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Accueil du site > Actualités > Politique > Être « de gauche », c’est quoi au juste ?

Être « de gauche », c’est quoi au juste ?

Mon ami m'a demandé ce qui définit la gauche.

Bonne question !

En déjeunant avec un ami, catholique convaincu, militant de la Manif. pour tous et partisan de M. Fillon, la conversation est venue rapidement sur l'élection présidentielle.

J'ai rappelé les trois droites selon René Rémond, légitimiste (plutôt M. Fillon, au moins pour le moment), bonapartiste (clairement Mme le Pen) et orléaniste (M. Macron - en version « Bilderberg » de l'orléanisme). Par ailleurs, je niais l'appartenance du PS ou de ses satellites (PRG) à la gauche.

 

Mon ami m'a naturellement demandé ce qui définit la gauche.

Bonne question !

 

J'ai répondu qu'il y a historiquement trois axes :

  • le pouvoir à tous et pour tous, notamment les non possédants, ou seulement au prolétariat, à la place de la domination de ceux qui ont l'essentiel de la propriété,

  • le rejet du pouvoir de la (des) religion (s), au moins dans la sphère publique,

  • l'internationalisme.

Je dois avouer que je n'étais pas très satisfait de ma réponse.

 

Plus tard m'est venu à l'esprit que, si nous reprenions cette conversation, je pourrais lui citer une référence dont je pense, sans aucunement le vexer, qu'il n'en est pas un expert : l'hymne L'Internationale.

Car on y retrouve ces trois axes :

  • « Debout les damnés de la terre ! / Debout les forçats de la faim ! /... / Le monde va changer de base : / nous ne sommes rien, soyons tout ! »

  • « Il n'y a pas de sauveurs suprêmes./ Ni Dieu, ni César, ni tribun. / Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! / Décrétons le salut commun ! »

  • « Groupons-nous, et demain, / l'Internationale, / Sera le genre humain ». Et aussi « Les Rois nous saoulaient de fumée. / Paix entre nous ; guerre aux tyrans ! / S'ils s'obstinent.../ ils sauront bientôt que nos balles / Sont pour non propres généraux. »

Il s'agit bien sûr de la gauche telle qu'on la voyait en Europe après la Commune de Paris.

Certaines réalités actuelles n'existaient pas encore :

  • la mondialisation du capital, notamment financier, et son emprise politique sur les nations,

  • l'adhésion d'une partie des chrétiens à des valeurs de gauche et l'importance de l'islam dans certains pays d'Europe,

  • les menaces écologiques.

De tels changements permettent des escroqueries intellectuelles :

  • « Les choses ont changé ; nous sommes la gauche (... moderne, actuelle, réaliste,...) », de la part de personnalités qui ont choisi de faire carrière dans ou aux lisières du PS. Pourquoi cela ? Parce que leurs électeurs se considèrent encore souvent comme tels, alors qu'eux-mêmes, par leurs paroles, et plus encore leurs actes, sont clairement de droite. Exemples dans le contexte de la présidentielle : encore M. Macron (orléaniste), M. Valls, (économiquement orléaniste - lui aussi en version « Bildenberg » - et plutôt bonapartiste pour le reste).

  • Ou l'éternel « Il n'y a plus de droite ni de gauche. C'est fini ! ».

Il y a toujours des axes de la gauche.

 

Le premier reste fondateur : le pouvoir politique par et pour tous, par opposition à la domination, indirecte ou pas, des grands groupes financiers mondiaux. Cela passe d'abord par une vraie démocratie : pluralité et indépendance des médias, liberté d'expression et de dénonciation publique, referendum pour certaines décisions essentielles, loi électorale permettant de vrais changements (c'est le cas en Allemagne), par opposition aux lois électorales qui imposent l'alternance de deux équipes qui font à peu près la même politique. Cela passe ensuite par le refus du pouvoir absolu des intérêts financiers mondiaux, pouvoir absolu qui est la substance même du traité CETA/AECG, en cours de ratification avec le Canada, et qui devait être celle du partenariat trans-pacifique, du TAFTA/TTIP, etc. Et enfin par un retour aux valeurs de solidarité concrétisées notamment dans le programme du Conseil National de la Résistance.

