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Accueil du site > Actualités > Politique > Je ne sais pas assez d’anglais pour bien vivre en France

Je ne sais pas assez d’anglais pour bien vivre en France

Je suis obligé fréquemment de faire traduire par google translate des mots anglais que je ne connais pas et que je rencontre au milieu du français. J’en entends beaucoup sur les radios de service public. Il arrive assez souvent que les présentateurs traduisent eux-mêmes le mot anglais qu’ils disent. Ils font comme des professeurs d’anglais, ils sentent que c’est un mot nouveau et qu’ils doivent nous en donner le sens, ils nous l’apprennent pour les prochaines fois. En tant que représentant d’un service public, ils ne devraient pas créer la substitution de mots anglais à des mots français.

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Photo Karine Sasportes (Bastia)

Quand je fais remarquer ça, je reçois des réponses me signifiant que les langues évoluent, comme si je ne le savais pas ! Freiner une évolution négative a un intérêt. S’y soumettre, y voyant une liberté, m’étonne beaucoup.

Sans les conservatoires de musique dans les grandes villes des pays développés, on aurait perdu de longue date Mozart, Bach, Wagner, Verdi… on aurait perdu l’opéra…etc. Bien des musiciens de variété, de jazz, rock… et d’autres formes modernes ont débuté dans un conservatoire. Ça ne les a pas rendus conservateurs. Conserver n’implique pas une passion pour la conservation, encore moins un refus de l’évolution.

C’est ce bloc idéologique, tel que je viens de le décrire qu’il faudrait casser.

Noter ce prestige de l’anglais (de l’américain en fait) comme excessif puisque l’anglais a le pouvoir de dire à des mots français : « Pousse-toi de là que je m’y mette ! » me fait passer pour un vieux schnock, tandis que l’envahissement se perpétue dans une ambiance festive, à prétention révolutionnaire.

 

La langue est notre outil commun et nous devrions en prendre soin. L’intrusion de mots anglais sans plus-value, à la place de mots français, n’est pas une évolution de la langue française : l’arrivée de l’adverbe « possiblement » est une évolution de la langue française. Et si on veut à toute force la prendre pour une évolution, ce n’est pas une évolution enviable.

Critique de ce moment de radio : https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-du-week-end/l-invite-du-week-end-du-dimanche-20-fevrier-2022

Les animateurs et l'invitée se fichent de la gueule d'Antoine Compagnon, d'une façon indigne. Leur grille est que l'évolution est un progrès et qu'on ne peut que l'accueillir et l'anticiper. Julie Neveu répète que l'académie parle de slogans et non de conversations, la conversation n'aurait pas changé et ne serait pas envahi de mots et de syntaxe anglaises ! Mon expérience dit le contraire. Pour elle, la langue française serait particulièrement forte et vivante parce qu’elle saurait « absorber » des mots étrangers. Elle ne parle pas de ce qui se passe, elle nie ce qui se passe : il ne s’agit pas du tout d’absorption mais de substitution.

Le ton condescendant, ironique, riant pendant qu'Antoine Compagnon parle, n'est pas acceptable, sauf à vouloir vaincre par tous les moyens, y compris en blessant. Et là, si la règle est celle-là, montrée dans ce passage, on n’est pas dans l’information, ni dans le débat, on est dans la guerre : faire taire en blessant.

Je demande un droit de réponse. Cet amour de la substitution de mots anglais à des mots français, montre que le français ne sait plus dire ces choses, ou que l'on n'a plus confiance dans le fait qu'il sait dire ces choses, c'est une haine de soi, un amour du plus fort (les USA), une soumission à l'Empire, enthousiaste et qui hait la résistance. Comment l'Université (Julie Neveu) relaie-t-elle et développe-t-elle cela, dégradant la relation à ceux qui s'y opposent par une tonalité de mépris et de moqueries ? Comment Radio-France s'allie avec cette université pour s'en faire l'écho, surtout sous couvert d'une pluralité des points de vue, qui n'est qu'un guet-apens, une embuscade, rusée et pas honnête ? Julie Neveu demande à Compagnon : « Vous voulez défendre la langue française ou la laisser évoluer ?… » Toujours cette même binarité trompeuse. D’autre part, s’il s’agit de la « laisser évoluer », il n’y a pas besoin de Julie Neveu, la France fera des économies.

