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Accueil du site > Actualités > Politique > Institutions : attention aux mirages, aux chimères et aux sirènes (...)

Institutions : attention aux mirages, aux chimères et aux sirènes !

« La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité. » (Albert Camus, 1959).



Depuis quelques jours, des supputations laisseraient entendre que le Président Emmanuel Macron étudierait la possibilité de l’organisation d’un référendum à réponses multiples qui reprendrait sa réforme des institutions actuellement enlisée. Il pourrait avoir lieu en avril 2019 ou simultanément lors des élections européennes du 26 mai 2019. L’idée serait de faire preuve d’habileté politique et de reprendre l’initiative après la "séquence" des gilets jaunes (qui est loin d’être achevée).

L’avantage serait qu’en proposant un référendum à réponses multiples, le clivage "pour" et "contre" serait un peu plus compliqué à tenir face au soutien ou à l’opposition à Emmanuel Macron. Un référendum qui aurait pour résultat trois "oui" et quatre "non" serait difficilement interprétable comme un camouflet pour le Président de la République. Alors qu’une unique question pourrait se résumer, au cours de la campagne référendaire, comme souvent lors des référendums, à pour ou contre Emmanuel Macron. De plus, en l’organisant proche des élections européennes, ou en même temps, cela aurait pour incidence de dépolitiser le scrutin européen et de l’européaniser.

Je souhaite donc mettre en garde le Président Emmanuel Macron contre cette très mauvaise idée. Comme je l’ai déjà dit, l’idée d’un référendum en elle-même est une très bonne idée et à mon sens, la seule qui permette de sortir par le haut de la crise des gilets jaunes. Mais le sujet du référendum doit être concret, il doit concerner le pouvoir d’achat ou la transition énergétique, et tout ce qui peut être associé de près ou de loin à ces deux sujets qui furent les déclencheurs de la crise. J’avais ainsi proposé un référendum sur la suppression de l’ISF, qui aurait l’avantage d’en finir une fois pour toutes avec ce serpent de mer, pour ou contre, et que le peuple tranche !

Faire un référendum sur l’ISF a cependant un désavantage : celui de remettre en cause l’un des engagements très clairement exprimés par le candidat Emmanuel Macron avant son élection (réécouter la matinale de France Inter le 1er février 2017) et donc, il a été élu en totale connaissance de cause. Vouloir repasser cet engagement par référendum, c’est considérer que les engagements des candidats à l’élection présidentielle n’auraient plus aucune valeur puisqu’il faudrait repasser par les urnes. Pourquoi avoir élu alors Emmanuel Macron ? Si certains disent qu’il a été élu au second tour par défaut, et je veux bien l’entendre pour ceux qui se sont toujours opposés aux thèses extrémistes, il faut quand même rappeler qu’il a été le candidat du premier tour qui a reçu le plus de voix dans un scrutin largement suivi (77,8% de participation).

Il en serait de même pour un référendum sur les institutions avec deux autres écueils. D’une part, sur les sujets qui ont valeur de révision constitutionnelle (ce qui n’est pas le cas du mode de scrutin pour la désignation des députés), un référendum ne peut être organisé (selon l’article 89 de la Constitution) qu’après l’adoption du projet par l’Assemblée Nationale (aucun problème avec la majorité LREM-MoDem) et par le Sénat où LR, qui est majoritaire, n’aurait aucun intérêt à aider le Président de la République sur ce sujet-là. D’autre part, selon le constitutionnaliste Daniel Rousseau, il est impossible d’imaginer, dans l’état actuel du droit constitutionnel, un référendum à réponses multiples sans auparavant réviser la Constitution en ce sens et donc, avoir également le consentement du Sénat.

Par ailleurs, le concept d’un référendum à questions multiples est désastreux sur le plan politique : ou le projet du gouvernement est cohérent et doit donc être adopté de manière globale (c’était le cas du référendum du 27 avril 1969, consécutif à la crise de mai 1968, qui, avec une seule réponse du peuple, contenait deux questions, l’une sur le Sénat, l’autre sur la régionalisation du pays ; selon De Gaule : « Il est clair que cette création des régions et cette réforme du Sénat forment un tout. »), ou les institutions sont devenues des produits de supérette qu’on picore ou pas, selon les envies et caprices, et à la fin, cela fera nécessairement des institutions "folles", c’est-à-dire, sans aucune cohérence en théorie (et encore moins en pratique).