 

Une vraie laïcité, tolérante, respectueuse et sans brimades anti-religieuses (du genre interdiction du voile) satisferait à mon avis le deuxième critère.

 

Par contre, l'internationalisme pose un vrai problème. Il était conçu comme la solidarité des peuples pour éviter qu'on les dresse les uns contre les autres. Actuellement, la seule véritable internationale est celle des grands groupes financiers. Elle est plus organisée qu'on ne le croît généralement, notamment à travers le « Bilderberg ». Elle mène des politiques à long terme, secrètes, qu'elle fait décliner à court terme par les entités, groupes et personnalités dont elle contrôle la carrière.

Pour nous, une de ces entités prédomine : l'Union européenne. Au delà de la novlangue officielle, celle-ci est en effet totalement au service du grand capital multi-national.

Pour la gauche, il n'y a que trois possibilités :

  • accepter une impuissance presque totale,

  • croire à une « autre Europe » chimérique, qui n'est qu'un slogan pour cacher le vide,

  • vouloir la sortie de l'U.E. de la France, ainsi que d'un maximum d'autres pays.

Certains, à gauche, refusent explicitement la sortie de l'U.E. au nom d'un internationalisme idéologique. On les trouve notamment au NPA ou chez Solidaires. D'autres - ou les mêmes - croient aussi que l'U.E. évite les guerres, malgré la Yougoslavie, la Libye, la Syrie, l'attitude belliqueuse vis-à-vis de la Russie, etc. (la place manque...).

La plupart des organisations refusent systématiquement tout débat en leur sein sur la question, pour des raisons qui n'ont guère à voir avec l'internationalisme historique : PCF, CGT, Attac, etc. On murmure même que les avantages reçus de l'U.E. par la CGT et d'autres organisations syndicales, par l'intermédiaire de la CES, pourraient influencer certaines frilosités.

Ce débat verrouillé par les organisations existe cependant bien dans le peuple de gauche... et fait les beaux jours du Front National.

 

A notre époque, il faut ajouter un autre axe, de plus en plus prégnant : l'écologie.

 

Où se situe le PS qui a peur de la démocratie, a réprimé les manifestations plus que ses prédécesseurs, a légalisé la libre intrusion de la police politique dans les systèmes informatiques des citoyens, ne veut en aucun cas de referendum, a la dent dure contre les « sans-dents », pense surtout à maintenir ses postes, rentes ou avantages, voire prébendes, pousse à une « Europe de la défense » subordonnée à l'OTAN, etc. etc. ?

Pas à gauche !


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111 réactions à cet article    


  • Pierre-Yves Martin 27 janvier 08:58

    Habituellement je réponds aux commentaires. Celui-ci ne le mérite pas.


    • Paul ORIOL 27 janvier 09:22

      La gauche, c’est la passion de l’égalité (je ne sais plus de qui c’est)


      • Julien30 Julien30 27 janvier 09:38
        « le pouvoir à tous et pour tous, notamment les non possédants, » 
        Ca c’est l’habituelle arnaque vendue aux naïfs, et les gars qui la fourguent depuis la révolution française jusqu’à aujourd’hui Mélenchon et autres Hamon ont toujours été de bons gros bourgeois n’aimant pas spécialement ni le peuple ni partager le pouvoir.

        Au final vous oubliez l’essentiel, la gauche c’est la création de l’homme nouveau, débarrassé de toutes les « chaînes » du passé, les traditions, la religion, pour aboutir à l’homme sans attache créant ses propres normes, sa propre réalité dans un monde sans nation, sans racine, sans religion, d’où aujourd’hui mariage gay, PMA/GPA, théorie du genre avortement et euthanasie pour tous, transhumanisme c’est ça la gauche au final.

