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GM&S le rideau tombe vendredi 23 juin...

GM&S Industry

Le deuxième employeur privé du département de la Creuse avec 283 salariés, sous-traitant des pièces automobiles pour PEUGEOT et RENAULT, est menacé de liquidation judiciaire. La date butoir ayant été fixée le 23 juin 2017 par le tribunal de commerce de Poitiers. L'entreprise GM&S Industry a été placée en redressement judiciaire au mois de décembre 2015, le troisième redressement en huit années, force est de constater que la situation s'est irrémédiablement dégradée. Le 11 mai 2017, les salariés prenaient possession des lieux et disposaient des bonbonnes de gaz sur le site de La Souterraine, menaçant de tout faire exploser. Trois jours plus tard, les français découvraient le nom de leur nouveau Président de la République. 

Le président MACRON s'est finalement entretenu le 9 juin 2017 avec les représentants des salariés de GM&S mais il ne leur a proposé aucune autre porte de sortie que celle déjà prévue par la loi Florange. Le destin de GM&S Industry était scellé, une autre usine vouée à mourir si aucun repreneur sérieux ne se présentait. Les images diffusées par BFMTV nous ont dévoilé le président MACRON en train de reproduire un pas de danse, comportement immature de rockstar, après son bain de foule à Bellac. Rappelons qu'il avait dédié une partie de sa matinée à jouer au standardiste à l'élysée, une opération de communication destinée à atténuer les retombées médiatiques de son déplacement prévu durant l'après-midi avec les salariés de GM&S.

Le 20 juin, le nouveau député élu de la Creuse, parti REM, Jean-Baptiste MOREAU, rencontrait les salariés de GM&S et leur déclarait : « Le président Macron n'est pas le Père Noël, et je ne suis pas magicien ». Ces propos faisaient simplement écho à ceux prononcés par le président quelques jours auparavant. Si l'impuissance de nos politiciens est patente face aux effets de la mondialisation, leur communication est infantilisante et méprisante, tout le monde est conscient des enjeux économiques, particulièrement les citoyens qui sont les premières victimes. En revanche, nos politiciens semblent véritablement croire au « Père Noël » car ils attendent de la main d'oeuvre salariale qu'elle accepte docilement des licenciement massifs sans contestations et sans négociations avec leur employeur, la justice ou le Gouvernement.

Des ouvriers de la SEITA, du site de Riom dans le déparement voisin, étaient venus soutenir leurs collègues de GM&S dans leur lutte ouvrière, eux aussi victimes de la mondialisation, lors de la visite du député MOREAU. Dans le cadre de l'affaire de la SEITA, un syndicaliste de la CGT sous pression a tiré au fusil en direction du PC de sécurité de son entreprise. Il a été condamné à trois mois de prison ferme. L'acte d'un homme désespéré qui venait de passer 30 heures consécutives sur place. Les 239 salariés de la SEITA assistent aussi impuissant à la délocalisation de leur gagne pain vers des pays aux contraintes fiscales et sociales plus avantageuses.

Le destin de l'usine de La Souterraine est intimement lié à de multiples rachats depuis 1997 avec cinq repreneurs différents, l'avant dernier étant ALTIA qui avait fait l'acquisition du site en 2009. Selon l'Humanité, « le rapport d’un expert mandaté par la CGT, les loyers acquittés par les différentes sociétés du groupe à la SCI auraient atteint des niveaux exorbitants. À titre d’exemple, le site de La Souterraine (Creuse) aurait versé en 2011 473 688 euros de loyer annuel, soit près de 200 euros le mètre carré  ! Pour mémoire, les prix moyens des locaux industriels dans le Limousin tournaient alors autour de 34 euros le mètre carré, et de 84 euros pour les bureaux. La SCI se serait donc gavée au détriment de la bonne santé financière du site. Cette gabegie n’a fait que charger une barque déjà très proche du naufrage ». Ainsi les dirigeants d'ALTIA, propriétaire des murs de l'usine de La Souterraine, percevaient un loyer par l'intérmédiaire de la SCI Stamping.

