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Accueil du site > Actualités > Politique > Gilets jaunes et mythes éculés

Gilets jaunes et mythes éculés

Mon grand-père évoquait souvent les "mythes éculés" sur lesquels vivaient la République selon lui à commencer par celui de la Révolution Française. Le terme et l'adjectif sont très bien choisis, c'est tout à fait ça.

1789 est le moment où la bourgeoisie a pris le pouvoir en France pour s'y accrocher depuis, détruisant progressivement la paysannerie, réduisant au fil du temps les classes moyennes à néant. Il n'y a plus en France que des très riches ou des très pauvres et au milieu des ménages en voie de paupérisation que sont dans leur majorité les "gilets jaunes".

 

Cette bourgeoisie s'est aussi mondialisée, pour elle la France c'est de l'histoire ancienne. Mais attention, la mondialisation, elle en veut bien mais pas au pied de son immeuble ou devant sa maison, elle la veut un peu plus loin, là où elle ne gênera pas, là où elle pourra s'en gargariser, se félicitant d'être tellement humaniste.

 

Elle propage depuis des décennies cependant encore le mythe d'une révolution faite par le peuple, d'une prise de la Bastille héroïque, d'une abolition des "privilèges" de tous les privilèges une fameuse nuit du 4 Août dont matériels. Depuis, il n'y a plus de riches ou de pauvres, plus de clientélisme, plus de népotisme. C'est bien connu, sans parler de notre "ascenseur social" tellement performant... (sic)

 

Comme si un trait de plume suffisait...

 

On oublie tout le temps que ce que l'on entendait par "privilèges" étaient les avantages de chaque province, leur spécificité, et que cette abolition a permis les lois d'enclosure, le changement de maîtres dans les campagnes, le départ forcé de nombreux petits cultivateurs vers les villes pour y devenir le "lumpenprolétariat" taillable et corvéable à merci. La Révolution est le début de la fin pour la France rurale, le désastre étant parachevé par le Remembrement en 1975.

 

Il y eut d'autres moments de passage de "l'ombre à la lumière" pour les français depuis, autant de mythes éculés, de "Soissantuite" au 10 mai 1981. Interdit de les critiquer, de les remettre en question, de s'en moquer. Voire la bourgeoisie en voie de mondialisation encourageait les "jeunes" à se révolter de cette manière, comme elle l'entendait. Elle se moquait de ces générations tellement "bourgeoises" se souciant de leur emploi, de leurs fins de mois, de leur avenir bien sombre. Elle a applaudi "Nuit Debout" dont les organisateurs étaient ses héritiers, on se serait cru dans "la chinoise" de Godard parfois.

 

Tous ces révolutionnaires bien sages, bien proprets étaient bien ridicules et grandiloquents rentrant ensuite dans les apparts confortables payés par les parents laissant à d'autres le soin de nettoyer les reliefs de leur rébellion sagement encadrée...

 

Et puis voilà que le peuple, le méprisé, sans cesse moqué, raillé, descendu, vilipendé, assimilé aux pires heures de notre histoire se met en colère. Alors voilà, si la Révolution c'est bien joli dans les livres d'histoire, dans la réalité les insurrections ça fait du bruit, ça rassemble des "pue la sueur", des "classes dangereuses", des "franchouillards", des "ploucs" que les privilégiés détestent, qu'ils aimeraient annihiler sans succès. La pauvreté est acceptable seulement quand elle est "exotique", sinon elle dérange trop. Et ces "péquenots" qui réclament de l'argent, à vivre décemment, c'est rien que des envieux comme on peut lire parfois sur les statuts de certains privilégiés et larbins...