        • Pierre-Yves Martin 27 janvier 09:56

          @Julien30
          Que vous n’aimiez pas la gauche, c’est votre droit le plus strict.
          Que vous l’exprimiez, c’est déjà la démocratie.
          Je vous répondrai par la phrase célèbre de Voltaire, que je cite approximativement : « Je ne suis d’accord avec rien de ce que vous exprimez, mais je me battrais pour que vous puissiez l’exprimer ».


        • Julien30 Julien30 27 janvier 10:11

          @Pierre-Yves Martin
          Et je vous en remercie bien, mais l’essentiel n’est pas que vous me reconnaissiez le droit d’avoir une opinion mais de déterminer si je me trompe ou pas.


        • Pierre-Yves Martin 27 janvier 10:23

          @Julien30
          Déterminer si vous trompez ou pas, c’est impossible dans ce contexte.
          Comme je l’ai écrit, je ne suis absolument pas d’accord avec vous. Ensuite c’est à chacun de se faire une opinion et, pour ma part, cela me convient.


        • Alren Alren 27 janvier 13:07

          @Pierre-Yves Martin

          Vous n’avez pas, avec raison, répondu à fred et à son délire confusionnel Miterrand-francisque gna-gna-gna donc pas de Programme commun, pas de retraite à soixante ans, pas cinquième semaine de congés pays, pas d’abolition de la peine de mort etc. promulgués avec Mitterrand président en 1981.

          Pourquoi répondre à Julien30 qui réduit la gauche à du fantasmé sociétal ? C’est aussi délirant pourtant.


        • Julien30 Julien30 27 janvier 13:24

          @Alren
          « Pourquoi répondre à Julien30 qui réduit la gauche à du fantasmé sociétal ? C’est aussi délirant pourtant. »

          Le déclarer c’est bien, le démontrer c’est encore mieux. La théorie du genre, l’avortement pour toutes, le mariage gay et autres, là on est en effet dans le délire, ce sont des « avancées » de droite peut être ?

        • Julien30 Julien30 27 janvier 13:25

          Ou du fantasme ?


        • Pierre-Yves Martin 27 janvier 15:22

          @Alren
          Parce que lui ne se limite pas des adjectifs qui se veulent des injures.


        • PiXels PiXels 28 janvier 16:32

          @Julien30

          "La théorie du genre, l’avortement pour toutes, le mariage gay et autres, là on est en effet dans le délire, ce sont des « avancées » de droite peut être ?« 

          Non ce sont des »avancées« D’UN GOUVERNEMENT  »de droite« ...qui veut faire croire aux bobos qui SE PENSENT »de gauche« (mais qui sont FONCIÈREMENT »de droite« ) ....qu’il est »de gauche"


        • PiXels PiXels 28 janvier 16:40

          @Pierre-Yves Martin

          « Que vous l’exprimiez, c’est déjà la démocratie. »

          Vous êtes beaucoup plus « large d’esprit » que Socrate, Platon, Montesquieu, Rousseau....
          Plus large ne signifiant pas que vous en avez plus, évidemment.

          Mais il est vrai que ce concept est devenu pour le moins « fumeux » et « mangé à toutes les sauces ».
          Mais à une époque ou MLP se réfère à Jaurès... ??!!!


        • Pierre-Yves Martin 27 janvier 09:50

          Il y a certainement beaucoup de cela, mais cela ne fait qu’ouvrir la discussion. Par exemple, s’agit-il d’égalité politique, dans l’instruction, de ressources matérielles, des acteurs économiques (dans ce dernier cas, les libéraux du 19ème siècle seraient d’extrême-gauche),... ?
          Il y a beaucoup de cela, mais pas que cela.
          Il y a aussi la fraternité (1791) ou la solidarité (en langage actuel).
          Il y aussi le respect du patrimoine commun, qu’on appelle désormais l’écologie. C’est une des déclinaisons possibles du « décrétons le salut commun ».


