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Ce 13 mai 2018 est le soixantième anniversaire du putsch d’Alger, un évènement fondateur de la cinquième République jamais commémoré

Ce 13 mai 2018 est le soixantième anniversaire du "putsch d'Alger", un coup d'État qui en 1958 a conduit le général de Gaulle à être l'initiateur de la constitution régalienne de la cinquième République qui régit toujours aujourd'hui nos institutions politiques. "Ce jour-là, à Alger, les manifestations organisées pour saluer la mémoire de trois soldats français exécutés par le FLN et pour s’opposer à la formation à Paris d’un gouvernement présidé par Pierre Pflimlin tournent à l’émeute. L’armée fraternise avec les manifestants. Un Comité de salut public est constitué sous la direction du général Massu qui adresse au président de la République, René Coty, un télégramme exigeant la création à Paris d’un gouvernement de salut public." (Une de L’Écho d’Alger). Ces évènements sont à l'origine de la naissance de la Vème République, cet épisode capital du 13 mai 1958 n'est jamais commémoré et les manuels d'Histoire de France n'en parlent absolument pas. Pourquoi ce silence ? Gageons qu'aujourd'hui ce chapitre de l'histoire de France ne sera toujours pas évoqué par la presse et les autorités. Je ne pouvais pas laisser passer cette date anniversaire du 13 mai 1958 sans réagir ! En effet, c'était bel et bien un coup d'État démocratique qui se mettait en place, car de Gaulle scrutait les évènements pour les exploiter à son profit, quand il ne les provoquait pas... il avait de fervents adeptes à Alger dont Léon Delbecque, vice-président du comité de salut public. De Gaulle a tiré les ficelles en chattemite depuis sa résidence de Colombey-les-Deux-Églises en se campant comme l'ultime recours pour sortir la France de l'ornière du problème algérien. En sa résidence champenoise, il se tenait coi, au-dessus de la mêlée alors qu’il manigançait un subtil jeu politique pour reprendre le pouvoir. De Gaulle voulait rester irréprochable et laissait agir ses militants en France et en Algérie (Debré, Sanguinetti, Guichard, Pasqua, etc.) pour que l’Armée monte l'opération militaire "Résurrection" prévoyant un parachutage de troupes sur la Corse qui a eu lieu le 24 mai 1958. Cette opération militaire devait être suivie d'un second parachutage en région parisienne le 28 mai 1958 pour mettre de Gaulle au pouvoir par la force, si besoin avait été. Le grand Charles se servira de "Résurrection" comme d'un pistolet pour menacer le pouvoir politique en place et la paix civile. Lors de sa conférence de presse du 19 mai, le grand Charles a prononcé le mot de résurrection « …Mais aussi, ce peut être le début d'une espèce de résurrection… » À la question d'un journaliste : "Certains craignent que, si vous reveniez au pouvoir, vous attentiez aux libertés publiques." Il a eu cette répartie célèbre : « Est-ce que j'ai jamais attenté aux libertés publiques fondamentales ? Je les ai rétablies. Et y ai-je une seconde attenté jamais ? Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? »   http://fresques.ina.fr/de-gaulle/fiche-media/Gaulle00210/conference-de-presse-du-19-mai-1958.html

