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Accueil du site > Actualités > Politique > Enseigner l’Histoire : Enjeu politique majeur

Enseigner l’Histoire : Enjeu politique majeur

L'enseignement de l'Histoire, tout comme celui des Lettres, est fondamental dans la construction d'une nation, du lien entre les individus qui se rapportent aux mêmes évènements, aux mêmes moments de courage et de grandeur, et qui parlent -normalement- tous le même langage. Ce sont des enjeux éminemment politiques et les idéologues, les porteurs de bonnes intentions creuses l'ont bien compris, en sapant progressivement la transmission jugeant de l'Histoire commune comme quelque chose de poussiéreux.

 

Certains tenants de la doxa politiquement orthodoxe de l'époque pensent que les nouveaux programmes d'Histoire sont en somme paternalistes...

 

On s'était dit aussi que les z-élites allaient vers plus de lucidité en entendant Giscard regretter le regroupement familial (voir à ce lien), Merkel reconnaître l'échec patent du multiculturalisme (voir ici), Gérard Collomb jouer les prophètes de mauvais augure (voir ici) et Martine Aubry ouvrir les yeux sur les "quartiers". On s'était dit que c'était pas mal, on avait même espéré que leur regard se dessille totalement et qu'ils soient totalement lucides. On rêvait tout debout et "on" est con comme il se disait avant, dans un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, tout ça, donc avant les mirifiques réformes de l'enseignement du français...

 

Et voilà que je tombe sur cet article qui est loin d'évoquer un cas isolé, la plupart des bons apôtres persistent et signent contre l'évidence dans leur refus entêté et stupide de voir la réalité en face.

 

Laurence de Cock, une "intellectuelle", je suis certain que c'est vrai si elle le dit, le dit dans un article de "Libération" (voir à ce lien), les programmes d'Histoire ne sont pas assez divers, pas assez féministes, bref ne sont pas encore suffisamment dans le masochisme mémoriel constant et une auto-flagellation. Et si je saisis bien son point de vue, les programmes ne se rattachent pas assez au présent. Car dans son esprit comme dans celui de tous les bien-pensants, de tous les bourgeois pédagogues, le seul intérêt de l'histoire est de démontrer le bien-fondé de leurs thèses, de leurs opinions.

 

Et rien d'autres. Ils se comportent comme les missionnaires auparavant finalement, des prêcheurs. Seul compte le présent, un présent perpétuel qui dure depuis 1789 et un peu plus depuis 1945.

 

On extrait deux ou trois grands personnages comme des archétypes, que l'on caricature au dernier degré, que l'on simplifie, qui jouent le rôle soient des méchants, soient des gentils. On pourrait parler de "fierté homosexuelle" au XVIème siècle, de la diversité dans la France du XVIIème siècle, de multiculturalisme dans la France de Saint Louis, de féminisme au temps des croisades. Parler d'histoire intelligemment, à savoir, en faisant de l'Histoire quoi, serait conservateur, suspect d'intentions inavouables.

 

Le problème des personnalités comme Laurence de Cock ce n'est pas tant ce qu'elle exprime (après tout elle en a le droit) que le pouvoir dont elle et ses semblables disposent encore sur l'ensemble du peuple. Un pouvoir de sidération dirais-je. Un pouvoir tenant dans des menaces vagues de judiciarisation de toute contradiction, de mise en doute de celle-ci systématique ou comme relevant d'une nostalgie des totalitarismes du XXème siècle.

 

Ils peuvent encore menacer l'un, éloigner l'autre, intimider, contraindre la parole par diverses pratiques niant toute pluralité en politique. Pendant que l'intégrisme religieux islamiste le plus obscurantiste progresse partout dans ce pays. Ce dont ils n'ont cure, ce qu'ils ne veulent pas voir.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury - Grandgil

illustration empruntée ici


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27 réactions à cet article    


  • Étirév 11 octobre 15:57

    « Enseigner l’Histoire : Enjeu politique majeur », d’accord, mais quelle histoire ?

    L’Histoire réelle de la Terre et de ses habitants n’a jamais été faite, les hommes ne l’ont pas voulu, ils ont jeté un voile sur la moitié des temps et les ont retranchés des fastes du monde.

    En effet, il est des gens naïfs qui croient que l’histoire est le récit exact des faits du passé. Ils semblent ignorer que le monde est, depuis longtemps, régi par le mensonge et que le désordre de la société actuelle en est la conséquence.