 

Et mes bourgeois mondialisés, tellement libertaires de parler de sédition, de factieux, d'en appeler aux flics et à l'armée toute chose qu'ils prétendaient dénoncer quand ils faisaient "Soissantuite" ! Ils ne sont pas cohérents ou alors c'est qu'ils se révèlent pour ce qu'ils n'ont jamais cessé d'être, des nantis jaloux de leur magot.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen 

Amaury - Grandgil 

illustration prise ici


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43 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 6 décembre 13:47

    Bonjour, Amaury

    Ce n’est pas la bourgeoisie qui a « tué la paysannerie », mais l’émergence de l’industrialisation au cours du 19e siècle qui a demandé toujours plus de bras, puis celle de l’agriculture intensive qui a provoqué les remembrements et fait naître les grandes exploitations au détriment des petites.


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 13:48

      @Fergus
      la bourgeoisie positiviste et guizotienne donc
      Les bras ont été fournis par l’exode rural.


    • Fergus Fergus 6 décembre 14:06

      @ Amaury Grandgil

      Vous oubliez l’évolution de la démographie qui, combinée avec le recul des épidémies, a joué un grand rôle. Eu égard au nombre important d’enfants, les cadets se sont trouvés en surnombre sur des exploitations familiales trop petites et trop miséreuses pour les nourrir. Dès lors, ils sont partis vers des villes en forte expansion pour trouver un toit et un job. Cela s’est fait naturellement, sans qu’il ait été besoin de planifier quoi que ce soit !


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 14:08

      @Fergus
      Quand j’évoque cet exode rural, je ne parle pas en l’air, je pars des livres de Duby ou Le Roy Ladurie sur la paysannerie, ou de Robert Mandrou. Les petits paysans qui avaient une exploitation vivrière, qui ne pouvaient pas cloturer ont dû partir. D’ailleurs quand ils arrivaient à plupart ils se regroupaient par origine régionale.


    • Albert123 6 décembre 15:14

      @Fergus

      « Ce n’est pas la bourgeoisie qui a « tué la paysannerie », mais l’émergence de l’industrialisation au cours du 19e siècle qui a demandé toujours plus de bras »

      mais comme l’industrialisation (qui n’est qu’un concept) a été souhaitée et poussée par la bourgeoisie (qui est l’acteur) on peut évidement dire que la bourgeoisie a tué la paysannerie.


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 15:24

      @Albert123
      Exact


    • Fergus Fergus 6 décembre 17:34

      Bonsoir, Albert123

      « l’industrialisation (qui n’est qu’un concept) a été souhaitée et poussée par la bourgeoisie »

      Je pense quant à moi que l’industrialisation n’a été que la conséquence du développement des techniques de l’artisanat, les bourgeois étant ceux de ces artisans entreprenants qui ont réussi dans leur branche !

      Un mot sur la paysannerie : je suis moi-même d’une famille de paysans et plusieurs de mes cousins sont encore en activité. Je connais donc bien ce milieu. Et je eux vous dire que les exodes ruraux ne se sont pas arrêtés au 19e siècle, ils existaient encore dans les années 60 lors du tournant de l’agriculture intensive, et ce sont là encore les cadets qui sont partis sans que quiconque dans la bourgeoisie n’ait fait appel à eux. Par la suite (années 70 et 80), beaucoup des aînés eux-mêmes ont dû partir en vendant leurs terres à plus puissants qu’eux !


    • Garibaldi2 7 décembre 03:13

      @Amaury Grandgil

      ’’Le remembrement de 1975’’. Sans rire ? Qu’est-ce-qu’il avait de différent des autres ? Il y a eu DES remembrements dans l’après-guerre et il y en a encore.


    • Garibaldi2 7 décembre 05:01

      @Fergus

      Ils quittent un à un le pays
      Pour s’en aller gagner leur vie
      Loin de la terre où ils sont nés
      Depuis longtemps ils en rêvaient
      De la ville et de ses secrets
      Du formica et du ciné
      Les vieux ça n’était pas original
      Quand ils s’essuyaient machinal
      D’un revers de manche les lèvres
      Mais ils savaient tous à propos
      Tuer la caille ou le perdreau
      Et manger la tomme de chèvre

      Pourtant que la montagne est belle
      Comment peut-on s’imaginer
      En voyant un vol d’hirondelles
      Que l’automne vient d’arriver ?