 "De Gaulle veut les pleins pouvoirs, la mise en congé du Parlement et une nouvelle Constitution taillée sur mesure." Organisée à Paris par le Président de la République René Coty, une entrevue a lieu entre De Gaulle et les présidents des deux chambres Gaston Monerville pour le Sénat et le président de l'Assemblée nationale, le socialiste André Le Troquer qui dit tout net à De Gaulle qu'il entend s'opposer à son arrivée au pouvoir, de Gaulle lui répond : « eh bien si le Gouvernement vous suit, je n’aurai pas autre chose à faire que vous laissez vous expliquer avec les parachutistes et rentrer dans ma retraite en m’enfermant dans mon chagrin ». Le 29 mai, Pierre Pflimlin est démissionnaire, le Président Coty appelle enfin de Gaulle au pouvoir et lui demande de constituer un « Gouvernement de salut national et de procéder à une « réforme profonde de nos institutions ». Cela entraîne l’abandon de la phase parisienne de l’opération Résurrection. " Avec l'abandon de "Résurrection", le général est revenu en douceur sur la scène politique, mais c'est bel et bien un coup d'État qui l'a mis aux commandes de la Nation ! On comprend mieux pourquoi l'on n'évoque jamais ces faits troubles de conspiration qui terniraient la mémoire du Général, lequel serait devenu un réel dictateur si l'opération "Résurrection" était allée à son terme. J'ai regardé avec intérêt le documentaire s'intitulant "Mai 1958, le printemps du général" que France 5 diffusait le 6 mai dernier sur ses antennes, à une heure de faible écoute (22h40)… c'était cependant louable, mais il aurait été préférable de diffuser cette émission sur la 2ème ou la 3ème chaîne à une heure de grande écoute, j'ai regretté l'absence de Christophe Nick parmi les commentateurs (Historien auteur du meilleur ouvrage sur l'opération Résurrection)…Aucun Président de la V ème République, sous quelque régime que ça soit, de gauche comme de droite n'évoque ces faits historiques. Ces institutions monarchiques conviennent à tous les partis politiques, elles permettent à celui qui est à la tête de l'État de gouverner comme bon lui semble, en utilisant tous les leviers régaliens de la constitution à la condition d’avoir une majorité à l’Assemblée nationale. Le calendrier électoral qui place les élections législatives un mois après les élections présidentielles donne bien souvent au Président élu une Assemblée nationale qui lui est acquise. Les députés sont élus au suffrage universel direct uninominal majoritaire à deux tours dans les circonscriptions électorales qui varient au gré du pouvoir en place et en fonction de l'évolution démographique. Ce mode de scrutin tient plus d'une représentation départementale que du reflet des courants de pensée des Français. Institué sous la IIIème République, il est archaïque et il est fondamentalement antidémocratique, il est bien dans le style bonapartiste de la Constitution qui veut donner au Président les moyens de gouverner comme un monarque. L'action patriotique du général de Gaulle durant la Seconde Guerre mondiale et son comportement en tant que chef du Gouvernement provisoire d'août 1944 à janvier 1946 révèle un homme aimant son pays, ayant une vision certaine de la grandeur de la France. On peut aisément comprendre ses motivations devant l’impuissance des gouvernements de la IV ème République face au conflit algérien. Aujourd’hui c’est une époque révolue, vieille de soixante ans, le contexte politique est totalement différent. La France a besoin de plus de démocratie, est-il besoin d’avoir une telle constitution pour affronter les problèmes actuels ? Notre Président en exercice a fait comme ses prédécesseurs. Il possède une Assemblée largement majoritaire qui ne lui sert que de chambre d’enregistrement alors qu’il ne gouverne que par ordonnances. Il règne en despote ultralibéral faisant table rase de tous les acquis sociaux pour le plus grand plaisir du Medef qui l’a mis en place. C’est un grand malade des réformes à la vitesse du son ! Un an après son élection, il est déjà très impopulaire et s’est attiré bien des inimitiés. Macron est un rouleau compresseur qui laminera sur son passage toutes les conquêtes sociales acquises de haute lutte par nos pères et nos aïeux. Qui pourra reconstruire derrière un tel raz-de-marée de réformes ? Cet homme machiavélique, méprisant et destructeur n’apportera rien de bon pour les classes laborieuses et les plus démunies…

Texte rédigé à Chaumont, préfecture de la Haute-Marne à quelques kilomètres de Colombey-les-Deux-Églises où je faisais étape le 13 mai 2018 lors d'un voyage vers l'Alsace tout à fait par hasard.