Même le spécialiste du sauvetage des entreprises en redressement judiciaire, Michel RESSEGUIER, a été impuissant après un passage de deux mois durant l'été 2014 à la tête d'ALTIA. « Lorsqu’une filiale “X” avait besoin d’argent, c’est la filiale “Y”, en meilleure santé, qui s’endettait pour lui prêter les fonds. À ce jeu, même les entreprises rentables finissaient par s’asphyxier. Les fournisseurs mal payés refusant de livrer le matériel en temps et en heure, les pièces devaient parfois être transportées le jour même, par taxi » ! Que dire après une telle débâcle, l'Etat français était entré au capital d'ALTIA par le biais de la Banque Publique d'Investissement (BPI France) et détenait 20% des parts. Les 80% restant étaient contrôlés par le trio fondateur d'ALTIA, le Pdg Patrice DURAND, le directeur financier Patrick ADOLF et Nicole COHEN, également présidente de la SCI Stamping.

Ainsi 18 millions d'euros, l'argent du contribuable, a été investi par l'Etat pour tenter de stabiliser le navire ALTIA. Malgré une trésorerie famélique, ALTIA investissait encore en rachetant l'entreprise CADDIE à la barre des tribunaux en 2012. Pourtant, un premier courrier des syndicats adressé à Guillaume BARDY, le 20 octobre 2011, l'alertait sur les difficultés de trésorerie rencontrées par la holding ALTIA. Notons que le rachat de CADDIE a tout de même couté 1,9 million d'euros en 2012. Guillaume BARDY était directeur d'investissement pour la BPI France et avait l'avantage de siéger au conseil d'administration d'ALTIA. A la fois au four et au moulin, il ne pouvait ignorer la situation économique du groupe qui représentait alors 48 filiales dans le monde pour un effectif de 3 000 salariés dont 1 500 en France. ALTIA a été placé en liquidation judiciare au mois d'août 2014, l'usine de La Souterraine, rebaptisée GM&S, a été acquise au prix de 3 euros par Gianpiero COLLA au mois de décembre 2014. GM&S ne s'est jamais remis de ce dernier changement de propriétaire. L'italien aurait également encaissé 740 000 euros du CICE en 2015, une belle plus value pour un investissement de 3 euros sur deux ans.

Le seul repreneur connu à ce jour est GMD mais l'offre de reprise officieuse ne concernerait que la moitié de l'effectif, cette option a été refusée par les salariés. Demain, le tribunal de commerce de Poitiers va décider de prolonger le redressement judiciaire, ce qui impliquerait encore un soutien financier de l'Etat français qui avait déjà investi 18 millions à perte, ou de procéder à la liquidation judiciaire, une hypothèse très vraisemblable.

Le Président MACRON n'est pas le Père Noël, certes, c'est une question de perspective car vu de l'étranger il doit être perçu comme tel. Depuis son arrivée à l'Elysée comme numéro 2 du cabinet présidentiel jusqu'à sa démission du ministère de l'Economie en 2016, la France a cédé ALSTOM énergie, ALCATEL-LUCENT, TECHNIP, NEXTER, STX FRANCE, SFR, NUMERGY, LAFARGE, ARC INTERNATIONAL, le CLUB MED, privatisé trois aéroports français, Nice, Lyon et Toulouse, imaginez l'augmentation des investissements étrangers durant cette courte période de 4 ans, elle est inique. Sans parler du dépeçage de dizaines d'entreprises françaises comme AGORA DISTRIBUTIONS (enseignes TATI, FABIO LUCCI + 2 autres), MiM, VIVARTE, GM&S, WHIRLPOOL à amiens, MICHELIN annoncé ce jour, SEITA de Riom, ECOPLA etc... 

