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Juppé à Des Paroles et Des Actes : symbole de l’impasse dans laquelle nous sommes

Jeudi, quelques jours après avoir accueilli en grandes pompes, et complaisamment, Nicolas Sarkozy au journal de 20 heures, France 2 a accordé à Alain Juppé plus de deux heures d'émission dans une nouvelle édition de Des Paroles et Des Actes. Une émission extrêmement révélatrice.

Deux débats sans intérêts
 
France 2 avait plutôt bien conçu son émission d'un point de vue démocratique avec deux débats, l'un avec Jean-Marie Le Guen, pour le PS, l'autre avec Marion Maréchal Le Pen : la contradiction venait des deux autres grands partis. Mais l'exercice a largement été stérile. Dans un débat très crispé, Le Guen n'a cessé d'insister sur la situation catastrophique dans laquelle le PS avait trouvé la France. Argument un peu juste à mi-mandat, après près de 2 ans et demi passé au pouvoir, comme lui a fait remarquer Alain Juppé. En outre, la thèse de la méchante droite française, alliée à la droite allemande pour mener une austérité trop dure était bien faible : François Hollande a accepté le TSCG (mais ne le respecte pas) et son contradicteur a eu beau jeu de souligner qu'Angela Merkel gouverne avec les sociaux-démocrates...
 
L'échange avec la députée du FN n'était pas plus productif, même si, étonnament, il a été bien plus posé et calme que le précédent. En 20 minutes, Marion Maréchal Le Pen a été incapable de parler d'autre chose que d'immigration. Et si elle a pris un ton très mesuré, on voyait tout de même des différences. Mais ne parler que de ce sujet alors qu'il y en a tant d'autres (monnaie unique, protectionnisme, finance, monétisation de la dette publique, services publics, éducation, sécurité, questions éthiques, science...) donne une image mono-maniaque et extrêmement limitée du FN, qui n'apparait pas, heureusement, comme une alternative crédible aux deux partis qui se succèdent au pouvoir depuis des décennies. En outre, elle est très souvent restée à la surface des choses, sans rentrer dans le fond des sujets.
 
Une triple impasse pour le pays

Du coup, cette émission laisse un goût amer. On a eu droit à un FN, qui, à défaut d'être aggressif, était bien superficiel et léger. Le socialiste, incapable de défendre sa politique, se contentait d'éléments de langage dignes d'un communicant pas très bien inspiré, et adepte du plus c'est gros, plus cela passe. Au final, le spectacle était tellement désolant qu'Alain Juppé en sortait grandi, apparaissant comme plus professionnel et finalement assez modéré, face à des adversaires un ton en-dessous. Mais par-delà son apparence de premier de la classe qui aurait bien vieilli, perdu la dureté des tanins de sa jeunesse et gagné en rondeur, comme un bon Bordeaux, qu'il représenterait bien, le discours d'Alain Juppé, malgré son professionnalisme apparent, est d'une pauvreté intellectuelle absolument affligeante.

Nous avons eu droit à tous les poncifs de la pensée économique actuelle, entre une dépense publique trop élevée de 7% du PIB, soit 140 milliards (sachant que l'on compare des choux et des carottes), une dette trop lourde (on se demande pourquoi la France emprunte à 1,25% sur 10 ans), « la croissance, c’est d’abord la compétitivité des entreprises » (jusqu'où faudrait-il baisser le prix du travail pour être aussi compétitif que les Roumains, les Marocains, les Indiens ?). Alain Juppé se fait le représentant irréfléchi des idées néolibérales d'il y a 100 ans ou des années 1980, alors que même le FMI a mis de l'eau dans son vin austéritaire, et que l'explosion des inégalités ou l'instabilité économiques poussent de nombreux économistes à reconsidérer leurs positions. Pour éviter tout débat, il dit que « la seule chose qui marche, c’est l’économie de marché (…) je suis libéral », comme s’il n’y avait pas une infinité de variantes…

Bref, Alain Juppé est bien le représentant de cette classe politique dans sa bulle, paresseuse et conformiste. C’est lui qui est fermé, à toute remise en question d’une pensée fossilisée malgré les ravages qui sont faits en son nom en Grèce ou ailleurs.


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12 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 7 octobre 2014 13:49

    Juppé, c’est un bébé Chirac, un fossoyeur de plus...


    • zygzornifle zygzornifle 7 octobre 2014 14:33

      Juppé a eut affaire et à été condamné par la justice dons il n’a plus sa place en politique .....