          • Pierre-Yves Martin 27 janvier 09:52

            Le commentaire précédent répondait bien sûr à Oriol, non à celui qui a suivi.


          • Hecetuye howahkan howahkan 27 janvier 09:52

            La gauche est morte et c’est tant mieux, le parti sioniste l’a tuée, ce qui fut une faute majeure de leur part pour leurs plans, moi j’aurais viré valls......car c’est l’illusion, le syndrome de L’Oréal, qui a compris comme pas mal de sociétés que pour avoir le contrôle total il faut créer soi même son propre concurrent qui n’en est pas un..voila pourquoi Roja-Garnier

            la gauche c’est l’espoir qui empêche d’agir aujourd’hui même, c’est le même message que les fausses religions : aujourd’hui t’es dans la merde mais demain quand tu seras mort tes ennuis seront finis et tu auras le droit au paradis du juste..etc

            la gauche est la créature de ces forces de moins en moins cachées qui dirigent le monde disons depuis la révolution Française, du siecle des lumières..à chacun de voir ce que sont ces forces...

            cela dit, des que le peuple coopérera et partagera équitablement sur une base volontaire..le maître disparaît de suite....et je pense qu’il aura intérêt a se cacher pour très très longtemps

            or le peuple il s’en fou encore de cela, cooperer ? partager équitablement ? moi ? ça va pas la tête smiley , moi je veux plus c’est tout, t’as vu ce connard de voisin et tu voudrais que je gagne la même chose , même si cela assure tous les besoins vitaux, la paix sociale, et bien plus encore que cela..

            là « on » a juste affaire au bal des perdants qui ont joué au monopoly et perdu...ils veulent recommencer une partie c’est tout...

            il n’y a aucun éveil profond à la situation profonde ni aux causes à la racine du désastre humain qui sont, tout le monde le sent bien...en chacun...

            or la pensée ne peut se remettre en cause aussi facilement..moi n’y arrive pas....

            perdu nous sommes et bien sur c’est de la faute des autres, or c’est bien la masse qui a créée le maître et pas l’inverse....

            collaborer,cooperer,partager à tous les niveaux est le seul chemin , qui est refusé par la masse..

            alea jacta est ,nil novi sub sole

            le sort en est jeté,rien de nouveau sous le soleil


            • prolog 28 janvier 09:34

              @howahkan
              salut grand chef,
              je retente, dans l’optique de peaufiner ton argumentaire que j’aime bien. :)

              tu dis « partager équitablement ? moi ? »
              Je pense que je vois ce que tu veux dire mais pour moi y a un souci avec le mot « équitable » qui veut dire autant de chose que « liberté » par exemple.
              Est-ce que le souci ne serait pas plus l’absence de consensus entre les gens concernés par un souci ? et la sous traitance de l’arbitrage à un genre de chef ?

              parce que j’ai l’impression que presque tout le monde veut un partage « équitable » mais chacun a sa définition J’ai vu des chefs d’entreprise considérer que les salaires de leur boites étaient équitables vu que c’est eux qui créaient les emplois...blabla. Par contre, il n’y avait pas consensus parmi les salariés :).

              Juste un ptit com pour essayer de se débarrasser d’un mot, pour moi, inutile.

              peace


            • LE CHAT LE CHAT 27 janvier 10:15

              Les idées de gôôôche permettent à ceux qui s’en réclament de se faire élire par des pinpins et de vivre en fait une vie de petits bourgeois de droâââte !


              • Pierre-Yves Martin 27 janvier 10:26

                @LE CHAT
                Ce ne sont pas les idées de gauche, ce sont des organisations qui se réclament, et souvent abusivement, de la gauche.


