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Accueil du site > Actualités > Politique > Brexit : la grande solitude de Theresa May

Brexit : la grande solitude de Theresa May

La « Prime Minister » britannique n’en a pas fini avec les tourments liés à son mandat de négociatrice de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Face à la rigidité des 27 pays membres de l’UE, elle se trouve prise entre le marteau et l’enclume dans son propre camp politique : d’un côté, les partisans de la mise en œuvre d’un Brexit dur ; de l’autre, les tenants d’une sortie qui puisse ménager les intérêts du Royaume-Uni dans ses échanges avec les pays du continent. Tempête sous un crâne...

Lors du dernier Conseil européen tenu le lundi 23 octobre, les 27 se sont dits prêts à engager des débats internes pour envisager la nature des futures relations commerciales avec le Royaume-Uni lorsque celui-ci aura effectivement quitté l’Union. Une manière de nuancer l’intransigeance qui a prévalu jusque-là que le porte-parole de l’UE Margaritis Schinas a confirmée en indiquant que la Commission travaillait à un « Brexit équitable ». Il n’en a pas fallu plus à Theresa May pour afficher sa confiance devant les représentants de la nation au parlement de Westminster.

Une confiance de façade car la patronne de l’exécutif britannique reste de facto prise en étau entre les Brexiters convaincus et les Remainers qui n’ont toujours pas digéré le camouflet du 23 juin 2016. Les premiers font pression sur la Première ministre pour accélérer la sortie en arguant que le Royaume-Uni serait économiquement plus fort sur la scène internationale en jouant sa partition en solo ; les plus déterminés d’entre eux souhaitent même un échec des négociations qui acterait une rupture nette avec l’UE. Les seconds continuent, quant à eux, de militer pour qu’un nouveau référendum soit organisé dans un pays où les enjeux pour le pays ont, selon eux, été mal posés par les responsables politiques, et de ce fait mal évalués par les électeurs.

Malgré la confiance affichée de l’exécutif britannique, c’est bel et bien la fébrilité qui gagne du terrain. Pour illustrer ce climat, il suffit de se référer à l’édition du 22 octobre du quotidien The Guardian : 5 des plus grands groupes de lobby d’affaires du Royaume-Uni ont, dans une lettre ouverte commune adressée à David Davis – le ministre en charge de négocier avec l’Union Européenne les modalités du Brexit –, lancé une alerte soulignant l’état préoccupant de cette négociation pour l’économie britannique.

Les 5 ne s’en tiennent pas à une vague inquiétude. Dans cette lettre ouverte, ils signent en réalité un appel pressant en soulignant que « le temps est venu pour le gouvernement de conclure un accord de transition avant que les entreprises ne commencent à freiner leurs plans d’investissement en finalisant les budgets pour 2018 et ne planifient en urgence des mises en œuvre de départ vers l'UE. »

Dans la même lettre ouverte, les 5 enfoncent le clou : « L'incapacité à s'entendre sur une période de transition d'au moins deux ans pourrait avoir de lourdes conséquences pour l'investissement et le commerce. » Et cela d’autant plus que « Les sociétés s’apprêtent à prendre des décisions graves au début 2018 qui impacteront les emplois et les investissements au Royaume-Uni ». Autrement dit, c’est une mise en péril de l’économie du Royaume Uni qui pourrait, selon les signataires de cet appel aux autorités, résulter des blocages actuels.

Les fonctionnaires du Trésor britannique ont d’ailleurs entrepris, nous apprend également The Guardian, de questionner les principaux groupes d’affaires sur leur attitude prévisible en cas d’échec de la négociation avec l’UE. Cette enquête indique clairement que les nuages qui s’amoncellent sur la City ne sont pas, loin s’en faut, une vue de l’esprit promue par des « européistes béats  ». Sam Woods, vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre, ne disait pas autre chose quelques jours avant la lettre ouverte en déclarant que les banques britanniques et nombre d’autres entreprises de la City mettraient en œuvre des plans d'urgence – comprendre des transferts vers l’UE – s'il n'y avait pas d’ici à Noël 2017 d'accord ferme sur une période de transition au-delà de la date effective du Brexit. Et ce n’est pas le tweet émis durant le Conseil Européen par le patron de Goldmann Sachs qui pourra rassurer les milieux d’affaires : le « boss » y fait état d’une probable migration des actifs britanniques de la banque vers l’Allemagne en cas d’échec.