Sources : -Les institutions de la Ve République 2018 Par Aurélien Baudu

 -Mémoires de guerre et mémoires d'espoir Par Charles de Gaulle


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23 réactions à cet article    


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 14 mai 22:03
    A l’auteur.Bonjour et merci pour ce rappel historique bien intéressant dont je regrette qu’il ne suscite pas de commentaires.Votre conclusion est pourtant bien vue lorsque vous écrivez ( cite :

    "Aujourd’hui c’est une époque révolue, vieille de soixante ans, le contexte politique est totalement différent. La France a besoin de plus de démocratie, est-il besoin d’avoir une telle constitution pour affronter les problèmes actuels ? Notre Président en exercice a fait comme ses prédécesseurs. Il possède une Assemblée largement majoritaire qui ne lui sert que de chambre d’enregistrement alors qu’il ne gouverne que par ordonnances. Il règne en despote ultralibéral faisant table rase de tous les acquis sociaux pour le plus grand plaisir du Medef qui l’a mis en place. C’est un grand malade des réformes à la vitesse du son ! Un an après son élection, il est déjà très impopulaire et s’est attiré bien des inimitiés. Macron est un rouleau compresseur qui laminera sur son passage toutes les conquêtes sociales acquises de haute lutte par nos pères et nos aïeux. Qui pourra reconstruire derrière un tel raz-de-marée de réformes ? Cet homme machiavélique, méprisant et destructeur n’apportera rien de bon pour les classes laborieuses et les plus démunies…"

    • Paul Leleu 16 mai 16:04

      @Renaud Bouchard


      il se passe que les français de tous bords sont complètement anesthésiés par le « mythe gaulliste », cette fabuleuse histoire d’Amélie Poulain, ce roman national à 2 balles... De Gaulle n’est pas le sauveur de la France, mais le fossoyeur utlime du Peuple français, à qui il a évité de se confronter à sa vraie histoire... 

      L’Europe s’est fracassée dans la boucherie impérialiste de 1914. Les paysans et ouvriers français ont été exterminés à Verdun par leurs « élites »... en 1919, les anciens combattants pissaient sur les monuments aux morts, qu’ils estimaient une gifle de patriotisme bien-pensant et bourgeois, sur le dos de leur massacre dégueulasse. 

      En 1940, la France a été vaincue, car le Peuple français ne voulait plus se battre pour une bourgeoisie vérolée. (on voit au contraire combien les soviétiques, 10x plus faibles, mais croyant à leur idéologie, se sont galavanisés pour exterminer la bête nazie). Les gros bataillons de la Résistance Intérieure furent embarqués par le PCF (⅔ des maquis organisés), ce qui obligea De Gaulle a s’allier avec eux, contre les américains et Girod. Mais en 1944-46, la « libération américaine » s’avéra tout aussi bien une occupation. Si De Gaulle nous épargna les signes visibles de cette colonisation, la suite nous montre que ce fut pourtant le cas. Le PCF, sans perspective d’aide de l’Armée Rouge (trop loin, trop épuisée, sans compter la présence effective des anglo-saxons) n’eut pas les moyens de déclencher une Révolution. 

      Dès lors, on entra dans le « Plan Marshall » qui erradiqua toute notre civilisation culture, moeurs, traditions populaires, musique, cinéma, nourriture, politisation, terroirs, histoire, fierté, mémoire... et bientôt armée, monnaie, dette, démographie... De Gaulle n’a rien fait contre cela... il a été le facilitateur de cette colonisation, avec ses faux-airs de souveraineté conservée et de pseudo « grandeur de la France »... Il n’a jamais fait appel au peuple, louvoyant entre ses réseaux mafieux (SAC) et les banquiers Pompidou et cie... Il nous a montré qu’il n’existe pas de fumeuse « 3ème voie » entre capitalisme et communisme... « Vive le Québec libre » qu’il disait... ben voyons ! Tout est résumé. Des grands mots, mais une défaite politique et historique sans précédent. 



    • bob14 bob14 15 mai 05:29

      Un sacré coup d’état par une sacrée paire de couilles...


      • Paul Leleu 16 mai 16:08

        @bob14


        que des mots... un putsch au bilan déplorable, que l’on voit aujourd’hui... De Gaulle a laissé croire aux français qu’il suffisait de confier leur destin à un « sauveur suprême »... comme si le peuple pouvait s’économiser de s’engager réellement en politique... on voit le résultat... entre les mafieux ripoux du SAC, et les banquiers corrompus de Pompidou, la France sombra totalement dans la grandiloquence : « vive le québec libre » et autres foutaises... On dirait le Pape François avec ses bonnes paroles... De Gaulle c’est l’opium du peuple français... et on constate qu’il a la vie dure... « dormez bonnes gens, le grand charles va tout régler pour vous »... on roupille toujours. 

