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Accueil du site > Actualités > Politique > Clément Viktorovitch vs Julie Graziani : la pensée en berne

Clément Viktorovitch vs Julie Graziani : la pensée en berne

Au lendemain de l’intervention controversée de Julie Graziani sur LCI, Clément Viktorovitch en a livré une analyse sur Canal+. Sa chronique a été abondamment partagée sur Facebook (1). Elle ne contribue pourtant pas à élever le débat.

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Clément Viktorovitch sur le plateau de Clique, le 5 novembre 2019 (capture écran de Canal+).

Est-il possible de produire une réflexion de qualité en commentant une ânerie ? Mardi dernier, le politologue et enseignant Clément Viktorovitch s’est essayé à l’exercice en consacrant sa chronique (2) aux propos de l’éditorialiste Julie Graziani, auteur du désormais célèbre conseil de gestion domestique : « si on est au smic, il ne faut peut-être pas divorcer » (3). Le résultat est peu convaincant. Cédant à la facilité, esquivant les sujets de fond, flirtant avec la niaiserie, le chroniqueur parvient même à emprunter à son sujet d’étude certains de ses travers.

Ainsi, c’est avec une pointe de mépris que Viktorovitch débute sa chronique, évoquant « le personnage » Julie Graziani, « découverte aujourd’hui ». Une attitude surprenante quand on sait que l’un des premiers reproches adressés à Graziani est de s’être montrée humiliante. Il va ensuite chercher à la déconsidérer en mentionnant ses relations (elle travaille pour le magazine LIncorrect, « fondé par des proches de Marion Maréchal-Le Pen ») et certaines de ses prises de positions (contre l’avortement, l’euthanasie et le droit de grève dans la fonction publique).

Comme cela n’est tout de même pas suffisant pour conclure, le chroniqueur en arrive aux propos de sa consœur. Afin que chacun puisse se faire une idée, il propose un extrait de l’émission de LCI. Mais cette vidéo ne montre que l’échange paisible d’une rouennaise avec Emmanuel Macron, le 30 octobre dernier, sur le thème du pouvoir d’achat, suivi du commentaire de Graziani. Or, la vigueur de cette dernière s’explique en partie par sa réaction aux propos d’une autre femme qui, apostrophant le président de la République, explique notamment : « Je suis mère de famille, j’ai cinq enfants, je suis obligée de travailler. J’ai que deux cent balles à la fin du mois, c’est pas normal ! » Pourquoi Viktorovitch n’a-t-il pas retenu ce passage ? Parce qu’une seule de ces deux personnes est capable de tenir le rôle de la gentille pauvre face à la méchante éditorialiste. Et tant pis pour l’impartialité du montage.

Le chroniqueur analyse ensuite la pensée de Graziani : « Le fond de son argumentation est clair : les individus sont intégralement responsables de leur sort (…). C’est une idéologie radicalement libérale. » Ici, rien à redire. On attend juste une prochaine chronique nous expliquant que les rédacteurs de L’Humanité sont radicalement communistes.

À ce stade, Viktorovitch aurait pu choisir de discuter le point de vue de Graziani, d’argumenter sur le rôle (bénéfique) de l’État, sur le libre arbitre (contrarié) des individus… En faisant preuve de mesure, il pouvait tordre le cou aux caricatures selon lesquelles sa famille politique défend l’assistanat, la culture de l’excuse et la victimisation pour tous. Mais non, ce soir-là, notre professeur avait mieux à faire : révéler une machination. L’extrême droite « utilise des éditorialistes (…) pour déverser des opinions outrancières (…) et, par comparaison, les positions de certains responsables politiques (…) qui étaient naguère jugées choquantes paraissent tout d’un coup raisonnables. » Ce n’est peut-être pas faux (4), mais n’est-ce pas une pratique répandue dans le monde politique ? Au sein même des partis, cette fonction n’est-elle pas dévolue depuis longtemps aux courants et autres tendances ? À l’extrême droite, poursuit Viktorovitch, c’est Marion Maréchal-Le Pen qui a « conceptualisé l’idée de combat culturel, l’idée qu’il faut d’abord influencer l’opinion publique avant de pouvoir ensuite gagner des élections. » Oups ! Ceux qui pensaient que l’on peut être élu sans faire l’effort de convaincre des électeurs vont être déçus… Et notre chroniqueur de conclure, sous les applaudissements du public : « Il ne faut pas être naïf. Nous n’avons pas affaire à des dérapages [mais] à une stratégie coordonnée de conquête du pouvoir. » Là, c’est le scoop : l’extrême droite s’organise pour remporter des élections ! En moins de cinq minutes d’antenne, Clément Viktorovitch a bouleversé notre vision de la politique.