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De plus, la réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron (et à laquelle je m’oppose vivement !) est connue depuis le 4 avril 2018 et donc, tous les gilets jaunes en avaient eu connaissance depuis longtemps lorsqu’ils ont exprimé leur colère. La réalisation de cette réforme ne pourrait donc en aucun cas "calmer" les ardeurs "révolutionnaires" de ceux-ci.

Mais tout cela, c’est réflexion sur la forme et j’en viens au fond, en sachant que le fond pourrait être éventuellement inspiré par le grand débat national qui s’annonce. Je ne me lasse pas de rappeler les énormes risques qui pèsent sur notre démocratie et sur notre République si l’on réforme les institutions dans le sens que voudrait Emmanuel Macron après son alliance avec François Bayrou. Je l’ai déjà exprimé ici, et je redis quelques ci-dessous quelques évidences.

Non à la proportionnelle ! Emmanuel Macron devrait savoir qu’avec une dose de proportionnelle dans la désignation des députés, il n’aurait jamais eu la majorité qui lui permet, aujourd’hui, de réformer le pays selon son programme présidentiel (ici visible). C’est même pire : gageons que le gouvernement n’aurait même pas tenu jusqu’au 15 décembre 2018, car tous les députés des autres partis auraient été amenés à lui retirer la confiance après la journée terrible du 1er décembre 2018, pour rester au contact avec "l’opinion publique".

Mais si c’est la majorité Macron aujourd’hui, cela aurait été la majorité Hollande hier ou la majorité Sarkozy avant-hier. Leurs gouvernements n’auraient pas tenu longtemps car l’impopularité est devenue un élément récurrent dans la vie politique en raison de la situation de crise économique et morale dans laquelle s’est noyée la France depuis plusieurs décennies.

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Ce débat sur les institutions a été pollué dès le départ par les destructeurs de République que sont les "insoumis", qui veulent la mort de la République que le Général De Gaulle a eu la bonne idée et la clairvoyance de faire adopter par le peuple français après la crise algérienne pour justement permettre de gouverner de manière efficace mais aussi démocratique. Jean-Luc Mélenchon n’a jamais cessé de remettre en cause la légitimité d’Emmanuel Macron pourtant démocratiquement élu, et très largement, et de vouloir la mort de la France telle qu’elle est en organisant son ingouvernabilité. Le bon sens doit l’emporter dans la réflexion et sortir de cette propagande qui ne reçoit aucune résistance dans les médias que certains appellent "mainstream", voire qui y est encouragée et répétée.

Dans son blog, Hervé Torchet s’est d’ailleurs amusé à dénoncer la grande supercherie de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle à vouloir bouleverser les institutions : « Si l’on suit bien M. Mélenchon, il est candidat à inaugurer les chrysanthèmes et expédier les affaires courantes en attendant qu’une assemblée constituante nommée par lui ou élue sur sa convocation (mais selon quel processus aujourd’hui constitutionnel ?) achève la rédaction de la constitution d’une VIe République, que l’on imagine inspirée par un mélange des Soviets et du discours de Robespierre (mais quel Robespierre ? celui d’avant le pouvoir, tout miel, ou celui du pouvoir, tout fiel et tout sang). Malgré cette modeste ambition formelle, M. Mélenchon affiche un programme économique qu’il juge cohérent, ce qui est en soi incohérent, car enfin, veut-il gouverner, ou pas ? Est-il là pour peu de temps en attendant un régime non présidentiel, ou pas ? Tout ceci sent la duperie à plein nez. C’est le brouillard. » (28 mars 2017). Passage que j'ai cité il y a déjà quelques mois.

