• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Bernard Debré, le franc-parler du médecin ministre
#72 des Tendances

Bernard Debré, le franc-parler du médecin ministre

« De l’hôpital à la politique, Bernard Debré fut toute sa vie un homme d’action. Les Français perdent un engagé qui, en héritier du gaullisme, n’hésitait jamais à sortir des cadres et à dire le vrai dès qu’il s’agissait de l’intérêt du pays. Pensées à sa famille et à ses proches. » (Emmanuel Macron, le 13 septembre 2020 sur Twitter).

Bernard Debré

Médecin et parlementaire, mais plus médecin que parlementaire, car il n’a jamais eu de "langue de bois", son parler crû pouvait d’ailleurs lui nuire, du moins politiquement, et paradoxalement, il fut ministre avant son frère qui était beaucoup plus politique que lui. L’ancien ministre et urologue réputé, le professeur Bernard Debré, qui vient de mourir ce dimanche 13 septembre 2020 d’une sale maladie à quelques jours de ses 76 ans (il est né le 30 septembre 1944 à Toulouse), était issu d’une grande famille républicaine qui a donné quelques figures marquantes.

Lui-même médecin et homme politique fut à la croisée des chemins de son père Michel Debré (1912-1996), premier Premier Ministre de De Gaulle comme ce dernier aimait le clamer, et auteur de la Constitution de la Cinquième République, et de son grand-père, le professeur Robert Debré (1882-1978), grand médecin qui a été le pionnier de la pédiatrie moderne. Son frère jumeau (faux jumeau) Jean-Louis Debré a eu lui-même une grande carrière politique comme Ministre de l’Intérieur, Président de l’Assemblée Nationale et Président du Conseil Constitutionnel ("gardien du temple de papa"). À eux, on peut aussi ajouter leurs oncles Claude Debré (1913-2015), médecin, et Olivier Debré (1920-1999), peintre réputé (connu pour ses œuvres relevant de l’abstraction lyrique) et dont un fils Patrice est aussi un médecin (immunologiste).

Mais il y aurait une vraie injustice à vouloir présenter Bernard Debré d’abord comme le fils de son père, voire le petit-fils de son grand-père, et même, le frère de son frère. Il l’est, certes, mais il est d’abord lui, avec son mérite personnel et sa personnalité bien trempée.

La carrière universitaire du professeur Bernard Debré fut prestigieuse, il était ce qu’on appelle encore aujourd’hui un mandarin, il était à la fois médecin (praticien), universitaire (enseignant) et chercheur, spécialisé dans l’urologie, et par conséquent, également chirurgien. Il fut chef du service d’urologie à l’hôpital Cochin et à ce titre, il a supervisé les opérations de la prostate du Président François Mitterrand atteint d’un cancer (il n’a pas lui-même opéré). On pouvait être membre de l’opposition et tout faire pour que son "adversaire suprême" fût le mieux soigné possible, bien sûr.

_yartiDebreBernardB03

Bernard Debré aurait d’ailleurs conseillé à François Mitterrand d’aller jusqu’au bout de son second septennat. Dans son livre "Un homme d’action" (éd. Stock) sorti le 29 octobre 2015, il a en effet affirmé qu’après la seconde opération le 16 juillet 1994, François Mitterrand lui a dit : « Je suis fatigué, j’en ai assez, je n’en peux plus. Je vais démissionner. ». Mais Bernard Debré lui a répondu : « Ne faites surtout pas ça ! Si vous arrêtez de travailler, vous allez mourir ! Continuez à faire de la politique, à nous ennuyer, nous, votre opposition ! C’est ce qui vous maintiendra en forme… ». Je me souviens qu’à l’époque, il y avait de fortes rumeurs de démission et René Monory, le Président du Sénat, se préparait à assurer l’intérim présidentiel.

Pour ses qualités de médecin, Jacques Chirac, puis Nicolas Sarkozy l’ont nommé membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) de 1986 à 1988, puis de mars 2008 à sa mort. Selon Matthieu Deprieck de "L’Express" le 12 octobre 2013 : « Seul Bernard Debré, député UMP de Paris et urologue reconnu, se vante d’avoir opéré des collègues parlementaires, "une cinquantaine, de droite comme de gauche". ».

La vie politique de Bernard Debré a été un peu plus chaotique. Il a commencé sa carrière politique en étant élu député RPR en mars 1986 au scrutin proportionnel dans le département d’Indre-et-Loire où son père, Michel Debré, par ailleurs député de La Réunion, fut maire d’Ambroise de juillet 1966 à mars 1989. Ainsi, entre mars 1986 et mai 1988, trois Debré furent élus députés : Michel et ses deux fils Jean-Louis et Bernard pour lesquels ce fut le premier mandat.