Également sur le plateau pour présenter son dernier film, Costa-Gavras va clore la séquence avec une grande finesse : « On retourne à une société avec des hommes et des femmes supérieurs qui avaient fait le grand succès de Hitler (…). Ça a commencé avec des discours (…), il a pris le pouvoir et après il a fait ce qu’il a voulu. Il a détruit le monde jusqu'à faire des camps de concentration. » Même le commissaire politique Viktorovitch a semblé soufflé par la rapidité avec laquelle le cinéaste a atteint le point Godwin…

Bien sûr, le problème de la rouennaise qui « seule avec deux enfants, au smic, [ne] vois pas trop comment on peut s’en sortir » n’a toujours pas de solution. Après s’être fait sermonnée sur LCI, la voilà oubliée sur Canal+ ! Un mot de remerciement aurait pourtant été mérité, car sans elle, Graziani et consorts ne seraient pas sortis du bois et Clément Viktorovitch n’aurait pas signé cette instructive chronique.

 

Notes :

(1) Et sur Agoravox, dans cet article.

(2) Clément Viktorovitch, « La radicalité comme stratégie rhétorique », Les points sur les i, Clique, Canal+, 5 novembre 2019. À voir ici.

(3) Dans l’émission 24H Pujadas du lundi 4 novembre 2019, à partir de 51’ 43’’. À voir ici.

(4) Pour discréditer la « théorie du complot » développée par Clément Viktorovitch, certains (comme Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint de la rédaction du Figaro magazine, dans un tweet) ont fait remarquer que le magazine L’Incorrect a cessé sa collaboration avec Julie Graziani, trois jours après sa prestation télévisuelle. L’argument n’est pas très probant. Si Graziani a été écartée, ce n’est pas en raison de « l’outrance » de ces propos, mais parce que ceux-ci stigmatisaient aussi des électeurs potentiels de l’extrême droite.


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25 réactions à cet article    


  • Le421 Le421 9 novembre 18:03

    Ce que je trouve étonnant, c’est que les gens demandent à une chroniqueuse de « l’incorrect » de tenir des propos dignes d’un(e) citoyen(ne) français normal.

    Les étonnés du moment viennent de découvrir l’eau chaude et les fondements idéologiques de l’extrême droite.

    Formidable.

    En son temps, Hitler disait sur ses affiches de propagande :

    5 millions d’immigrés

    5 millions de chomeurs

    Le calcul est facile !!


    • foufouille foufouille 9 novembre 18:20

      @Le421

      donc ton étranger supérieur fabrique un emploi magique ?

      le sans emploi ne veut pas bosser sous le smic ?


    • jmdest62 jmdest62 10 novembre 07:46

      @Le421
      Salut
      ce qui est étonnant c’est que des gens s’étonnent et s’offusquent qu’une nana estampillée « Le Pen - girl » puissent tenir de tels propos.
      Certains pensent qu’elle joue un rôle alors qu’elle exprime sa conviction profonde ...« vous les pauvres , vous êtes de la M...et c’est de votre faute »
      Avec ce genre de « saillie » Les gens vont peut-être commencer à comprendre la crasse qu’il y a derrière la vitrine de la boutique « Le Pen » et qu’ils auront beau voter « Le Pen » pour se débarrasser de l’immigré au final ils seront toujours considérés comme de la M....par la secte Le Pen.
      @+


    • Le421 Le421 10 novembre 08:35

      @foufouille
       ????

      Il dit quoi, lui ??
      Moi pas comprendre...
      Étranger supérieur ?
      Ah ? smiley


    • foufouille foufouille 10 novembre 09:26

      @Le421

      ton étranger travaille bien pour une raison à la place des sans emploi ?


