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Accueil du site > Actualités > Politique > Alain Peyrefitte, De Gaulle et les communistes

Alain Peyrefitte, De Gaulle et les communistes

« Le Général et Georges Pompidou m’ont inculqué la religion du secret, comme ils l’ont inculquée à tous leurs collaborateurs. Ceux qui ont été les plus proches de De Gaulle depuis son retour "aux affaires" ont ressenti les mêmes hésitations que moi. (…) Dix ans : je me suis imposé de tripler ce délai. (…) L’interdit m’a longtemps retenu. Souvent, j’ai commencé à transcrire mes carnets. Bien vite, trois fantômes surgissaient : un aide de camp, un ancien ministre, une femme de chambre. Trois épisodes qui me faisaient l’effet d’un avertissement d’outre-tombe. Ma main tremblait ; et je cassais ma plume. Je ne l’ai pas reprise sans que fût éteinte la prescription trentenaire. » (Alain Peyrefitte, 1994).

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L’homme d’État Alain Peyrefitte est mort à Paris il y a vingt ans, le 27 novembre 1999, à l’âge de 74 ans (il est né le 26 août 1925 près de Rodez). Alain Peyrefitte fut le symbole de la méritocratie républicaine : fils de deux instituteurs, normalien, énarque (3e au classement de sortie), diplomate (il a commencé en Allemagne aux côtés de Jean-François Deniau et André François-Poncet), il fut également un écrivain très lu et reconnu pour ses deux essais, "Le Mal français" (1976) et "Quand la Chine s’éveillera" (1973) qui ont fait date dans la réflexion politique. Son talent littéraire fut d’ailleurs honoré par son élection à l’Académie française le 10 février 1977 au fauteuil de Paul Morand. Éditorialiste, il présida également le comité éditorial du quotidien "Le Figaro" dans les années 1980, en pleine victoire du socialo-communisme.

Mais l’action publique d’Alain Peyrefitte fut surtout caractérisée par son engagement politique à partir du gaullisme triomphant, en 1958, avec un itinéraire politique qui l’a hissé parmi les personnalités qui ont compté dans la vie politique, devenant même premier-ministrable deux fois, en 1979 puis en 1986 pour une cohabitation dont il avait tracé les contours non conflictuels l’année précédente dans "Encore un effort, monsieur le Président". Il a probablement eu le regret de ne jamais avoir été nommé, comme il l’aurait rêvé, Ministre des Affaires étrangères.

Implanté localement en Seine-et-Marne, dans la ville de Provins dont il fut le maire pendant trente-deux ans, de 1965 à 1997 (Christian Jacob y fut son véritable héritier politique), député réélu de 1958 à 1981 et de 1982 à 1995 (il n’échoua qu’une seule fois, en juin 1981, et encore, l’élection fut annulée et l’élection partielle de février 1982 lui "redonna" son siège), sénateur de 1995 à 1999, il a eu un poids politique important dans le paysage politique français, faisant partie des barons du gaullisme que bousculait fréquemment Jacques Chirac à la fin des années 1970.

Sa longue carrière ministérielle a commencé à l’âge de 36 ans. Alain Peyrefitte fut effectivement ministre à de très nombreuses fois, sous trois Présidents de la République (De Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing) et sous trois Premiers Ministres (Georges Pompidou, Pierre Messmer et Raymond Barre), du 14 avril 1962 au 28 mai 1968, du 5 avril 1973 au 28 mai 1974 et du 30 mars 1977 au 22 mai 1981. Bien que gaulliste, il a soutenu dès le premier tour de l’élection présidentielle de 1981 la candidature de Valéry Giscard d’Estaing, au nom du légitimisme régalien.

Parmi les responsabilités ministérielles marquantes, la Justice sous Giscard d’Estaing (avec l’adoption et la promulgation de la loi Sécurité et Liberté le 2 février 1981), l’Éducation nationale (en pleine tempête de mai 68), la Recherche (il a lancé le programme de dissuasion nucléaire français), la Culture et l’Environnement, mais il a été étiqueté au fer rouge avec l’Information, comme Ministre de l’Information de De Gaulle. En le nommant à ce poste, Georges Pompidou lui conseilla de ne pas chercher à imiter André Malraux, mais plutôt Claude Mauriac.