_yartiDebreBernardB02

En juin 1988, Bernard Debré chercha donc à s’implanter localement dans la circonscription Tours-Amboise en Indre-et-Loire. Il fut réélu ainsi député le 12 juin 1988, mais de justesse, avec 51,0%, et encore réélu le 28 mars 1993 avec 59,5%, sur son nom (et prénom), au scrutin majoritaire.

Parallèlement, en mars 1989, il se présenta aux municipales d’Amboise, fut élu conseiller municipal d’opposition, puis, fut élu maire d’Amboise en décembre 1992, réélu en juin 1995, jusqu’en mars 2001. En décembre 1992, le maire DVG a en effet dû démissionner après l’implosion de sa majorité en raison d’un projet municipal suscitant de fortes résistances, ce qui a provoqué une élection municipale partielle qui profita à Bernard Debré, devenu le patron de la fédération du RPR d’Indre-et-Loire et soutenu par son père (évidemment) mais aussi par Philippe de Villiers, qui a failli être élu dès le premier tour (avec 48,7% suivi par un autre conseiller général se disant gaulliste avec 28,7%). En mars 2001, en revanche, Bernard Debré fut battu par la liste DVG de Christian Guyon au second tour (au premier tour, il n’avait fait que 38,2%). Bernard Debré fut aussi élu conseiller général de mars 1992 à mars 1994, ainsi que vice-président du conseil général d’Indre-et-Loire, il a succédé dans le canton d’Amboise à son père.

Au-delà de ces péripéties locales, Bernard Debré fut nommé par le Premier Ministre de cohabitation Édouard Balladur dans son gouvernement comme Ministre de la Coopération du 12 novembre 1994 au 11 mai 1995, succédant à Michel Roussin contraint de démissionner pour cause d’affaire judiciaire. Pendant la campagne présidentielle, Bernard Debré a soutenu activement la candidature d’Édouard Balladur tandis que son frère Jean-Louis Debré est resté fidèle à Jacques Chirac. On peut imaginer l’idée curieuse que le chef du service d’un important hôpital parisien qui soignait le Président de la République soit devenu son ministre …et adversaire politique.

Après l’échec à l’élection présidentielle, ce fut sans surprise que Bernard Debré ne fût pas reconduit au gouvernement. En demandant à son suppléant de démissionner de son mandat de député, il a ainsi provoqué une élection législative partielle pour reconquérir son siège (beaucoup de membres du gouvernement sortant ont fait de même), mais il fut battu au second tour le 24 septembre 1995 par le candidat socialiste (49,5% contre 50,5%). Au premier tour le 17 septembre 1995, Bernard Debré n’avait recueilli que 42,8% face à 34,5% au candidat socialiste.

Bernard Debré a été victime, probablement, d’un effondrement de la popularité du nouveau gouvernement dirigé par Alain Juppé. Néanmoins, pas seulement, car ceux des autres candidats à ces élections partielles qui avaient une bonne implantation locale furent largement réélus (Nicolas Sarkozy à Neuilly-sur-Seine, Bernard Bosson à Annecy, Édouard Balladur à Paris, etc.), ce qui montrait la mauvaise implantation locale de Bernard Debré sur une terre pourtant "familiale" (mais comment peut-on être à la fois à l’hôpital, au ministère, dans sa mairie et dans sa circonscription ?).

En juin 1997, Bernard Debré se présenta de nouveau dans sa circonscription d’Indre-et-Loire, mais fut de nouveau battu par le député socialiste sortant avec 47,6% contre 52,4%. Battu deux fois en septembre 1995 et juin 1997 aux législatives, une fois en mars 2001 aux municipales à Amboise, c’est clair que son implantation locale n’a jamais été acquise.

Bernard Debré tenta de faire un "come-back" à Paris même. Et cela en deux temps : il a d’abord cherché à retrouver un mandat de député à Paris, en profitant de la retraite d’un député UDF en fin de parcours. Ensuite, il est parti à la reconquête de la mairie de Paris.

Élu sans discontinuité député du nord du 16e arrondissement de Paris depuis juin 1975, Gilbert Gantier (1924-2011) a démissionné en avril 2004 pour prendre sa retraite. En juin 2002, lors de sa dernière réélection, Gilbert Gantier avait obtenu 53,1% avec l’investiture de l’UDF face à Laurent Dominati, fils de Jacques Dominati (un élu parisien de longue date), investi par l’UMP. Rappelons que l’UMP (fusion du RPR et d’une partie de l’UDF) a été réalisée en avril 2002 et que Gilbert Gantier comme Jacques Dominati, tous les deux adjoints au maire de Paris Jacques Chirac, étaient à l’origine des giscardiens (RI puis PR). Le soutien de l’UDF à partir de 2002 signifiait avant tout le soutien de François Bayrou (candidat à l’élection présidentielle en 2002).