Ces inquiétudes pèsent évidemment de manière prégnante, non seulement sur Theresa May et David Davis, directement en charge de traiter la question du Brexit, mais également sur l’ensemble du gouvernement. L’avertissement ne vient en effet pas d’acteurs mineurs de l’économie britannique mais des organismes les plus représentatifs des entreprises du Royaume Uni : la Confédération de l’Industrie Britannique (CBI), les Chambres de Commerce (BCC), la Fédération des Manufactures (EEF), l’Institut des Directeurs de Compagnie (IoD) et la Fédération des Petites Entreprises (FSB).

À peu de chose près, c’est comme en France était publiée dans le quotidien Le Monde une lettre ouverte cosignée par le MEDEF, la CPME, l’U2P et le collectif des Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) ! On imagine aisément l’impact qu’aurait un tel document sur l’opinion publique et la pression considérable qu’il ferait subir à l’exécutif.

Une pression qui, pour l’heure pèse lourdement sur les épaules de Theresa May. Parviendra-t-elle à la surmonter et à venir à bout du challenge en sauvegardant l’essentiel des intérêts du Royaume-Uni ? Ou bien sera-t-elle le vecteur impuissant d’une déliquescence de la puissance économique britannique au profit des pays membres de l’UE, à commencer par l’Allemagne, la France et l’Irlande dont les places financières (Francfort, Paris et Dublin) cachent difficilement le regard gourmand qu’elles portent sur les actifs capitalisés au Royaume-Uni ? Réponse dans les prochains mois. Mais à l’évidence, c’est la seconde voie qui est privilégiée par la majorité des observateurs ; à tel point que le site Atlantico, avant même d‘avoir eu connaissance de la lettre ouverte des lobbies patronaux britanniques, n’a pas hésité à titrer le 21 octobre « Theresa May n’a que deux solutions : la mort subite ou la mort lente ».


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245 réactions à cet article    


  • Le Panda Le Panda 1er novembre 09:11

    Bonjour Fergus

    Il me semble que le contexte ne touchera pas uniquement le Royaume Uni mais l’ensemble des pays qui appartenaient à l’U.E. et ceux qui ceux qui y resteront.....

    La durée sera de courte durée à mon sens guère plus de 5 années, dans la mesure ou le Traité ne soit revu à partir de la base.

    Sur un plan de droit national et international c’est totalement ingérable. J’en parle dans mon article en modération. Mais le débat ne fait que commencer et à partit de là, nous constaterons que l’aspect financier ne pourra servir de rampe de lancement en permanence. En réalité combien sont les citoyens qui savent en Europe que le Traité de Rome est caduque car il s’agit en réalité de 5 traités.....Ce qui entraina pour la France sa modification en 2005 et non conforme au droit international ? La conclusion de ton article ne touche pas uniquement Theresa May.

    Cdt


    • Fergus Fergus 1er novembre 09:24

      Bonjour, Le Panda

      Il est certain que tous les pays de l’Union Européenne seront plus ou moins impactés lorsque le Brexit deviendra effectif. Mais c’est évidemment le Royaume-Uni qui risque de payer le plus lourd tribut du fait des transferts d’activité vers l’UE, et les groupes de lobbies patronaux ne disent pas autre chose.

      Car il est évident que la souplesse des négociateurs de l’UE va rester toute relative : l’Union veut récupérer les sommes dues (une fourchette de 50 à 100 milliards d’euros !) et se montrer intransigeante sur les questions de libre circulation. Hors UE, il n’a a aucune raison pour que les Britanniques gardent pour leurs entreprises un statut profitable de membre de l’Union.


    • Le Panda Le Panda 1er novembre 09:47

      @Fergus
      Car il est évident que la souplesse des négociateurs de l’UE va rester toute relative : l’Union veut récupérer les sommes dues (une fourchette de 50 à 100 milliards d’euros !) et se montrer intransigeante sur les questions de libre circulation. Hors UE, il n’a a aucune raison pour que les Britanniques gardent pour leurs entreprises un statut profitable de membre de l’Union.