      Avec leurs mains dessus leurs têtes
      Ils avaient monté des murettes
      Jusqu’au sommet de la colline
      Qu’importent les jours les années
      Ils avaient tous l’âme bien née
      Noueuse comme un pied de vigne
      Les vignes elles courent dans la forêt
      Le vin ne sera plus tiré
      C’était une horrible piquette
      Mais il faisait des centenaires
      A ne plus savoir qu’en faire
      S’il ne vous tournait pas la tête

      Pourtant ...

      Deux chèvres et puis quelques moutons
      Une année bonne et l’autre non
      Et sans vacances et sans sorties
      Les filles veulent aller au bal
      Il n’y a rien de plus normal
      Que de vouloir vivre sa vie
      Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
      De quoi attendre sans s’en faire
      Que l’heure de la retraite sonne
      Il faut savoir ce que l’on aime
      Et rentrer dans son H.L.M.
      Manger du poulet aux hormones

      Pourtant ...


      Cette gentille chanson de Jean Ferrat est un brin caricaturale, et démago, elle date de 1964. L’exode rural d’après guerre est massif dès la fin des années 50, et des remembrements il y en a depuis fort longtemps, et encore actuellement, et pas qu’en 1975. En 1965 par exemple.

      La bourgeoise a TOUJOURS été mondialiste. Ses bateaux parcourent mers et océans pour aller chercher des produits très loin depuis des siècles. Elle sillonne aussi toute l’Europe, achète en Espagne et vend en Russie.

      Elle crée des comptoirs partout dans le monde, elle commerce sans s’occuper de ’’race’’, de religion, de moeurs politiques ou sociales. Elle fait le commerce des esclaves et du sucre au retour. Le marchand hollandais fait négoce avec le marchand français, maltais, juif ou arabe du moyen-orient. On poussera jusqu’au Brésil, vers Terre-Neuve, vers le Grand Nord. Ce ne sont pas les nobles qui font commerce de l’huile de baleine, rapporte du tabac ou de la porcelaine de Chine. La création du billet à ordre valable à Marseille comme à Chypre, c’est une affaire de bourgeois négociants, pas de comte ou de marquis.

      La campagne au XVIIIème ... ! Grandgil oublie au passage que le paysan avec son lopin de terre est une image d’Epinal faisant l’impasse sur les millions de métayers qui ne possédaient pas un arpent de terre, de brassiers, sans compter ces journaliers, qui au XIXème, munis d’un passeport à faire viser par l’autorité, se louaient de ferme en ferme. Si le sort du mineur de fond ou de la rebrousseuse n’étaient pas enviables, la vie à la campagne pour le petit peuple n’était pas idyllique !

      Qui actuellement a envie de s’installer à la campagne pour cultiver la terre ? Certainement pas Grandgil ! Qui vient maintenant nous sortir un discours très peuple, alors qu’avant il parlait de ’’ jacquerie pour la bagnole’’, titre de l’un de ses articles, dans lequel il estimait que ces Jacques ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez !

      Ce cher Grandgil prenant maintenant fait et cause pour le peuple, ne nous disait-il pas dans son article ’’La démocratie en 2018’’ que ’’ ... les citoyens en 2018 sont le plus souvent apathiques’’, et que ’’ [si rien ne bouge] les vrais responsables ce sont les populations qui n’ont au fond pas réellement envie de se libérer’’ (et donc pas les bourgeois qui s’en sortent bien). Et top du top, dans une dernière vision de sa boule de cristal : ’’Ce n’est pas non plus les « chaînes » facebook (TM°) ou d’autres réseaux sociaux que comme d’autres je reçois régulièrement qui changeront quoi que ce soit. Ou arborer un gilet jaune le 17 novembre, là on imagine de suite la peur panique du pouvoir en place, la terreur de Macron et ses thuriféraires !’’. Mauvaise pioche !