 

Je ne sais pas ce qu'est un heube, que j'entends. Centre.

Je suis allé faire traduire « deadname ».

Je trouve une pub pour un produit qui aide à dormir. Ce produit s'appelle dodow, c'est une imitation de l'anglais, non ?

Des jeunes femmes récupèrent des soutien-gorge, c'est une action écologique. Cette activité a un nom. Vous pensez que la langue française a inventé un nouveau nom pour cette nouvelle chose. Bien sûr que non. Le français est moche et sans intérêt. C'est donc un mot anglais : upcycling, c'est-à-dire recyclage. Une télé de service publique nous apprend à dire des mots anglais là où il y a un mot français. Elle nous apprend, à cette occasion, le prestige de l'anglais et la vanité du français.

Je trouve dans un mail, un « catering ». Je ne sais pas ce que c'est. Renseignement pris, il s'agit d'un buffet. Quelqu’un m’explique que ce n’est pas vraiment un buffet, mais un grignotage, un en-cas, genre cacahuètes, chips d’apéritif, quelques boissons, et que c’est un mot lié aux plateaux de tournage. Ces explications signifient que je suis un âne. Je ne vois toujours pas la nécessité d’un mot anglais. « En-cas » va très bien.

Même quand il y a une légère différence de sens, que les partisans de l’anglais dans le français m’explique, je ne vois pas pourquoi un mot français nouveau ou ancien n’aurait pas pu prendre en charge cette différence.

J'entends down town à la radio, je suis obligé d'aller consulter un dictionnaire, cela veut dire centre-ville.

Si je dois aller dans le dictionnaire bilingue, c'est que le français devient une langue étrangère pour moi. Je ne vois pas d'intérêt à se soumettre à la domination américaine, je pense que résister est une valeur. Ceux qui m’opposent mon ringardisme à vouloir contrer un peu cette substitution sont globalement pour ne pas se laisser faire, sont globalement contre le libéralisme et renversent leurs positions philosophiques sur ce sujet. C’est quand même curieux.

Mon modèle pourrait être dans la pharmacie. Il y a un grand nombre de médicaments, et un grand nombre de nouveaux médicaments. Ils ont des noms qui sonnent assez bien français, qui sont assez bien articulés par ce qu'ils contiennent et l'étymologie des mots français... On devrait faire cela pour tout et dire aux Amerloques qu'on les emmerd... au lieu de dire, ben c'est comme ça, toutes les langues évoluent, allez-y, mettez les pieds sur la table… prenez ce qui vous tombe sous la main, jetez le par la fenêtre et mettez des objets qui vous plaisent à la place, débauchez les mots français, embauchez des mots anglais, vous êtes nos patrons, allez-y. On adore, on accélère, on vous aide, on attend qu’il n’en reste plus…

Le meilleur, le pire plutôt pour la fin : une pub Ricard : Ricard born à Marseille ! Born sous le sun…


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71 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 15 juillet 08:19
    Le véritable exil n’est pas d’être arraché de son pays ; c’est d’y vivre et de n’y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer.
    Edgard Quinet

    • capobianco 17 juillet 13:31

      @zygzornifle
      C’est bien vrai ! En fait « le grand remplacement » si redouté par l’extrême droite est bien avancé que ce soit dans les mots anglais de tous les jours et dans nos « valeurs » avec les mac, do, burguer king, où les hamburgers ont remplacé nos traditions avec la fabrique d’obèses. Il suffit de regarder les enseignes des magasins, des pubs des plages d’été, bref la plupart des commerces ont américanisé notre pays. Mais cela convient bien au publique de lepen et zemour.


    • Xenozoid Xenozoid 17 juillet 13:37

      @capobianco

      ils nous vendrons les cordes qui nous pendrons.

      petit changement d’une citation


    • HELIOS HELIOS 18 juillet 11:10

      @capobianco
      en français on dit : « au publIC de ... » et non pas « au publiQUE de...
      Mais bon en anglais on aurait peut être parlé »d’audience"... sauf que le commentaire sur Le Pen ou Zemmour est plutôt décalé. C’est de l’humour ?


    • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 08:26

      Vous risquez c’être déçu durablement : la colonisation n’est pas terminée.

      Hollywood a été plus efficace que le chewing-gum, mais moins que Twitter, Amazon Uber et le smartphone.

      Et le Young Leader qui nous mage est up-to-date en la matière.


      • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 08:28

        @Séraphin Lampion

        corr : le Young Leader qui nous manage.



      • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 09:04

        @chantecler

        merci


      • amiaplacidus amiaplacidus 15 juillet 17:03

        @Séraphin Lampion
        Vous ne vouliez pas dire : le Young Leader qui nous mange ?


      • ZXSpect ZXSpect 15 juillet 08:55

        .

        Je partage l’avis de l’auteur sur « L’intrusion de mots anglais sans plus-value, à la place de mots français,… », mais n’oublions pas que plus d’un tiers du vocabulaire anglais actuel est d’origine française.

        .

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Influence_du_fran%C3%A7ais_sur_l%27anglais

        .

        https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/anthony-lacoudre-le-francais-a-litteralement-envahi-la-langue-anglaise-20190915

        .

        https://sites-formations.univ-rennes2.fr/lea-cfttr/veille/2013/10/29/linfluence-de-la-langue-francaise-sur-la-langue-anglaise/

        .

        et le « manager » en entreprise, qui se croit supérieur en jargonnant en anglais, serait surpris de découvrir que « manager » est passé du vieux français « mesnager » par l’italien maneggiare (de mano et manus en latin… entraîner un cheval en le dirigeant avec la main) pour rejoindre en français « manège » puis ménager et ménagère qui dirige la maison.

        .

        https://www.eveprogramme.com/2048/histoire-de-mots-quand-le-manager-et-la-menagere-font-affaire/


        • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 09:28

          @ZXSpect

          « plus d’un tiers du vocabulaire anglais actuel est d’origine française. »

          Les mêmes causes produisent les mêmes effets : la langue du conquérant s’impose, comme le latin s’est imposé dans des contrées germano-celtiques annexées à l’empire romain.

          Pour l ‘Angleterre, le conquérant s’appelait Guillaume et, pour être normand, il n’en était pas moins francophone. Cet épisode de l’histoire a laissé des traces outre-manche où la cour parlait français et la population autochtone parlait une langue de la famille germanique proche du flamand actuel dans les régions conquises par les Angles et les Saxons, des idiomes gaëliques en Ecosse, au Pays de Galles et en Cornouailles, C’est le brassage des trois qui a donné l’anglais.

          La devise nationale (« honni soit qui mal y pense ») est francophone parce que le roi qui est supposé l’avoir prononcée parlait français, et les animaux portent des noms différents selon qu’ils sont dans le pré des paysans (ox, sheep, pig), ou dans l’assiette des courtisans (beef, mutton, pork).

          L’espagnol a connu le même sort en Californie : de langue dominante, il est devenu un héritage culturel rural et toponymique.

          Le summum actuel est atteint dans les sabirs parlés pat les peuples récemment colonisés dont la langue véhiculaire est un bricolage d’éléments hétéroclites. Il suffit d’aller dans un bistrot à Algerou à Barbès pour le constater.


        • Seth 16 juillet 12:37

          @Séraphin Lampion

          Pour s’en convaincre, il suffit de lire Jane Austen dans le texte, on est « choqué » par l’utilisation systématique de mots français (continue au lieu de go on, etc...) mais aussi de tournures grammaticales françaises. C’est étonnant.
          Elle est très facile à lire pour un Français qui a un anglais moyen.


        • Seth 16 juillet 13:14

          @Seth

          Avec un peu d’imagination vous pourrez facilement traduire « verdigris »... smiley


        • Lynwec 15 juillet 09:24

          Quand les mots d’origine étrangère s’intègrent naturellement,au fil du temps, dans notre langue, il n’y a aucun problème .

          Ici, ce n’est pas du tout le cas . C’est une volonté délibérée d’imposer des mots (et pas de tous les pays, houlala, vous ne verrez pas un mot russe par exemple^^, juste les anglicismes...) en lieu et place du vocabulaire français existant . Que les initiateurs antifrançais le fassent est une chose, après tout, ils sont corrompus dans ce but... Que les Français eux-même s’y adonnent parce que ça donne un genre, c’est d’une débilité consternante ... 

          La citation attribuée à De Gaulle (Les Français sont des veaux...) est de plus en plus confirmée.


          • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 09:37

            @Lynwec

            « Bistrot » est un mot russe déformé ( быстро ) qui signifie « vite »., et ça remonte à remonterait à 1814, pendant l’occupation de Paris par les soldats de la cavalerie de l’armée russe du tsar Alexandre Ier, qui avaient l’habitude de criaient « быстро, быстро » dans les bars parisiens pour demander qu’on leur serve rapidement à boire. Il est vrai que cet épisode est souvent occulté, ce qui ne rend pas service à l’étymologie.

            Il est vrai aussi que, contrairement à l’armée américaine, l’armée russe ne nous a pas rendu visite depuis.


          • Seth 16 juillet 12:39

            @Lynwec

            Ca va avec les discours de l’UE (von der pfizer pour ne pas la citer entre autres) en Anglais alors que plus aucun pays n’y parle cette langue depuis le Brexit.
            C’est ahurissant.


          • Clocel Clocel 15 juillet 09:25

            Anglais... Anglais...

            Combien « d’anglais » seraient encore capables de lire Shakespeare dans la langue de l’auteur ?

            Combien de « français » seraient encore capables de lire Chateaubriand sans difficultés ?

            Ne parlons même pas de Montaigne ou de Rabelais si percutants et fleuris à lire dans la langue où ils écrivaient...

            Il n’existe pas de langue assez puissante pour digérer toutes les autres.

            Le danger, ce sont ces mots qui disparaissent de notre vocabulaire car nous ne les utilisons plus ou parce qu’ils ont été dévoyé...

            Je me souviens du mot « Pin’s », le temps que l’académie de gérontes lui trouve un équivalent bien français « épinglette », l’objet avait disparu du vocabulaire.

            Je regrette le temps des Boudard, Audiard, San-Antonio qui faisaient rayonner la langue de la rue.

            Les bistrots étaient bien plus puissants à forger le langage qu’un aréopage de presque séniles qui ne sont jamais descendus assez bas dans la société pour la bien comprendre, d’où cet acharnement à les réduire et les faire disparaître... (Les bistrots, pas les académiciens, hélas...)

            Pensez, des lieux ou la plèbe se réunit, festoie et se parle...


            • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 09:42

              @Clocel

              Et aucun Français ne serait capable lire Chrétien de Troyes, même pas les profs de fac d’ancien français qui s’arrachent le chignon pour imposer leur version et se complaisent à torturer les étudiants en leur assénant des hypothèses qu’ils prétendent être la seule vérité vraie.


            • Clocel Clocel 15 juillet 09:47

              @Séraphin Lampion

              C’est pourtant pas de l’hébreux, cette langue magique qui s’adapte au desiderata du lecteur et peut produire les pires divagations !? smiley


            • Clocel Clocel 15 juillet 09:49

              @Clocel

              Hébreu...


            • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 10:07

              @Clocel

              Essaie de « traduire » la page de gauche sans regarde la page de droite.


            • amiaplacidus amiaplacidus 15 juillet 17:05

              @Clocel

              Vous savez, les Anglais amoureux de leur langue sont catastrophés des dégâts que le globish lui fait subir.


            • Seth 16 juillet 12:44

              @Clocel

              A condition de ne pas être complètement profane, Rabelais est lisible. Montaigne aussi.
              Pour Chrétien de Troyes cité plus bas, c’est moins évident. Je me le suis tapé en fac, ça n’est pas très facile. Shakespeare (methinks et praythee) serait plus lisible en prenant son temps mais sur scène...


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 juillet 13:02

              @Seth
              Perso la connaissance (un peu et a l’oral ) du picard m’aide pour lire le vieux François .


            • Cyrus 6russe2sioux 16 juillet 13:41

              @Aita Pea Pea

              Et c’ est la carte des teril et des coron qui te permet d’ afirmer que l’ eté tombe en meme temps dans les deux hemisphere smiley


            • nanobis 15 juillet 09:28

              Une petite question :

              Est ce que la loi Toubon a été abrogée ?


              • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 09:48

                @nanobis

                La loi Allgood ? Késako ?


              • nanobis 15 juillet 11:43

                @Séraphin Lampion
                Allons, C’est une loi promulguée il y a quelques années pour protéger la langue français. Google devrait donner les détails


              • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 16:26

                @nanobis

                Le second degré c’est comme le Wifi, certains le captent très mal.


              • xana 15 juillet 09:31

                Bof... L’anglais a été la langue de la puissance dominante à la fin du siècle dernier. Les obséquieux l’ont adopté par servilité.