    Il est curieux d’étudier comment cet ordre de choses a commencé, quels ont été les mobiles des premières erreurs voulues, et quels hommes, les premiers, ont eu l’audace de les écrire.

    A toutes les époques, il y a eu des partis qui, voulant s’emparer d’un pouvoir auquel ils n’avaient pas droit, ont appuyé leurs prétentions sur une idée, un système, une théorie religieuse ou sociale, qu’ils ont propagée par violence, par fraude ou par ruse. Deux moyens furent notamment employés pour faire disparaître les témoignages gênants de la splendeur du régime qu’on avait renversé : la destruction et l’altération des textes.
    L’ère de destruction s’ouvrit au VIIIème siècle. On précise même la date : cela commença en 747 avant notre ère, c’est-à-dire au moment où la classe sacerdotale se constitua.
    Un roi de Babylone nommé Nabou-Assar, rempli d’un orgueil fanatique et irrité des éloges qu’il entendait prodiguer au régime antérieur, s’imagina qu’il suffisait de faire disparaître sa trace dans l’histoire pour remplir l’univers de son nom et rendre sa domination légitime. Il fit effacer toutes les inscriptions, briser toutes les tables d’airain et brûler tous les papyrus. Il voulait que l’époque de son avènement au trône fût celle qui commençât l’histoire. Et cette idée devait triompher ; l’histoire antérieure au régime masculin devait, pendant longtemps, être effacée.
    Nous savons qu’une semblable idée était venue aux Romains.

    Il paraît également certain qu’on fit aussi détruire les monuments et les écrits des Thraces et des Volsques.
    Le souvenir d’un pareil événement s’est perpétué aux Indes. On sait assez qu’il eut lieu en Chine et que l’empereur Tsinchi-hoang-ti alla encore plus loin que Nabou-Assar, en défendant sous peine de mort de garder aucun monument littéraire antérieur à son règne.
    Ce système est resté dans les habitudes de tous les conquérants, de tous les usurpateurs, il a même pris des proportions formidables dans les religions modernes.
    N’oublions pas que la fameuse Bibliothèque d’Alexandrie a été brûlée trois fois, que les papes chrétiens ont fait détruire un grand nombre de monuments antiques, que les archives du Mexique et celles du Pérou ont disparu pour satisfaire le zèle fanatique d’un évêque espagnol.

    Puis, lorsque ces partis triomphaient, ils avaient soin d’abord d’écrire l’histoire passée, la montrant comme une longue préparation de leur triomphe qu’ils justifiaient par une aspiration des foules existant depuis longtemps.

    Suite…


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 11 octobre 17:00
      @Étirév
      Vous n’avez pas tort l’histoire est écrite par les vainqueurs, cependant...
      ....il y a des historiens qui se sont efforcés de rapporter les faits, comme Hérodote, ou Thucydide, qui fondent l’histoire, il y a aussi toute l’école des Annales et à droite des gens comme Gaxotte et Bainville.

    • Alren Alren 11 octobre 19:18
      @Étirév

      "« Enseigner l’Histoire : Enjeu politique majeur », d’accord, mais quelle histoire ?"

      L’histoire d’un pays comme la France est tellement vaste, remplirait une bibliothèque entière immense si on y stockait tous les ouvrages des historiens, qu’il faut faire des choix pour l’enseignement.

      Et les choix sont des affaires de pouvoir politique qui intervient en définissant le programme des classes.

      C’est encore plus vrai dans des pays étrangers comme l’Algérie où l’enseignement de l’histoire est uniquement à la gloire du FLN et où la période française qui a permis à ce pays de ne pas connaître l’évolution de l’Éthiopie, est noircie avec la plus grande mauvaise foi.

    • Cyrus l’ hermite 11 octobre 22:56

      @Amaury Grandgil

      Bonjours Amaury , je profite de ce billet pour vous saluer .


      On nous enseigne « l’ histoire de la philosophie » et non pas a philosopher au jour le jour ....

      L’ histoire est mouvante sans cesse remise en cause par de nouvelle decouverte ... (manuscrit de la mer morte par exemple .)

      Le « fait historique » lui est constant , c’ est nous qui nous trompons dans son interprétation .

      Etre historien , c’ est un peu mélanger 4 puzzle de 5000 pièce , en supprimer la moitié et tenter de reconstituer l’ image avec des lunettes déformantes .

