours et n’a pas été très loin du second tour. Et les succès de Sanders et Corbyn, qui n’hésitent à tenir un discours très radical par rapport aux standards de leurs pays, montrent que les peuples dits occidentaux attendent autre chose.
 
 
Bien sûr, le contexte actuel semble bloqué en France, mais Macron pourrait aussi être le catalyseur d’un vrai changement tant il représente la caricature de tout ce qui ne marche pas depuis si longtemps, notamment économiquement. Et parce que nous avons déjà une droite assez radicale et antisociale au pouvoir, je ne vois pas en quoi un rassemblement plus à droite encore serait la solution.

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10 réactions à cet article    


  • bob14 bob14 10 juillet 10:20

    Chers cons-citoyens vous voilà réunis en mon château pour l’inauguration de ma piscine..à 35 mille euros et mon service de table à 500.000 euros pour recevoir les copains...

    Un grand merci de voter toutes mes cagades qui sodomisent les gaulois de ce beau pays en passe de devenir une province Allemande..Faudra changer l’histoire et écrire qu’en définitive les « Teutons » ont gagné la guerre..et que les Gaulois l’ont dans le rectum../-))

    • bob14 bob14 10 juillet 10:52

      @bob14... manu..champion du ZOO a la perche..(pov bête..)..un mec ZOOpathique..ZOOrot est arrivé...


    • Clark Kent Clark Kent 10 juillet 10:33
      En France, on associe l’idée de politique sociale fait référence au concept d’État providence qui a remplacé celui de charité chrétienne au moment de la séparation de l’église et de l’état. 
      Une politique sociale dans un état qui n’est pas socialiste maissocio-démocrats comme le PS, ou démocrate-chrétien comme LEM et LR tout court ne peut que se limiter à un ripolinage et une illusion de rcompensation des inégalités qui seraient liées à la nature humaine comme l’organisation de la fourmilière est liée à la nature de la fourmi. Dans ce cadre-là les électeurs les plus naïfs croient que l’école, la formation professionnelle, le droit du travail, les assurances comage et maladie et l’accompagnement des SDF, des personnes agées et des handicapés sont des fins en soi qu’il suffirait de gérer honnêtement pour que la société soit « juste » !
      Une société « juste » ne peut se fonder que sur une égalité de fait et pas seulement « en droit ». Ce minuscule détail constitue un abîme entre les conceptions réformiste et révolutionnaire.

      • chantecler chantecler 10 juillet 10:55

        @Clark Kent

        Le mot social est un gros mot pour les libéraux .
        Ils ne l’emploient que pour dénigrer une politique sociale en prônant la « liberté » , l’individualisme , la responsabilité ,la « réussite » dont le thermomètre est le compte en banque, etc, etc ...
        Bref on se croirait avec eux dans « le rêve américain » tant vanté dans les années 50/60
        De fait dans le contexte il faudrait utiliser les concepts de politiques redistributives, et de régles pour éviter les excès du capital .

      • Alren Alren 10 juillet 18:45
        @Clark Kent
        Une société « juste » ne peut se fonder que sur une égalité de fait et pas seulement « en droit ».

        Pardon, mais qu’est-ce qu’une égalité de fait ?La démocratie républicaine ne peut instaurer dans le cadre fondamental de la liberté citoyenne que l’égalité des citoyens devant la loi, la justice sociale et une certains redistribution des revenus par l’impôt direct sur les riches et des allocations ou des aides ciblées pour les personnes démunies.

        Que faire de plus pour les personnes âgées que de leurs assurer une fin de vie confortable, des soins, de la présence ? L’égalité de fait serait qu’on leur redonne leur vingt ans pour qu’elles soient à égalité de fait avec les jeunes gens. Mais ce n’est pas possible !

      • Spartacus Spartacus 10 juillet 13:55

        C’est pas qu’il y a eu pas assez de social, c’est surtout que les bouffeurs d’argent public se servent en premier...


        De la part d’un admirateur de Chevenement, type qui confond le social avec sa poche depuis 1983...


        • zygzornifle zygzornifle 10 juillet 14:14

          Dans 100 ans cela fera 135 ans camarade ....


          • Le421 Le421 10 juillet 19:00
            Les années Hollande et Macron, après dix ans de pouvoir de droite....
            Ben, ça fera vingt années de pouvoir de droite, si vous savez compter !!

            Non ?
            J’ai dit une connerie ?
            Ah bon, je me sens mieux...

            • libert_pensée 10 juillet 19:48
              « au lieu de répondre démocratiquement à des journalistes ».
              Journalistes et démocratie, c’est de l’humour, non ? Pour le coup, je trouve qu’E. Macron a parfaitement raison d’éviter le plus possible cette presse, qui a son propre agenda si loin des inquiétude du peuple.

              • zygzornifle zygzornifle 11 juillet 09:21

                Trois décennies et demie de politiques antisociales...


                Et si on compte les rois c’est un millénaire et des siècles ....

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