      Bon, j’arrête de tirer sur l’ambulance !

      La seule qualité que je lui reconnais c’est qu’il ne censure pas. Peut-être par masochisme intellectuel ?! Va savoir, avec ces bourges de l’éducation nationale !




    • François Vesin François Vesin 7 décembre 08:49

      @Amaury Grandgil
      Merci pour votre texte
      A cela, M. Onfray ajoute aujourd’hui :
      « insurrection, et après »
      ou il invite les gilets jaunes à s’organiser
      avant que les charognards aux aguets
      les récupèrent pour mieux les exploiter demain.

      https://michelonfray.com/interventions-hebdomadaires/l-insurrection-et-apres-?mode=text 


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 7 décembre 09:18

      @Fergus
      L’avènement du capitalisme se fait en plusieurs phases la première étant l’accumulation de capitaux.
      Cette « nouvelle société » a été pensée dans les clubs de réflexion et cercles francs maçons de Bordeaux et Nantes particulièrement. Y assistaient des marchands d’esclaves ayant besoin de réinvestir, l’argent des esclaves est l’argent de la Révolution et celle de la révolution industrielle.
      Cette première phase a lieu en France en 1782. vient ensuite normalement la révolution industrielle à proprement parler qui fut retardée dans notre pays par la Révolution et les guerres napoléoniennes. Elle a lieu en 1852 précisément sous Napoléon III et François Guizot. Rien à voir avec un quelconque développement des techniques ou je ne sais quoi...


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 7 décembre 09:23

      @Garibaldi2
      Ce qu’il avait de différent, l’encouragement à l’agriculture hyper-intensive entre autres


    • ASTERIX 7 décembre 10:07

      @Amaury Grandgil

      Je crois que l’éculé c’est toi espèce de minable COMPLOTISTE ......................
       


    • François Vesin François Vesin 7 décembre 10:13

      Extraits du texte de Michel Onfray susmentionné :

      ../.." Les Champs-Élysées racontent en raccourci comment naît, vit et meurt une Révolution : de la guillotine robespierriste, en bas, où le sang a été versé par les jacobins de 1792 et 1793 pour abolir la royauté, à l’Arc de l’empereur, en haut, qui a mis fin à la Révolution et renvoyé les petites gens à leurs conditions de misérables (quand ils ne mourraient pas sur les champs de bataille de ses guerres de conquête par centaine de milliers...). C’est un résumé de ce qui ne doit pas arriver mais qui menace si d’aventure les gilets-jaunes ne se structurent pas.

       Car, s’ils ne s’organisent pas, d’autres organiseront pour eux et, c’est certain, les gilets-jaunes deviendront les Plaideurs de la fable de La Fontaine, ils n’auront plus que leurs yeux pour pleurer : l’insurrection aura fait le jeu de Mélenchon ou de Le Pen, autrement dit de ces gens du système, car, même s’ils font carrière dans la critique du système, ils en font partie
      - le très longtemps sénateur socialiste Mélenchon ayant voté « oui » à Maastricht, qui est le péché originel expié ces temps-ci dans les rues ; et Marine Le Pen ayant hérité de la boutique paternelle qu’elle fait fructifier de façon familiale entre Montretout et bamboula. L’un et l’autre avec leurs troupes dirigeantes sont gens à cravate, même et surtout quand ils affectent de n’en pas porter ! 