    • Kostic 10 novembre 19:03

      @Le421 Vous avez raison, camarade stalinien, les gens les plus opposés à votre idéologie ne peuvent pas être normaux. Il faudra donc prévoir de les interner, ces anormaux, n’est-ce pas, en conséquence de votre puissante analyse politique ?
      Il y a bien les étonnés du moment qui viennent de découvrir l’eau chaude et les fondements idéologiques de l’extrême gauche.
      En plus, vous donnez raison aux calculs du (national) socialiste A.H. ! Quelle puissance de raisonnement, camarade !
      L’essentiel et le suffisant, en politique, n’est-il pas de tout faire pour discréditer l’adversaire ? Le calcul est facile : Même plus besoin de programme ! Trop fort ...


    • Samson Samson 11 novembre 00:59

      « Clément Viktorovitch vs Julie Graziani : la pensée en berne »

      C’est l’époque qui veut çà, mais quelle prétention dans le titre !

      Comme si la « pensée » pouvait encore trouver à s’exprimer dans les cadres et formats propres à l’éditocratie et ses contraintes d’instantanéité et d’audimat, bien plus propres à nous en présenter de pâles ersatz sous les formes de slogans et « vérités » consensuelles qu’à tout effort d’authentique réflexion !

      Si la « pensée » est en berne, elle n’en a pas moins de longue date déserté les plateaux de nos amuseurs publics pour dans la mascarade de la Pensée Unique laisser place au simulacre de pseudo « experts », « intellectuels » et « philosophes » alimentant le débat en nous baratinant comme marchands de tapis de leurs « réflexions » sur les diverses manières d’agrémenter notre temps de cerveau disponible.

      La « pensée » vaut mieux que çà, non ?! smiley smiley smiley


      • Benoît Delol Benoît Delol 11 novembre 10:27

        @Samson
        Vous avez raison de souligner que les émissions de télévision n’offrent pas un cadre idéal à l’expression d’une pensée développée, avec leurs contraintes de durée et de réactivité, leur impératif de distraction, etc.
        Mais je pense, toutefois, que l’on peut attendre mieux que ce qui est souvent proposé. Et c’était le cas pour la chronique à laquelle j’ai consacré mon article.


      • Albert123 11 novembre 10:34

        La seule chose a retenir de cette intervention, reprise en coeur par tous les anes bien pensants, c’est que le clown gauchiste viktorovich, reproche à ses opposants de pratiquer les même méthodes que son propre camp,

        La fameuse « fenêtre d’overton » ça fait 40 ans qu’on en bouffe avec la gauche médiatique, et ça le petit idéologisé viktorovich se garde bien d’en parler,

        Il ne souligne pas non plus que ce qui permet au discours zemmourien de prospérer aujourd’hui ce sont les conséquences de l’idéologie matraquée depuis 40 ans par les même petits crétins si remplis de faux « bon sentiments »

        1ere victime de la dérégulation migratoire : le migrant précédent

        1ere victime du communautarisme : le communautarisé

        1ere victime de l’antiracisme primaire : le « racisé »

        1ere victime de la pma / gpa : l’enfant adopté et éduqué par des gens « pas responsables de leur sexualité »

        1ere victime de « #meeto » : les femmes véritablement violée ayant perdues tout crédit en raison de starlettes mythomanes

        1ere victime des antispécistes végans : l’animal d’élevage lui même qu’ils prétendent défendre

        Et on peut continuer comme cela pour toutes les lubies de la gauchosphère qui systématiquement met dans l’embarras ceux qu’elle prétend défendre sans jamais devoir se remettre en question,

        Et si aujourd’hui, la droitosphère a le vent en poupe, c’est uniquement car la gauchosphère en a permis l’avènement.


        • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 11 novembre 10:38

          On en fait tout un plat alors que la motivation de Graziani n’avait rien d’idéologique mais seulement pratique. Quand on est dans la mouise, on devrait éviter des choix qui nous enfoncent davantage.

          Présenté de cette manière, qui pourrait le contester ?


          • Benoît Delol Benoît Delol 11 novembre 11:33

            @Gilles Mérivac
            Une contestation me parait possible...