Pour limiter les investissements étrangers, le Président MACRON pouvait utiliser le décret MONTEBOURG n°2014-479, l'a-t-il fait ?

F.D Free Democracy

 


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17 réactions à cet article    


  • flourens flourens 23 juin 11:48

    les présidentielles et les législatives sont passées, ils peuvent crever maintenant, et en silence SVP, en effet « tout l’art de la politique est d’écorcher le peuple sans le faire crier » Élisée Reclus, on va voir si ce sont des artistes au gouvernement


    • zygzornifle zygzornifle 23 juin 13:29

      derrière le rideau il y a marqué pole-emploi ........


      • flourens flourens 23 juin 14:32

        @zygzornifle
        mais non, c’est pour mieux embaucher, c’est pas compliqué à comprendre, plus tu licencies plus tu embauches, bon faut être énarque pour bien en assimiler la subtilité, mais ça marche


      • Le421 Le421 23 juin 20:31

        @flourens
        Absolument.
        On licencie dans la Creuse et on embauche en Slovénie, c’est quand même pas compliqué à comprendre...

        De là à dire qui se fait baiser !!
        Toujours les mêmes.
        Et comme disait Chirac, ça en fait moins qui gueulent...


      • zygzornifle zygzornifle 25 juin 13:34

        @flourens


        plus tu licencies plus tu embauches ..... merci de me le rappeler....

        partant de ce principe plus je chie plus j’ai envie de chier ?



      • FreeDemocracy FreeDemocracy 26 juin 00:16
        @zygzornifle
        bonsoir, ça ne me regarde pas mais en fait je pense que vous êtes tous les deux d’accord, quiproquo. Ironie virtuelle très compliquée à suivre.

      • flourens flourens 26 juin 14:06

        @zygzornifle
        c’est un peu le principe, car plus tu bouffes plus tu chies, donc pour beaucoup bouffer il faut beaucoup chier, pour beaucoup embaucher il faut beaucoup licencier, le must serait de licencier tout le monde, comme ça, ça en ferait de l’embauche


      • Le421 Le421 23 juin 20:27

        Macron à Bellac, c’était avant !!
        Les élections...

        Maintenant ?
        Productivité, compétitivité, optimisation... La France en marche !
        On ferme.
        Point.

        Hollande 2.0


        • FreeDemocracy FreeDemocracy 24 juin 01:26
          Cadeau aux lecteurs, référence très nette à cet article.


          Et pas de jaloux, avec la stèle HOLLANDE de Florange ici :



          MACRON lui n’a rien promis MAIS personnellement je vois une reprise (GMD) impliquant des licenciements, évidemment, classique dans un tel contexte de mondialisation à outrance. Sauf que les médias vont instrumentaliser la reprise de GM&S pour en faire un sauvetage présidentiel, à suivre... car leur offrir une semaine d’agonie ça ne sert strictement à rien si ce n’est pas pour être racheté.

          • FreeDemocracy FreeDemocracy 26 juin 23:14
            le grand media part soi disant... enfin ils ont creusé, pas trop tôt tout de même, le passage de Michel RESSEGUIER remonte à l’année 2014, ça fait QUE 3 ans après tout, (cité dans mon article ci dessus), il avait déjà dénoncé un système de gestion totalement surréaliste avec un trio de dirigeants qui se servaient des actifs de l’entreprise pour jouir des plaisirs de la vie en résumé...



            • FreeDemocracy FreeDemocracy 30 juin 11:15
              bonjour aux lecteurs,

              GM&S clap de fin ? pas encore certain après que le tribunal ait accordé un délai d’une semaine supplémentaire c’est le statu quo (du 23 au 30 juin).

              Sauf que l’offre alors formulé officieusement par le groupe stéphanois GMD est devenu officielle mais cette offre de reprise laisse une moitié des salariés sur le carreau (conserve 120 salariés).