À la fin de sa vie, Alain Peyrefitte a entrepris de publier ses notes personnelles sur ses très nombreux entretiens en tête-à-tête avec le Général De Gaulle. En effet, il a pu rencontrer environ trois cents fois De Gaulle dans l’intimité de la discussion (De Gaulle lui avait donné son accord pour prendre des notes). Cela a donné les trois tomes de "C’était De Gaulle" (sortis chez De Fallois et Fayard en 1994, 1997 et 2000, réédités en un seul volume chez Gallimard en 2002) où il inséra également ses notes des conseils des ministres.

Dans son prologue, Alain Peyrefitte a insisté pour remettre les citations de De Gaulle dans le contexte des événements de l’époque, de l’actualité du moment, mais sans les modifier : « Je me suis refusé à censurer : il faut reproduire les paroles de De Gaulle avec leur brutalité, leur familiarité typiquement militaire de leur forme, dès lors que l’on entend le faire revivre tel qu’il était. Si j’ai dû sacrifier à une part importante de mes notes, qui auraient demandé au moins six ou sept volumes pour être publiées intégralement, je l’ai fait en éliminant nombre de répétitions pures et simples. ». En revanche, il n’a pas retranscrit les mots cruels de De Gaulle sur des personnes bien identifiées : « Il en était pourtant prodigue. (…) Je prends le risque de nuire à la vivacité de mes récits, plutôt que de susciter des chagrins inutiles. ».

Alain Peyrefitte, De Gaulle

Je propose ici une conversation qu’Alain Peyrefitte a eue avec De Gaulle sur les communistes. La question était : fallait-il s’allier avec les communistes à partir de 1941 ? L’entretien a eu lieu vingt et un ans plus tard.

De Gaulle, qui s’ennuyait dans ses trajets en train (il ne pouvait pas lire car sa vue se fatiguait trop vite avec les secousses), aimait discuter en tête à tête avec les ministres qui l’accompagnaient dans un déplacement en Province. mais sans chercher à alimenter la conversation, si bien que la perspective de ce type d’entretien provoquait une certaine angoisse des ministres,celle de se retrouver avec un long silence devant le Général.

Ainsi, dans le train qui a quitté Limoges, le 20 mai 1962, pour rentrer à Paris, De Gaulle parla à Alain Peyrefitte des inconvénients et des avantages de rassembler les communistes dans la Résistance.

Inconvénients : « Vous savez, j’ai longtemps pesé le pour et le contre. Je voyais bien que ça comportait plus d’un inconvénient. Je risquais de revigorer [les communistes], alors qu’ils s’étaient déshonorés en 39-40. Il y avait ceux qui s’étaient solidarisés avec Moscou après le pacte germano-soviétique ; ils avaient été rejetés par la nation et même déchus de leurs mandats parlementaires par la Chambre du Front populaire. Il y avait ceux qui s’étaient désolidarisés de Moscou, mais qui avaient ensuite flirté avec Pétain. (…) Et puis, je risquais de faire peur aux modérés, qu’il fallait bien rallier au gouvernement provisoire, même s’ils avaient soutenu Pétain. Il fallait que la Libération soit un élan d’union nationale. La droite nationale risquait d’être effarouchée par cette alliance d’opportunité. ».

Avantages : « Mais en face, les avantages étaient tellement plus importants ! Nous allions pouvoir unifier la Résistance. Nous allions éviter que des maquis rivaux se combattent. Nous allions coordonner les actions au moment de la Libération. Nous allions instaurer notre autorité à mesure que les troupes alliées avanceraient. Nous pourrions faire rentrer les communistes dans le rang, s’ils avaient des velléités de rébellion. Nous allions posséder une carte maîtresse en face des Américains. Nous allions pouvoir tenir l’équilibre entre les alliés de l’Ouest et ceux de l’Est. (…) Si je n’avais pas tendu la main aux communistes, y compris Thorez, bien qu’il ait mérité le poteau, nous n’aurions pas évité la formation de milices, nous n’aurions pas réussi l’amalgame des combattants de l’intérieur et de l’extérieur. Et si Thorez n’avait pas appelé les travailleurs à retrousser les manches, nous n’aurions pas relevé nos ruines comme nous l’avons fait. Croyez-moi, il ne faut rien regretter ! ».

Ce petit commentaire de De Gaulle explique ainsi pourquoi il a intégré les communistes au Conseil national de la Résistance (CNR) et pourquoi son programme était donc très audacieux socialement. Programme qu’avait approuvé même des personnalités comme Joseph Laniel, du centre droit libéral, qui expliqua que son approbation visait à ne pas rompre l’unité nationale malgré son désaccord politique.

