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Accueil du site > Actualités > Politique > Élysée 2022 (51) : le serment d’Emmanuel Macron

Élysée 2022 (51) : le serment d’Emmanuel Macron

« De la confiance accordée par le peuple français, je me sais redevable. Cette confiance toujours fragile, chaque matin remise en cause, est le socle de notre régime de liberté. Chaque jour du mandat qui s’ouvre, je n’aurai qu’une boussole : servir. (…) Servir nos enfants et notre jeunesse (…) à qui je fais le serment de léguer une planète plus vivable et une France plus vivante et plus forte. » (Emmanuel Macron, le 7 mai 2022 à Paris).

C’est probablement la caractéristique de tous les candidats qui ont été élus Présidents de la République, celle d’avoir d’une méga-ambition à la limite de la mégalomanie, a fortiori quand ils sont réélus : vouloir une planète plus vivable quand on ne maîtrise (et encore !) qu’un pays responsable d’à peine 1% de sa destruction, c’est très osé, surtout que le dernier rapport du GIEC explique que la France est déjà parmi les pays les moins polluants (grâce à sa politique nucléaire). Emmanuel Macron a ainsi été investi une nouvelle fois Président de la République ce samedi 7 mai 2022 à 11 heures au Palais de l’Élysée, à Paris, au milieu de plusieurs centaines d’invités et de corps constitués.

Parmi les invités, on a pu voir les deux anciens Présidents encore en vie, Nicolas Sarkozy et François Hollande, des anciens Premiers Ministres, notamment Laurent Fabius, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Édouard Philippe et Manuel Valls, des anciens ministres comme Éric Woerth, Christian Estrosi, Pierre Moscovici, Marisol Touraine et Jack Lang, des politiques mais aussi des artistes, Guillaume Gallienne et François Cluzet en particulier, etc., aussi le sénateur Jean-Marie Bockel qui a perdu un enfant mort au combat pour la France, les parents de Samuel Paty, etc.

Aucun enjeu réel pour le Président sinon réunir tous ceux qui lui sont chers. La séquence après le discours est d’ailleurs remarquable, c’est une séquence de "monarchie républicaine décontractée" (allégeance, mais on se tutoie, on s’embrasse). À part quelques masques, plus de vestiges du covid-19 tandis que l’épidémie régresse heureusement à grandes enjambées (en attendant un autre variant, peut-être venu d’Afrique du Sud ?).

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Lors de son introduction devant Brigitte Macron, devant le Premier Ministre Jean Castex, devant le Président du Sénat Gérard Larcher, devant le Président de l’Assemblée Nationale Richard Ferrand, devant François Bayrou, devant le gouvernement, etc., le Président du Conseil Constitutionnel Laurent Fabius a eu un trou de mémoire pour indiquer le nombre exact de suffrages portés sur Emmanuel Macron (son amour propre lui avait refusé de prendre un papier sur lui, si bien que l’ancien Premier Ministre lui a retiré 100 000 suffrages !). Il a délivré un message bien compris à l’adresse de Marine Le Pen et autres apprentis sorciers des institutions : l’État de droit est un bien précieux à protéger et réviser la Constitution doit se faire selon les procédures constitutionnelles (à savoir, selon l’article 89 et pas selon l’article 11 de la Constitution). Enfin, Laurent Fabius a déclaré que le début du second quinquennat aura lieu le 14 mai 2022 à zéro heure, et pas ce jour-ci.

Dans son discours, qui a été très court (une dizaine de minutes, lui qui est capable de tenir une ou deux heures) et sans beaucoup de nouveauté, le Président de la République a donné ses priorités : « Oui, agir sans relâche avec un cap, celui d’être une Nation plus indépendante, de vivre mieux et de construire nos réponses françaises et européennes aux défis de notre siècle. Cette action, nous le savons tous, s’inscrit à un moment de la vie de notre Nation où les peurs sont là, nombreuses, autant que les fractures. ».

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Et effectivement, Emmanuel Macron a insisté sur le climat politique très tendu de la campagne et de la France et a considéré qu’il ne s’agissait pas seulement de réfléchir à quoi faire, mais de réfléchir à comment faire. Ce n’est pas nouveau, Alain Juppé, présent à cette cérémonie, avait aussi théorisé ce qu’il n’aurait pas dû faire en 1995-1996, qu’on ne doit pas réformer la France avec l’esprit "droit dans ses bottes", mais cela prend ici une importance très élevée avec la colère exprimée électoralement par les scores de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

C’est aussi la conséquence heureuse d’un Président expérimenté, c’est-à-dire qui entame un second mandat : il sait qu’on ne peut plus réformer la fleur au fusil, à l’arraché, il faut savoir dialoguer avec le peuple pour aboutir à des réformes profondes mais acceptées par les citoyens : « Agir ne signifiera donc pas d’administrer le pays, enchaîner des réformes comme on donnerait des solutions toutes faites à notre peuple. L’action, en ces temps, est jumelle du rassemblement, du respect, de la considération, de l’association de tous. C’est pourquoi il nous faut tous ensemble inventer une méthode nouvelle, loin des rites et chorégraphies usées par laquelle nous pourrons seuls bâtir un nouveau contrat productif, social et écologique. Car rassembler et pacifier ne saurait signifier accepter de ne plus rien faire ou oublier nos responsabilités. ».