      • Blé 15 mai 05:39

        Macron use et abuse de son pouvoir en toute légitimité. A t-il été élu pour qu’il privatise à tour de bras les services publics qui sont les biens communs de la population ?

        Les électeurs n’ont jamais demandé à un candidat s’il aimait le pays et ses habitants. C’est bien dommage parce que depuis l’élection de ce petit monarque, pas un jour ne passe sans qu’il nous fasse comprendre le mépris qu’il a pour les français des classes moyennes et modestes, en bref pour les gens qui produisent des richesses qui vont directement dans la poche des plus riches.

         


        • Julien Esquié Julien Esquié 15 mai 09:40

          @Blé


          La SNCF - qu’il n’est pas question de privatiser pour le moment - n’est pas un service public. Si elle était un service public, elle proposerait un tarif unique pour tous les voyageurs. Ça n’est pas le cas : il existe plusieurs classes. Je n’entends AUCUN cheminot revendiquer cette mise en place d’un tarif unique.

        • Laulau Laulau 15 mai 11:25

          @Julien Esquié
          Quel rapport entre le service public et le tarif unique ? Il m’arrive de voyager dans les deux classes, suivant mes besoins. On a le droit de choisir plus de confort si l’on est vieux ou malade, non ?


        • Parrhesia Parrhesia 15 mai 08:05
          >>>La France a besoin de plus de démocratie, est-il besoin d’avoir une telle constitution pour affronter les problèmes actuels ?<<<

          Continuez donc à saper sournoisement de Gaulle, son oeuvre et sa constitution !!!
          Vous ne trompez personne ni à l’étranger, ni chez les Français malheureusement de plus en plus rares, qui soient encore à la fois véritablement français et avertis  !
          La nécessité devant laquelle vous vous trouvez toujours, vous et les vôtres, de ternir plus ou moins ouvertement cette page de notre histoire un demi siècle après la mort du Général ne constitue finalement qu’un immense hommage rendu à l’homme et à la France qui l’a soutenu lorsqu’il a fallu le faire !!!
          Quant au dynamitage de notre Constitution fondatrice de la cinquième république auquel vous continuez à vous livrer, il est chaque jour un peu moins lourd de conséquences pour la nation !
          Nous en somme, en effet, à un point de déliquescence politique, économique et morale tel que ce n’est plus une constitution, quelle qu’elle soit, fut-elle celle du Général, qui pourrait sauver le pays (et sans doute le reste de l’Europe). Seule une qualité d’hommes que le pays a globalement perdue, toute honte bue et à quelques rares exceptions près, pourrait le faire !
          Et encore, à condition de revenir au respect de l’esprit de la constitution de 1958 qui n’avait été ni rédigée par fantaisie, ni par hasard, ni pour que des apprentis sorciers s’en servent pour jouer au bilboquet !!!

          • Musicos95 Musicos95 15 mai 11:22

            @Parrhesia
            Dans le paragraphe principal, je n’ai fait que décrire succinctement les faits historiques, je vous conseille la lecture du livre de Christophe Nick auquel je me suis référé  : « Résurrection, naissance de la Vème République, un coup d’État démocratique »  et l’ouvrage de Michel Winock : "L’agonie de la IVème République : 13 mai 1958". Cette réalité semble vous déranger, tout comme bien des gaullistes. Ma conclusion se référant à l’heure actuelle est mon opinion sur notre Président élu par défaut avec un taux d’abstention record ! Emmanuel Macron mène une  politique désastreuse en usant des dispositions régaliennes et antidémocratiques de la constitution pour gouverner la France en despote. Il suit en cela les consignes du MEDEF qui l’a porté au pouvoir en sabordant la campagne des dernières élections présidentielles pour appliquer une politique ultralibérale semblable à celle de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne dans les années 1980. Le président favorise les très riches au détriment des classes moyennes et des retraités. C’est profondément injuste.