              à suivre encore...



              • FreeDemocracy FreeDemocracy 13 juillet 23:58
                toujours à suivre...

                ...jusqu’au 19 juillet

                toujours est-il que les salariés de gm&s sont de vrais soldats, ils mettent un sacré boxon... 

                • FreeDemocracy FreeDemocracy 21 juillet 21:16
                  toujours à suivre...

                  comme quoi l’épisode GM&S est interminable car il a été médiatisé et que certaines grandes figures se sont mouillées contrairement à l’enseigne MIM, cas réglé rapidement.


                  Europe 1 : Reprise de GM&S : le tribunal repousse sa décision à lundi (19 juillet 2017), soit le 24 juillet 2017
                  « C’est un délai pour lever les clauses suspensives », a précisé le délégué CGT de l’équipementier. Une offre de reprise devrait être finalisée durant

                  Le tribunal de commerce de Poitiers a prolongé la période d’observation de l’équipementier en liquidation GM&S Industry, pour laisser le temps aux parties prenantes au dossier de finaliser une offre ferme de reprise, ont annoncé mercredi les délégués syndicaux. Il rendra sa décision le 24 juillet.

                  Quatre heures pour apporter des « notes en délibéré ». Selon l’avocat, le tribunal se prononcera à 18 heures sur l’offre de reprise du numéro un français de l’emboutissage, GMD, seul candidat en lice. Les parties prenantes au dossier auront jusqu’à 14 heures pour apporter au tribunal leurs « notes en délibéré », soit les éléments complémentaires nécessaires à l’examen de l’offre de reprise, a-t-il ajouté. 

                  Des conditions non remplies. « C’est un délai pour lever les clauses suspensives », a précisé Jean-Marc Ducourtioux, délégué CGT GM&S. Le groupe GMD a proposé de reprendre 120 salariés sur les 270 que compte l’usine de La Souterraine, dans la Creuse. Il a toutefois accompagné son offre de plusieurs conditions suspensives, notamment la conclusion d’un bail sur les bâtiments hébergeant GM&S et l’obtention d’un financement de 15 millions d’euros en vue de la modernisation de l’usine. Ces conditions n’étaient pas remplies mardi. (ceci semble OK, 5 millions de l’état, 5 millions de RENAULT et 5 millions de PSA).

                  Un nouveau délai ? Les salariés de l’équipementier espèrent que le tribunal repoussera encore sa décision sur la reprise à la fin du mois d’août pour éviter de recevoir les lettres de licenciement pendant l’été. L’État s’est, par ailleurs, engagé à payer les salaires jusqu’à la fin août, « quelle que soit l’issue des discussions et la décision du tribunal de commerce de Poitiers. »


                  • FreeDemocracy FreeDemocracy 24 juillet 21:13

                    rebelotte... pour le 31 juillet.... situation inchangée


                    • FreeDemocracy FreeDemocracy 1er août 12:24
                      et re pour le 4 septembre 2017 la décision du tribunal de poitiers relative à la reprise de GMD (120 salariés ça n’a pas bougé).





                      • FreeDemocracy FreeDemocracy 5 septembre 11:33
                        20 minutes : GM&S INDUSTRY : La justice met en délibérée à jeudi sa décision sur l’offre de reprise partielle.


                        par
                        GMD (groupe mécanique découpage) de Alain Martineau.



                        • FreeDemocracy FreeDemocracy 13 septembre 23:22
                          Le tribunal de commerce de Poitiers a entériné jeudi 7 septembre l’unique offre de reprise de l’équipementier automobile GM&S Industry par GMD, a annoncé l’avocat des salariés, mettant un point final à ce dossier.

                          120 salariés sont conservés dans l’effectif, 156 licenciements. 

                          voilà la période estivale et une justice qui traîne en longueur depuis le mois de juin 2017 le tribunal de commerce a repoussé l’échéance à de multiples reprises pour rien.

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