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L’irrévocabilité des élus ? On se moque de nous ! Cette irrévocabilité est dans l’essence même du mandat électif que les électeurs confient aux élus. À la fin du mandat, ce mandat est naturellement remis en jeu et à chacun d’approuver ou pas l’action passée. Vouloir aller plus vite que la musique, c’est ne plus avoir de musique du tout. Déjà que les mandats sont trop courts pour avoir une vision à long terme de ce que devrait être la France de demain (mais on ne peut pas les rallonger car il faut aussi s’adapter à l’impatience des citoyens), imposer aux élus l’irrévocabilité permanente, c’est simplement les contraindre à la paralysie et à l’immobilisme : ne rien faire pour ne pas gêner, pour ne pas susciter d’opposition. Tout le contraire du gaullisme !

Un autre serpent de mer a pour nom "référendum d’initiative citoyenne" (je rappelle que "citoyen" est un nom et pas un adjectif). L’idée est intéressante mais à condition de savoir comment on la pratique. Si, avec l’interdiction du cumul des mandats, l’on demande aux députés d’être totalement focalisés sur leur mandat de législateurs, ce n’est pas pour rien : il faut du temps pour produire la loi, la meilleure loi possible, avoir une vision d’ensemble, avoir l’envie aussi de s’éclairer. À part les parlementaires, chaque citoyen a, a priori, d’autres activités que faire la loi. Un tel outil ne peut donc jamais être qu’exceptionnel (ce qu’il est déjà) et conforme au "bloc constitutionnel" qui constitue déjà une "contrainte" pour la loi, "contrainte" positive pour éviter les débordements (qui empêcherait une majorité de déclarer illégale une catégorie de la population, par exemple).

De plus, cet outil ne peut pas être paradoxal. Par exemple, un premier référendum ne peut pas réduire les impôts et, presque simultanément, un second augmenter les dépenses publiques. Certes, on rêverait de raser gratis, mais le déficit public doit rester de la responsabilité du gouvernement qui doit définir une cohérence générale dans son projet de loi de finance (le principal exercice de toute démocratie). Or, en permettant tout au peuple, y compris les incohérences, on n’aidera pas le pays à rester une puissance économique. Il s’enfoncera dans la ruine économique et le désastre financier à court terme, sans compter la perte de confiance de tous ceux qui auraient souhaité l’aider financièrement.

Je rappelle d’ailleurs ce principe élémentaire : si l’on vit plus haut qu’on ne le peut, au-dessus de ses moyens, c’est-à-dire, si l’on dépense plus que l’on ne gagne, on se soumet aux créanciers qui ont la "gentillesse" de prêter la différence, qui s’appelle déficit. Le premier acte de souveraineté d’une nation, c’est de définir son projet de loi de finance sans aucun déficit public, ainsi, la nation ne dépendra d’aucun créancier. Pour une nation déjà endettée, il faut aussi rembourser la dette. Ceux qui veulent raser gratis et jouer au Père Noël en éliminant la dette par l’opération du saint Esprit veulent mettre le pays en situation de faillite et les premières victimes seront ceux qui sont déjà les moins aisés aujourd’hui, car ils n’auront plus ni retraite, ni remboursement de santé alors que les plus riches pourront toujours s’en sortir, ne serait-ce qu’en émigrant à l’étranger dans des contrées plus favorables. L’histoire de certains pays dans le monde l’a hélas déjà prouvé…

En demandant au peuple, notion collective floue, de décider sur tout, cela entraîne nécessairement l’irresponsabilité générale de la conduite de la nation. Un gouvernement bien identifié sera responsable devant les parlementaires et devant les citoyens. Mais le peuple ? C’est limiter la liberté que limiter la responsabilité en laissant le pouvoir d’abord aux groupes de pression et aux meilleurs propagandistes.

Car c’est là le plus grand danger de l’organisation trop fréquente de référendums : ceux qui n’ont pas d’opinion ne participent pas (il suffit de voir les scrutins sur la Nouvelle-Calédonie le 6 novembre 1988, 63,1% d’abstention et 11,8% de votes blancs ou nuls, et et même sur le quinquennat le 24 septembre 2000, 69,8% et 16,1% votes blancs ou nuls), ceux qui sont opposés peuvent être dégoûtés et être inaudibles, quant aux partisans, ils sauront mobiliser leurs troupes pour faire adopter telle ou telle mesure. Bref, c’est laisser le pays à la merci de lobbies et de propagandistes. Le contraire d’une démocratie : une nation entièrement à la merci de la démagogie permanente.