Et De Gaulle de continuer à expliquer à son ministre de l’information : « Voyez-vous, un bon communiste reconnaît deux patries : la France et l’Union Soviétique ; et même, quand les intérêts des deux sont contraires, il est souvent tenté de préférer la seconde à la première, comme l’a fait Thorez en désertant. Mais depuis l’invasion de la Russie par Hitler, il n’y avait plus pour eux qu’un combat. Et ils se battaient sérieusement. Ils auraient même été probablement les seuls, si nous n’avions pas pris les devants un an plus tôt, et si nous n’avions pas formé les réseaux gaullistes. Alors ! Ils méritaient bien qu’on leur accorde une présomption de patriotisme. ».

De Gaulle avait une confiance totale en Jean Moulin et il considérait qu’il avait contenu efficacement la poussée communiste sous l’Occupation dans la perspective de la Libération : « Il l’a contenu ! Justement parce qu’il avait la réputation d’être un préfet de gauche, et même proche des communistes, justement parce qu’il avait été directeur du cabinet de Pierre Cot, il ne pouvait pas être récusé par eux. Sa mission était de les réintégrer dans la communauté nationale. Il était le meilleur pour ça. Il a été droit comme un i. Ce n’est pas un préfet de droite comme Bollaert qui aurait pu réussir dans cette tâche. C’est Moulin, plus que tout autre, qui a permis de faire entrer les communistes dans l’organisation de la France combattante et donc, de les contrôler. Sans le CNR, il n’y aurait pas eu une Résistance, il y aurait eu des résistances. À la Libération, il n’y aurait pas eu un peuple rassemblé, mais un pays éclaté. On n’aurait pas empêché les communistes de tenir des morceaux de territoire. Voyez ce qui s’est passé en Yougoslavie ou en Grèce. Ca se serait passé aussi chez nous. Dans le Limousin, justement : et pas seulement là. ».

Avec cette réflexion, on peut se rendre compte à quel point De Gaulle était clairvoyant et anticipait les problèmes futurs pour mieux les éviter ou les contourner. C’est aussi intéressant d’avoir la confirmation, dès 1962, que Jean Moulin n’était évidemment pas un agent soviétique, rumeur balancée par Henri Frenay en 1978, ce qui obligea celui qui fut le secrétaire de Jean Moulin de sortir de son silence et de devenir un grand historien de la Résistance, à savoir Daniel Cordier.

Pour conclure sur ce sujet d’une alliance avec les communistes dans la Résistance, De Gaulle a eu ces phrases qui pourraient s’appliquer à tous les problèmes majeurs comme guide de réflexion : « Voyez-vous, il faut toujours se demander : quel est l’intérêt supérieur de la France ? Les choses alors se simplifient. ». Pour terminer ainsi : « Pendant la guerre, le doute n’était pas permis. La Résistance était nécessairement très minoritaire, compte tenu des circonstances ; elle ne pouvait s’offrir en outre le luxe d’être divisée. ».

Ce petit échantillon est très significatif des confidences de De Gaulle rapportées par Alain Peyrefitte. Elles donnent des éléments de compréhension essentiels pour appréhender l’action historique de De Gaulle tout au long de sa vie publique. Alain Peyrefitte, au moindre entretien, et il en avait beaucoup comme ministre de l’information car il devait l’accompagner à tous les voyages en province, il a su faire fructifier son privilège d’avoir l’occasion de discuter avec De Gaulle en posant les bonnes questions, en lui demandant de confirmer, de démentir certaines interprétations, voire en le titillant si nécessaire pour le faire sortir de ses retranchements verbaux.

C’est en cela que ces notes d’Alain Peyrefitte ont un grand intérêt historique. Pas de les avoir simplement retranscrites, mais avant tout, d’avoir suscité cette substance riche et dense auprès du grand maître (je rappelle qu’Alain Peyrefitte, en 1962, n’avait que 36 ans). En quelques sortes, pendant au moins quatre ans, Alain Peyrefitte a été le psychanalyste politique de De Gaulle. Quant aux communistes, ils n’avaient pas à rougir de la considération que De Gaulle avait d’eux…


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (23 novembre 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Alain Peyrefitte.
Le diplomate académicien du gaullisme triomphant.
Général De Gaulle.
Jacques Chirac.
Maurice Druon.
Robert Boulin.
Alain Devaquet.
Hubert Germain.
L’amiral François Flohic.
Maurice Schumann.
Maréchal Leclerc.
L’appel du 18 juin 1940.
Le gaullisme politique.
Pierre Messmer.
Georges Pompidou.
Jacques Chaban-Delmas.
Yves Guéna.
Edmond Michelet.
Jean Foyer.
Michel Debré.
Jean-Marcel Jeanneney.
Olivier Guichard.
Robert Galley.
Jean Charbonnel.
André Malraux.
Pierre Bas.