En clair, la voie est étroite et le saut dans l’inconnu est clair : cette voie à inventer, cette ingénierie de la réforme à inventer, elle sera sans doute l’attente de ce nouveau mandat, également la raison de ce nouveau mandat. Car après 2027, dans l’incapacité à se représenter, avec l’implosion des deux autres partis de gouvernement LR et le PS, il faudra bien trouver une relève raisonnable et responsable pour prendre la suite, et c’est Emmanuel Macron qui doit la préparer en évitant le "après moi, le chaos" : « Ce sera là le fondement de la renaissance démocratique dont notre pays a besoin. Elle sera bien entendu aussi institutionnelle et politique, mais elle doit être en acte et dans la pratique de chaque jour et chacun aura sa part de responsabilité. ».

On comprend alors que le mot "renaissance" n’a pas été employé par hasard et que le nouveau nom de son parti présidentiel, issu de l’appellation non seulement de la liste européenne de LREM mais aussi du groupe centriste au Parlement Européen (qui s’appelait auparavant l’Alliance des libéraux démocrates européens), suggère une véritable… révolution (son mot fétiche de 2017).

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Et probablement que l’élément clef est cette renaissance est ceci : « Ma conviction est faite. Ayons le courage de regarder le réel en face pour mieux concrétiser notre idéal plutôt que de nous laisser aller à d’illusoires chimères. ». Une phrase qui devra être interprétée par Jean-Luc Mélenchon, tout ivre, à Aubervilliers, d’avoir vassalisé tout ce qui avait fait la "gauche plurielle" (celle de Lionel Jospin) il y a vingt-cinq ans (à l’époque, il était ministre du gouvernement Jospin et s’en satisfaisait) : le PS, le PCF et EELV. Seul le NPA a senti le piège et puis, franchement, a-t-on déjà vu une combinaison politiquement susceptible de gouverner avec le NPA ?

Fort de sa réélection, Emmanuel Macron prend son temps. Il s’occupe d’ailleurs plus de politique étrangère que de politique intérieure en ce moment, même si, au détour d’un petit mot, la réalité se montre. Ainsi, à l’un de ses invités dans le salon d’honneur de l’Élysée, qui lui disait "je suis candidat aux législatives pour vous défendre", il a répondu avec un grand sourire : "oui, je le sais, je me suis vaguement intéressé à ce sujet"… L’artiste confirmé, ce titre, ce sera au soir du 19 juin 2022, pas avant, lorsqu’il aura obtenu de la part des Français la majorité parlementaire dont il a besoin, c’est-à-dire, le mandat clair pour agir. D’ici à cette date, c’est la campagne électorale, et comme pour l’élection présidentielle, elle sera difficile, avec son lot de morts, de blessés de guerre… et aussi, de miraculés !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (07 mai 2022)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Élysée 2022 (51) : le serment d’Emmanuel Macron.
Discours du Président Emmanuel Macron le 7 mai 2022 au Palais de l’Élysée à Paris (vidéo et texte intégral).
Élysée 2022 (50) : Macron II succède à Macron I.
Élysée 2022 (49) : vers une quatrième cohabitation ?
Élysée 2022 (48) : qui sera le prochain Premier Ministre d’Emmanuel Macron ?
Élysée 2022 (47) : la victoire historique d’Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron réélu Président de la République le 24 avril 2022.
Discours du Président Macron le 24 avril 2022 au Champ-de-Mars à Paris (texte intégral et vidéo).
Interview d’Emmanuel Macron le 22 avril 2022 sur France Inter.
Résultats du second tour de l’élection présidentielle du 24 avril 2022 (Ministère de l’Intérieur).




 


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80 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 9 mai 08:05

    Emballé, c’est pesé !

    La démocratie, y’a que ça de vrai ! smiley


    • Mondot Mondot 9 mai 14:31

      @Clocel
       
      Bah, les ’’serments’’ de macaron on les connait.
      Du vent, du pipeau...
       
      Le roi des parjures !
       


    • Joséphine Joséphine 9 mai 08:07

      Vous le faites exprès Rakoto ? C’est aussi intéressant qu’une pub sur BFM.  Comment est-ce possible de lire un truc pareil sur un média citoyen et alternatif qui devrait être un espace de liberté totale. 


      • ZXSpect ZXSpect 9 mai 08:19

        @Joséphine

        .

        « Comment est-ce possible de lire un truc pareil sur un média citoyen et alternatif qui devrait être un espace de liberté totale. »

        mais t’es pas obligée de le lire, Fifine…

        .

        et la « liberté totale » c’est aussi publier d’autres points de vue et pas seulement vouloir privatiser le bac à sable entre trolls copains !


      • sirocco sirocco 9 mai 12:49

        @Joséphine

        Des millions de téléspectateurs ont assisté en direct à la manipulation des chiffres du dernier scrutin.

        L’usurpateur de l’Élysée est un dictateur et un truand qui ne se cache même plus pour effectuer ses basses besognes.

        Sa devise restera : « Qu’ils viennent me chercher ! »


      • zzz999 9 mai 12:52

        @Joséphine
         Précisément, dans une VRAIE liberté d’expression on se fait violence de laisser parler même les pires collabos casse croute comme rototo contrairement à ses potes qui veulent nous faire croire que la censure c’est la liberté.


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 mai 08:14

        C’était l’enterrement de Marianne : « on a pu voir les deux anciens Présidents encore en vie, Nicolas Sarkozy et François Hollande, des anciens Premiers Ministres, notamment Laurent Fabius, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Édouard Philippe et Manuel Valls, des anciens ministres comme Éric Woerth, Christian Estrosi, Pierre Moscovici, Marisol Touraine et Jack Lang… »

        Ils sont venus

        Ils sont tous là

        Dès qu’ils ont entendu ce cri :

        Elleu va mourir laaaa Mama-a-a-a

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