Ce que je viens d’écrire n’empêche évidemment pas le référendum mais de manière exceptionnelle, sur de grands sujets qui occupent l’opinion, c’est pourquoi j’évoquais l’ISF (qui ne peut qu’augmenter les recettes de l’État ou ne rien changer par rapport au statut quo, ce qui serait différent si l’ISF n’avait pas été supprimé auparavant).

Au-delà du référendum, ce qui compte surtout, c’est que le peuple ne soit plus devant le fait accompli. Le problème du référendum, c’est d’être face à un texte déjà construit sans autre alternative que d’être pour ou contre. Le plus efficace pour écouter le peuple et pour créer une démocratie participative (qui reste toujours une notion floue), c’est d’écouter le peuple en amont, non sur des vues politiques mais sur des préoccupations, et l’histoire des gilets jaunes est assez caractéristique de cette non-écoute : il ne s’agit pas d’être pour ou contre la transition énergétique, ni même d’être pour ou contre une éventuelle taxe carbone, mais de faire remonter la situation individuelle difficile de chacun, afin qu’écologie ne signifie pas réduction encore du pouvoir d’achat. À l’évidence, le gouvernement n’avait pas pris la mesure de la détresse populaire et en ce sens, la crise des gilets jaunes a été un moyen, parfois violent, d’acquérir cette lucidité qui lui manquait.

Ségolène Royal avait ainsi eu quelques intuitions intéressantes lors de sa campagne présidentielle de 2007, en voulant utiliser l’outil Internet pour encourager la participation des citoyens à la vie de leur nation. Si je doutais de son entière sincérité (il suffit de voir comment elle a présidé d’une main de fer et sans écoute la région Poitou-Charentes), l’idée reste cependant à creuser. Pour avoir une petite idée, il me semble qu’il faut se tourner vers les municipalités des "grandes" villes (et même des "petites" villes). En fait, à des échelons divers, ont été créées des "commissions de quartier" qui ont pour but de faire remonter vers le maire des réflexions, revendications, réclamations, propositions, suggestions (etc.) de citoyens. En somme, permettre, à tous les stades de la vie publique, d’avoir des "boîtes à idées" comme il peut y en avoir dans certaines entreprises ou certains autres lieux collectifs. À prendre en compte évidemment.

Pour résumer, attention au mirage aux alouettes ! Au double mirage. Le mirage du pouvoir qui penserait qu’en proposant un référendum institutionnel, il solderait la créance des gilets jaunes : mon point de vue est que c’est une erreur certaine d’anticipation. Le mirage des citoyens de croire que certaines mesures qui, nous dit-on (par des sondages, mais sans aucun débat public sur le fond du sujet), seraient populaires, pourraient résoudre le problème du fossé entre gouvernants et gouvernés.

La proportionnelle, par exemple, ne ferait au contraire qu’accroître le fossé entre le peuple et les partis qui seraient plus en mesure de contrôler les candidatures avec le mode de scrutin actuel qui, malgré ses imperfections, a permis à tous les courants de pensée présents à l’élection présidentielle d’être représentés à l’Assemblée Nationale (parfois même avec un groupe politique) et a permis à un nouveau parti âgé d’une seule année d’obtenir une majorité absolue (ce qui démontre, et c’est nouveau, que ce scrutin actuel assure le renouvellement de la classe politique et probablement mieux qu’une proportionnelle qui ne donnerait du pouvoir qu’aux seuls partis déjà existants).