          • Eric F Eric F 15 mai 14:37

            @Musicos95

            l’expression « coup d’état démocratique » est juste une antinomie, il y a eu des évènements insurrectionnels en Algérie et des menaces de propagation vers la France, le processus constitutionnel de la 4è république a été appliqué pour la nomination du général de Gaulle comme président du conseil. Les pouvoirs constitutionnels ont été accordés au gouvernement avec l’accord du parlement et la constitution proposée a été ratifiée par referendum avec 82% des voix.

            PS : certains font une comparaison outrancière avec les « pleins pouvoirs » à Pétain, si ce n’est que celui-ci n’a ni établi une véritable constitution ni fait ratifier celle-ci.

          • Dzan 17 mai 09:30
            @ParrhesiaDe Gaulle ou la trahison de l’Algérie Française.
            Z’avez oublié.
            "« Vive l’Algérie française ! » est une phrase prononcée par le président du Conseil Charles de Gaulle, en visite officielle dans le département d’Oran en 1958, à la fin d’un discours à Mostaganem le 6 juin. Celui-ci déclencha une grave crise politique à ce jour entre les Français d’Algérie et la France, car il semblait démontrer le soutien du chef du gouvernement aux anti-indépendantistes français d’Algérie dont le slogan était justement « Algérie française ! » (voir l’ORAF), qui devint plus tard le nom d’un parti politique dans les départements d’Algérie, le Front de l’Algérie française (FAF)1 et en métropole, le Front national pour l’Algérie française (FNAF)2. Incidemment, cet événement fut porteur d’une espérance, qui une fois déçue, avec l’acheminement vers la paix des braves (le 23 octobre 1958), puis le choix de l’autodétermination (le 16 septembre 1959), fut vécue comme un « malentendu » par les gaullistes, comme une « trahison » par des Français d’Algérie, compatriotes métropolitains, et gaullistes déçus (tels Jacques Soustelle ou Georges Bidault), ou comme un « déshonneur » par des officiers de l’Armée française3. Les plus déterminés de ces derniers tentèrent d’assassiner le président de Gaulle pour ces motifs précis, comme en atteste la déclaration du lieutenant-colonel Bastien-Thiry lors du procès suivant l’attentat du Petit-Clamart le 2 février 19634.
            Wikipédia.

          • Parrhesia Parrhesia 17 mai 12:40
            @Dzan
            Je n’ai rien oublié.
            Et même, depuis le temps, j’ai eu tous loisirs d’approfondir mes réflexions sur ce que serait devenue l’Algérie de 1957 si vous aviez pu réussir à la maintenir plus longtemps dans l’incroyable utopie de « l’Algérie Française ». Et même sur ce que serait devenue la France d’alors si les analystes de votre bord l’avaient emporté !!!
            Je sais mieux que quiconque que l’on peut opposer, à juste titre, que ce que sont devenues la France et l’Algérie n’est pas brillant !
            Exact !!!
            Mais vous et les vôtres avez également joué dans cette décadence un rôle décisif, particulièrement par votre alliance de fait, a posteriori, avec une gauche française qui n’avait jamais cessé de vous tailler des croupières pendant les hostilités, ne serait-ce qu’en portant les valises du FLN.
            Une gauche avec laquelle vous vous êtes fourvoyés bien qu’elle ait été l’une des puissances initiatrices de la Guerre d’Algérie. D’abord en accord avec l’URSS Stalinienne en ce qui concerne le PCF ; puis en accord avec la CIA, dont on ne sait plus exactement à qui elle appartient, mais qui a toujours soutenu le FLN en loucedé, pour ce qui concerne les socialistes.
            Il est d’ailleurs devenu limpide, un demi-siècle plus tard, que toute victoire durable de la France a toujours été utopique dans le contexte, et ceci depuis le début.
            Dans un intérêt général qui vous a toujours manifestement échappé, et de chaque côté de la Méditerranée, ce sera ma seule réponse ici, quoi que vous puissiez objecter !!!

          • Eric F Eric F 15 mai 10:18
            On peut tirer de ces évènements des conclusions absolument contraires aux vôtres.