              • LE CHAT LE CHAT 27 janvier 11:06

                @Pierre-Yves Martin
                 

                comme les finalistes de la primaire de gauche , apparatchiks multicumulards n’ayant jamais travaillé dans le réél , franc maçons et pétés de tunes .

                Besancenot lui peut faire le facteur en dilétante et appeler à la grève , avec sa compagne patron d’une maison d’édition ..


              • Le421 Le421 27 janvier 16:11

                @LE CHAT
                Une primaire de gauche ?
                Ou ça ??
                De gauche de la droite, alors...
                Sinon, à gauche, je n’ai pas vu de « primaires » !!  smiley


              • Pierre-Yves Martin 27 janvier 10:17

                J’ai écrit cet article pour essayer de dégager les fondamentaux de la gauche à l’heure actuelle et, ce faisant, pour confirmer que les les partis politiques genre PS ou les personnalités politiques telles que M. Valls ne sont pas de gauche.

                Par contre, la vraie gauche agit concrètement et au présent en fonction des axes, marqueurs, valeurs (appelez cela comme vous voudrez) qui sont les siennes. Je me permets un exemple personnel : je fais partie du collectif Stop-tafta de mon département et nous agissons de notre mieux contre la ratification du traité CETA/AECG par l’U.E. Ce collectif regroupe de nombreuses organisations et, plus concrètement, des militants divers. Je pense qu’ils sont tous de gauche, dans leur diversité, quoi qu’on n’aie jamais dit que ce serait une condition.

                Oui, pas mal de personnes actives à gauche sont instruites et une certain nombre d’entre elles sont aisées, voire riches. Ce n’est pas anormal en soi. Ce qui est mauvais, c’est que les plus défavorisés ne croient plus à la politique.


                • Pierre-Yves Martin 27 janvier 10:18

                  Le commentaire précédent répondait à Howakian.


                • jaja jaja 27 janvier 13:41

                  @Pierre-Yves Martin

                  Pour ma part je milite aussi avec StopTafta et la semaine dernière nous avons envahi le Consulat du Canada à Toulouse pour protester contre le Ceta...
                  Et je ne peux qu’inviter le maximum de gens à rejoindre ce Collectif...


                • Pierre-Yves Martin 27 janvier 13:42

                  @jaja
                  Oui, j’avais vu cela sur la liste.
                  bravo !


                • troletbuse troletbuse 27 janvier 10:35

                  Je pense que « Etre de gauche », c’est surtout ne pas suivre la ligne Hollandouille et ses mercenaires. Ni d’écouter ses « gogos admirateurs » car il en reste encore pas mal.


                  • Pierre-Yves Martin 27 janvier 11:11

                    @troletbuse
                    Ce souci, que nous partageons, a été à l’origine de ma tentative de clarification.


                  • petit gibus 27 janvier 10:47
                    Excellent effort de clarification des mots

                    J’attends beaucoup d’autres commentaires
                    pour essayer d’en donner ma définition perso

                    • Pierre-Yves Martin 27 janvier 11:13

                      @petit gibus
                      Clarifier les mots, cela semble facile, mais ce ne l’est pas.
                      Je suis conscient des limites de ma tentative.


                    • JL JL 27 janvier 10:56

                       Pour parler de la Gauche, il faut d’abord faire un constat : grosso modo, les ouvriers et employés de ce pays représentent à peu près 50% de la population. Il n’y en a que 2% à l’Assemblée nationale, encore moins qu Sénat. Et les autres sont pour beaucoup des politiciens professionnels qui n’ont jamais travaillé.