                Bientôt ce sera le russe et sans doute le chinois (du Sud ou du nord ?) qui seront à la mode.

                De toutes façons ce ne sera plus une langue européenne. L’Europe va bientôt rejoindre les pays du tiers monde...


                • Clocel Clocel 15 juillet 09:42

                  @xana

                  L’anglais, c’est la langue du business, le français a été longtemps la langue des diplomates et des Cours, les chinois et les russes feront comme les copains, ils utiliseront l’anglais, c’est une langue qui ne donne pas de migraines pour en maîtriser les rudiments...

                  Autre utilité, c’est une langue qui « s’aboie » facilement sur les champs de bataille, contrairement au français où l’impératif n’est pas très utilisé.


                • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 09:45

                  @xana

                  Le Russe est une langue slave européenne, contrairement au finnois, au magyar et au basque dont on ne connait pas bien les origines.


                • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 09:47

                  @Clocel

                  Là, tu parles du globish, pas de l’anglais.


                • Clocel Clocel 15 juillet 09:54

                  @Séraphin Lampion

                  Si tu veux nuancer ton propos avec le globish tu es vite dans la misère.


                • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 10:09

                  @Clocel

                  Les banquiers ne s’embarrassent pas de nuances !

                  Ça leur suffit.



                • amiaplacidus amiaplacidus 15 juillet 17:18

                  @xana
                  « Le Chinois du sud ou du nord ? ».

                  Il n’y a pas de langue chinoise, en fait, on parle au minimum une dizaine de langues importantes en Chine, parmi elles, le mandarin et le cantonnais.

                  Une version standardisée du mandarin s’est dégagée, mais c’est uniquement une langue véhiculaire, pas connue d’une bonne partie des Chinois et qui n’est pas parlée journellement par une majorité de Chinois.

                  C’est d’ailleurs la raison principale qui fait que les Chinois veulent garder une écriture idéographique (qui est commune à tous les Chinois) : des gens qui ne se comprennent pas oralement peuvent se comprendre par écrit.


                • xana 16 juillet 12:16

                  @Clocel
                  Oui, mais là tu ne parles que du passé, quand l’Anglais était la langue des vainqueurs.
                  Moi je parle de demain, quand la Russie aura relégué les USA au rang d’une puissance régionale grevée de problèmes internes et d’une monnaie complètement dépréciée.
                  Je parle de demain, quand la tranquille protection des Russes aura établi une multipolarité réelle, quand la puissance économique chinoise aura des ramifications dans le monde entier.
                  Alors, la langue du business, ce ne sera plus l’anglais. Et il faudra apprendre la langue des vainqueurs pour pouvoir essayer de leur parler.

                  Et ne te raconte pas de sottises à propos de migraines : Le plus con des Chinois parle chinois sans maux de tête. Les Occidentaux vont devoir apprendre, que ça leur plaise ou non...


                • Seth 16 juillet 12:46

                  @Séraphin Lampion

                  Le finnois et le magyar sont de la famille finno-ougrienne.
                  pour le basque, mystère...


                • placide21 15 juillet 09:40

                  Nous parlons la langue de notre colonisateur ,comme les africains et asiatiques ont parlé la notre.


                  • cevennevive cevennevive 15 juillet 10:19

                    Et l’argot ? Il tend à disparaître, pourtant il est si imagé :

                    « Quand ma bergère a ses ours, ça me fait aller au renard »...

                    Traduisez.

                    L’argot est bien français. Ne comprennent que ceux qui s’y intéressent.

                    Mais le globish mâtiné d’anglais est insupportable. Il est pratiqué par des gens que je n’aime pas du tout. Des prétentieux, des amoureux du rap, des sans cervelle.

                    Même les publicités pour des produits français comportent des mots anglais ! c’est un comble !

                    Et le « no kill » inscrit sur les cartes des pêcheurs ! Nos vieux en rigolent, moi cela m’indigne...


                    • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 10:33

                      @cevennevive

                      9a me rappelle l’histoire de l’institutrice qui demandait ce que mangeaient les ours. Un élève avait répondu :

                      • des oignons !
                      • pourquoi dis-tu ça, avait demandé la maîtresse
                      • -parce que l’autre jour, j’ai entendu ma mère qui disait à mon père : « bouffe-moi l’oignon avant que les ours arrivent ! »

                      Intraduisible !