Face à la panique, ne cédons pas aux tentations qui ne feraient qu’enfoncer encore plus la France dans le gouffre de l’ingouvernabilité. Il n’y aura pas de De Gaulle pour nous en sortir…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (03 janvier 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Institutions : attention aux mirages, aux chimères et aux sirènes !
Gilets jaunes : un référendum sur l’ISF ? Chiche !
Ne cassons pas nos institutions !
Non à la représentation proportionnelle aux élections législatives !
Vive la Cinquième République !
Réforme Macron des institutions (6) : le mystérieux rapport sur le scrutin proportionnel.
Réforme Macron des institutions (5) : l’impossible principe de proportionnalité démographique de la représentation démocratique.
Réforme Macron des institutions (4) : la totalité du projet gouvernemental.
Réforme Macron des institutions (3) : réduire le Parlement ?
Réforme Macron des institutions (2) : le projet de loi constitutionnelle.
Réforme Macron des institutions (1) : les grandes lignes.
Non à la suppression des professions de foi !
Le vote obligatoire.
Le vote électronique.
Démocratie participative.

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21 réactions à cet article    


  • Zaza Zaza 4 janvier 11:06

    Les riches sont une minorité, les « droits de l’homme » sont les droits de la propriété de la minorité dominante comme disait Marx.

     

    Mon facteur m’explique qu’il y a de plus en plus de la minorité chérie de celui qui n’aime pas les blonds, des barbus sans moustache au regard de fou et des « bâchées ». Ils vont déménager à Villeneuve (Grenoble), un quartier d’autres chéris de Mélenchon, les dealers.


    • Durand Durand 4 janvier 11:12

      .

      « Mais le sujet du référendum doit être concret, il doit concerner le pouvoir d’achat ou la transition énergétique, et tout ce qui peut être associé de près ou de loin à ces deux sujets qui furent les déclencheurs de la crise. »

      Comme d’habitude, l’auteur ne regarde que par le petit bout de la lorgnette... Car il existe un déclencheur premier à cette crise, beaucoup plus concret que la transition énergétique ou le pouvoir d’achat qui eux, n’ont servi que de catalyseurs opportunistes a une explosion dont la charge principale est d’une toute autre nature...

      . On ne peut pas changer de peuple... Ceux qui veulent la paix sociale doivent en accepter toutes ses composantes naturelles, qu’elles soient marxisantes, fascistoïdes, d’extrême centre ou anarchistes... Ces tendances ont existé et existent toujours en proportion plus ou moins constante au sein de tous les peuples, y compris les plus primitifs et si elles se sont perpétuées, c’est que chacune d’entre elles a été et est encore, à tour de rôle et au gré de l’Histoire, la condition de leur survie. C’est pourquoi il faut se concentrer sur l’intérêt général, c’est à dire sur ce qui représente un intérêt pour la satisfaction de tous, à commencer par le droit d’expression.

      Mais le cadre politique actuel est pervert car s’il n’empêche pas réellement l’expression de chacune de ses tendances, il n’existe plus de mécanisme permettant que cette expression soit suivie d’effet concret et cela conduit à la frustration, puis à la colère et enfin à la radicalisation et à la division, pour le plus grand bonheur de nos gouvernants actuels.

      Dans le cadre de la Cinquième République, ce sont nos représentants réunis en Congrès à Versailles en 2007 qui se sont interdits eux-mêmes de nous représenter. En effet, en acceptant les modifications constitutionnelles permettant la ratification du traité de Lisbonne, ils ont accepté de se placer sous l’autorité juridique communautaire qu’ils sont désormais tenus de servir, au détriment de leur fonction première qui est de représenter et de servir ceux qui les ont élus.

      On peut toujours disserter sur le fait que ni la Constitution, ni le peuple français ne leur donnaient mandat pour pervertir ainsi leur fonction mais l’urgence de l’heure n’est pas au jugement mais au rétablissement de la représentativité parlementaire de chacune des composantes de la Nation. En ce sens, la sortie de l’UE se confond exactement avec l’intérêt général car c’est la seule clef de la prison commune dans laquelle, sans y prendre garde, se sont laissés enfermer TOUS les Français.

      Un référendum n’aurait donc de portée intéressante que s’il permettait de réformer la cause principale du mécontentement général et non-pas des sujets sur lesquels les Français n’ont plus la main depuis les traités de Maastricht et de Lisbonne.

      .


      • Raymond75 4 janvier 11:24

        Je vous cite : Un référendum qui aurait pour résultat trois « oui » et quatre « non » serait difficilement interprétable comme un camouflet pour le Président de la République.