        Comment s’organiser ? Il faut éviter la solution jacobine car, pour cette engeance centralisatrice et parisienne qu’est le jacobin, tout pouvoir procède d’une figure unique qui elle-même s’inspire du roi. Précisons que, lors des dernières présidentielles, tous les candidats étaient jacobins ! Ceux qui parlaient de girondinisme le faisaient pour rire -Raffarin ou Juppé par exemple...- dans la perspective que, dans leurs régions gouvernées comme des fiefs féodaux, ils pourraient continuer à disposer d’un pouvoir semblable à celui des monarques. Or, la Gironde n’est pas multiplication des rois en région ou dans les départements, voire dans les communes, ce serait pure sottise, mais réellement pouvoir régional en région, départemental dans les départements, communal dans les communes. En revanche, c’est le pouvoir exercé par ceux sur lesquels il s’exerce avec révocabilité des élus. En effet, ces derniers ne devraient pas être des titulaires du pouvoir de droit divin mais des mandataires auxquels l’électeur peut reprendre sa délégation à tout moment dans le cas où la parole et peu, pas ou mal portée. Le pouvoir ne doit plus être une sinécure personnelle et doit redevenir une obligation contractuelle. L’élu est l’obligé de qui le mandate et non son parasite.
       « 


      ../.. »  Dès lors, faute de recouvrer notre souveraineté politique, on ne peut pas dire qu’on soutient les revendications des gilets-jaunes puisque celles-ci ne pourraient être satisfaites tant que la France resterait dans la configuration de l’État maastrichtien.

       La souffrance de ce peuple en jaune explose après un quart de siècle de privations imposées à ces laborieux qui n’en peuvent plus de la misère et de la pauvreté qu’on leur inflige au nom des critères de l’Europe, qu’ils soient économiques, fiscaux, monétaires ou écologiques.

        Car, dans cette aventure, Macron mène la politique de l’Europe et non celle de la France, ce qui, de facto, lui interdit toute marche de manœuvre politique nationale. Il y a peu, dans Les Terriens du dimanche (2 décembre 2018), Aurélien Taché, député La République en Marche, a dit tout haut ce que Macron pense tout bas : "Le fait de transférer une grande partie de la souveraineté nationale au niveau européen, c’est le cœur de ce qu’on proposera aux élections européennes, ça c’est très clair" -c’est très clair en effet...
       « 


      ../.. » Le roi est nu. La chose est désormais vue et sue. Elle l’est même, sue et vue, de façon planétaire grâce aux télévisions du monde entier. Jupiter a vécu. Qu’on se souvienne de ce que j’ai jadis nommé dans un livre "le principe de Gulliver" : Gulliver peut être terrassée et anéanti par les Lilliputiens. Autrement dit : les nains peuvent avoir raison d’un géant. Disons-le d’une autre façon encore : les gilets-jaunes ont potentiellement les moyens d’abolir « Macron » qui n’est que le faux-nez du système : il suffit pour ce faire d’un programme commun, d’une fraternité d’action, d’une méthode avec une stratégie (que veut-on ?) et une tactique (comment s’y prend-t-on pour y parvenir ?), enfin d’une volonté.

       Le programme commun s’élabore avec les comités fédérés ; la fraternité d’action surgit à l’occasion de la mise en place de ces comités ; la méthode est celle de la coopération libertaire qui suppose le mandat impératif afin de désigner des représentants, puis une fédération de ces  représentants avec une fédération de fédérations afin de disposer d’un comité directeur révocable lui-aussi ; la stratégie vise l’alternative à la démocratie représentative par l’instauration d’une démocratie directe ; la tactique pour y parvenir consiste à ne rien lâcher dans l’action revendicative, puis à multiplier les actions de façon ciblée, tout en se désolidarisant des violences et en les empêchant. La volonté est là : elle est jaune vif.