      Il me semble que cela ne verra pas le jour, sauf si l’UE dure en l’état plus de 5 années, ce que je ne pense pas. Lorsque tu écris de 50 à 100 milliards, merci de préciser qui sont les bénéficiaires ? A mon sens une bonne partie va aller dans les paradis fiscaux que chaque Etat de l’U.E. a créé il en a été découvert un certain nombre. Mais ce n’est que la face caché de l’iceberg ! Tu ne crois pas ? Dans la mesure ou nous aurions le détail de ces montants et leurs affectations la surprise serait de taille. Le Brexit ne risque pas de faire un effet « domino » ? Nous avons l’exemple et pas qu’un seul avec la Grèce, l’Espagne etc. A cette cadence les lobbies vont peut-être récupérer une partie infime et les nations seront dans l’obligation indiscutable de revoir les Traités, ou dans la cas contraire l’U.E. mourra seule car il y a un vide juridique à masse de stades ! Pourtant je reste un européen convaincu mais pas dans leurs conditions, il est indispensable voir vital de consulter les peuples qui ont font partie. 


    • Fergus Fergus 1er novembre 10:26

      @ Le Panda

      Le Financial Times a même estimé il y a quelques mois que la facture se situait « entre 91 milliards et 113 milliards d’eurodans le cadre financier pluriannuel adopté en 2013 qui court jusqu’en 2020 ». Or, nombre de programmes ont été annulés ou suspendus par le résultat du référendum et la mise en œuvre de l’article 50. D’où probablement une dette britannique qui devrait se situer aux alentours de 50 à 60 milliards. Et cet argent n’ira pas dans les paradis fiscaux, mais dans les caisses de l’Union.

      Pour ce qui est de la pérennité de l’UE, je ne crois pas qu’il faille fantasmer sur une telle éventualité. Même sans se réformer, l’Union ne sera pas en réel péril avant de nombreuses années. Mais il est évident qu’elle gagnerait à se réformer si elle veut échapper à la montée des populismes.


    • Eric F Eric F 1er novembre 14:59

      @Fergus
      "elle gagnerait à se réformer si elle veut échapper à la montée des populismes"
      l’objectif premier de se réformer n’est pas d’échapper à la montée des populismes, mais de promouvoir l’intérêt des peuples. si cela est mis en oeuvre, alors la conséquence pourra être la décrue des populismes.
      Les dirigeants auraient tort de ne pas écouter certaines critiques et propositions émanant des courants souverainistes, nul ne saurait avoir toujours tort en toute chose.


    • Fergus Fergus 1er novembre 15:52

      Bonjour, Eric F

      « l’objectif premier de se réformer n’est pas d’échapper à la montée des populismes, mais de promouvoir l’intérêt des peuples »

      Les deux sont intimement liés.


    • Eric F Eric F 1er novembre 17:58

      Bonjour Fergus
      c’est intimement lié, mais la finalité d’une réforme ne doit pas être juste une intention électoraliste, mais d’abord l’intérêt supérieur, ensuite découlera -si la réforme est bénéfique- les conséquences électorales.


    • Ouallonsnous ? 1er novembre 19:25

      @Le Panda

      Il faut arréter de vouloir faire passer l’UE pour maïtresse du jeu, Fergus n’a rien compris où feint de ne pas voir que les anglais l’ont mis bien profond à l’UE et que ce sont eux qui ont la main !


    • Fergus Fergus 1er novembre 21:28

      Bonsoir, Ouallonsnous ?

      Peut-être avez-vous raison. Mais alors expliquez-moi pourquoi les patrons britanniques - autrement plus expérimentés que vous et moi sur l’économie de leur pays - se montrent aussi inquiets des conséquences du Brexit.


    • Alcyon 1er novembre 21:36

      @Ouallonsnous ? : le minimum quand on annonce quelque chose est d’amener des sources sérieuses, des preuves ou des arguments.


      Rien de tout cela, et n’oublions pas que l’UE demandait que la Grande-Bretagne active rapidement l’article 50 après le référendum. Alors bon, les théories de frapadingues, c’est joli mais comme souvent elles ne sont basées que sur les délires sur un blog.

    • Ouallonsnous ? 2 novembre 00:05

      @Fergus

      Seriez vous dans le secret des têtes des patrons britanniques ? Non, vous lisez la presse mains stream européiste !


    • Fergus Fergus 2 novembre 09:09

      Bonjour, Ouallonsnous ?

      Je ne lis dans la tête de personne, et certainement pas dans celle des patrons britanniques, je lis simplement ce qu’ils ont écrit eux-mêmes dans leur lettre ouverte.