Bernard Debré s’est donc présenté à l’élection législative partielle pour remplacer Gilbert Gantier en candidat "dissident" : Bernard Debré, initialement RPR, fut soutenu par Gilbert Gantier, par l’UDF et par François Bayrou, tandis que son concurrent Laurent Dominati avait l’investiture de l’UMP. Au premier tour le 20 juin 2004, Bernard Debré a réussi son parachutage parisien avec 59,0% des voix contre 20,4% à Laurent Dominati, mais à cause d’une très faible participation (30,6%), il a fallu un second tour qui n’était qu’une formalité. Notons pour l’anecdote qu’à ce premier tour, un candidat se prétendait issu de l’UDF mais n’avait pas le soutien de l’UDF, Marc Stehlin, qui devait être probablement de la famille du général Paul Stehlin (1907-1975), député de la circonscription de juin 1968 jusqu’à sa mort le 22 juin 1975, et son suppléant Gilbert Gantier lui avait ensuite succédé…

Après son élection, Bernard Debré s’est inscrit apparenté au groupe UDF, puisque soutenu par l’UDF et ayant battu un candidat UMP. Cependant, il quitta l’UDF pour rejoindre le groupe UMP en juillet 2005, après la motion de censure votée par François Bayrou contre le gouvernement de Dominique de Villepin. Aux législatives de juin 2007 et de juin 2012, Bernard Debré fut réélu député UMP et ne s’est pas représenté aux élections législatives de juin 2017, permettant à Brigitte Kuster, qui avait été sa concurrente UMP dissidente en 2012 (23,0% au premier tour contre 45,1% à Bernard Debré) d’être élue députée UMP au second tour avec 51,5% contre 48,5% à la candidate LREM (alors qu’au premier tour, la candidate LREM avait eu 46,0% et Brigitte Kuster seulement 36,4%).

En juin 2012, sa circonscription s’est agrandie d’une partie du 17e arrondissement, en plus du nord du 16e arrondissement. Bernard Debré, soutenu par Claude Goasguen et par le suppléant de Françoise de Panafieu, avait présenté sa candidature aux législatives de 2012 dès le 17 juin 2010 sur les terres de Françoise de Panafieu (députée du 17e arrondissement, mais les deux circonscriptions n’en font plus qu’une à partir de juin 2012 !). Lors d’un meeting le 16 juin 2010, Alain Minc, soutien de Françoise de Panafieu, lâchait d’aileurs : « À la grossièreté, Bernard Debré ajoute la bêtise ! ».

En 2004, Bernard Debré avait en outre annoncé qu’il serait candidat à la mairie de Paris (qui avait été conquise par le socialiste Bertrand Delanoë en mars 2001, en battant Philippe Séguin). Non seulement il était candidat, mais il refusait de s’inscrire dans le processus de désignation du candidat UMP qui a abouti à l’investiture de Françoise de Panafieu pour les élections municipales de mars 2008. En fait, Bernard Debré a négocié avec Françoise de Panafieu (qui était députée-maire du 17e arrondissement) pour retirer sa candidature et obtenir en compensation d’être le troisième de liste pour la mairie du 16e arrondissement. Il fut donc élu conseiller de Paris en mars 2008 et le resta jusqu’en juin 2020 (réélu en mars 2014, mais voir plus loin).

Réduisant ses ardeurs, Bernard Debré avait l’ambition d’être maire du 16e arrondissement puisque Pierre-Christian Taittinger avait décidé de prendre sa retraite. Mais l’autre député du 16e arrondissement, Claude Goasguen (1945-2020), voyait les choses autrement puisqu’il fut maire du 16e de mars 2008 à juillet 2017. Voyant le 16e arrondissement "pris", Bernard Debré annonça le 5 novembre 2012 sa volonté d’être élu maire …du 17e arrondissement aux élections municipales de mars 2014. Mais la maire du 17e arrondissement était Brigitte Kuster, sa concurrente aux législatives, depuis mars 2008 (et le resta jusqu’en juillet 2017). Finalement, il s’est retrouvé en deuxième de liste de Brigitte Kuster, si bien qu’il fut réélu conseiller de Paris en mars 2014, mais sur le 17e et plus le 16e arrondissement !

Au-delà du médecin, au-delà du politique, Bernard Debré fut aussi un homme des médias, très présent dans le paysage audiovisuel français, et même dans la presse et aussi dans l’édition (il a publié une vingtaine d’essais ainsi qu’un traité d’urologie en quatre tomes), pour commenter l’actualité, apporter ses idées, alerter sur certaines informations (notamment, avec le pneumologue Philippe Even, le très polémique "Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux", éd. Le Cherche Midi en 2012, qui a valu quelques déboires aux auteurs par l’ordre des médecins).