                    • cevennevive cevennevive 15 juillet 10:38

                      @Séraphin Lampion, bonjour !

                      Toujours l’anecdote qui me fait rire ! Merci ! Les articles sont si tristes la plupart du temps sur Avox...

                      L’argot m’amuse fort. Il me rappelle les vieux films français de ma jeunesse, lorsque nous allions au cinéma itinérant, sous la treille, l’été.

                      j’ai d’ailleurs le dictionnaire argot/français et lorsque j’ai un coup de blues, je m’y plonge...

                      Mais vos reparties, m’amusent autant...


                    • Orélien Péréol Orélien Péréol 15 juillet 10:52

                      @cevennevive
                      Mon hypothèse est que la langue et ses évolutions dépendent des médias, radio, télés. C’est pour ça que l’argot disparait. Bien des nouveautés arrivent du rap et des banlieues, et non d’organismes de diffusion...
                      Un des sens de mon article est que les organismes d’Etat, principalement l’école et les radios de service public, devraient avoir un rôle de conservatoire. (j’écris fréquemment à la modératrice de Radio France)


                    • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 11:06

                      @Orélien Péréol

                      Les langues n’ont pas attendu la télé et la radio pour évoluer. Même sans « apports » extérieurs dus le plus souvent à des guerres et des conquêtes, les lagunes évoluent avec la technologie et les brassages internes.

                      Je suis toujours surpris de constater que les accents régionaux disparaissent à la vitesse grand V pour céder la place au parisien. Ma télé n’est pas seule en cause : la centralisation administrative et les mouvements de populations le sont tout autant.

                      César était agacé par l’accent pointu du Lyonnais M. Brun ; aujourd’hui, il serait catastrophé. Et que dire du langage écrit SMS ?


                    • Orélien Péréol Orélien Péréol 15 juillet 12:15

                      @Séraphin Lampion
                      Vous écrivez : « Les langues n’ont pas attendu la télé et la radio pour évoluer. »
                      Je ne sais pas pourquoi vous écrivez cela.
                      Je dis que radio et télévision ont une force dans la forme de la langue qui dépasse la force des francophones au quotidien.
                      Mon article s’adresse au service public qui devrait prendre en charge une certaine conservation, qui devrait être un frein à certaines évolutions négatives.
                      L’intrusion de mots anglais en substitution de mots français est une évolution négative (si on la poursuit, les Français parleront anglais).
                      J’ai écrit sur l’emploi exclusif du présent à la radio :
                      https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/individus-au-present-de-l-235177


                    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 15 juillet 12:22

                      @Séraphin Lampion
                       
                       « Les langues évoluent dans le sens de la paresse. » Daniel Pennac

                       En Orope c’est le cas, malorosement.


                    • Pauline pas Bismutée 15 juillet 16:03

                      @cevennevive

                      Ca me rappelle un bouquin d’argot, une parodie de la méthode « Assimil », ca s’appelait « la méthode a Mimile » smiley


                    • Xenozoid Xenozoid 15 juillet 16:05

                      @Pauline pas Bismutée

                      un film aussi qui s’appelle le thé au harem d’archimed



                    • Pauline pas Bismutée 15 juillet 16:13

                      @Xenozoid

                      Oui, je l’ai vu il y a longtemps,


                    • Pauline pas Bismutée 15 juillet 16:15

                      @ Xeno

                      Mais merci pour les liens smiley


                    • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 16:29

                      @Francis, agnotologue

                      La l1g8stik par ordinateur pourè tiré profi d1 langaj abrégé a la foi ds sa sintax é c matério - non selman du po1 dvu dla mémoir - mè surtou du pt dvu dlanaliz algoritmik du langaj Um1, la partiQlarité d1 lang abrégé étan dsuprimé ou dcontourné lé idiomatism


                    • Xenozoid Xenozoid 15 juillet 16:43

                      @pauline

                      Mais merci pour les liens


                      ils partent dans tout les sens... cool


                    • kirios 15 juillet 18:12

                      @Orélien Péréol
                      « L’intrusion de mots anglais en substitution de mots français est une évolution négative » autremen dit : L’intrusion de mots anglais en substitution de mots français est une régression .
                      oui nous sommes en régression pour tout et il est important de le dire



                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 15 juillet 11:16

                        Je viens de chercher Julie Neveu sur le web et j’ai découvert que son nom s’écrivait avec un « x ». Julie Neveux, donc. Qu’elle m’excuse, que tout le monde m’excuse.