      Et sauf à penser qu’il s’agit de charlots irresponsables qui - à vous en croire - mobilisent l’un des plus grands médias du Royaume-Uni pour se livrer à des élucubrations sans queue ni tête, j’ai la faiblesse de croire qu’ils reflètent infiniment mieux l’état d’esprit qui prévaut outre-Manche que des internautes qui s’accrochent à une doxa fantasmée véhiculée sans la moindre rigueur intellectuelle sur le web !


    • CORH CORH 2 novembre 10:39

      @Fergus Vous considérez que la 1 ère chose est d ’éviter le populisme pendant que d’autres estiment plutôt qu’il s’agit d’œuvrer a l’intérêt des peuples et vous voudriez faire croire que ces 2 approches c’est en gros la même chose ?


    • Fergus Fergus 2 novembre 12:06

      Bonjour, CORH

      Merci d’expliciter votre commentaire : en l’état je ne le comprends pas.


    • spearit 2 novembre 15:08

      @Fergus
      CQFD


    • CORH CORH 2 novembre 18:44

      @Fergus
      un petit effort, non ?


    • Fergus Fergus 2 novembre 19:00

      @ CORH

      Désolé, je ne comprends toujours rien !


    • Alcyon 2 novembre 19:21

      @CORH : mis à part qu’il ne veut rien dire, ton commentaire, si j’en devine le sens, est un appel au bon sens, sophisme bien connu. Car bon, nous savons tous ce qu’il faut pour que « le peuple » aille bien, nous le savons tellement que nous avons des visions radicalement opposées sur la politique à suivre.


      C’est fou quand, cette notion « le bien des peuples » pour justifier des idéologies. Ca n’a pas changé en près d’un siècle, ils n’apprendront sans doute jamais. C’est aussi amusant de lire « les riches sont de plus en plus riches, ça démontre que le Monde va mal » sans réaliser que « le peuple » vit mieux qu’au début de ce siècle. Mathématiquement, il y a une corrélation (je n’ai pas dit implication hein) entre la santé financière des « riches » et celle « du peuple », donc l’avis du patronat a plus de sens que celui d’un gros frustré derrière son PC.

      Le patronat peut se tromper, et c’est tout le mal que je souhaite aux britanniques. Mais personnellement, j’en doute et seul l’avenir nous le dira.

    • McGurk McGurk 2 novembre 21:28

      @CORH

      Le populisme a déjà frappé en la personne des deux étendards du « brexit » (beuuh je déteste ce mot !).
      Ces deux hommes politiques n’avaient aucun plan de secours et on plongé le RU dans la situation où il se trouve actuellement.

      Vous serez sans doute d’accord que ce n’est certainement pas dans l’intérêt du peuple britannique de sortir d’une zone économique très profitable, de voir partir de nombreuses entreprises , de perdre des tonnes d’emplois (délocalisation de nombreux postes et sièges) et ainsi d’augmenter la précarité, le chômage et la misère.


    • Dzan 3 novembre 10:41

      @Ouallonsnous ?
      Ce n’est certainement pas, ce que disent les Anglais, qui vivent par chez moi.


    • Alren Alren 3 novembre 13:36

      @Fergus

      "expliquez-moi pourquoi les patrons britanniques - autrement plus expérimentés que vous et moi sur l’économie de leur pays - se montrent aussi inquiets des conséquences du Brexit.« 

      Ils sont inquiets pour EUX, pour les profits qu’ils tirent de la spéculation financière des riches spéculateurs de l’UE qui jouent contre leurs peuples !!!

      Et tout comme les spéculateurs européens qui amassent du fric en démantelant l’industrie nationale et créant un maximum de chômage et de détresse, leurs intérêts sont diamétralement opposés à ceux du peuple britannique.
      Il n’y a jamais de »gagnant-gagnant" sauf à donner du travail aux chômeurs. Mais le profit tiré de l’industrie est toujours inférieur à celui de la spéculation et la casse d’entreprises rentables.

      Mais comme le MEDEF, les parasites sociaux britanniques sont très forts pour verser des larmes de crocodile et essayer de semer la peur pour rallier les naïfs à leur point de vue.
      Alors qu’ils savent très bien, à la City que les magouilles juteuses continueront avec les pays hors UE ainsi qu’avec leurs comparses de l’UE, même s’il y a une légère réduction.

      Ce que Theresa May devrait impulser en priorité c’est un gigantesque plan de réindustrialisation de son pays, ce que la FI fera si elle arrive au pouvoir.