Ainsi on pouvait l’entendre ou le lire sur RMC ("Les grandes gueules"), à "Valeurs actuelles", sur France 3. Parmi ses sujets, le génocide rwandais, lui qui fut Ministre de la Coopération peu après ce massacre. Les chaînes adoraient l’inviter sur les plateaux de télévision car il ne laissait pas sa langue dans sa poche. Son franc-parler créait toujours quelques remous dans son entourage. Pour terminer cette petite esquisse de Bernard Debré, je propose donc quelques-unes de ses "saillies"…

Le 15 juin 2012, dans une lettre ouverte à Valérie Trierweiller : « En France, l’amour est roi et les nouveaux couples qui se forment, surtout en politique, attirent plutôt la bienveillance. (…) Vous n’avez, Madame, aucune existence légale d’autant plus que vous n’êtes ni mariée, ni pacsée. Que dirait-on d’un Président de la République qui accumulerait les "premières dames" comme on accumule des amies ou des flirts ? (…) Au nom de quoi l’État doit-il s’occuper de votre secrétariat pléthorique ? (…) Il semblerait qu’à la Bastille, lorsque François Hollande a "claqué la bise" sur les deux joues de Ségolène Royal, vous avez exigé qu’il vous embrasse sur la bouche pour montrer la différence de statut ! Cet acte était sinon puéril du moins cruel. Voici maintenant qu’en femme moderne, vous tweetez. Vous avez réussi, par vos bavardages, à ébranler la compagne électorale et à ridiculiser la France. (…) Taraudée par la jalousie. (…) Ce petit tweet de rien du tout a été le révélateur, Madame, d’un malaise que les Français n’osaient pas admettre, qui mélange la faiblesse du Président de la République et la méchanceté de sa compagne. ».

Le 27 juin 2014 sur Sud Radio, à propos du budget de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2012 : « C’est un homme qui est pétulant, plein de vigueur. C’est ça qui donne le danger. Quand il a fait campagne, on lui disait "mais attends Nicolas, Nicolas, on dépasse !". "M’en fous, quoi ! Qu’est que ça veut dire ? Quand je serai élu, quand je serai élu ! Tu veux que je sois pas élu, tu veux que je sois battu ?" (…) Bon, c’était impossible de gérer, donc il était au courant, c’est de sa faute, bien sûr. ».

Au lendemain de la désignation de François Fillon à la primaire LR, dont il était un chaud partisan, Bernard Debré a déclaré le 28 novembre 2016 sur iTélé, à propos de l’appel du candidat Emmanuel Macron à François Bayrou : « C’est un peu pitoyable. Macron, on a l’impression que c’est un peu une sangsue. C’est-à-dire que quand il y avait le premier tour [de la primaire LR], il est apparu quasiment le jour ou la veille en disant : "Je suis là ! je suis là !". Maintenant qu’il y a le deuxième tour, il dit : "Je suis là, ne m’oubliez pas !" (…). Lui, il est tout seul, alors il essaie désespérément d’aller soudoyer, j’allais dire, récupérer quelques voix. C’est un peu triste. ».

Dans "La Nouvelle République" du 4 octobre 2018 (à l’occasion du 60e anniversaire de la Constitution), Bernard Debré a donné son sentiment sur les institutions actuelles : « Modifier la Constitution, c’est un travers français. Dans les autres pays comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne, ça ne change jamais. (…) Il faut que cette Constitution reste un socle, un élément de stabilité. (…) Nous l’avons vue progressivement se transformer, puisqu’elle a subi vingt-quatre modifications depuis 1958 dont certaines totalement stupides, comme le passage au quinquennat. Faire coïncider l’élection présidentielle avec les législatives, ça engendre des raz-de-marée pour le parti du Président élu, ça lui donne encore plus de pouvoirs et on se retrouve souvent avec des députés godillots à l’Assemblée. Ce n’est pas ça, l’esprit de la Cinquième !! ».

Et je termine sur un sujet très grave et très récent, la fin de vie, qu’il vient lui-même, hélas, d’expérimenter dans la souffrance et la maladie. Dans une interview à Atlantico le 8 septembre 2020, Bernard Debré a évoqué l’appel d’Alain Cocq du 4 septembre 2020 qui a cessé cependant sa grève de la faim et de tout traitement la veille (j’y reviendrai peut-être plus tard). Le député de Paris a commenté les pressions sur l’euthanasie : « Les militants de l’euthanasie feignent de ne pas voir ce qui existe déjà pour aider les patients en fin de vie. ».