        Merci de confirmer ainsi qu’un referendum n’est pour vous, comme pour la majorité de la population, qu’un prétexte pour infliger un camouflet au président de la république. Déjà Mélenchon, le révolutionnaire sexagénaire de salon, veut que les élections européennes ne traitent pas de l’Union Européenne, mais soient elles aussi un camouflet pour le président de la république ...

        La France a la politique qu’elle mérite. Répondre par oui ou non à des questions précises est indigne de ce peuple.


        • Durand Durand 4 janvier 11:55

          @Raymond75

          .

          « La France à la politique qu’elle mérite. »

          .

          La France a-t’elle mérité la forfaiture et la trahison du TCE/Lisbonne mise en œuvre par l’ensemble de ses représentants parlementaires ?

          .


        • Traroth Traroth 4 janvier 16:12

          @Raymond75

          Si vous avez de la chance, peu-être serez-vous un jour sexagénaire, vous aussi...

          Quand un référendum est proposé par une personnalité controversé, il est inévitable que la controverse en question déteigne sur ledit référendum. C’est l’un des intérêts du RIC.


        • Christian Labrune Christian Labrune 4 janvier 12:13

          L’idée serait de faire preuve d’habileté politique et de reprendre l’initiative après la « séquence » des gilets jaunes (qui est loin d’être achevée).

          =========================

          En guise d’habileté, on peut déjà s’attendre à la prochaine bourde d’un Président de la République aveugle et sourd - probablement par excès d’intelligence !-, lequel n’aura jamais raté jusqu’ici la moindre occasion de se ridiculiser de la manière la plus odieuse.

          En 69, De Gaulle après son référendum très mal ficelé (de l’aveu même de ses proches) sur la question de la régionalisation, se jugeant désavoué, quitte immédiatement le pouvoir. Personne n’aurait pu dire que le bonhomme était un rigolo sans expérience : il avait fait ses preuves. Mais on ne gouverne pas contre le peuple et il l’avait déjà dit : ce n’était pas à soixante-cinq ans qu’il allait commencer « une carrière de dictateur ». Macron, après ce qu’on a vu ces derniers mois, aurait dû immédiatement se retirer, mais il n’était évidemment jamais entré dans les intentions des pouvoirs économiques européens qui l’avaient imposé de le laisser gouverner dans l’intérêt de la nation française. On ne l’avait mis là que pour achever de la dissoudre et de la détruire dans un je-ne-sais-quoi européen propre à aspirer pour les plus heureux les richesses produites par les plus pauvres, ceux « qui ne sont rien ». Tel était le job qu’on lui avait confié, et il faudra qu’il fasse jusqu’au bout son sale boulot d’exécutant.

          Je pense aussi que le recours au référendum, à la multiplication des consultations populaires sur des questions très spécifiques, ne peut mener à rien. Le recours à l’informatique, en revanche (et ça m’étonne un peu que cette idée ait pu germer dans la tête fêlée de la Madone du Poitou), serait un outil de travail des plus intéressants si le sondage d’opinion cessait d’être l’apanage de quelques officines pour devenir une institution d’état scrupuleusement contrôlée par les assemblées. On pourrait savoir au jour le jour, sans que cela coûte bien cher, et avec la plus grande précision, ce que pensent les Français sur une multitude de questions. On serait à même d’évaluer avec précision l’écart inévitable entre les aspirations exprimées et les mesures qui sont prises. Il va de soi que si le peuple exige le beurre et l’argent du beurre, on ne pourra guère le satisfaire, mais s’il n’accepte pas, par exemple, la multiplication des taxes et l’utilisation du délire écologiste comme moyen de chantage, il faudra renoncer immédiatement à ces sortes d’expédients. Quand le référendum de 2005 fait apparaître une grande hostilité à la dictature européenne, il est déjà un peu tard : la machine à détruire les nations est déjà lancée à pleine vitesse, et donc on n’en tiendra pas compte. Le beau résultat, c’est que ce déni de démocratie par les partis dits « de gouvernement » les plus attachés en principe aux valeurs démocratiques nous aura conduits un peu partout en Europe à la fin de la démocratie. Merkel ne l’aura certes pas voulu, mais l’histoire retiendra que c’est sa politique inepte de ces dernières années qui aura permis à plus de 90 députés pas très démocrates et même quelque peu nostalgiques des fascismes d’entrer au Bundestag. La même situation nous pend au nez dans une France où les vieux partis étant détruits et désormais inaudibles, il ne reste plus qu’une extrême gauche-droite vouée au pire.