                        • Orélien Péréol Orélien Péréol 15 juillet 11:23

                          A propos du bombage sur un mur de Bastia (remerciements renouvelés à Karine Sasporte) : les Corses qui se sentent colonisés par les Français demandent aux Français de partir en Anglais. 1/ Ils ne voient pas la colonisation de la Corse par l’Amérique que cela suppose 2/ Ils voient bien qu’on se fait mieux comprendre des Français si on leur parle Anglais.


                          • kirios 15 juillet 18:41

                            @Orélien Péréol
                            vous êtes bien complaisant , ce bombage est une attitude imbécile et irresponsable : un vrai militant nationaliste l’aurait écrit en corse !


                          • Seth 16 juillet 12:51

                            @Orélien Péréol

                            Les pancartes en angliche dans les manifs sont monnaie courante.


                          • Orélien Péréol Orélien Péréol 16 juillet 14:41

                            @Seth

                            Ça fait partie de la supercherie


                          • mursili mursili 15 juillet 14:26

                            Tout le monde aime jargonner. Il s’agit de se distinguer, de ne pas parler comme les gens ordinaires.

                            L’argot est fait justement pour ne pas être compris des honnêtes gens, des « caves ». Si l’argot de Simonin, Boudard et Le Breton a disparu c’est parce que le milieu qui le parlait a aussi disparu.

                            Victor Hugo dans les Misérables consacre tout un chapitre très intéressant à l’argot. Cependant son argot semble extrêmement livresque, à la différence de celui de Céline, dont certains passages sont difficiles à déchiffrer. C’est du Céline et on se prend parfois à plaindre les traducteurs étrangers du docteur Destouches.

                            Les mots anglais ont souvent été introduits tels quels par des milieux professionnels qui étaient les premiers à entrer en contact avec des innovations (techniques, artistiques, etc.) venues d’Angleterre puis des États-Unis. C’est après coup qu’on a cherché des équivalents français. Quelquefois ça a marché, quelquefois non.

                            Il y a aussi la mode et le snobisme poussé parfois jusqu’au ridicule. Ce qui est rassurant c’est que la mode, c’est aussi « ce qui se démode ». On peut parier que bien des anglicismes qui aujourd’hui vous désolent disparaîtront avec ce qu’ils étaient censés désigner.


                            • Orélien Péréol Orélien Péréol 15 juillet 16:58

                              @mursili
                              Vous écrivez : « Les mots anglais ont souvent été introduits tels quels par des milieux professionnels » mais je parle mots anglais introduits par les journalistes de France Inter et de France Culture. Je ne vois pas l’intérêt « c’est la première fois de sa life ».

                              Pour la petite histoire, j’ai écrit une nouvelle à la manière de Le Breton, qui a été publié (il y a 30 ans, je ne pense pas l’avoir). Je me rappelle de la première phrase : « Paco se caillait les noix. » Pour faire ça, j’avais lu quelques romans à la suite, et j’avais fait pareil.


                            • mursili mursili 15 juillet 19:04

                              @Orélien Péréol

                              Oui, certaines personnes abusent du pouvoir de nuisance qui leur est accordé pour se livrer à des attentats contre la langue française et je ne prendrai certainement pas leur défense. Cependant je ne pense pas que la langue française soit menacée par autre chose que par le déclin général de la civilisation. En cela je suis du côté des « antimodernes » d’Antoine Compagnon.

                              Pour vous faire sourire :
                              https://www.youtube.com/watch?v=m7vtjwT639M

                              On est content pour cette jeune fille et on lui souhaite beaucoup d’autres succès. Elle a toute les qualités pour défendre vigoureusement la langue française. Je le dis sans aigreur ni moquerie. Tout dépendra de ce que ses professeurs lui enseigneront en prépa littéraire. Soyons optimistes !   


                            • placide21 15 juillet 14:50

                              Je constate que ce sont surtout les journalistes qui balancent des mots anglais à la place des mots français , ils s’identifient ainsi à une caste a laquelle ils souhaitent appartenir par une mise à distance du peuple qu’ils méprisent implicitement et dont ils souhaitent absolument se distinguer ; être intelligible leur est secondaire ils se voient ainsi comme des prédicateurs de la « modernité » envers le troupeau .