      Bonne soirée



    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 12 octobre 09:05

      @l’ hermite

      Oui il y a souvent une idéologie derrière la vision historique, mais et alors ?
      Le tout c’est de la discerner.
      Et le problème en ce moment c’est qu’il y a toujours la même idéologie derrière.

    • Christian 12 octobre 09:56

      @l’ hermite

      Le « fait historique » lui est constant , c’ est nous qui nous trompons dans son interprétation.

      Le fait historique est certainement du domaine dit scientifique, encore que ce terme est mal approprié à mon avis, par contre le pourquoi de ce fait, ça c’est une toute autre histoire. Il y a un exemple concret avec l’ordre d’arrêt devant Dunkerque ordonné par Hitler plus connu sous Haltbefehl. Eh bien aujourd’hui encore il est impossible de se mettre d’accord sur l’origine ou l’intention de cet ordre. Ni les historiens ni les spécialistes de la SGm n’arrivent à se mettre d’accord. Et pourtant l’ordre a bien eu lieu. C’est pourquoi je ne croirai jamais à l’Histoire comme discipline scientifique.
      Pas plus tard qu’aujourd’hui, la chef du département de l’enseignement du canton de Vaud, en Suisse, a dû stopper dans la HEP (Haute école pédagogique) un cours d’histoire portant sur l’histoire de la Palestine. Ce qui démontre le caractère hautement politique de l’enseignement de l’Histoire.


      « c’ est nous qui nous trompons dans son interprétation »

      « On » ne se trompe pas forcément, on n’est pas d’accord, même entre historiens, c’est autre chose




    • CzarRol 12 octobre 14:00

      @Étirév
      Votre début de texte est excellent.


      vous devriez apprécier le travail du mathématicien russe sur l’histoire : Anatoli Fomenko

      Ses livres, sans être pris pour argent comptant, sont des mines d’informations sur les pratiques de l’Histoire. History : science or fiction

      il y a aussi des vidéos sur youtube.

    • Christ Roi Christ Roi 12 octobre 14:28

      Il n’y a plus d’enseignement de l’histoire à l’école mais que de la propagande. Les profs commencent l’histoire à partir de la shoa et tout le reste est raconté comme de la préhistoire de gens imbéciles. Fort heureusement, l’E.N. À de plus en plus de mal à recruter des jeunes qui ont compris le piège et ne veulent plus faire prof d’histoire. Quand au autres, ils ont bien compris l’enfumage du truc. Tout va bien. 


    • nono le simplet nono le simplet 11 octobre 17:27
      une fois n’étant pas coutume j’interviens dans un de tes articles ...
      pour m’élever en faux sur cette vision réductrice des cours d’Histoire ...
      une amie, agrégée d’Histoire m’a offert les livres d’Histoire de seconde, première et terminale il y a 5 ou 6 ans ...
      et je les ai trouvé, au contraire, assez complets, objectifs et sans parti pris ... le seul reproche que je pourrais faire es qu’ils sont assez déroutants dans la présentation ...
      certains intervenants d’Ax ( je ne parle pas de toi puisque je ne sais pas) seraient inspirés de se les procurer et de les lire bien sûr ...

      • Pere Plexe Pere Plexe 11 octobre 19:50

        @nono le simplet
        Ils ne sont surement pas parfait.

        Mais quels progrès en comparaison de ceux que j’ ai eu.
        Et même par rapport à ceux que mes enfants avaient il y a dix quinze ans.
        Profs et bouquins appellent de plus en plus à l’esprit critique et incite à élargir ses connaissances : qui peut s’en plaindre ?
        L’auteur feint d’ignorer que l’Histoire telle qu’on l’a servie au petit français depuis des décennies est largement frelaté.
        Dés lors que certain(e)s en soulignent les errements est plutôt salutaire.

      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 11 octobre 20:36

        @nono le simplet
        je les connais de par ma profession


      • nono le simplet nono le simplet 12 octobre 04:44

        @Amaury Grandgil

        je les connais de par ma profession
        ... et ?

      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 12 octobre 08:24

        @nono le simplet
        Et ils sont très politiquement corrects et dans le masochisme mémoriel abscons.


      • nono le simplet nono le simplet 13 octobre 02:16

        @Amaury Grandgil

        Et ils sont très politiquement corrects et dans le masochisme mémoriel abscons.
        quand on met des mots les uns derrière les autres on fait une phrase ... encore faudrait il qu’elle ait un sens ...