                       
                       Ceci dit, ma première critique à cet article au demeurant très respectable, sera relative à ça : ’’ le pouvoir à tous et pour tous, notamment les non possédants, ou seulement au prolétariat, à la place de la domination de ceux qui ont l’essentiel de la propriété,’’
                       
                       Aux temps du Grand Soir et de la dictature du prolétariat, les ouvriers, beaucoup plus nombreux, avaient leur fierté. Un ouvrier pouvait faire vivre une famille avec son seul salaire, son savoir faire dans un monde pas encore perverti par le productivisme et la solidarité de classe. Aujourd’hui, ouvrier ne signifie plus rien, et un salaire ne permet pas de faire vivre une famille, c’est à peine si un salaire de cadre y suffit. 
                       
                       Donc pour moi, la gauche traditionnelle ne serait plus que le parti, non pas d’une force active, mais des déshérités. Il faut faire le constat : ce clivage politique droite gauche traditionnel a vécu. 
                       
                       Mais il est un autre clivage qui a parfaitement été analysé par Frédéric Lordon et qui a fait l’objet de son livre « Capitalisme, désir et servitude » : cette thèse fondée sur les travaux de Marx et Spinoza, est que nous sommes tous et à des degrés divers dans la servitude volontaire. Il explique que le nouveau clivage se situe entre les esclaves tristes et les esclaves joyeux. 
                       
                       Je crois que la gauche aujourd’hui devrait être le parti des esclaves tristes, désireux légitimement d’améliorer leur sort : les Progressistes.
                       
                       La droite celui des joyeux, les moins tristes,et pas forcément contents : conservateurs donc.
                       
                       Et le néolibéralisme c’est la Stratégie du choc dans toute sa splendeur, appliquée avec plus ou moins de violence par la droite mondialiste.
                       
                      « Nicolas Sarkozy croit que plus la société va mal et moins le risque social est grand » (Dominique De Villepin)
                       
                       


                      • Pierre-Yves Martin 27 janvier 11:37

                        J’ai ajouté dans un second temps « ou seulement au prolétariat » par souci de complétude historique. La dictature du prolétariat a fait partie des gènes d’une grande partie de la gauche. Ce concept est maintenant abandonné par quasiment tout le monde.

                        La pouvoir par et pour tous, en revanche, reste un idéal et il a des déclinaisons concrètes.

                        Par exemple, concernant le pouvoir « pour tous », quel est le pourcentage du PIB qui, en France, a été transféré en vingt ans des revenus salariaux vers les revenus du capital ? Je n’ai pas les chiffres mais je dirais plus de 10%. On voit couramment les revenus salariaux moyens stagner, pendant que les dividendes progressent de 5% par an et que les hautes rémunérations continuent leurs trajectoires de fusées.

                        Ou encore, concernant le pouvoir « par tous », au niveau de l’U.E. puis de la France, on a soumis au secret la plupart des informations sur les entreprises, pour rendre délictuel le fait de rendre publics la plupart des abus. Cette dénonciation des abus était bien un pouvoir accessible à des citoyens de base. C’était donc intolérable pour ceux qui ont le vrai pouvoir.

                        Ce que vous dites de l’esclavage me semble être une variante de la notion marxiste d’aliénation, laquelle touche plus de monde que l’exploitation. Mais je peux me tromper.


                        • JC_Lavau JC_Lavau 27 janvier 12:42

                          @Pierre-Yves Martin. Actuellement ce sont la JUSTE dictature du WWFariat et la JUSTE dictature du Femellariat qui ont les media en poupe. Grâce à quoi, Michel Barnier nous soutient que les tremblements de Terre sont dus au réchauffement climatique...

                          Il est du reste en désaccord scientifique avec les mollahs iraniens, qui soutiennent que les tremblements de Terre sont dus à la violence des orgasmes des iraniennes.

                        • Harry Stotte Harry Stotte 27 janvier 11:51

                          Personnellement, j’ai su que j’étais irrévocablement de droite, le jour où j’ai entendu un journaliste de La Stampa, de Turin, déclarer sur une radio quelconque : "Je suis de gauche, parce que je crois que la raison finit toujours par l’emporter."