            En effet, en mai 58 il y avait agitation politique et il y a eu putsch à Alger. Cela aurait pu donner lieu à pouvoir insurrectionnel, chaos ou dictature. Or il y a eu au contraire un processus institutionnel engagé par le président d’alors (Coty) et approuvé par l’assemblée, menant à la rédaction d’une constitution approuvée largement par referendum.
            Cette constitution a permis une stabilité politique ayant conduit à une prospérité sans précédent, ayant surmonté des agitations qui sont en France souvent plus vives qu’ailleurs (68), et ayant permis des alternances politiques sans crise et même des cohabitations.

            Cette constitution a été souvent amendée sans s’effondrer, même si les conséquences de certaines modifications (notamment le quinquennat) ont déplacé les équilibres (présidentialisation mais alternance quasi systématique). Les équilibres originaux étaient davantage « législatifs » comme on l’a vu lors des cohabitations où la majorité parlementaire primait sur le pouvoir présidentiel. Il faudrait sans doute rééquilibrer (septennat non renouvelable par exemple), mais refaire un « chantier » constitutionnel pour ressortir une constitution façon 4è république serait contre productif (on voit les difficultés de l’Italie à constituer une majorité cohérente).

            La question du mode de scrutin législatif ne relève pas de la constitution mais de la loi, ainsi il y a eu en 1986 un scrutin proportionnel départemental à un tour tour à fait compatible avec les institutions, à mon avis plus cohérent qu’un système « mixte » qui est de la cuisine électorale pour recaser les exclus. 