    • Fergus Fergus 3 novembre 17:20

      Bonjour, Alren

      « Ils sont inquiets pour EUX »

      Bien sûr ! Mais cette inquiétude est directement liée à un recul possible - et à leurs yeux , probable - des affaires dans un pays qui ne pourrait pas parvenir à un accord « équitable » avec l’UE. Autrement dit au maintien d’une grande partie des avantages actuels dont bénéficie le RU, et notamment le « passeport financier » qui ne sera pérennisé par l’UE que si le RU paie ce qu’il doit. Or, en l’absence de ce passeport, c’est clairement le retour des barrières douanières et un surcoût significatif pour les exportations du RU vers l’UE qui se profilerait.

      « leurs intérêts sont diamétralement opposés à ceux du peuple britannique. »

      Désolé, mais voilà une affirmation caricaturale : mis à part des boîtes de nature spéculative, on ne peut, dans l’écrasante majorité des entreprises britanniques, dissocier le patronat du salariat. S’il y a récession, et c’est ce que craignent en creux les dirigeants de ces entreprises, les patrons perdraient, mais les employés encore plus, tant en termes de salaires à la baisse qu’en risques de chômage accru.

      « un gigantesque plan de réindustrialisation »

      Voilà qui tient du rêve : le Royaume-Uni a détruit ses emplois industriels et très largement son agriculture pour tout miser sur les services et la finance. Ce qui se joue - ni plus ni moins -, c’est la pérennité de la City comme 1ere place mondiale. Quant à l’industrie, pour la rendre possible et la rentabiliser en Europe de l’ouest, il faudrait viser le très haut de gamme en utilisant des technologies de pointe. Or, il y a déjà des entreprises sur le continent qui occupent ces créneaux, et elles n’ont aucune intention de se laisser tondre...


    • CORH CORH 4 novembre 10:07

      @Fergus
      Vous repondez a Eric F dont je me fais ici le soutien et l’echo :
       l’objectif premier de se réformer n’est pas d’échapper à la montée des populismes, mais de promouvoir l’intérêt des peuples » et vous dites :Les deux sont intimement liés..

      Sont intimement liés : cela voudrait donc dire que lorsqu’on se souci de l’Intérêt des peuples le populisme régresse, et donc que d’une façon ou d’une autre la réponse au populisme va dans le sens de l’intérêt des peuples.
      C’est intéressant.

      En effet, le populisme a montré sa défiance légitime dans les institutions européennes, il a entre autres rejeté le referendum de 2005, le populisme a conduit au Brexit, le populisme a fait bouger le problème des travailleurs détachés, . Du coup les plus européistes devant toutes ces manifestations ont fini par admettre un problème démocratique aux institutions européennes (il serait temps mais qu’en feront ils ?).

       si l’Europe doit être sauvée ce sera finalement grâce au « bas peuple » si nos élites veulent bien être a l’écoute. Alors c’est pourquoi on vous dit de penser« intérêt des peuples », plutôt que de vous soucier du populisme, le populisme c’est le thermomètre, vous voulez le casser ?


    • Fergus Fergus 4 novembre 10:19

      Bonjour, CORH

      Je ne comprends pas ce débat qui n’a d’intérêt que sur le plan sémantique.

      Si l’on veut faire progresser les choses, il faut réformer, et vous êtes d’accord sur ce point.

      Dès lors, que l’on mette en avant « l’intérêt des peuples » comme le font plutôt les partis de gauche, ou « la lutte contre la montée des populismes » comme le font plutôt les partis de droite, cela n’a aucune importance puisque les objectifs convergent !


    • Alren Alren 5 novembre 13:34

      @Fergus

      « leurs intérêts sont diamétralement opposés à ceux du peuple britannique. »

      "Désolé, mais voilà une affirmation caricaturale : mis à part des boîtes de nature spéculative, on ne peut, dans l’écrasante majorité des entreprises britanniques, dissocier le patronat du salariat. S’il y a récession, et c’est ce que craignent en creux les dirigeants de ces entreprises, les patrons perdraient,"

      Les individus dont nous parlons sont les spéculateurs financiers qui ont, à la différence de ceux de 1929 aux USA, des intérêts dans des pays différents suivant le principe "Pas tous les œufs dans le même panier".

      En cas de récession au RU, ils pourraient encore gagner de l’argent en pariant à la baisse sur la cote des actions.

      En cas de récession, perdraient effectivement les dirigeants des entreprises, employés en quelque sorte des milliardaires spéculateurs qui ne pourraient pas réaliser de bénéfice avec leurs stocks-options mais qui en cas de fermeture de leur entreprise disposeraient d’un généreux parachute doré.

