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Accueil du site > Actualités > Politique > Corbyn, M5S : encore une fois, la gauche « radicale » déçoit

Corbyn, M5S : encore une fois, la gauche « radicale » déçoit

Ce mois-ci, la gauche dite radicale était à nouveau sous les feux de l’actualité en Europe. En Italie, avec la rupture avec la Ligue de Salvini, le M5S a choisi de former un gouvernement avec le Parti Démocrate, pourtant honni il y a peu. Outre-Manche, c’est Jérémy Corbyn qui exige un report du Brexit avant de donner la parole au peuple. Deux nouveaux choix qui alourdissent le passif de cette famille.

 

Le talon d’Achille européen et internationaliste
 
Ce n’est pas la première fois que la gauche dite radicale déçoit. Syriza et Tsipras avaient porté l’espoir de la majorité du peuple grec de sortir de la tutelle austéritaire mortifère de l’UE. Les Grecs l’avaient propulsé chef du gouvernement début 2015, puis lui avaient donné le mandat pour rompre avec l’UE en rejetant clairement par référendum le nouveau plan d’austérité européen six mois plus tard. Las, quelques jours plus tard, contredisant le vote de ses compatriotes quelques jours auparavant, Tsipras finissait par capituler et accepter les conditions détestables et humaines imposées par les créanciers du pays, parce qu’il refusait de rompre avec l’UE. Il choisissait cette Europe plutôt que son pays…
 
En France, la situation n’est guère réjouissante. Malgré ses limites, Mélenchon s’était logiquement imposé comme le premier opposant à Macron au début du mandat : l’espace était immense et béant à gauche de LREM. Mais entre le manque de pédagogie sur l’économie, les ambiguités sur l’Europe, les compromissions communautaristes de certains, et un comportement peu engageant, le capital électoral de LFI a été divisé par trois, alors même que le PS ne s’est pas relevé, que Macron a beaucoup déçu et que l’ex-FN n’a guère changé depuis la débacle du débat du second tour. Bref, alors même que les citoyens veulent plus de social et de redistribution, LFI s’est démonétisé depuis la présidentielle.
 
Les nouveaux cas italien et britannique sont édifiants. En Italie, le choix du M5S de faire alliance avec la Ligue sur un programme plus social et en partie en rupture avec l’UE indiquait une volonté de faire passer les intérêts du pays avant les considérations européennes. Déjà, dans le bras de fer sur le déficit, le M5S avait fait preuve d’une grande mollesse à l’égard de Bruxelles, acceptant de revoir une copie pourtant plus rigoureuse que celle rendue par Macron… Au lieu de reculer, di Maio aurait du aller plus loin... Et là, pour éviter une élection, le M5S s’est allié avec le très européiste PD sur une ligne d’apaisement avec l’UE. Espérons que la sanction électorale finale sera particulièrement forte.
 
La situation britannique est particulièrement ubuesque avec un Labour, qui demandait des élections il y a encore quelques semaines, mais qui refuse celles proposées par Boris Johnson, y mettant comme condition le report du Brexit ! Pourtant, des élections mi-octobre aurait permis de donner au peuple britannique le choix de reporter, ou non, le Brexit. Une majorité pour Boris Johnson, et le Brexit avait lieu le 31 octobre, à des conditions pouvant être ajusté lors du dernier sommet européen. Corbyn pouvait faire campagne pour le report et le demander s’il était gagnant. Mais les mauvais sondages, qui en disent long sur le vrai sentiment des britanniques, l’ont poussé à prendre cette position incohérente.
 
 
Il est assez vertigineux de constater les compromissions de la gauche dite radicale au nom de cette UE, pourtant ultra-libérale. L’internationalisme semble être une religion tellement puissante qu’elle passe avant l’agenda social ! D’ailleurs, le même phénomène est à l’œuvre avec Thomas Piketty, qui, s’il se radicalise économiquement, refuse de voir que dans l’UE, son agenda n’a aucune chance…

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20 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 1er octobre 11:00

    le M5S comme « gauche radicale » c’est déjà risible, mais pour Corbyn, c’est carrément à côté de la plaque, il est peut-être à gauche de Tony Blair

    c’est comme si vous disiez que Benoit Hamon, c’est la « gauche radicale » parce qu’il est à gauche de Cazeneuve !