        Macron qui, non sans arrogance juvénile, voulait tous les dégager et a cru y parvenir semble lui aussi prendre la vague qu’il a initiée. C’est la jurisprudence du boomerang... Ironie du sort, il voulait faire de la politique autrement : ce pourrait bien être le programme de ceux qui ne veulent plus de lui et de ses semblables. Ce si jeune Jupiter nous apparaît dès lors vraiment pour ce qu’il est : vieux, terriblement vieux...  "


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 7 décembre 10:39

      @ASTERIX
      Complotiste ?
       smiley


    • Alren Alren 8 décembre 11:39

      @Amaury Grandgil

      Elle propage depuis des décennies cependant encore le mythe d’une révolution faite par le peuple, d’une prise de la Bastille héroïque, d’une abolition des « privilèges » de tous les privilèges une fameuse nuit du 4 Août dont matériels.


      Ça paraît tellement évident maintenant que les citoyens soient égaux devant la loi qu’on a oublié que les nobles et le clergé n’étaient pas assujettis à la même justice et qu’ils ne payaient pas d’impôts.

      On a oublié qu’il fallait être noble pour devenir officier et que plus la noblesse était élevée plus le grade était élevé.

      On a oublié que l’Église catholique prélevait un impôt sur les paysans quelle que soit leur religion : le dixième de leur récolte rien que ça !

      On a oublié que la noblesse non seulement ne payait pas d’impôts mais que du fait de manuscrits datant du Moyen-âge faisait payer un impôt sur des paysans résidant sur « leurs » terres dont ils avaient hérité, s’étant comme disait Beaumarchais seulement donné le mal de naître dans une famille privilégiée.

      Les nobles de Cour recevaient une pension qu’ils dilapidaient sans souci de la misère populaire, misère que ce luxe financée par les impôts avait aggravée.

      Chacun est évidemment libre aujourd’hui de pratiquer ou non une religion mais le chevalier de la Barre fut roué vif pour ne pas avoir salué au loin une procession.


      On a oublié la précarité et l’extrême misère de la paysannerie, le travail des enfants par tous les temps, les maladies, les famines, les mauvaises récoltes, l’ignorance et donc la peur de la damnation brandie en permanence par les curés. Non, ce n’était pas une sorte d’âge d’or !

      Les fils de paysans qui parvenaient à devenir artisans à la ville parce que d’autres frères étaient encore en vie à l’âge adulte pour reprendre la métairie avaient une vie bien plus douce en comparaison.



    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 8 décembre 11:51

      @Alren
      Clichés historiques tout ça
      pour le taux d’imposition de maintenant on en est à combien déjà ?


    • Julien Esquié Julien Esquié 8 décembre 11:55

      @Amaury Grandgil

      Le taux d’imposition en soi ne veut rien dire. Il faut voir aussi ce à quoi les impôts permettent d’accéder. L’école, par exemple, est gratuite. C’est d’ailleurs presque le cas de l’université, n’en déplaise aux imbéciles qui balancent les slogans les plus alarmistes. Je les invite à aller s’inscrire dans une université anglaise. Ils comprendront.


    • Tall Tall 6 décembre 14:06

      Les églises ayant toujours été les pique-assiettes du pouvoir, les curés n’aiment pas les révolutions, normal : ça les déstabilise.

      Le prochain maître sera-t-il bienveillant ? se demandent-ils anxieusement.

      Car 1789 leur a laissé de mauvais souvenirs, sans oublier 1917, encore pire ...

      Cependant, les bolcheviques ont fait une grosse erreur avec les popes.

      Il fallait les utiliser au service du communisme. C’était parfaitement compatible avec le message chrétien.

      Poutine n’a pas fait cette erreur.

      Donc, je dis aux curés : ne craignez pas la révolution en cours, les jaunes vous rempliront votre assiette. Vous n’aurez qu’à dire que Jesus est avec eux, et la gamelle est assurée. smiley


      • Fergus Fergus 6 décembre 17:36

        Salut, Tall

        Tu parles aux curés, fort bien. Mais à qui ? Ici, ils sont trop vieux, et là, il n’y en a plus. smiley


      • Tall Tall 6 décembre 20:52

        @Fergus

        Aaah c’est donc ça ....j’avais une sensation de « déjà vu » en lisant tes coms ..une impression de souvenirs très lointains ... j’y suis maintenant : c’était les discours des curés quand j’allais au catéchisme.