      • Bergegoviers Bergegoviers 8 octobre 2014 10:05

        C’est bien l’ignominie des médias du pouvoir de faire passer pour des gens respectables des êtres ignobles, mafieux corrompus et traitres à leur patrie.

        De les voir ainsi se pavaner puis être analysés comme s’ils étaient des êtres de confiance et des espoirs pour le pays est totalement écoeurant : ils devraient être en prison depuis tellement longtemps qu’on devrait avoir oublié leur nom.

      • lsga lsga 7 octobre 2014 17:54

        ah le pauvre pépère Juppé... quand on pense que Sarkozy va truquer les primaires encore plus que Coppé....


        • BA 7 octobre 2014 20:18

          Mardi 7 octobre 2014 :

          Retour de Nicolas Sarkozy : ces 9 affaires qui pourraient le freiner.

          JUSTICE – Nicolas Sarkozy a beau avoir brisé le silence en annonçant sa candidature à la présidence de l’UMP ce vendredi, ses ennuis judiciaires ne se sont pas pour autant dissipés. Metronews fait le point sur les dossiers dans lesquels son nom apparaît.

          Nicolas Sarkozy est donc de retour en politique, comme il l’a annoncé ce vendredi sur Facebook. Mais pourra-t-il avancer sans être freiné par ces nombreux dossiers dans lesquels son nom apparaît ? Si l’affaire Bettencourt est désormais close, d’autres dossiers évoquent l’ex-chef d’Etat : soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, sondages de l’Élysée, arbitrage Tapie, enquête sur ses comptes de campagne... Metronews fait le point.

          1- Enquête sur des contrats passés entre la France et le Kazakhstan
          La justice s’intéresse à des contrats passés entre la France et le Kazakhstan en 2010 pour près de deux milliards d’euros. Ils comprenaient la fabrication de 45 hélicoptères par Eurocopter (la filiale hélicoptériste d’EADS). L’ancien président est lui-même soupçonné d’avoir fait pression en 2011 sur le Sénat belge, à la demande du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, afin d’atténuer la peine judiciaire de trois hommes d’affaires d’origine kazakhe poursuivis en Belgique. Le but : permettre la signature des contrats en question.

          2- Enquête sur les comptes de campagne de 2012
          Sarkozy est visé depuis le 2 juillet par une nouvelle enquête judiciaire, pour avoir fait payer par l’UMP des pénalités qu’il aurait dû régler lui-même après l’invalidation des comptes de sa campagne présidentielle de 2012. Le parquet de Paris a ainsi ouvert une information pour « abus de confiance », « complicité », et « recel » dans le cadre de cette enquête. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) avait en effet ordonné en décembre 2012 à Nicolas Sarkozy de restituer à l’État l’avance forfaitaire de 153.000 euros dont il avait bénéficié en tant que candidat, et de verser au Trésor public 363.615 euros, soit le montant du dépassement du plafond des dépenses. Or, l’ancien Président est accusé d’avoir laissé l’UMP régler la facture.

          3- Affaire des écoutes
          La cour d’appel de Paris a suspendu l’enquête qui vaut à Nicolas Sarkozy d’être mis en examen pour « corruption active » et "trafic d’influence" depuis juillet. Il était soupçonné d’avoir tenté d’obtenir auprès du magistrat Gilbert Azibert des informations couvertes par le secret de l’instruction sur une procédure le concernant, la saisie de ses agendas dans l’affaire Bettencourt, en échange de la promesse d’une intervention pour un poste de prestige à Monaco. Cette décision est intervenue après le placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy pendant plus de 15h. Dans son bras de fer avec les juges d’instruction du pôle financier, cette décision de la présidente de la chambre de l’instruction offre un répit à Nicolas Sarkozy, même s’il reste mis en examen. 