Il a expliqué : « Ce que l’on a aujourd’hui comme matériel ou possibilité est largement suffisant, lorsque l’on a quelqu’un qui souffre, il faut l’empêcher de souffrir. S’il souffre très fort, il faut augmenter les doses même si cela abrège la vie. Il y a une finalité qui est d’abord l’antalgique. ».

Et de mettre les points sur les i : « Ici, nous sommes dans l’émotionnel, et nous n’allons pas mettre fin à la vie de tous les Alzheimer. (…) Quand quelqu’un est en fin de vie, il faut qu’il puisse rentrer dans un coma artificiel et la loi Leonetti [précisément, la loi Claeys-Leonetti] autorise parfaitement l’administration de produits extrêmement fort allant abréger la vie. Il faut faire extrêmement attention à ce genre de réflexion. Quelqu’un qui a des troubles psychiatriques et affirme vouloir se suicider est une situation extrêmement dangereuse qui ne doit pas être gérée par les médecins. Nous avons fait la loi Leonetti qui est une loi équilibrée qui permet de soulager les douleurs même si cela abrège la vie. (…) Mais la volonté initiale n’est pas de tuer. ».

Et de terminer ainsi : « Le politique n’a pas à se mêler de cela (…). Si cet homme souffre trop, on va lui donner des antalgiques à base de morphine et on va augmenter les doses jusqu’à ce qu’il ne souffre plus, même si cela abrège la vie. Quand quelqu’un est dans un état comateux et qu’il n’y a rien à faire, on le fait rentrer dans un coma profond. ».

On ne pourra pas dire que ses dernières déclarations n’étaient pas mûrement réfléchies. Bernard Debré est mort du cancer le 13 septembre 2020. RIP.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
UMP : le scalpel tranchant de Bernard Debré.
Jean-Louis Debré.
Michel Debré.
Bernard Debré.
Christian Poncelet.
Patrick Devedjian.

_yartiDebreBernardB04
 


Moyenne des avis sur cet article :  2.3/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

44 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 14 septembre 09:26

    Rappelons que c’est Bernard Debré qui, alors que Bertrand Delanoë tentait d’implanter des HLM dans le 16e où l’habitat social est pratiquement inexistant, a qualifié ce type d’immeubles à vocation populaire d’« immondices ». smiley


    • Michel DROUET Michel DROUET 14 septembre 10:14

      @Fergus
      Bonjour Fergus
      Chut ! il ne faut pas parler de ce qui fâche. Maintenant qu’il est mort, on doit le parer de toutes les vertus.
      Même style de nécro que celle de Christian Poncelet qui lui aussi devait être un homme remarquable et à l’abri de toute critique, selon l’auteur.


    • Clocel Clocel 14 septembre 11:52

      @Michel DROUET

      Sûr que ce n’est pas avec la camelote que nous refile Roko que nous allons faire un bon compost...

      Ce sont des déchets ultimes la plupart du temps, des sous-produits de la bourgeoisie, qui a la base était déjà un état de macération de la communauté, une impasse de l’évolution qui fera disparaître l’humanité physiquement, spirituellement, c’est déjà fait.


    • Julien30 Julien30 14 septembre 13:06

      @Fergus
      « Rappelons que c’est Bernard Debré qui, alors que Bertrand Delanoë tentait d’implanter des HLM dans le 16e  »
      Oh le monstre ! Critiquer les inepties de la gauche est un devoir.


    • Fergus Fergus 14 septembre 13:11

      Bernard Debré « a qualifié ce type d’immeubles à vocation populaire d’« immondices ». »

      J’ai évoqué ce scandaleux propos dans un article de 2011 centré sur le type d’habitat dont rêvait ce grand « humaniste » pour le 16e arrondissement :
      Villa Montmorency, le « ghetto du Gotha ».


    • Fergus Fergus 14 septembre 14:30

      Bonjour, Julien30

      Si je comprends bien votre commentaire, vouloir loger des personnes modestes dans des logements sociaux à prix modéré est une « ineptie de la gauche ».

      A moins que vous ne vouliez, comme des Debré ou Goasguen, vouloir protéger les îlots bourgeois de l’Ouest parisien de toute incursion populaire  ? Vous avez raison : ces gens-là parlent fort, n’utilisent pas de couverts à poisson, parlent parfois un français peu académique et, comble de l’horreur, votent mal (comprendre tout sauf LR). On ne saurait être trop prudent !


    • Julien30 Julien30 14 septembre 14:47

      « Vous avez raison : ces gens-là parlent fort, n’utilisent pas de couverts à poisson, parlent parfois un français peu académique et, comble de l’horreur, votent mal (comprendre tout sauf LR). On ne saurait être trop prudent ! »
      Ils votent LR plus que vous ne le croyez et votent surtout de plus en plus pour le RN, ne vous posez pas en protecteur de leurs intérêts : ils très peu partagent vos idées. Ce vote à droite est la preuve que eux non plus pour la plupart ne croient pas trop à ces utopies gauchisantes de mixité sociale à marche forcée.