            • Musicos95 Musicos95 16 mai 01:26

              @Eric F

              Vous avez fait votre commentaire en lisant mon texte par le côté droit de la lorgnette, certes Charles de Gaulle a été appelé par René Coty en dernier recours, lequel l’a nommé président du Conseil (le dernier de la IVème République). De Gaulle a obtenu l’investiture au parlement lui permettant de mettre en œuvre ses ambitions. Vous semblez oublier que c’est sous la menace d’une intervention des parachutistes du Général Miquel qui dirigeait l’opération « Résurrection » (dont de Gaulle tirait les ficelles depuis Colombey) prévoyant dans sa phase finale des parachutages à Villacoublay qui seraient suivis de la prise du ministère de la Défense et de l’arrestation des détenteurs de l’autorité : le Président du Conseil Pierre Pflimlin, le ministre de l’Intérieur Jules Moch, de même que les personnalités clés, François Mitterrand et Pierre Mendès France. Des unités stationnées en région parisienne, favorables au coup de force devaient prendre le contrôle de la capitale.En cas de riposte du Parti communiste français, ses dirigeants Jacques Duclos et Maurice Thorez devaient également être faits prisonniers. Souvenez-vous de la réplique de de Gaulle au président de l’Assemblée nationale, le  socialiste André Le Troquer : « eh bien si le Gouvernement vous suit, je n’aurai pas autre chose à faire que vous laissez vous expliquer avec les parachutistes… ». Cela ne s’appelle pas prendre le pouvoir par la force  ? C’est pour cette raison que Christophe Nick nomme cet évènement "un coup d’État démocratique" car la légalité de l’élection du Général, fin politique, s’est faite sous la menace ! Devant la menace d’une prise du pouvoir par la force, le général de Gaulle, est nommé Président du Conseil, le 1er juin 1958, par le président René Coty. La seconde phase de l’opération Résurrection est annulée. L’Assemblée vote les pleins pouvoirs à De Gaulle pour une durée de six mois, il est chargé de rédiger une nouvelle Constitution. De Gaulle a tout bonnement fait un coup d’État qualifié de démocratique ou de velours. Que se serait-il passé si l’opération Résurrection s’était déroulée jusqu’à son terme  ? De Gaulle aurait probablement gardé un régime républicain en imposant sa constitution, il avait trop l’idée de la grandeur de la France pour instaurer un régime militaire qui aurait terni son image. Président investi de pouvoirs régaliens, de Gaulle avait atteint son but. Certes, le régime de la constitution de la quatrième République était détestable et incohérent par son instabilité politique. Fort du nouveau texte constitutionnel, de Gaulle en bon militaire décide de gouverner en monarque pour sortir la France de sa mauvaise santé politique causée par les désordres algériens et le régime instable précédent, la France était alors dans un marasme impossible.J’ai écrit que je comprenais les motivations de De Gaulle devant l’impuissance des gouvernements de la IV ème République face au conflit algérien : certes il était la personnalité charismatique du moment, il le savait et en a usé en appliquant ses thèses du discours de Bayeux de juin 1946 en mettant en place un pouvoir autoritaire qui dure encore de nos jours, bien longtemps après que le problème algérien ait trouvé sa solution pour lequel René Coty l’avait sollicité. Cette autocratie n’a plus sa raison d’être aujourd’hui, où bien des Français ont besoin d’une réelle démocratie. Nicolas Sarkozy a gouverné en « hyper-Président », les journalistes muselés de la Presse française n’osaient pas dire le mot de dictateur, Sarkozy a rapidement privatisé EDF et GDF que de Gaulle avait nationalisés en 1946 comme beaucoup d’entreprises de service public (quelques autres en punition de leur collaboration avec les nazis, tel Renault). De Gaulle doit se retourner dans sa tombe en voyant dans quelle anarchie spéculative les entreprises publiques sont tombées avec les privatisations restaurées par Sarkozy, ce grand menteur au nez de Pinocchio et aux dents rayant le parquet ! J’en suis outré, c’est loin de la pensée du Général qui avait une autre idée de la France. Si c’est cela que l’on appelle le progrès, je veux bien être Pape ! Aussitôt élu,Macron applique son programme ultralibéral en taxant les classes moyennes, les pauvres et les retraités pendant qu’il couvre d’or les riches."Le démantèlement de l’ISF et le plafonnement de la taxation des revenus du capital vont permettre aux cent premiers contribuables à l’ISF d’économiser en moyenne 582 380 euros. Plus d’un demi-million d’euros de cadeau fiscal ! Soit 42 années de Smic (1 153 euros nets mensuels), soit une vie complète de salarié ! A-t-on entendu les bruits d’une révolte ? A-t-on perçu des interrogations dans les rangs des députés La République en Marche, censés être de droite et de gauche, face à une telle machine inégalitaire ? Rien, silence. Macron a beau essayer de s’arracher le sparadrap « président des riches », ces choix budgétaires construisent une société d’inégalités toujours renforcées. Alors que rien ne permet de démontrer leur « efficacité » économique. Cette politique économique vient souligner jusqu’au vertige l’atonie politique du pays. Sur le champ de ruines d’une opposition désintégrée et d’une majorité godillot (tant elle est inexpérimentée), la « verticale du pouvoir » macronien est sans limites. Attention danger."(Médiapart Le 27 octobre 2017.)C’est profondément injuste et choquant. Il met en place un système antisocial voulu par le Medef. Son Assemblée de godillots est à sa botte, elle fera passer toutes les lois voulues par Macron qui est un homme machiavélique méprisant les pauvres et les classes moyennes. Macron est un second Bonaparte (j’exècre les deux Napoléon), il est intelligent, mais petit, donc probablement complexé et teigneux, aujourd’hui il gouverne en despote. C’est le règne de l’argent, du fric restitué par Macron aux plus nantis qu’ils placent dans les paradis fiscaux …Pouah !!! Quelle est cette société dans laquelle on vit ?!... Je hais tous les politiciens du Capital et les bourgeois nantis qui font cette société où l’Homme n’a plus sa place.

              Source https://blogs.mediapart.fr/…/il-y-bien-eu-un-coup-detat-le-…


            • sahb 16 mai 15:20

              @Musicos95
              cette constitution n’est pas celle de Gaulle mais celle des ligues fascistes des années 30 et est ressortie des tiroirs après le coup d’état ! elle n’est pas instaurée telle quelle uniquement par peur du parti communiste qui est toujours le 1er parti de France ! c’est la SEULE crainte de de Gaulle ! il craint les communistes mais pas les fascistes !!


            • Paul Leleu 16 mai 16:10

              @Eric F


              vous connaissez sur le bout des doigts le « récit gaulliste »... essayez de vous poser quelques questions, quand on voit à quel abaissement nous a conduit cette pseudo « légende dorée de la 5ème république »... c’est facile de vous cacher derrière votre petit-doigt, en disant que la consitution a été détournée... les faits sont là... 