      En fait la récession pourrait toucher les pays de l’UE étranglés par l’euro.

      Je viens d’apprendre ce matin que les banques étrangères centrales et privées font d’avantage confiance à la Banque d’Angleterre qu’à la BCE dont la politique qui consiste à faire massivement des cadeaux aux banques privées avec de la monnaie de singe sans les obliger à investir dans l’économie réelle est jugée suicidaire à terme.

      « un gigantesque plan de réindustrialisation »

      "Voilà qui tient du rêve : le Royaume-Uni a détruit ses emplois industriels et très largement son agriculture pour tout miser sur les services et la finance."

      C’est effectivement la politique que la City a contraint les gouvernements de faire. Mais le RU, comme la France avec Mélenchon président, pourrait opérer un revirement sans renoncer à la rente financière, en investissant dans des nouvelles technologies qui vont de la production d’énergie « verte » à l’immense développement « tous azimuts » que promet l’intelligence artificielle.

      Dans ces deux domaines et en biologie, elle pourrait tenir la dragée haute à la Chine à condition de ne pas lui vendre ses secrets technologiques !


    • Fergus Fergus 5 novembre 14:05

      Bonjour, Alren

      En fait, nous en sommes tous réduits à spéculer sur les conséquences du Brexit ou l’avenir de la France, dans ou hors UE. Et nous ne sommes pas les seuls : les « experts » également dont les avis sur ces questions partent dans tous les sens. smiley


    • bob14 bob14 1er novembre 09:53

      La mafia de l’UE dans ses oeuvres pour faire payer les pays qui veulent partir !


      • Fergus Fergus 1er novembre 10:07

        Bonjour, bob14

        Un jugement à l’emporte-pièce qui oublie que l’UE a été très largement construite sur le modèle anglo-saxon voulu par les Britanniques ! Le prix à payer pour le Royaume-Uni est donc la conséquence de la pression qu’ils ont mis sur l’Union lorsqu’ils en sont devenus membres !


      • gruni gruni 1er novembre 10:08

        @bob14


        « 60 milliards c’est le reste à charge de tous les projets sur lesquels Londres s’est engagé financièrement : les aides aux agriculteurs, aux régions, les infrastructures, les satellites ou encore les pensions des fonctionnaires européens, parmi lesquels des britanniques. Le budget européen c’est un budget multi-annuel qui prévoit des investissements sur 7 ans. Londres s’est engagé financièrement jusqu’en 2020. »


      • mmbbb 1er novembre 10:34

        @Fergus Vous l avouez cette construction est bancale des sa genèse . L ’élargissement abusif de cette construction a signé sa mort . Fi Fi qui adore les énarques oublie ceci n Giscard dont l intelligence ne lui a pas evite de faire d enormes conneries ( mais il est a l académie francaise c’est un des signes des francais un liberal coutant une fortune aux contribuables et pourtant reconnu ) a voulu faire rentrer la Grece dans l Europe Un non sens puisque ce pays n etait au meme niveau et a toujours refuse d adopter les normes comptables Il n y a que les Melenchons pour nous faire accroire que les maux de ce pays sont dus aux mechants Teutons . Evidemment Melenchon ment et c est pour cela que je n ai pas voter pour lui . Quant a UK , De Gaulle avait senti la perfide Albion Quant a la France, nous ne semblons pas avoir les resuttats escomptes tant vantes par les promoteurs du Traite de Maasctricht Moi je me rappelle et je me souvines aussi de M SEGUIN Par ailleurs Macron veut finir le travail, casser le droit social francais c ’est a peine voile C ’est pour cela que je me sens pas ipso facto europeen La seule chose qui me fasse encore rever est l Euromillions et non pas les promesses des decideurs.


      • Fergus Fergus 1er novembre 10:39

        Bonjour, gruni

        Merci pour ces précisions qui rejoignent les chiffres que j’ai avancés plus haut en réponse à Le Panda.


      • Le Panda Le Panda 1er novembre 10:44

        @gruni
        Bonjour gruni

        Ce n’est pas aussi simple que cela : L’extrait que je poste ici est loin d’être le premier ouvrage. Par contre c’est le dernier et ce sont bien les historiens de l’E.U qui le disent clairement. Merci de ton lien qui justement permet de découvrir le marasme européen pas seulement dans le cadre du Brexit : !