          • Emohtaryp Emohtaryp 4 janvier 13:52

            @Christian Labrune

            Vos pavés sont juste illisibles, mettez au moins des marges entre les paragraphes....

            PS Vous croyez toujours être seul dans l’univers ? vous pensez que notre planète n’est pas « visitée » depuis des millénaires ?? smiley Évoluez ! Labrune, évoluez un peu.....ouvrez les yeux....ah ah ah !!!


          • Emohtaryp Emohtaryp 4 janvier 13:42

            Dites donc Rakoto, vous venez nous parler de référendum et tout et tout mais sans jamais aborder le RÉFÉRENDUM SUR LE TCE EN 2005 piétiné par des actes de HAUTE TRAHISON successivement par le triumvirat sarkosy/hollande/macron.....

            Et donc une politique UE néolibérale que l’on applique au pays alors que 55 % des Français ont refusé catégoriquement et sans appel, combien de temps encore va durer cette FORFAITURE ???

            QU’AVEZ VOUS À RÉPONDRE À CELA ??????????????


            • ledo 4 janvier 21:02

              @Emohtaryp
              Lui ne te répondra pas , mais les 55% de Français qui ont voté non au referendum , ne voteront jamais pour la vieille baderne Asselinesque . T’as compris ou t’as du caca à la place du cerveau ???


            • Esprit Critique 4 janvier 17:09

              L’ISF était une connerie, un impôt injuste pour quelques-uns, déclaratif , objet de fraudes systémiques...

              Il fallait le supprimer totalement mais compenser ses recettes par une augmentations d’autres impôts touchant les très riches, comme la ministre du travail qui a vu ses impôts allégés de 60 000 € par an.

              Le summum de la saloperie c’est de le remplacer par des taxes sur les carburants payées majoritairement par des smicards pour aller bosser, et comble de la crapulerie raconter aux gilets jaunes que ç’est pour le bien de la planète.

              Oui Macron a dépassé les bornes du foutage de gueule il doit dégager.


              • Durand Durand 4 janvier 21:22

                @Esprit Critique

                .

                YES !

                .


              • math math 5 janvier 07:11

                « chie-mère et six-reines »..les WC du château sont bouchés... 


                • zygzornifle zygzornifle 5 janvier 09:40

                  Attention aux sirènes ?

                  En ce moment on les entends avec les gilets jaunes , celle des flics qui vont a la castagne et celle des secours qui vont ramasser les victimes des violence Macronienne ....



                    • Crab2 5 janvier 10:53

                      Charlie Hebdo publie ce samedi un numéro commémoratif : " Vous êtes encore là ? ", et dresse le portrait sombre d’une société française " anti-Lumières ".
                      suite  :

                      https://laicite-moderne.blogspot.com/2019/01/charlie-hebdo-samedi-5-janvier-2019.html



                      • Crab2 5 janvier 10:54

                        Charlie Hebdo publie ce samedi un numéro commémoratif : " Vous êtes encore là ? ", et dresse le portrait sombre d’une société française " anti-Lumières ".
                        suite  :

                        https://laicite-moderne.blogspot.com/2019/01/charlie-hebdo-samedi-5-janvier-2019.html



                        • Jean Keim Jean Keim 5 janvier 12:16

                          Que signifie fondamentalement les idées que vous exprimez dans votre article, pourquoi vos idées, et plus généralement les idées, ne sont-elles partagées que par certains, voire carrément rejetées et/ ou combattues ? Pourquoi avons-nous des idées, d’où viennent-elles, par quel tour de passe-passe sommes-nous capables de les exprimer à nouveau ? Pourquoi nous accrochons-nous à elles ? Percevons-nous que tout le monde en fait autant, chacun avec ses propres idées ?