            D’une part, les propos de Graziani, qui ne sont en rien un dérapage, ne me paraissent pas seulement d’ordre pratique. Ils s’inscrivent dans une pensée construite, nourrie de valeurs catholiques traditionnelles, qui considère le divorce comme répréhensible, indépendamment de toute question financière.

            D’autre part, un reproche justifié fait à Graziani est d’avoir tenu des propos hasardeux en se prononçant sur une situation qu’elle ne connaissait pas. Il est imaginable que le « choix qui nous enfonce davantage », dans le cas de cette rouennaise, n’était pas de devoir subvenir seule aux besoins de son foyer mais de rester avec un compagnon violent, au risque de sa vie. Il y a aussi l’hypothèse d’un veuvage, d’un père qui ait abandonné sa famille, etc.


          • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 11 novembre 12:07

            @Benoît Delol
            "Ils s’inscrivent dans une pensée construite, nourrie de valeurs catholiques traditionnelles, qui considère le divorce comme répréhensible, indépendamment de toute question financière."

            En fait, vous n’en savez rien et vous extrapolez en considérant les choix politiques fait antérieurement par Graziani, mais rien dans l’interview ne permet d’affirmer ce que vous dites.
            Donc on peut vous reprocher exactement ce que vous faites, c’est-à-dire de tenir des propos hasardeux sur quelqu’un que vous ne connaissez pas.


          • Benoît Delol Benoît Delol 11 novembre 12:17

            @Gilles Mérivac
            Il faut savoir balayer devant sa porte, je vous l’accorde.
            Mais contrairement à la rouennaise anonyme du reportage de LCI, Julie Graziani a beaucoup exprimé publiquement ses idées (et, par respect pour la liberté d’expression, il est souhaitable qu’elle puisse continuer à le faire), ce qui rend moins hasardeuses les interprétations que l’on peut faire de ses propos.


          • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 12 novembre 07:23

            @Benoît Delol
            Je vais mettre les points sur les i puisque vous ne comprenez pas.
            L’environnement complexe dont nous bénéficions tous dans cette société française n’est pas le fruit du hasard mais du travail conjugué de nos prédécesseurs. Pour le préserver, il faut en être conscient et agir de manière responsable.
            En vous prenant à quelqu’un qui met l’accent sur cette responsabilité individuelle, vous participez au déclin de votre pays qui est déjà bien avancé et vous faites un travail de sape.
            Vous n’êtes pas le seul, malheureusement.


          • Benoît Delol Benoît Delol 12 novembre 12:26

            @Gilles Mérivac


            Avant de vous répondre précisément, je souhaiterais vous remerciez pour la qualité de rédaction de vos messages et le suivi de notre échange. Je formule simplement le souhait que, notre conversation se prolongeant en raison de points de désaccord, nous n’en arrivions pas à des propos désagréables sur nos capacités intellectuelles réciproques, qui seraient supposées nous empêcher de nous comprendre.

             

            Vous exprimez votre soutien au point de vue développé par Julie Graziani au cours de l’émission de LCI sur la nécessaire responsabilité individuelle des Français, dans un contexte économique plus que délicat amenant à penser qu’en pratique (comme en principe), l’État ne peut pas tout (et ne le doit pas).

            C’est une position qui me paraît raisonnable, et qui mérite d’être exposée aussi bien sur Agoravox que sur le plateau d’une chaîne de télévision nationale, quitte à être opposée à des opinions contradictoires.

             

            Ceci étant précisé :

             

            1) Mon article n’est pas consacré aux propos de Julie Graziani mais à l’analyse qu’en a faite Clément Viktorovitch. Vous n’y trouverez donc pas de développements sur le thème de la responsabilité individuelle. Ce pourrait être un bon sujet, mais pour un autre article. Vous noterez cependant que j’adresse au chroniqueur de Canal+ le reproche d’avoir évacué ce thème, pour se consacrer à la révélation d’une « machination ».