        L’Europe traverse aujourd’hui une crise majeure, sans doute la plus importante de son histoire. Les crises succèdent aux crises, mais les solutions peinent à s’imposer. Depuis deux ans, la montée du populisme liée notamment à la crise des réfugiés et des migrants, la crise économique et financière, la montée du chômage, ont eu un effet catastrophique. L’avenir de l’Union européenne est en cause.

        Aujourd’hui, plus que jamais, la construction européenne est en danger et pourrait s’arrêter net. Au moment où l’Union européenne atteint son soixantième anniversaire depuis la signature des traités de Rome, qui devrait être celui de la sagesse, celle-ci est régulièrement atteinte par les spasmes de ses crises internes. Mais il n’y a pas ou ne devrait pas y avoir de fatalité. Il faut prendre la mesure de la crise de confiance qui l’atteint pour être capable de la faire repartir, dans le respect de ses valeurs fondatrices. Lien Ce qui démontre que s’ils ne veulent pas régler c’est à ne pas écarter ! Cdt


      • Fergus Fergus 1er novembre 10:46

        Bonjour, mmbbb

        « L’élargissement abusif de cette construction a signé sa mort »

        Sa mort, sans doute pas, mais de réelles difficultés dont il ne sera pas possible de sortir sans une réforme significative du mode de fonctionnement de l’UE.

        Mélenchon n’a pas tort en pointant du doigt la responsabilité de l’Allemagne dans la crise grecque. Mais force est de reconnaître que ce pays a été géré de manière irresponsable durant des décennies, avec la complicité d’un peuple qui a érigé les menus trafics et fraudes fiscales en sport national. 


      • Le Panda Le Panda 1er novembre 10:50

        @Fergus

        Merci pour ces précisions qui rejoignent les chiffres que j’ai avancés plus haut en réponse à Le Panda.

        A aucun moment je n’ai contesté tes chiffres qui sont réels et mêmes parfois supérieurs. Mais merci de constater que mes propos portent sur le fait de dire l’U.E possède ou pas les moyens juridiques et internationaux de faire payer le Royaume Uni ? La réponse à mon sens me basant sur les écrits de « spécialistes » et non !
        Cdt 

      • velosolex velosolex 1er novembre 11:02

        @Fergus
        On pourrait dire que par là Mélenchon exonère la france, Giscard étant celui qui a fait le plus de promesses aux Grecques et oeuvre à son entrée dans l’UE, arrangé déjà avec un contrat d’achat de mirages, qui n’on jamais si bien porté leur nom. Mais la politique française, d’un président à l’autre, favorisa la cécité, et les intérêts communs bien compris. Qu’elle rentre dans l’euro fut une gageure.... En 2011, la Grèce pour un pays dont la population était un peu supérieur à celle de notre bretagne, était le premier importateur d’armes en europe..

        Quand la Grèce achetait des armes à ses créanciers ! - Le Point
        .C’est un pays qui joue aux exploités mais qui a une grosse part de responsabilités dans ce qui lui arrive....L’Angleterre étant une autre version de cette logique d’ivresse..Le Brexit en étant un avatar. L’opinion étant en train de se retourner, en même temps que l’économie.

      • gruni gruni 1er novembre 11:44

        @Fergus


        Bonjour Fergus

        Oui, il y a une vraie inquiétude au Royaume-Uni, elle est d’ailleurs généralisée. On entend parfois qu’il faut une crise pour repartir sur de bonnes bases. Espérons-le.

        Merci pour l’article


      • gruni gruni 1er novembre 11:52

        @Le Panda


        Bonjour Le Panda

        Je ne peux vous faire que la même réponse qu’à Fergus. Une crise peut parfois permettre des changements salutaires. Encore faut-il qu’il y ait une volonté politique. Ce qui reste à voir.

      • Fergus Fergus 1er novembre 11:53

        @ Le Panda

        Les membres de l’UE ont parfaitement les moyens de faire payer le Royaume-Uni. D’ores et déjà, et même si cela n’est pas affiché de manière aussi abrupte, les négociateurs de l’UE - Barnier en tête - ont reçu un mandat clair pour rester sur une ligne dure, les futures règles commerciales qui régiront les rapports de l’UE et du RU étant conditionnées au respect des engagements financiers par Londres.


      • Fergus Fergus 1er novembre 11:55

        Bonjour, velosolex

        Je partage totalement cette analyse.

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