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 1er octobre 11:05

      @Séraphin Lampion

      décidément, la catégorie fourre-tout de « populiste » aura réussi à rendre possible n’importe quel escamotage : les démocrates US sont considérés comme la gauche parce que ce qui est considéré comme la droite, c’est l’extrême droite, d’ailleurs en France il est devenu vulgaire de parle d’extrême droite, il faut dire « nouvelle droite »
      alors après, il faudra finir par fournir un lexique et une réglette pour ajuster les délocalisations de mots et leurs translations sur les damiers politico-médiatiques


    • leypanou 1er octobre 11:11

      @Séraphin Lampion
      il y a même un auteur sur agvx qui affirme que 90% des journalistes sont de gauche ou encore que Le Monde est de gauche smiley

      Qualifier quelqu’un de de gauche ou de droite est-il encore pertinent ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 1er octobre 11:15

      @leypanou

      pertinent je sais pas, mais j’observe que le brouillage d’écoute permet de faire penser que la nouvelle répartition pertinente serai : « mondialiste ou souverainistes », ce qui permet de jeter sur la table une pomme de discorde et évacuer les questions qui dérangent en laissant les gens se battre entre eux


    • leypanou 1er octobre 11:26

      @Séraphin Lampion
      je préfère le terme globaliste au lieu de mondialiste, car je pense qu’on est tous mondialiste.
      Globaliste est d’ailleurs le terme utilisé par la littérature anglo-saxonne et je pense que cela reflète mieux l’idéologie sous-jacente.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er octobre 12:24

      @Séraphin Lampion
      Votre remarque sur les USA est pertinente, ils n’ont pas les mêmes catégories que nous. Ils considèrent que Sarkozy est de Gauche...
      « Pour en finir avec la Françamérique » de Jean Philippe Immarigeon


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 1er octobre 13:06

      @Fifi Brind_acier

      Le problème, c’est que nous importons de plus en plus leurs « catégories » à eux via Hollywood et les « sitcoms », et que leurs problèmes sociétaux sont importés de plus en plus rapidement : LGBT, suprématisme, paranoia sur l’immigration et l’islam. A ce train là, Macron sera bientôt classé dans la même « catégorie » que Che Guevara.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er octobre 20:44

      @Séraphin Lampion
      C’est normal, nous sommes dans l’ OTAN, les USA n’ont pas d’amis, ils n’ont que des vassaux.


    • Attila Attila 1er octobre 16:40

      On est déçu par la gauche aujourd’hui si on s’imagine qu’elle est comme la gauche d’avant : ce n’est pas le cas.

      La gauche d’aujourd’hui a abandonné les classes populaires et les valeurs auxquelles elle tenait.

      La justice sociale a été remplacée par la lutte pour le climat : c’est ce qui a fait sortir les Gilets Jaunes du début qui protestaient contre l’application de la taxe carbone sur le gasoil.

      La défense de la nation a été remplacé par un internationalisme ravageur : mondialisation et immigration patronale pour le dumping social et la destruction des solidarités de classe.

      Position du PCF à l’époque :

      «  On ne va pas laisser la question de la nation au FN. On a une conception de gauche de la nation et on va batailler contre celle de l’extrême droite. »

      Il y a deux conceptions de la nation :

      « L’idéologie allemande nous donne une définition ethnique issue de la fin du 19ème siècle. Pour cette idéologie, la nation ne serait qu’une communauté de culture, de langue, et d’histoire. Cette vision réductrice est non envisageable en Europe tant les cultures, les langues et l’histoire sont imbriquées, elle signifierait qu’il n’existerait pas de nation française. Il conviendrait alors de découper notre pays en pseudo ethnies divers et variées. C’était à la fois le projet nazi et un projet porté par les écologistes et dénoncé par Pierre Hillard »

      — « L’idéologie française avait déjà défini une conception civique de la nation dés 1789. Pour les français une nation est composée de citoyens habitant à l’intérieur de frontières mutuellement reconnues par ses voisins et soumis à un corpus de lois communes. »

      C’est évidemment la conception civique de la nation qui était défendue par le Parti Communiste.

      Aujourd’hui, toute la gauche a été colonisée par le trotskysme pour qui il n’existe pas d’autre conception que l’ethnique. Pour eux, toute revendication qui s’appuie sur la notion de nation est d’extrême droite. 

      En 1997, le PCF capitule. Parce que les socialistes l’exigent. Pour entrer dans la gauche plurielle, Robert Hue solde cet héritage et laisse un boulevard à l’extrême droite. Si le PC ne s’était pas renié, nous n’en serions pas là.

      La gauche radicale prisonnière de ses tabous

      .

      La gauche, dernier rempart du capitalisme.

      .

      « La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populaires » de Christophe Guilluy

      .

      « le complexe d’Orphée », de Jean-Claude Michéa.




      • Attila Attila 2 octobre 10:33

        @Attila
        En complément, la position du PCF de Georges Marchais sur la question de l’immigration :
        "Quant aux patrons et au gouvernement français, ils recourent à l’immigration massive, comme on pratiquait autrefois la traite des Noirs, pour se procurer une main-d’œuvre d’esclaves modernes, surexploitée et sous-payée. Cette main d’œuvre leur permet de réaliser des profits plus gros et d’exercer une pression plus forte sur les salaires, les conditions de travail et de vie, les droits de l’ensemble des travailleurs de France, immigrés ou non "
        La véritable lettre de Georges Marchais au recteur de la Mosquée de Paris (6 juin 1981

        .


      • Attila Attila 2 octobre 12:21

        @Attila
        Un lien vers une présentation du livre de J-C Michéa : Le complexe d’Orphée

        .