      • Reiki Reiki 11 octobre 19:07

        Bonjour Amaury, L Histoire es d une importance capitale et je vous rejoins complétement sûr se sujet. Toute fois , je pense que cette Dame a raison de réclamer plus de détails sur se qu était les coutumes des femmes. Car comme vous le disiez vous même l histoire es écrite par les gagnants.

        Je l es déjà dit les Femmes sont le sujet le plus important a mes yeux, plus important même que la démocratie. Comme avec les riches un fossé d incompréhension es entrain de se créé. Et tous cela du a notre culture.... C est cela le drame.... Les mots me manque... Le Paradis peu bien brûlé , notre destination peu bien être l enfer , temps qu elle reste avec moi , le monde est a mes pieds. Sofiane Pamart


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 12 octobre 08:28

          @Reiki
          Il est déjà question des femmes dans l’Histoire mais pas de la manière anachronique dont les militants le voudraient.


        • Alren Alren 11 octobre 19:11
          « le pouvoir dont elle et ses semblables disposent encore sur l’ensemble du peuple. »

          Le pouvoir de conviction que les bien-pensants, même à la mode ont sur l’ensemble du peuple est illusoire sauf en politique pour faire élire Macron.

          Les réseaux sociaux dont Agoravox sont un contre-pouvoir efficace. C’est pourquoi ils enragent et voudraient le contrôler comme ils contrôlaient l’opinion du temps de la télé hertzienne et des magazines papier.

          • nono le simplet nono le simplet 12 octobre 04:50

            @Alren

            C’est pourquoi ils enragent et voudraient le contrôler
            concernant Agoravox, je crois qu’ils s’en fichent un petit peu autant que des discussions dans les bars-tabac-PMU smiley

          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 12 octobre 08:25
            @nono le simplet
            Oui ils feignent de mépriser mais ça les emmerde.

          • Oceane 11 octobre 20:58

            Le multiculturalisme est un échec depuis 5 siècles.


            • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 12 octobre 08:56

              @Oceane
              il n’a surtout jamais existé


            • hdelafonte 12 octobre 10:50

              @ l’auteur,

              Vous prenez une histoire identitaire, un peu à la manière, de celle qui était enseigné par « nos ancêtres les gaulois ». Ne trouvez-vous pas que cette vision de l’histoire est rétrograde ?

              Je partage néanmoins votre opinion que l’histoire devrait avoir pour objectif de renforcer la cohésion sociale, mais cela se fait, selon moi, en confrontant différentes recherches historiques. Notamment, les contributions des populations colonisées aux efforts, notamment de guerre, sont très éclairants pour comprendre la situation actuelle. Ils permettent de mieux comprendre en quoi l’identité de ces populations est déchiré entre deux courants contradictoires, l’un il fait du patriotisme français, qui a fait combattre leurs ancêtres sur le drapeau français, et l’autre issue des conflits De la décolonisation. Et je ne partage donc pas votre avis, selon lequel croiser le passé serait faire œuvre de repentance, d’ailleurs je ne vois pas pour quelle raison nous devrions aujourd’hui nous repentir de ce que de lointains ancêtres ont fait… Par contre, je pense qu’en croisant les différentes histoires nous arriverons à réconcilier des identités contradictoires…


              • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 12 octobre 11:22

                @hdelafonte
                Votre vision part du principe que les autres visions ne sont pas identitaires, or on a besoin nous français d’un roman national, qui ne soit pas forcément aussi caricatural que ce que vous dites.


              • Arnes Arnes 12 octobre 11:08

                L’histoire scolaire est à l’Histoire ce que la musique militaire est à la Musique.


                • Aristide Aristide 12 octobre 12:54

                  Étonnant article ? L’histoire a besoin du roman national ?


                  Ce roman national a été fabriqué au moment où la France avait besoin de se réunir autour de la seule préoccupation de l’époque : la construction d’une nation. Il a réussi à éliminer toutes les cultures et usages locaux, les langues locales ont disparues. C’est une vision assez détée et pour le moins rétrograde. 

                  Vous semblez regretter que l’on abandonne cette vision de l’histoire, outil de propagande. Paradoxal donc de reprocher aux féministes, et autres minorités de vouloir instrumentaliser l’histoire alors que vous même regretter que l’on ait cessé de propager ce tissu de niaiseries du roman national.


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