                           

                          Pour avoir observer, déjà, à partir d’un nombre de fois incalculables, que ce n’était que rarement le cas, j’ai compris que la gauche était chimérique et condamnée à le rester..

                           

                          Comme je ne dispose pas de beaucoup de temps, je le démontrerai en trois citations d’hommes de gauche, évidemment, deux d’Eugène Enriquez, un psychosologue auteur du best.seller De la horde à l’Etat (Gallimard, 1983) et la troisième, de Léon Trotski.

                           

                          L’ouvrage majeur d’Enriquez commence par un trait de lucidité : « Le dix-neuvième siècle fut le siècle de l’espoir, de la croyance au progrès social, de l’aptitude de chaque homme à devenir un être fraternel pour les autres. Le vingtième siècle est celui de l’inquiétude et des désillusions du progrès. » 

                           

                          Exit donc l’espoir (progressiste), la croyance au progrès social et l’aptitude de chaque homme à  devenir un être fraternel pour les autres. Tel est le constat d’Enriquez donc, le fidèle de base prolongeant, lui, tête baissée, l’utopie morte et enterrée.

                           

                          Dont Enriquez lui-même ne parvient pas à se libérer complètement, puisqu’il pose, quelques pages plus loin, la question suivante : «  Pourquoi les hommes, se voulant guidés par le principe de plaisir et les pulsions de vie, aspirant à la paix, à la liberté et à l’expression de leur individualité, et qui, consciemment, disent désirer le bonheur au profit de tous, forgent-ils le plus souvent des sociétés aliénantes favorisant plus l’agression et la destruction que le vie communautaire ?  »

                           

                          Il ne voit pas que ces (nobles) aspirations sont des idéaux que les hommes projettent dans un avenir idéal, à la manière d’un chrétien qui aurait des doutes quant à l’existence du paradis et qui penserait qu’il sera toujours temps de respecter les commandements de Dieu quand il sera en vue de la ligne d’arrivée. En attendant ce moment-là, les hommes selon Enriquez, poursuivent des objectifs plus tangibles, plus proches, plus affectifs, égocentrés, c’est-à-dire aux antipodes des aspirations que la gauche leur prête, ingénument, pour le long terme.


                          Trotski, lui, avait compris beaucoup plus tôt qu’i ly avait un bug dans le programme, d’où d’inévitables dysfonctionnements. Le bug, c’était l’homme lui-même, sa nature que d’autres nient par commodité, sans faire avancer le schmilblick, l’homme avec ses sentiments, avec son inconscient, avec ses préjugés, ses idées reçues, ses sympathies et ses antipathies...


                          C’est donc à lui, ce maillon faible, qu’il faudra s’attaquer quand il sera maître de son économie et libre. Et Trotski nous la joue nietzschéen « L’homme s’efforcera de commander à ses propres sentiments, d’élever ses instincts à la hauteur du conscient et de les rendre transparents, de diriger sa volonté dans les ténèbres de l’inconscient. Par là, il se haussera à un niveau plus élevé et créera un type biologique et social supérieur, un surhomme, si vous voulez.  »


                          On en est resté là, et on est obligé de se demander si l’homme maître de son économie et libre n’est pas, finalement, la condition de l’avènement de la société des hommes maîtres de leur économie et libres, ce qui reviendrait à dire que le rêve communiste se casse la gueule, lui aussi, sur une triviale histoire d’œuf et de poule.


                          • Sparker Sparker 27 janvier 13:36

                            @Harry Stotte
                            « ses sentiments, avec son inconscient, avec ses préjugés, ses idées reçues, ses sympathies et ses antipathies... »
                            Tout ceci n’est pas nature mais culture.


                          • Harry Stotte Harry Stotte 27 janvier 16:20

                            @Sparker



                            Cela vous a peut-être échappé, mais j’ai parlé de la nature humaine, puis de l’homme ses sentiments, etc., etc.


                            Mais quoi qu’il en soit, ce n’est pas cela qui fait avancer le débat...