            • grangeoisi 15 mai 10:42

              Hum, pratiquement un article où on avance masqué.


              Pour faire un article sur l’actuel président , avec les habituels commentaires il eut été plus simple de se joindre à la meute au moins, l’ambiguïté n’aurait pas nui.


              Ainsi la conclusion aurait pu servir d’introduction, avec un article de fond manquant singulièrement.

              Alors que votre préambule promettait beaucoup , toutefois sans rien apporter de nouveau , finalement la pomme aura été entamée des deux côtés, il ne reste qu’un trognon qui va vite s’oxyder.

              • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 15 mai 20:23
                «  »Texte rédigé à Chaumont, préfecture de la Haute-Marne à quelques kilomètres de Colombey-les-Deux-Églises où je faisais étape le 13 mai 2018 lors d’un voyage vers l’Alsace tout à fait par hasard.«  »

                Par hasard ? Vous avez fait un pèlerinage à « Colombey-les-Deux-Minarets » et vous vous êtes rappelé bien des choses...
                «  »Ce 13 mai 2018 est le soixantième anniversaire du putsch d’Alger, un évènement fondateur de la cinquième République jamais commémoré«  »
                Qui sait pourquoi cet « Evènement » est enfoui au plus profond de l’inconscient collectif français sait aussi pourquoi Di Goule avait annulé le procès du terroriste JANSON... Demandez donc à missieu STORA ce qu’il en pense !

                Depuis le temps que j’en parle, vous avez au moins le mérite de rappeler au Français que la Ve république du coup d’Etat n’a plus rien à dévoiler, elle est finie. 

                • alberto alberto 15 mai 23:04

                  Oui, c’est au cours de cette période que j’ai entendu de la part du général ; « 60 millions de français de Dunkerque à Tamanraset » !
                  Il en a baisé quelques uns sur ce coup là...


                  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 16 mai 19:51

                    @alberto

                    Je pense que c’était le terroriste Mitterrand qui avait dit « La France de Dunkerque à Tamanraset »...

                  • cassini 16 mai 12:37

                    Retraité à 53 ans ? 


                    • Raymond75 17 mai 08:43
                      La constitution de la Vème République correspondait bien à la nécessité de l’époque (la IVème République ayant sombré dans l’impuissance), mais depuis elle nous impose un monarque élu, et une assemblée de députés godillots ... Cette absence de démocratie conduit la France dans une démarche d’opposition systématique et infantile, qui nous affaibli.

                      Les généraux de l’époque n’avaient pas compris que l’a période coloniale était terminée ; ils avaient été vaincus en Indochine et voulaient leur revanche. Ils ont poussé les Pieds Noirs à la folie et au refus de toute négociation. Cette triste aventure s’est terminée en 1962 par un putsch grotesque, des officiers criminels qui deviennent terroriste contre leur propre peuple, et l’exode des Pieds Noirs qui ont TOUT perdu !!!

                      Le putsch des bouffons en uniforme de 1962 a été vaincu par le contingent qui a refusé de les suivre, et qui a écouté De Gaulle sur les transistors. Aujourd’hui, il n’y a plus de soldats du contingent, et le peuple aurait beaucoup de mal à se défendre.

                      La guerre d’Algérie a marqué plusieurs générations : celles qui l’ont subi bien sur, mais aussi la génération suivante, politisée très jeune, qui deviendra la ’génération de 68’.

                      • Dzan 17 mai 09:43

                        Souvenirs d’Algérie

                        Le score du référendum ? Parlons en Coup monté, types ramassés en camion dans le bled, amenés sous bonne escorte.

                         

                        -  Tu t’appelles comment  ?  

                        -  Tu as combien de fatmas ?

                        -  Combien de gosses ? 

                        -   Vous êtes 7, voilà 7 bulletins ! 

                         

                        Bulletins OUI car, de toute manière, il n’y a pas de bulletins NON : ils ont été détruits. De plus, il y a un type en armes qui monte la garde à la porte du bureau. Des soldats ont voté 3, 4, 5 fois et dans certains bureaux de vote il y a eu jusqu’à 105 % de OUI.


                        Michel F 1960

                         

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