                          Alors ce questionnement fait avec sincérité amène inévitablement d’autres questions : pourquoi une idée aurait-elle la prééminence sur les autres, également est-ce faire preuve de bon sens que de diriger sa vie avec des idées ?

                          Tous les responsables politiques, quelles que soient leurs motivations altruistes ou personnelles, quels que soient les intérêts qu’ils servent, (ré)agissent en fonction du parcours qui a engrammé dans leur cerveau une somme de connaissances dont ils ne mesurent pas les répercutions, ainsi ils auront toujours un temps de retard avec la réalité ; agir en espérant gagner l’approbation, une auréole, ou encore dans le but d’obtenir un profit est le même mouvement, il générera toujours des réactions de violence, l’actualité et l’Histoire le démontrent avec une grande évidence.

                          Un homme sain d’esprit peut-il être jamais un homme d’idées ?


                          • Gollum Gollum 5 janvier 12:29

                            @Jean Keim

                            Pourquoi avez-vous des idées consistant à dévaluer toutes les idées ?

                            Et si toutes les idées doivent être dévaluées les vôtres seront en première ligne. smiley

                            pourquoi une idée aurait-elle la prééminence sur les autres

                            Parce qu’elle serait meilleure que sa voisine ? smiley

                            Si par exemple je veux puiser de l’eau à une rivière et que j’utilise une casserole percée parce que l’idée m’en est venue et que mon voisin utilise une casserole non percée parce qu’il est plus intelligent que moi lui aura de l’eau et moi pas.. 

                            Z’avez compris à quoi ça sert les idées ? smiley

                            Donc votre idée, complètement idiote, comme quoi toutes les idées se valent et sont toxiques, est une très mauvaise idée. Et elle finira dans l’oubli le plus total.

                            D’ailleurs depuis le temps que vous prêchez ici dans le désert sans fécondité aucune vous devriez le savoir. smiley

                            Allez, sans rancune. smiley Peace & love. smiley


                          • Jean Keim Jean Keim 5 janvier 14:39

                            @Gollum

                            Bon j’ai essayé maintes tentatives... mais seulement vous ne comprenez pas grand chose, trop d’idées dans la tête peut-être et aussi sûrement vous ne lisez pas le contenu d’un texte mais vous écoutez avant tout votre bruit mental c’est-à-dire vos a priori toujours au premier plan de votre esprit, occupé sans cesse à courir après des références tirées de vos mémoires qui sont richement meublées de symboles et d’émoticônes, tout autant inutiles que puérils.

                            Apparemment vous ne savez pas faire la distinction entre le pragmatisme – comment planter des choux, et l’abstraction, là je vous laisse trouver un exemple tant vous en êtes abondamment pourvu.


                          • Gollum Gollum 5 janvier 14:52

                            @Jean Keim

                            Trop d’idées dans la tête ? C’est mieux que de ne pas en avoir du tout ou des mauvaises..

                            Si j’abuse des émoticônes vous concernant c’est que l’infantilisme de votre « pensée » m’y incite. 

                            Car franchement c’est d’une débilité sans nom.

                            Bon alors vous voulez faire une distinction entre le pragmatisme qui serait recevable et l’abstraction qui ne le serait pas. smiley

                            Bien évidemment que l’on pourrait trouver maints exemples de pensée abstraite tout à fait féconde autant que le pragmatisme.

                            Quant à vos à priori à vous, tirés d’une incapacité à comprendre correctement Krishnamurti, tout le monde les constate ici. D’ailleurs vous ne dialoguez avec personne ici, tellement vous radotez toujours les mêmes sempiternelles billevesées, du haut de votre sagesse..

                            C’est vous qui déblatérez en boucle une « pensée » d’une indigence rare. Je comprends donc que vous voudriez que tout le monde soit comme vous incapable d’originalité et donc d’esprit.


                          • jean némard 6 janvier 17:41

                            je préfère la définition de la démocratie de étienne chouard que celle de Albert camus qui est bien trop restrictive. 

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