          4- Affaire Bygmalion
          Si Jean-François Copé a été au centre de toutes les attentions dans cette affaire, la plupart des soupçons portent aussi sur Nicolas Sarkozy. Selon Le Monde, qui a eu accès à un rapport préliminaire, les enquêteurs s’interrogent sur ce qu’il savait du système de fausses factures à l’UMP ayant servi à couvrir les dépenses excessives de sa campagne de 2012. Alors qu’il déclarait sur France 2 avoir "appris le nom de Bygmalion longtemps après la campagne présidentielle", l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales estime quant à lui qu’il ne pouvait ignorer ce total de 18,5 millions d’euros. Pire, l’expert-comptable, signataire du compte de campagne de Nicolas Sarkozy, lui aurait adressée une note le 26 avril 2012. Il y donne le chiffre des dépenses prévisionnelles ou engagées à la date du premier tour, soit 18 399 000 euros. "Ce montant est supérieur à celui budgété dernièrement et au plafond des dépenses requises pour le premier tour". Un dépassement qui signifie qu’il n’existait plus « aucune marge de sécurité » en vue du second tour. Une enquête pour détournement de fonds publics est aussi en cours concernant le financement d’un meeting de Sarkozy à Toulon, fin 2011.

          5- Les sondages de l’Elysée
          Un juge enquête actuellement sur la régularité des contrats conclus, sans appel d’offres, entre l’Élysée et neuf instituts de sondage pendant son quinquennat. En 2007, la présidence de la République passe un contrat avec le cabinet d’études Publifact, alors dirigé par Patrick Buisson, un conseiller de Nicolas Sarkozy. L’accord prévoit un versement annuel de 1,5 million d’euros, plus 10 000 euros de rémunération mensuelle. Une convention jugée irrégulière par la Cour des comptes en 2009, car passée sans appel d’offres. Cette procédure est en effet obligatoire pour de telles sommes. En avril, le bureau et le domicile parisien de Patrick Buisson ont été perquisitionnés. Les investigations portent désormais sur d’éventuels faits de « favoritisme », « détournements de fonds publics », complicité et recel.

          6- Affaire Karachi
          Deux juges enquêtent sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995, par le biais de rétrocommissions présumées dans le cadre de contrats d’armement. Nicolas Sarkozy est à l’époque porte-parole de la campagne de Balladur. En septembre 2011, alors que deux de ses proches étaient mis en examen, la présidence avait tenu à indiquer dans un communiqué que "s’agissant de l’affaire dite de Karachi, le nom du chef de l’État n’apparaît dans aucun des éléments du dossier". Cette enquête étant couverte par le secret de l’instruction, de nombreuses voix, notamment au sein des syndicats de magistrats, avaient alors dénoncé une intrusion de l’exécutif dans une procédure judiciaire. La semaine dernière, les juges ont obtenu le feu vert pour déterminer si l’ex-chef de l’État s’est rendu complice d’une violation du secret de l’instruction.

          7- Libye
          La campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 a-t-elle été financée par le régime libyen ?La justice se penche depuis avril sur cette question après les accusations en ce sens de Ziad Takieddine. L’homme d’affaires franco-libanais, mis en examen dans cette affaire, a affirmé en décembre détenir "des preuves" d’un tel financement, sans toutefois les fournir.

          8- Affaire Lagarde/Tapie
          Trois juges d’instruction enquêtent sur la décision prise fin 2007 par l’ex-ministre de l’Économie, Christine Lagarde, de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux opposant depuis 1993 l’homme d’affaires Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la vente d’Adidas. L’État sera condamné à lui verser quelque 400 millions d’euros. Nicolas Sarkozy aurait rencontré Bernard Tapie à 18 reprises entre 2007 et 2010. Certains soupçonnent donc l’ancien président d’avoir favorisé Tapie pour le remercier de son soutien lors de la campagne de 2007.

          9- Des voyages d’affaires suspects
          La justice s’intéresse en effet à trois voyages en jet effectués par Nicolas Sarkozy entre décembre 2012 et février 2013, et facturés 300.000 euros à la société de son ami Stéphane Courbit. Des vols découverts à la faveur de l’enquête sur « Air cocaïne », un trafic de stupéfiants entre la République dominicaine et la France. L’avocat du dirigeant de la société de transports (la SNTHS) au cœur du dossier, estimant que « les investigations » concernant ces voyages "ont porté ou portent toujours sur des faits étrangers" à l’enquête, en a demandé l’annulation.

          http://www.metronews.fr/info/retour-de-nicolas-sarkozy-a-l-ump-ces-9-affaires-qui-pourraient-le-freiner/mmjg !YJ5GT0ZBaLs/


          • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 7 octobre 2014 23:56

            Dans le paysage politique actuel, Juppé est à ma connaissance le seul homme d’état.






            • HELIOS HELIOS 8 octobre 2014 00:32

              La France est bien malade si a coté d’un Hollande ou d’un Sarkozy, il ne nous reste qu’un Juppé a présenter au fauteuil suprême de la République !