    • Fergus Fergus 14 septembre 17:33

      @ Julien30

      Vous avez raison, ils votent LR pour une partie d’entre eux. Mais plus encore LFI ou RN, et c’est insupportable pour les paroissiens d’Auteuil ou de Passy. Sans compter leurs manières...

      « mixité sociale à marche forcée »

      Soyez sérieux ! Entre les taux dérisoires de logements populaires dans les arrondissements de l’Ouest (très loin des obligations de la loi SRU) et les taux très élevés dans ceux de l’Est (jusqu’à deux fois les taux imposés par la loi SRU), un minimum de rééquilibrage serait nécessaire. On est très loin de la « marche forcée » (cf. lien).


    • Bernd Rainauer 14 septembre 21:30

      @Fergus

      Bernard Debré avait été élu par les habitants du 16 éme
      Son rôle était de défendre leurs intérêts et leur ressenti ...

      Pensez-vous que les habitants de sa circonscription étaient favorables à la construction d’HLM dans leur environnement ?

      Il a fait son boulot d’élu

      J’aimerais voir comment vous réagiriez si on construisait des barres HLM peuplées d’immigrés black et maghrébins à côté de votre sam’suffit de Dinan

      Vous diriez : not in my backyard


    • Cadoudal Cadoudal 14 septembre 22:51

      @Bernd Rainauer
      Du rififi à l’Élysée ???
      La grogne des prolos indigènes deviendrait préoccupante

      « Je m’en fous des bourgeois, ils voteront toujours pour nous ! »

      « Tu as vu, lance le premier au second, le discours a plu à Eric Zemmour, il a demandé sur CNews qui en était l’auteur ! »

      https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/09/14/a-l-elysee-la-mue-republicaine-du-macronisme_6052101_823448.html

      Pas de quoi émouvoir un réfugié comme Fergus et sa longue expérience du vivre ensemble...

      Il pourrait nous en faire des tonnes sur les petits bonheurs simples de la vie en Nouvelle France...

      C’est pas parce qu’il à fui le paradis progressiste pour se mettre à l’abri des colons qu’il faudrait négliger ses avisés conseils...lol...


    • Fergus Fergus 15 septembre 09:14

      Bonjour, Bernd Rainauer

      « Il a fait son boulot d’élu »

      Non, il l’a bafoué, ce boulot d’élu !

      La loi SRU imposait un taux de logements sociaux de 20 %, taux qui va progressivement passer à 25 % d’ici à 2025. Dans le cas de la capitale, il eût été logique que ce taux s’applique à chaque arrondissement, moyennnant quelques dérogations à la baisse pour les quartiers monumentaux historiques.

      Or, à Paris, le fait est que les logements sociaux sont massivement concentrés dans les arrondissements de l’Est du fait du refus des élus de l’Ouest de se conformer a minima aux obligations de cette loi. Sur ce plan-là, ces élus s’alignent sur les pratiques de Neuilly  l’une des pires villes de France dans ce domaine  où l’on n’entend pas mélanger les serviettes mondaines aux torchons populaires  !

      D’où les « immondices inhabitables » de Bernard Debré.

      Que vous le vouliez ou non, de telles situations et de tels mots sont scandaleux.


    • Aristide Aristide 15 septembre 09:27

      @Fergus

      un minimum de rééquilibrage serait nécessaire

      Et ben oui, comment on aurait fait pour loger l’insoumis immobilier Corbières et sa compagne télévisuelle Garido dans de beaux quartiers. Insoumis mais tout de même pas trop près du bruit et des odeurs. Faut pas déconner ...

      Depuis, le couple a acheté en banlieue proche et anciennement communiste, il faut caser la Garido en manque de visibilité télévisuelle, la mairie lui est passée sous le nez, mais bon l’insoumise est patiente.

      Le logement a été acheté. Oui mais avec une aide pour la rénovation du chauffage habituellement réservée à la réhabilitation du logement précaire. Une condition de de revenus que l’insoumis député à traficoté sur la base de ses revenus de l’année 2 !!!


    • Aristide Aristide 15 septembre 09:32

      @Fergus et Drouet

      Ahh, c’est pas trop dur d’être farpait, parce que moi j’essai mais bon c’est pas tous les jours facile ...


    • foufouille foufouille 15 septembre 09:54

      @Aristide

      c’est vrai qu’il aurait pu acheter dans un quartier muzz avec mosquée mais n-2 c’était la même loi pour tout le monde.