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14 réactions à cet article    


  • Laulau Laulau 27 novembre 2019 16:47

    « C’est en cela que ces notes d’Alain Peyrefitte ont un grand intérêt historique »

    Les notes de ce Monsieur ne sont pas des documents historiques mais une réécriture de l’histoire qui conviennent à ses propres opinions.


    • Laulau Laulau 27 novembre 2019 17:00

      @Laulau
      pardon il faut lire : "de l’histoire qui convienne.

      "

      C’est marrant, pour Peyrefitte, quitter la France pour Moscou mérite le poteau, tandis que pour Londres, c’est de l’héroïsme.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 27 novembre 2019 17:06

      @Laulau

      et pour Washington, c’est une simple promotion.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 27 novembre 2019 22:07

      @Sharpshooter - Snoopy86

      Et Sartre et Simone sont allés visiter Rome dans les trente sur invitation du Duché. Lol


    • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 28 novembre 2019 01:45

      @Sharpshooter ( incapable de dire contre qui)

      De Gaule comme Thorez n’ont pas trahi leur camp respectif.

      De Gaule celui de la Bourgeoisie et Thorez celui du prolétariat, pour chacun il s’agit de la lutte des classes. Seulement, comme tout le monde le sait, la Bourgeoisie ne met jamais ses oeufs dans le même panier... on ne sait jamais. Si le fils de de Gaule s’appelle Philippe,...c’est pour témoigner son appréciation envers Pétain dont les acquaintances fascistes étaient déjà connues par de Gaule au moment du baptême de son fils. De Gaule a gracié Pétain, et fait venir des serviteurs fascistes dans ses gouvernements.

      Dans un sens c’est de Gaule qui a trahi son camp, et c’est bien, mais au moment où la défaite était déjà assurée tant elle était prévue d’avance. De Gaule en bon serviteur de la haine du peuple et du « communisme » avait déjà participé en tant que Colonel à la lutte contre la jeune URSS en 1921, avec des crimes sur les territoires de l’URSS en 1921 dans une guerre déclenchée par la Pologne. Il s’est bien gardé de trahir son camp à ce moment. L’URSS à la faveur du pacte de non agression a récupéré ses territoires qu’elle avait céder après les accords de Brest Litovsk.

      Thorez a toujours été jusqu’à sa mort dans le camp du prolétariat, il en n’a jamais fait mystère. Mais pour les marxistes la dichotomie fondamentale n’est pas entre des pays, mais entre les 2 principales classes sociales au niveau mondiale. La Bourgeoisie et le Prolétariat mondial. Dans un parti interdit, pourchassé, non par les nazis mais par le gouvernement français franchement déjà fasciste, comme les pseudo socialistes, les cadres communistes dans la clandestinité ont certainement cru agir dans les intérêts du prolétariat en se rangeant du côté de l’URSS, qui a toujours été la cible réelle de cette 2GM et ses préparatifs depuis la prise du pouvoir par les bolcheviks en 1917.

      Quant à Sharpshooter, il est de toute évidence dans le camp des faux cul, dans une lutte de classe qu’il fait semblant d’ignorer mais en étant toujours dans le camp des criminels de classe.

      Ce faux cul sait pertinemment que le PCF était interdit depuis le 26 septembre 1939 des lors IL NE PEUT AVOIR TRAHI le 3 octobre 1939, puisque en tant que premier secrétaire du PCF il SE DEVAIT de se mettre à l’abri devant les CRIMINELS que soutient ce soit disant Sharp Shooter, faux cul de première, qui shoot toujours contre les communistes. Thorez a simplement coupé l’herbe sous le pied des crapules fascistes qui gouvernaient la France sous le mot d’ordre Hitler plutôt que le front populaire.

      D’ailleurs, à ce jour , il n’y a toujours pas un raisonnement impartial et légitime pour justifier cette interdiction du PCF, alors qu’il fut quasi le seul en tant que parti qui a gardé son honneur devant le DÉCLENCHEMENT de la 2GM contre l’URSS par une bande de criminels lors des accords de Munich.