              Alors, s’il existe d’autres prétendants, qui n’ont jamais été aux affaires, qui sont donc (encore) vierges des diverses malversations, payées ou pas, je suis preneur pour les placer dans ma liste de choix lors des élections de 2017.

              Je peux vous le dire a tous, et j’ose espérer que vous ferez comme moi.... il n’est pas question une seconde que je vote pour un personnage ayant déjà été président ou ministre d’envergure (premier ministre, ministre d’état etc).

              Je voterai pour du sang neuf, et encore, a condition de ne pas avoir un clone de Copé, muni d’une langue du plus beau bois de chêne de nos campagnes.

              Allez, du balai, du balais rentre a Bordeaux Alain, ton (bon) travail pour ta ville d’Aquitaine est probablement en haut de ta courbe d’incompétence, ne gâche pas tout.

              • Ruut Ruut 8 octobre 2014 08:00

                Un candidat de moins de 50 ans ne serait pas du luxe pour notre pays.
                Vue le travail a accomplir, il nous faut un jeune compétent non corrompus.


                • zygzornifle zygzornifle 8 octobre 2014 14:54
                  Appartement de Laurent Juppé[modifier | modifier le code]

                  En juin 1995Le Canard enchaîné publie un document interne de la Ville de Paris, signé par Alain Juppé, donnant ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des propriétés de la ville de Paris, rue Jacob. Il est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d’un appartement de 189 m² dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions de francs aux frais des contribuables. Une plainte pour « prise illégale d’intérêts » est déposée par l’Association des contribuables parisiens, créée ad hoc par Arnaud Montebourg, à l’époque jeune avocat et adhérent du Parti socialiste.

                  Une information judiciaire est ouverte par le procureur de la République de Paris, Bruno Cotte, qui a considéré que le délit de « prise illégale d’intérêts » était établi. Il annonce cependant son intention de classer le dossier si Alain Juppé quitte son appartement. Le procureur général près la cour d’appel de ParisJean-François Burgelin, publie alors un communiqué, approuvé par le ministère de la Justice, affirmant que l’infraction n’était pas constituée et qu’elle était de toute façon prescrite. Cependant, la décision de classement impose à Alain Juppé de déménager.


                  • smilodon smilodon 8 octobre 2014 22:27

                    Désolé, mais si le choix de la « droite » c’est encore Juppé ou Sarko !!.... C’est vraiment que ça ne vole pas bien haut !... De l’autre côté qui donc ???. Hollande, Valls ???!!.. Dans presque 3 ans on va nous donner ces « choix »-là ????!!.. Ils sont tous devenus fous ou quoi ?????!!.... Et après ils se demanderont encore comment le FN est arrivé au pouvoir ???... Mais M....e !.... M...e à la fin !.... Ca va bien !.... Qu’ils aillent donc tous passer le week-end à l’ile de Ré, chez Lionel !... Lui saurait peut-être leur prodiguer 2 ou 3 conseils !...... J’en ai tellement marre de voir, voir encore et revoir toujours les mêmes !...... Faut vraiment voter « Marine » en 2017 !... Ne serait-ce que pour foutre, Enfin, vraiment la « zone » !... Advienne que pourra, mais toutes ces vieilles gueules, « bor..l » que j’en ai marre !.... Mais « Marre » à un point !..........MARRE !... Vraiment !.... Adishatz.


                    • smilodon smilodon 8 octobre 2014 23:09

                      S’il chiale dans une émission « média », il fera quoi comme chef de guerre !... Il se pissera dessus ??... Faut des « c......s » pour remplir ce rôle !..... On voit bien comment l’autre s’en sort !... Il se cache maintenant !.... Les « Français » sont des lions commandés par des belettes !..... Pour ça que ça ne va pas !..... Faudrait à notre « tête » des gens qui nous valent !... Pas des « demi-portions » !..... Adishatz.


                      • gonehilare gonehilare 12 octobre 2014 14:43

                        La France avait besoin des recettes d’un génial Dr House après les cinq années de traitement de choc par l’hystérique Dr Foldingue, ex- patron de l’asile France.

                        Les électeurs français ont trouvé approprié d’y nommer pour ce faire le Dr Mabuse !

                        Et il faudrait compter sur la lucidité des mêmes en 2017... ? 

                        Ce pays est vraiment foutu !

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