                          • Sparker Sparker 27 janvier 17:55

                            @Harry Stotte
                            Le tout dans la m^me phrase porte à confusion.
                            Et bien pensé et bien poussé, ça pourrait aussi faire avancer le débat.
                            Etre de gauche ou de droite est culturel donc sujet à critique et remise en question.


                          • leypanou 27 janvier 12:18

                            Je pense qu’il manque une dimension à tout ce que l’auteur a indiqué, c’est l’égalité devant la loi. Et à mon avis, c’est l’un des plus grands marqueurs.

                            Quand quelqu’un qui vole un sandwich pour ne pas avoir faim est plus sévèrement condamné que celui qui a détourné des millions, que certaines violences sont absoutes alors que d’autres ne le sont pas en fonction de ceux qui les ont commises et à l’égard de qui elles sont commises, on a là aussi une différence fondamentale.

                            Et ce n’est pas la phrase hypocrite souvent entendue : « nous condamnons les violences d’où qu’elles viennes » qui va changer grand-chose, car ceux qui la prononcent en général ne condamnent que certaines violences.


                            • Pierre-Yves Martin 27 janvier 14:04

                              @leypanou
                              Je suis d’accord, bien sûr.
                              Ce n’est d’ailleurs pas nouveau : « Selon que vous serez puissant ou misérable... ».
                              Mais cela va peut-être même un peu au-delà du clivage réel droite-gauche : quelques-uns, qui se savent de droite, comme l’ami que je citais, seraient en gros d’accord aussi.


                            • JC_Lavau JC_Lavau 27 janvier 22:46

                              @leypanou. Justement, l’égalité devant la loi c’est ce que ne supportent pas les féministes, dont la Royale catastrophe. Seule les intéresse la suprématie totale.


                            • Albert123 27 janvier 12:23

                              la gauche en permanence confondue avec le socialisme populaire typiquement européen car conséquence directe d’une contre réaction de la culture chrétienne aux philosophies lucifériennes à la solde du Capital.


                              Ce que décrit tout aussi bien Marx que Nietzsche (encore faut pour cela avoir tenté de les lire et surtout avoir réussi à les comprendre) qui rejetaient tout 2 l’idéologie bourgeoise qu’est le gauchisme.

                              La gauche n’est que l’idéologie des bourgeois qui ont achetés leur titre de noblesse (sans avoir la moindre noblesse) et qui une fois en place ce sont dit qu’il serait pas mal que l’Eglise crève pour enfin pouvoir s’en mettre plein les fouilles en toute impunité.

                              vous avez certainement remarqué que ce qui caractérise avant tout le gauchisme c’est son anti christianisme hystérique qui n’est que le reflet d’un combat acharné contre les valeurs qui s’opposent le plus à la domination du Capital sur l’Homme.

                              Etre de gauche consiste à être soit un esclavagiste qui s’assume soit un esclave de maison bien collabo et traître à ses frères et sœurs opprimés depuis bientôt 300 ans par des réformes gauchistes haineuses et sectaires.

                              A titre personnel j’aie plus de respect pour le négrier gauchiste qui en tire les marrons du feu que l’idiot utile qui continue de servir l’ennemi contre ses propres intérêts de classe.

                              A l’affirmation de celui qui se gargarise d’être de gauche je n’aie qu’une réponse à faire : « tant mieux pour toi collabo, ton idéologie nous aura fait connaitre Franco, Mussolini, Hitler, Staline et toute les démocratures républicaines qui nous empêchent de sortir de l’impasse dans laquelle les gauchistes nous ont mis avec leur 1ere république »

                              • Pierre-Yves Martin 27 janvier 14:23

                                @Albert123
                                Sur le fond, j’ai déjà répondu par ailleurs.
                                Sur la forme, je vous la laisse.
                                Vous mélangez tout. Désolé : je ne vais pas tenter de démêler la pelote.

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