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 1er octobre 19:00

        la vaste fumisterie continue, et la distribution de bons points aussi.

        En Italie, c’est Salvini qui a mis fin à l’alliance, d’ailleurs, si ma mémoire est bonne, la raison invoquée c’était la ligne grande vitesse Lyon Turin. Bon après c’est le jeu et il en connaissait les règles. 5 étoiles n’a pas voulu aller aux élections anticipées et alors, c’est le jeu aussi.

        Au RU les travaillistes naviguent à vue et évitent la question qui fâche, comptant ramasser les miettes et emmerder les conservateurs. Corbyn parle maintenant d’éviter un Brexit sans accord, non pas d’éviter un Brexit.

        Seul l’avenir nous dira quel était le bon choix.

        Mais enfin, et comme d’habitude, je rappelle que les partis français appelant à un Frexit clair et net ont fait 2% la dernière fois.

        Alors la déception des 2%, que vaut-elle ? vaste sujet, comme dirait l’autre...


        • Cadoudal Cadoudal 1er octobre 19:25

          @Olivier Perriet
          Ils sont contents les gauchistes Italiens, les affaires reprennent...lol..

          Ces dernières semaines, les arrivées de migrants sur les côtes sud de la péninsule ont sensiblement augmenté

          une nouvelle route de la Méditerranée centrale permettant aux passeurs de proposer, en quelque sorte, des “voyages en classe affaires”

          https://www.infomigrants.net/fr/post/19861/italie-de-plus-en-plus-de-migrants-arrivent-seuls-sur-les-cotes-de-lampedusa


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er octobre 20:55

          @Olivier Perriet
          je rappelle que les partis français appelant à un Frexit clair et net ont fait 2% la dernière fois

          Quel culot ! Je rappelle que l’essentiel des temps de paroles dans les médias, et en particulier à la télé, est donné systématiquement aux Partis européistes lors des campagnes électorales !

          Et 0 heure, 0 minute, 0 seconde entre deux élections.
          Enfin, que le Brexit est présenté comme l’apocalypse depuis 3 ans.

          Le Journal le Monde commence à retourner sa veste, c’est le 2e article qu’il publie pour reconnaître que l’apocalypse n’a pas eu lieu. Il faut habituer les lecteurs au probable Brexit le 31 octobre, mais le faire avec douceur, pour qu’il ne s’aperçoivent pas qu’on les a pris pour des truffes...

           


        • Olivier Perriet Olivier Perriet 2 octobre 10:13

          @Fifi Brind_acier

          j’ai été généreux, car je n’ai pas voulu aller trop dans le détail et la guerre des étoiles smiley ; mais si vous insistez, j’y viens :

          Les 2% sont les scores cumulés de l’UPR et de la liste Philippot aux dernières européennes.

          Je sais que vous ne le reconnaissez pas pour un des votres, mais il a quand même presque atteint le même niveau que l’UPR, en 1 an et demi d’existence autonome.

          Pour vous convaincre tout à fait que je ne suis pas de mauvaise foi, je vous précise que j’ai voté pour la liste philippot smiley

          Après, si vous récusez son apport à « La Cause », je vous laisse avec vos 1.2% (estimation haute).

          et, surtout, je vous laisse déblatérer sur le Brexit, et la plus ou meilleure stratégie pour y parvenir, du haut des 1.2% que vous arrivez à convaincre en France.


        • Olivier Perriet Olivier Perriet 2 octobre 10:44

          @Fifi Brind_acier

          Je rappelle que l’essentiel des temps de paroles dans les médias, et en particulier à la télé, est donné systématiquement aux Partis européistes lors des campagnes électorales !

          sur AV, l’essentiel du temps de parole est donné à l’UPR, et pour quel résultat smiley

          En proportion, je crois que plus on vous voit, moins on vous choisi, non ?


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 octobre 06:54

          Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire, voici ce que disait le PCF de la construction européenne de 1947 aux années 80.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 octobre 06:59

            Et voici l’analyse que faisait la CGT du Marché Commun, l’ancêtre de l’UE, dans les années 50/60.


            • Attila Attila 2 octobre 10:12

              Discours du Secrétaire Général de la CGT, Benoit Frachon, en 1957 :

              "L’intérêt des travailleurs de tous les pays du Marché commun est de combattre pour sa destruction et nous ne pensons pas que le fait qu’il ait été voté par les Parlements soit une raison pour que nous abandonnions la lutte pour sa liquidation. " Lien

              Avant d’être affiliée à la CSEuropéenne, la CGT faisait partie de la Fédération Syndicale Mondiale.

              .


              • Attila Attila 2 octobre 10:47

                Suggestion de pancarte pour le prochain défilé du premier mai :

                Benoit Frachon, secrétaire de la CGT, 1957

                L’intérêt des travailleurs de tous les pays du Marché commun

                est de combattre pour sa destruction.

                .

                Prévoyez quand mếme un bon service d’ordre . . .

                .

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