        Je leur dois beaucoup ... car c’est l’effet de contraste saisissant entre leur enfumage surréaliste et la clarté lumineuse des discours scientifiques qui m’a rendu athée et fait de moi un fan de sciences.


      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 7 décembre 09:20

        @Tall
        Les curés se sont toujours gourés politiquement


      • Fergus Fergus 7 décembre 09:22

        Bonjour, Tall

        Moi, ce n’est pas le catéchisme qui m’a rendu athée, mais  pour cause de renvois multiples dans le public plus de deux ans passés dans une boîte de curés où, à de rares exceptions près, j’ai pu mesurer l’hypocrisie et la duplicité des hommes en noir. 


      • BA 6 décembre 14:06

        Une déclaration historique du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume à propos du peuple français :


        « Une partie du peuple est en train de se soulever. »



        « Gilets jaunes » : "Une partie du peuple est en train de se soulever."

        https://www.midilibre.fr/2018/12/06/gilets-jaunes-une-partie-du-peuple-est-en-train-de-se-soulever,5002826.php



        • Garibaldi2 7 décembre 05:03

          @BA

          Il est vrai que pendant longtemps le peuple a été bonne pâte !


        • ASTERIX 7 décembre 10:22

          @BA
          DEPUIS l’arrivée de POMPIDOU les banquiers sont roi

          BIZARRE LUI AUSSI ETAIT UN BANQUIER !!!!!!!!!!!!!!!!!

          La violence amène les peuples a se révolter : payes minables loyers trop chers et souvent insalubres mépris de L EMPEREUR MANU 1ER cynisme des élus MARCHARRIERE
          TROP D ELUS 660000 36600 COMMUNES 587 DEPUTES( 100 suffiraient )
          senateurs (0 SUFFIRAIENT VU LEUR TRAIN DE VIE ET PLEIN D AVANTAGES °)S

          MANU N’a que 2 MINISTRES VALABLES PHILIPPE ET SCHIAPA les autres sont des lobbyiste le plus bel exemple MME BUZYN 15 ans de lobbyisme pour BIG PHARMA RESULTAT SON RAPPORT D INTERETS FAIR 14 PAGES ( vérifiable sur le net  :: ::) EX FEMME DU FILS DE SIMONE VEIL ME buzynveil-levy doit DEGAGER TROP C EST TROP :
          mediator vioxx gardesil levothyrox bébés sans mains  !!!!!! DEHORS !!!!!!!


        • NEMO NEMO 6 décembre 14:26

          il faudra un jour arrêter de confondre « peuple » et « tiers-état ».


          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 14:28

            @NEMO
            Il existe en effet toujours un Tiers Etat


          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 14:49

            @NEMO
            les bourgeois faisaient en effet partie du Tiers Etat, mais il n’était pas le peuple


          • NEMO NEMO 6 décembre 16:33

            @Amaury Grandgil

            continuez, ça vient...
            poussez, poussez...


          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 16:41

            @NEMO
            C’est bourgeois qui vous gène vous vous sentez touchés ?


          • NEMO NEMO 6 décembre 17:46

            @Amaury Grandgil

            non, non, vous vous méprenez, je suis tout-à-fait d’accord avec vous
            ce qui me gène, c’est de lire pleins de trucs sur « le peuple » en ce moment qui confondent « nation » , « prolétariat », « people », « populaire », etc...

            certains mots comme celui-là sont tellement surdéterminés que leur usage suppose une grande prudence de la part du du locuteur (celui qui croit signifier autre chose alors qu’il signifie autre chose sans le savoir) et de l’interlocuteur (celui qui croit détecter le sens de ce qu’il entend alors que le locuteur signifie autre chose).

            dans ce ca-là, il vaut mieux avoir recours à d’autres signifiants ou commencer par définir ses concepts