             

            2) Dans mes commentaires sous les vôtres, je ne m’exprime pas d’une façon générale sur les propos de Graziani, ce qui ne permets pas de conclure que « je m’en prends » à elle. Mais vous m’invitez à exprimer ma position :

            - je partage le point de vue qui consiste à réattribuer aux individus la responsabilité qui doit être la leur (toute la difficulté me semblant résider, en pratique, dans le choix de l’emplacement du curseur) ;

            - je suis conscient que c’est une opinion difficilement audible par nombre de Français ;

            - mais Graziani a rendu un très mauvais service à ce point de vue en s’exprimant comme elle l’a fait.

             

            Les propos de l’éditorialiste concernant la mère de famille rouennaise méritent la critique car ils sont à la fois hasardeux, sentencieux et brutaux. D’abord, comme elle l’a pourtant relevé, nous ignorons tout de la situation de cette personne. Est-elle seule après avoir quitté un mari violent ? A-t-elle accepté un travail rémunéré au minimum légal après le dépôt de bilan de sa précédente entreprise ? Ensuite, dans l’interprétation de l’éditorialiste, les difficultés de cette femme résultent uniquement de ses mauvais choix, dictés, on le suppose, par sa paresse ou sa bêtise. Enfin, ces propos sont tenus par une professionnelle sur le plateau d’une chaîne nationale au sujet d’une personne ordinaire dans l’incapacité d’y répondre.

             

            Si un « travail de sape » a été réalisé dans cette affaire, il se trouve là. Graziani ne s’est pas révélé être, ce jour-là, dans cette émission, le bon messager, le bon avocat pour une situation, une cause, qui méritent d’être exposée et défendue.


          • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 12 novembre 15:21

            @Benoît Delol
            Nous avons au moins un point d’accord sur l’importance de la responsabilisation des individus. C’est important, et une illustration vient d’en être donnée avec le suicide de cet étudiant à qui l’on a fait croire que tous ses malheurs venaient se l’extérieur. On l’a empêché de grandir et on l’a psychologiquement désarmé, c’est dramatique.
            Vous critiquez Viktorovitch, c’est vrai, mais vous restez ambigu quand vous utilisez l’expression « Graziani et consorts ». Cela signifie-t-il que l’on a affaire à une coterie, et laquelle ?
            Graziani a sans doute été maladroite, mais la maîtrise de soi à la télévision est une affaire de professionnels, je pense que les politiciens ont des conseillers en communication pour cela, mais certainement pas les gens normaux qui ne sont pas entraînés pour cela.


          • Benoît Delol Benoît Delol 12 novembre 16:26

            @Gilles Mérivac

            Nous sommes effectivement d’accord sur ce point (et je pense également que notre pays est en déclin).

             

            En ce qui concerne mon expression « Graziani et consorts », elle entendait décrire la vision de Clément Victorovitch, selon laquelle des éditorialistes isolés agissent, en réalité, de concert.

             

            Pour ce qui est de l’attitude de Julie Graziani sur LCI, je suis moins porté à la mettre sur le compte de son inexpérience. Elle a, semble-t-il, représenté son journal pendant un an sur les plateaux de télévision, ce qui aurait dû la « professionnaliser ». Elle prend la parole dans les médias depuis plus longtemps encore. Surtout, comme éditorialiste politique, elle était bien placée pour mesurer l’extrême réactivité de la population aux sermons et à toute forme de mépris, réel ou supposé. Nous avons tous en tête les réactions à la formule « je traverse la rue et je vous en trouve [un emploi] » d’Emmanuel Macron… J’ajouterai que l’ambiance de l’émission de Pujadas était calme et que Graziani n’a pas pris la parole sitôt après la diffusion du reportage tourné à Rouen, ce qui aurait pu tempérer son indignation.

             

            Le cas de l’immolation de l’étudiant lyonnais, que vous citez, est effectivement dramatique. Je remarque une autre chose, en rapport avec notre discussion concernant Graziani : la dureté de certains commentaires sur Facebook ou sous des articles. Le thème : après ses multiples échecs aux examens et ses redoublements, il est normal qu’il ait perdu sa bourse d’étude. Aussi rudes qu’elles soient, ces remarques ne provoquent pas de « polémiques » là où elles sont faites, pour une raison : elles émanent de pairs. C’est le statut que n’avait pas Graziani vis-à-vis de la mère de famille rouennaise, et c’est ce qui aurait dû l’inciter à la modération.