                              • kirios 15 juillet 18:16

                                @placide21
                                "ils s’identifient ainsi à une caste a laquelle ils souhaitent appartenir par une mise à distance du peuple qu’ils méprisent implicitement et dont ils souhaitent absolument se distingue"
                                je ne suis de votre avis, je pense qu’on donne le micro à des crétins qui exécutent fidèlement les consignes de conditionnement du troupeau


                              • Seth 16 juillet 13:03

                                @placide21

                                Et ne pas oublier les présidents (à tout seigneur tout honneur) qui baragouinent en Anglais ce qui était inenvisageable à l’époque ou tout chef d’état parlait dans la langue de son pays, point (pardon, fullstop).

                                Sarkozy bien sûr avec son « Sorry for the time » alors qu’il parlait de la pluie.


                              • LeMerou 15 juillet 20:01

                                @ L’Auteur..

                                Même si j’abhorre l’utilisation de ces termes anglais, qui en en fait ne simplifie rien du tout car un mot simple équivalent existe dans la langue française, il n’en reste pas moins qu’il me reste des relents de mon premier cycle, ou la langue de shakespeare me fut inculquée de force...

                                Ces anglicismes deviennent trop fréquent, relayés par tout un petit monde intellectuel d’entre-soi au début pour se distinguer, de la masse, maintenant la masse « mougeonnante » y adhère....

                                See you soon. smiley


                                • Fontaube 15 juillet 22:02

                                  Excellent article, il n’y a pas grand chose à ajouter. Monsieur Macron a été président du Conseil européen pendant six mois ; il n’en a pas profité pour faire appliquer la règle communautaire qui veut que le français et l’allemand soient langue de travail des instances européennes à égalité avec l’anglais ; au contraire l’anglais est utilisé désormais à plus de 90%« dans les instances européennes, malgré le Brexit ! En France il ne fait pas appliquer la loi Toubon de 1994 qui exige,entre autres,des services publics qu’ils s’expriment en français : voir »Ma french bank« de la Poste, »Oui go« de la SNCF, »Air France in the air« , »Wear face masks" écrit sur le sol des rues à Annecy pendant les confinements ,etc,etc.Il faut nous battre et pas seulement déplorer ; nous le faisons à DLF Pays de Savoie : nous avons gagné un procès contre le Conseil départemental qui finançait une activité de la commune de La Clusaz portant un nom anglais. Il faut rejoindre les associations qui luttent pour éviter la disparition de la langue française ; il y en a plusieurs ...


                                  • Orélien Péréol Orélien Péréol 21 juillet 11:53

                                    J’écoute sur France Info un reportage sur Emily Loiseau. Elle est aussi à l’aise en Anglais qu’en Français, ça parait être une qualité de chanteuse !


                                    • Orélien Péréol Orélien Péréol 22 juillet 10:49

                                      Avant les vidéos du web, on a des publicités, avec un message : « la vidéo sera lancée après les annonces ».

                                      Annonce mis pour publicité, une intrusion de l’anglais dans le français bien qu’annonce soit un mot français.


                                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 22 juillet 14:21

                                        Je lis : « éthique journaliste ». C’est de la syntaxe anglaise qui entre dans le français. En français, en général, des suffixes disent la qualité d’adjectif ou de nom d’un mot (grandeur, grand... ou sport, sportif, ou vide, vide, le français est très irrégulier, et bonheur, heureux...).

                                        En tout cas, journaliste est un nom et journalistique l’adjectif associé.

                                        Il y a dans une infinité d’exemples de ce type, l’âme d’une langue. Ma thèse est qu’il faut protéger la singularité de chaque langue et comme je ne connais pas beaucoup de langues, je m’occupe de protéger la singularité de ma langue natale.

                                        J’ai beaucoup traité l’argument qui voudrait qu’il soit progressiste, positif donc, de se soumettre à toute évolution parce que l’évolution est une loi du monde et que le conservatisme est négatif politiquement et voué à l’échec.

                                        Un autre argument est la vitesse de l’exécution linguistique : l’anglais va plus vite (je raccorde à plus haut : on doit perdre la lenteur, mettons, existentielle du français). Or, on entend de nombreux pléonasmes, des expressions toutes faites abondent inutilement dans le français : « une rare violence » je ne sais pas si on peut compter les rares violences dans les médias, tellement il y en a... « résultat des courses » (?) résultat suffit. Non, apparemment.

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