          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 7 décembre 09:19

            @NEMO
            Vous avez raison, mais pour être compris et lu il vaut mieux simplifier parfois


          • babadjinew babadjinew 6 décembre 15:28

            Très heureux que le quidam de base ce rebelle, malheureusement il le fait pour que rien ne change. Démission du micron, dissolution de l’assemblé ok très bien et ensuite ?? Il pleuvra de l’emploi qui n’existe plus ? Une autre source d’énergie tombera du ciel ??? Nos « Vieux » n’auront plus besoin de mouroir infâme ??? L’OPEP cessera de jouer sur les cours d’un brut toujours plus rare donc plus cher ?

            C’est malheureusement une fois de plus un mouvement CONTRE, il aurait été plus actuel d’avancer POUR un changement de paradigme.

            Car ne rêvons pas l’après pion micron sera pareil avec un autre pion.

            Wake Up !!! 


            • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 15:33

              @babadjinew
              Le problème c’est pas le pétrole, la taxe carbone c’était la cerise sur le gâteau, le problème est que l’impôt n’est plus ressenti comme légitime car sa redistribution ne se fait plus pour cette France périphérique.


            • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 15:38

              @babadjinew
              Très méprisant le « quidam de base »


            • babadjinew babadjinew 6 décembre 16:04

              @Amaury Grandgil

              Désolé de vous avoir blessé, je fais parti des quidams de base et en aucun cas je n’ai voulu être méprisant.

              Pour le reste sans changement de paradigme, les banksters continueront à nous ponctionner d’une manière ou d’une autre. Le travail comme seul et unique moteur ne peut plus fonctionner. La sur-consomation (moteur du travail) générant aujourd’hui bien plus de désavantages que d’avantages même pour le moyen terme. Dans un monde aux ressources finit il n’est plus pensable de fonctionner sur un modèle de croissance infini.

              Le diagnostique des gilets jaunes est donc le bon : Comment fait on pour vivre dans le système actuel avec si peu, alors que d’autres sans même bouger le petit doigt ont tant ! 

              Ben dans la configuration physique de notre environnement seul un changement sociétale radicale peut encore peut être harmoniser un ensemble. Rester dans la course stupide de la croissance n’est simplement PLUS a l’ordre du jour. L’acharnement à vouloir conserver ce modèle nous menant tout droit à la situation Grecques. Et pourtant dieux sait qu’ils en ont fait des manifs nos amis grecques, (pacifiques, violentes, organisées, spontanées, désespérer) rien cela n’a produit hormis une baisse d’au moins 50% de leur niveau de vie pour la majorité d’entre eux.

              L’articulation des gilets jaunes manque cruellement de propositions. De mon point de vu ils devraient demander un revenu de base choisi à hauteur soyons fou de 900€/mois. Vous enlevez le prix de l’essence pour aller bosser d’un SMIC et c’est idem. Pourtant dans ce cas, et vous coupez la mains d’œuvre corvéable aux esclavagistes rentiers, et vous agissez pour moins de CO2. Avec en prime du temps pour explorer, comprendre, écouter, agir, dans un monde devenu complétement fou

              Wake Up !!!      


            • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 décembre 16:40

              @babadjinew
              Vous ne m’avez pas blessé, mais votre qualificatif témoigne surtout que vous vous placez au dessus. C’est tout.
              Les « gilets jaunes » c’est simple pensent que l’impôt n’est plus légitime, sont trop pauvres pour ne pas avoir besoin d’aides, trop riches pour y avoir droit...


            • Garibaldi2 7 décembre 05:07

              @babadjinew

              Il faut bien faire le premier pas pour commencer.


            • Sophie Fonsec Sophie Fonsec 6 décembre 19:12

              Le papier aurait pu être bien séduisant s’il ne comportait pas autant d’amalgames sur le peuple et de sous-entendus chers à l’auteur sur les « exotiques ».

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