    • Fanny 15 septembre 14:57

      @Fergus

      « Immondices » ? Un simple constat, factuel. Nombre de logements sociaux ont été saccagés, les entrées d’immeubles sentent l’urine, les caves sont défoncées … Se scandaliser du monde réel, ou de ceux qui le nomment ?

      Les riches du 16 ème ne veulent pas des immigrés originaires d’Afrique ? Ça tombe bien car les immigrés d’origine africaine ne veulent pas vivre avec les bourgeois du 16ème.

      Dans mon enfance, la loi de 48 faisait qu’un ingénieur pouvait habiter sur le même palier qu’un conducteur de PL dans un des plus beaux quartiers de Paris. L’ingénieur et le routier se saluaient courtoisement, leurs enfants jouaient ensemble. Les combats de rue avec mortiers et cocktails molotov n’étaient pas encore à la mode. Tout ça, c’est fini, avec le recul et la disparition de la loi de 48. L’ingénieur est parti dans une banlieue chic car les 50 m2, c’était devenu trop juste (sans salle de bains, sans ascenseur c’est plus possible). Le routier a pu s’acheter un petit pavillon dans une banlieue lointaine. Leurs appartements parisiens sont maintenant occupés par de jeunes cadres célibataires, ou des femmes mures divorcées.

      Les discours de curé ou prétendument de gauche, récusant le réel, n’apportent aucune solution, qu’elle soit de gauche ou de droite : ces discours ne font que dégrader encore une réalité déjà dégradée.


    • foufouille foufouille 15 septembre 15:32

      @Fanny

      Seul un petit nombre est crados et c’est récent.


    • foufouille foufouille 15 septembre 15:35

      @Fanny

      Oui, le bourgeois veut bien des pauvres mais assez débile pour se passer de WC, etc et six étages à pieds en bon tordus.


    • Fanny 15 septembre 16:32

      @foufouille
      juste 5 étages sans ascenseur, et WC adjacents à la cuisine. L’apprenti bourgeois était heureux, et le voisin routier également.


    • foufouille foufouille 15 septembre 16:44

      @Fanny

      certains avait le wc sur le palier et commun à l’étage ce qui existes toujours.

      même hors de prix pour certaines annonces avec douche sans séparation de nos jours.

      j’ai aussi vu un jugement interdisant l’extension de l’ascenseur aux chambres de bonnes du 6° .........


    • Fanny 15 septembre 16:53

      @foufouille
      L’installation d’ascenseurs dans les immeubles parisiens du XIXème siècle, très encouragée par les décisions de justice, a eu un effet désastreux sur la santé cardio-vasculaire des Parisiens. Sans compter que cela les a privés du « meilleur moment » (c’est « quand on monte l’escalier »).


    • foufouille foufouille 15 septembre 16:59

      @Fanny

      non car l’ascenseur existait bien et les chambres de bonnes ont un escalier à part.


    • Fanny 15 septembre 19:00

      @foufouille
      pour les apparts sur avenue, mais pas sur cour.

      Parfois, le bâtiment sur cour est relié au bâtiment sur avenue à l’étage sup, celui des chambres de bonnes. Donc les deux montées d’escalier communicantes via un couloir, celle sur avenue avec ascenseur, et celle sur cour sans ascenseur. Mais les bourgeois de l’escalier sur avenue n’ont jamais autorisé qu’un petit bourgeois de l’escalier sur cour emprunte leur ascenseur, même avec handicap. Faut pas déconner quand même : c’est qui qui paye ?!


    • stef 17 septembre 22:22

      @Fergus
      Et alors il n’avait pas complètement tort
      Le 16 è n’est plus ce qu’il était ce qui nuit à l’image de Paris

      Si Paris est tant adulé aujourd’hui c’est par ses quartiers chics , sa Tour Eilfel et sûrement pas pour les tours hlm 


    • Fanny 18 septembre 13:44

      @Fanny

      En matière de « vivre ensemble » à tout prix, envers et contre tous, les Chinois font beaucoup plus fort que nos députés et leur loi des 25% de logements sociaux : ils imposent carrément aux familles Ouïgours de recevoir des Chinois de l’ethnie majoritaire han chez eux, comme invités pour une semaine de vie commune chaque mois (éditorial LeMonde du 18/09). Donc pas les minoritaires imposés chez les majoritaires (démocratie), comme chez nous, mais l’inverse pour intégrer les minoritaires plus efficacement (dictature).

      A quand Mmes Royal, Hidalgo, Bachelot … MM Hollande, Sarkozy, Philippe … invités de force dans des familles immigrées de Seine Saint Denis pour un stage de quelques semaines ? Sûr que Mme Bachelot prendrait goût à fumer des joints, en lisant le Coran, et que leurs hôtes seraient initiés à la lecture de Montaigne, Pascal, Rabelais, Descartes …. Pas si bêtes, les Chinois.