      L’utilisation du mot trahison à l’égard de Thorez, et certainement un indicateur d’imbécillité anticommuniste de ceux qui usent cette calomnie. Mais on ne peut exiger d’un anticommuniste d’être intelligent, je le reconnais. 


    • Eric F Eric F 1er décembre 2019 23:55

      @MAUGISMICHEL
      « Si le fils de de Gaule s’appelle Philippe,...c’est pour témoigner son appréciation envers Pétain » 

      ...c’est une légende
      Le grand-père du général de Gaulle s’appelait Julien Philippe de Gaulle, et le beau-père du général s’appelait Jacques Philippe Vendroux, la tradition était souvent dans les familles de reprendre les prénoms des aïeux (du reste je l’ai appliqué pour mes enfants), ce qui explique le prénom de Philippe de Gaulle.
      Idem pour les parrains, la tradition est souvent que ce soit un oncle, le parrain de Philippe était son oncle X̤a̤v̤i̤e̤r̤ (frère de Charles). Le prénom complet de l’amiral est : Philippe (arrière grand père P, grand père M) Henri (grand père P) X̤a̤v̤i̤e̤r̤ (oncle/parrain) Antoine

      on peut suivre les liens généalogiques
      https://gw.geneanet.org/garric?n=de+gaulle&oc=0&p=charles


    • Jonas 28 novembre 2019 07:08

       Charles de Gaulle , l’homme visionnaire !

      (...)

      -A.P — Pourquoi n’avez-vous jamais utilisé ce terme ? ( Intégration )

      C.de Gaulle  Parce qu’on a voulu me l’imposer ,et parce qu’on veut faire croire que c’est une panacée . Il ne faut pas se payer de mots ! C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes , des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité . Sinon , la France ne serait plus la France.  Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche , de culture grecque et latine et de religion chrétienne.

      « Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! Les musulmans , vous êtes allé les voir ? Vous les avez regardés , avec les turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri , même , s’ils sont tous savants ( il doit penser à Soustelle) Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre . Agitez la bouteille . Au bout d’un moment , ils se sépareront de nouveau . Les Arabes sont des Arabes , les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions er après-demain quarante ? 

       » Si nous faisions l’intégration , si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole , alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village se s’appelait plus Colombey-le-deux-Eglises , mais Colombey-les-deux-mosquées ! (C’était de Gaulle I. Alain Peyrefitte) 

      Q’aurait dit de Gaulle , s’il avait assisté , aux prières dans les rues de France , le voile et les cris d’Allah Akbar ? 


      • Captain Marlo Fifi Brind_acier 28 novembre 2019 21:32

        @Jonas
        De Gaulle a été contraint par la situation, et l’importance du Parti Communiste, d’accepter d’importantes mesures sociales dans le programme du CNR, au grand dam du patronat, qui ne rêve depuis 1945 que de voir disparaître cette horreur bolchévique, comme dirait Spartacus !
        .
        Mais de Gaulle avait bien conscience que le modèle social français, coûtait « un pognon de dingue », comme dirait qui vous savez, et que l’étendre à la population algérienne, avec l’économie en reconstruction des années 50/60, ce n’était pas possible. Ou du moins, le pensait-il ainsi.
        .
        Qu’en bon catholique, il n’ait pas souhaité que les musulmans deviennent français, ce n’est guère étonnant de sa part... , mais ce n’était pas la seule raison. Il y avait encore tout l’empire colonial français, et s’il fallait financer la même chose partout, cela aurait ruiné les finances publiques...
        .
        Ceci dit, je conseille aux curieux de l’histoire de France, la lecture du livre de Peyrefitte. On y découvre un de Gaulle à l’intelligence supérieure, refusant de vendre le pays comme tant d’autres l’ont fait par la suite, pour un plat de lentilles...Et on découvre toutes les réformes qu’il faites, et les obstacles qu’il a rencontrés.
        .
        Comme il n’avait que des ennemis, qui eux voulaient vendre la France, les uns aux Russes, les autres aux Américains, on nous a beaucoup menti sur de Gaulle.
        La lecture de ce livre remet un peu les pendules à l’heure.


      • Jonas 29 novembre 2019 09:26

        @Fifi Brind_acier

        Bien sûr , qu’il faut lire les trois tomes de « C’était de Gaulle » pour appréhender la vision du grand homme , mais il faut lire également l’auteur , et ses analyses pertinentes , « Le mal Français » et surtout « La société de confiance » dans lequel il traite les différents blocages que la société Française rencontrent encore aujourd’hui,( 2019) sa défiance entre les mentalités figées , de ceux qui sont accrochés à leurs privilèges acquis dans une société qui ne ressemble plus à celle du passé et les difficultés que rencontrent ceux qui cherchent à faire évoluer ces mentalités et à réformer la France. La France de 2019 , n’a strictement rien à voir avec celle de 1945 et au programme de CNR. 
         Peyrefitte est un grand intellectuel égaré en politique. 