             


          • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 13 novembre 07:40

            @Benoît Delol
            Si vous exprimez des idées générales dans beaucoup de domaines tels que la politique ou la religion ou même le social, vous allez choquer et même blesser une catégorie de gens, c’est inévitable parce que de nombreuses personnes font bloc avec leurs idées et refusent d’être déstabilisées en se remettant en cause.

            Les gens n’échangent donc plus que des banalités ou parlent de la pluie et du beau temps. Du point de vue médiatique, c’est encore pire, si quelqu’un a le malheur d’émettre une idée forte, c’est immédiatement une levée de boucliers, la personne est traitée de fasciste, ou de misogyne, ou de raciste, ou dans le cas présent, d’être sans cœur.

            Le résultat est un consensus mou que l’on appelle le politiquement correct et qui détruit peu à peu la liberté d’expression et la circulation des idées. Car il faut le souligner, le ressenti d’une insulte est, sauf dans le cas d’attaques personnelles directes, complètement subjectif. Et cela participe au déclin auquel je faisais allusion un peu plus haut. Un pays ne peut pas s’en sortir s’il refuse la confrontation des idées, fussent-elles désagréables à entendre.


          • Benoît Delol Benoît Delol 13 novembre 12:12

            @Gilles Mérivac
            Je partage votre analyse.
            J’essaye actuellement de terminer un article qui traite en partie de cette question...


          • GAZAOUI 11 novembre 11:03

            L’auteur a envie de prendre la place de Clémént VICTOROVITCH.

            Je lui propose cnews

             

            • Benoît Delol Benoît Delol 11 novembre 11:34

              @GAZAOUI
              C’est une suggestion que vous allez pouvoir faire à beaucoup de contributeurs d’Agoravox...


            • rugueux 11 novembre 12:30

              Alors Benoit on vire les commentaires qui font mal cul ?

              Evidemment que Graziani a raison...Comme l’a si justement dit Merivac quand on est dans la mouise il faut s’abstenir d’en rajouter pour s’enfoncer encore plus....

              Le commentaire de cette dame est juste frappé du coin du bon sens…

              Je ne suis pas un soutien de Macron mais la diatribe sans queue ni tête de cette idiote qui accuse le président d’être responsable de tous ses malheurs est ridicule...On voit bien que c’est une hystérique pas très futée...Elle a pas dû beaucoup travailler à l’école, elle a choisi le mauvais mec et sûrement trop conne pour comprendre le concept de la contraception…

              Aujourd’hui elle rame avec deux gamins et un smic...ben oui y’en a plein des comme ça...Les gamins fallait pas les faire, ou juste un seul...faire des gosses génère des responsabilités…

              Un cassos de plus.


              • Benoît Delol Benoît Delol 11 novembre 12:59

                @rugueux
                Pour info : je n’ai supprimé aucun commentaire de cette discussion, ni bloqué aucun commentateur.


              • Traroth Traroth 12 novembre 14:38

                On comprend à demi-mot que l’auteur approuve Julie Graziani, en fait. Mais sans avoir le courage de le dire, lui... Nul.


                • Benoît Delol Benoît Delol 12 novembre 15:39

                  @Traroth

                  Pour vous répondre avec des mots bien complets :

                  - si vous avez cherché dans mon article une approbation ou une désapprobation des propos de Julie Graziani, il est normal que vous n’ayez rien trouvé : ce n’est pas le sujet de l’article (sur Agoravox, c’est, en revanche, le sujet de cet article) ;

                  - en revanche, dans mes commentaires, en réponse à Gilles Mérivac, j’ai indiqué que si le principal propos de Julie Graziani (« si on est au smic, il ne faut peut-être pas divorcer ») me paraissait à la fois hasardeux, sentencieux et brutal, le sujet que l’éditorialiste a souhaité abordé (la responsabilité individuelle) méritait débat.

                   

                  Désolé que ces nuances rendent difficile mon classement dans une catégorie.

                  Je constate d’ailleurs que, pour un certain nombre de commentateurs aux points de vue opposés, je suis toujours dans « l’autre » catégorie…

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