    • troletbuse troletbuse 14 septembre 10:47

      Une chose qur Rototo n’a pas dit (volontairement ?) et dont je me souviens.

      En 2009, il avait qualifié la grippe H1N1 de grippette et il avait bien raison. Mais c’était pas bien pour la Bachelot qui a acheté quand même des millions de vaccins (un petit conflit d’intérêt, non ?) C’est bizarre comme l’histoire bégaie grâce à tous nos mougeons.


      • ETTORE ETTORE 14 septembre 12:18

        Il commence sérieusement à faire concurrence à ROC ECLERC, le Rakoto !

        D’ici qu’il grave ses articles dans le marbre......


        • Parrhesia Parrhesia 14 septembre 12:24

          Un article marqué du sceau de la vérité et de l’objectivité !!!

          Article que nous devons aussi, et directement, au regretté Bernard Debré que nous saluons ici tant pour son action professionnelle de toujours que pour son action politique.

          Qu’il repose en paix avec notre respect.


          • Clocel Clocel 14 septembre 12:42

            Au fait ! Qu’est devenu l’entonnoir familial ?


            • jymb 14 septembre 13:03

              Marre de ces articles qui font peu ou prou le panégyrique de gens qui ont plongé la France, années aprés années dans une catastrophe sans nom, pauvre pays segmenté, communautarisé, où il est interdit de plaisanter, rouler, dire la vérité,, où une minorité militante tient d’une main de fer les médias pour asséner en boucle les mêmes mensonges

              ON NE VOUS REMERCIE PAS ! 


              • agent ananas agent ananas 14 septembre 14:51

                Le covid a encore frappé ?


                • troletbuse troletbuse 14 septembre 17:47

                  J’espère que Rototo va sortir un article pour son frère qui vient de mourir également. Ah, l’esprit de famille  smiley


                  • Fergus Fergus 14 septembre 17:54

                    Bonjour, troletbuse

                    Il doit même avoir une nécro toute prête pour Jean-Louis, s’il suivait le chemin de ses deux frérots.


                  • Wald 14 septembre 19:55

                    @Fergus

                    Vous pensez qu’il les prépare à l’avance ? En effet... Il en a une en stock sur VGE, qui a l’air mal portant ? 


                  • Clocel Clocel 14 septembre 19:38

                    A la veille de grandes économies pour le contribuable ?


                    • Michel DROUET Michel DROUET 14 septembre 20:44

                      @ l’auteur

                      Alerte ! Giscard d’Estaing est rentré aujourd’hui à l’hôpital. Préparez votre article !


                      • Aristide Aristide 15 septembre 09:57

                        @Michel DROUET

                        Vous allez peut être vous faire une virginité de nouveau-né avec son affaire des diamants de Bokassa !!


                      • Bernd Rainauer 14 septembre 21:34

                        Les vieilles gôchiasses aiment bien tirer sur les corbillards .... Mais leur tour arrive...

                        J’ai dans mes cartons la nécrologie du gugusse d’extrême-gauche momodérée et celle de Drouet , 40 ans de parasitisme territorial donneur de leçons


                        • Bernd Rainauer 14 septembre 21:37

                          Pour le Waldingo pas de nécro ...Il n’a jamais rien fait de sa pauvre existence qui se résume en un mot : taré 


                        • Wald 14 septembre 23:01

                          @Bernd Rainauer

                          Faut que j’aille me coucher, désolé, j’ai la fac demain. smiley smiley 


                        • Bernd Rainauer 14 septembre 21:38

                          Au passage , lequel d’entre vous pense avoir fait plus pour ses semblables que Bernard Debré ?


                          • Aristide Aristide 15 septembre 10:02

                            @Bernd Rainauer

                            Moi j’en ai un, pas moi, mais Fergus il démontre tous les jours sa perfectitude sur ce forum.
                             


                          • Fanny 15 septembre 02:13

                            Dans un commentaire au précédent article de Rakoto, je lui avais balancé la vacherie suivante :

                            « Dans un challenge particulièrement émouvant, Rakoto tente de se surpasser lui-même, en termes d’alignement « mainstream » et de « politcorrect », à chaque article qu’il publie sur AV. Ici, il touche à la perfection. Il lui reste le sublime, qu’on attend au prochain numéro. »

                            Je la retire, car cette belle nécro. concerne un homme libre, le plus beau compliment que l’on puisse faire à un Français, indépendamment de ses idées politiques.


                            • zygzornifle zygzornifle 15 septembre 13:12

                              Un parasite qui vivait comme une sangsue sur le dos des smicards ....


                              • dscheffes 17 septembre 11:35

                                Le type même du mandarin qui ignorait totalement la réalité quotidienne du soin !!!

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité




Palmarès



Publicité