      • Captain Marlo Fifi Brind_acier 29 novembre 2019 12:01

        @Jonas
        La France de 2019 , n’a strictement rien à voir avec celle de 1945 et au programme de CNR. 

        Dans vos rêves ! Ce n’est ni ce que disent les Gilets jaunes, ni les Français !
        Ils sont nombreux à rester attachés aux acquis sociaux du CNR, aux services publics, et à la solidarité nationale.
        .
        Ce qui a changé, ce sont les Traités qui ont bousillé le pays, et supprimé la démocratie. Et là aussi, une majorité de Français trouvent que c’était mieux avant, à tel point que s’ils pouvaient revoter sur Maastricht et Lisbonne, ils voteraient contre  ! Et ils sont seulement 29% à voir de l’espoir dans l’Europe !


      • Jonas 1er décembre 2019 16:07

        @Fifi Brind_acier
        Il est tout à fait normal, qu’un certain nombre de Français soit attaché , aux avantages acquis à une certaine époque. Mais c’est le devoir des hommes politiques au pouvoir de prendre le temps pour faire de la pédagogie en réunissant , les organisations syndicales , les professionnelles des diverses professions , les fonctionnaires , les partis politiques , etc , et de leur expliquer , que la France de 2019, n’a plus les moyens , ni les industries de l’époque , qui employaient des millions de personnes , mines, industries textiles, hauts fourneaux , constructions navales etc. 
         
        Les Français sont conscients , que l’on ne peut pas passer plus de temps de sa vie à la retraite , que celui qui avait été consacré au travail. Grâce aux progrès de la médecine , l’hygiène , la qualité de la nourriture , on vit plus longtemps. La France compte déjà plus de centenaires que les pays de l’OCDE. Par ailleurs , à l’époque du CNR, il y avait 3 personnes qui travaillaient pour un retraité, aujourd’hui , c’est l’inverse. A l’époque du CNR, c’était la construction de la France , il fallait aller vite , aujourd’hui nous sommes en vitesse de croisière. C’est l’innovation , la recherche et les découvertes qui pourront aider la France à maintenir son niveau. 

        Grâce a ma profession , les Français , pas tous , que je rencontre à l’étranger , en vacances où en visite pour quelques jours du pays , des musées , sont des retraités , heureux et en pleine forme. Ils le méritent cela ne se discute pas , mais , aujourd’hui c’est différend. Une personne qui commence à travailler a 14 /15 ans et une autre qui a fait des études ,jusqu’à 25 , 27 ans , ne peut pas avoir la retraite au même âge. 
         

        La solidarité nationale c’est l’équité . De tous les pays de l’OCDE , la France est la plus solidaire , c’est en France , où il y a les taux de prélèvements les plus élevés , comme de distribution.

        Avant c’était les bateaux à voile et les lampes à pétrole et pour les cheminots , il faut se replonger dans « Germinal » de Zola , sans parler de l’alcoolisme , des nombreuses maladies , de l’analphabétisme de la mort des enfants en bas âge. Les voyages en avion étaient réservés a des privilégiés , comme la possession de voiture, et toutes sortes de commodités . Non ce n’était pas mieux avant. 
         


      • Eric F Eric F 2 décembre 2019 09:40

        @Jonas
        La vision à l’époque de la décolonisation était que chaque peuple est souverain dans son pays autour de son histoire et ses traditions, il était alors cohérent que ce qui valait pour les Algériens en Algérie vaille aussi pour les Français en France.
        Les temps ont changé, et il s’est progressivement établi un brassage mondial des populations et des cultures, non pas seulement l’aspect migratoire, mais les gens voyagent et la culture mondialisée est véhiculée par les média et internet.
        De Gaulle a évolué entre l’époque de sa jeunesse qui exaltait l’empire colonial, et celle de son âge plus avancé où s’opérait une dynamique continentale. Il aurait certainement évolué avec notre époque de dynamique planétaire, en gardant en vue l’intérêt national comme prépondérant.


      • robert 29 novembre 2019 18:53

        ah celui là ! il m’a fait super rire avec son livre « quand la chine.... »

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