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Accueil du site > Actualités > Politique > L’obsession de la proportionnelle de François Bayrou

L’obsession de la proportionnelle de François Bayrou

« Lorsque je lui confirme mon intention de rétablir au plus vite le scrutin majoritaire, François Mitterrand me précise qu’il n’entend pas s’y opposer, tout en feignant de s’étonner de ma précipitation : "Pourquoi êtes-vous si pressé ?" me demande-t-il. Je lui réponds qu’il s’agit d’un engagement pris devant les Français : "Si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera jamais…". » (Jacques Chirac).

Dans ce court extrait du premier tome des mémoires de l’ancien Président de la République ("Chaque pas doit être un but", éd. NiL, 2009), Jacques Chirac a évoqué son entretien à l’Élysée le 18 mars 1986, deux jours après sa victoire aux élections législatives, avec le Président François Mitterrand avec qui il s’apprêtait à "cohabiter". Et parmi les réformes urgentes, le rétablissement du scrutin majoritaire. François Mitterrand avait modifié le mode de scrutin au dernier moment, moins d’un an avant ces élections, pour des raisons politiciennes d’obscurs boutiquiers, afin d’empêcher l’opposition de reconquérir la majorité (ce fut un échec). Jacques Chirac, au-delà du temps très incertain de la première cohabitation, ne voulait pas attendre pour revenir au scrutin majoritaire, par simple morale : on ne change pas la règle du jeu au dernier moment.

C’est pourtant ce que ne semble pas avoir encore compris François Bayrou, maire de Pau, président du MoDem et Haut commissaire au Plan. On ne modifie pas la règle du jeu au dernier moment. Je ne peux pas dire que François Bayrou fait partie des personnalités politiques les moins responsables, je l’ai soutenu à trois reprises aux élections présidentielles et je ne le regrette pas. Cependant, son obsession du scrutin proportionnel me paraît particulièrement mal venue en ces temps de crise sanitaire qui s’accompagne de crise économique et sociale. Comme si la France pouvait se permettre de polariser pour ne pas dire de polluer le débat public sur le mode de scrutin !

C’est d’autant plus extravagant que le parti de François Bayrou n’aurait jamais pu atteindre en juin 2017 un groupe parlementaire aussi nombreux sans le scrutin majoritaire.

Je sais que le Bayrou-bashing est un sport national, c’est souvent le cas d’ailleurs des personnalités populaires, une sorte de jalousie diffuse, et encore récemment, les reproches qu’on pourrait faire à François Bayrou sont souvent infondés. Par exemple, on lui a reproché d’avoir été dans un aéroport sans porter de masque. Critique mal venue et hors contexte, de très mauvais goût aussi, puisqu’il prenait l’avion pour l’enterrement de sa près proche camarade politique Marielle de Sarnez. Il attendait dans la salle d’embarquement. Il en a profité pour prendre un café, ce qui se fait a priori sans masque, et la photographie a été prise juste avant qu’il ne remît son masque.

La critique fondée, c’est d’être hors sol quand il réclame la proportionnelle. Ce fut d’ailleurs l’un des points de divergence que j’ai avec lui depuis des décennies, et je pourrais même généraliser, que j’ai en général avec les centristes dans lesquels pourtant je me reconnais, mais pas sur le plan des institutions. François Bayrou l’a confirmé lorsqu’il a été l’invité de la matinale de France Inter le mardi 26 janvier 2021, il l’a répété encore dans l’émission "Grand Jury" sur LCI RTL "Le Figaro" du dimanche 7 février 2021 : François Bayrou veut la proportionnelle !

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La semaine suivante (14 février 2021), dans la même émission du "Grand Jury", le Ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a redit deux arguments sur le sujet : ce n’était pas un hasard si De Gaulle avait adopté le scrutin majoritaire en 1958 (c’est en fait un petit peu plus compliqué que cela, Michel Debré avait voulu un scrutin majoritaire à un tour, comme au Royaume-Uni, et les parlementaires de la commission chargée des institutions l’ont "retoqué"avec deux tours pour réduire les effets de la logique majoritaire) et il a proposé de regarder ce qui se passait actuellement en Israël et en Italie, j’ajouterai aussi en Allemagne voire en Espagne.

Ce que dit Éric Dupond-Moretti est du bon sens lorsqu’il dit qu’il ne faut pas réduire le pouvoir de l’exécutif en ces temps incertains de pandémie de covid-19. Comment pourrait-on imaginer la France d’aujourd’hui avec une assemblée de type Quatrième République, avec la durée d’un gouvernement qui ne dépasserait pas les quelques mois, à un moment crucial où tous les repères se sont effondrés sur eux-mêmes ? Les Français auraient-ils la mémoire si courte qu’ils auraient oublié les causes de l’effondrement de 1958 ?

On a critiqué l’économie française, on a critiqué l’administration, on a critiqué l’éducation, on a critiqué beaucoup de choses dans la France d’aujourd’hui, mais s’il y a bien une chose qui a fonctionné en France depuis plus de soixante ans, ce qui nous a d’ailleurs sauvés de crises encore plus effroyables, c’est que les institutions de la Cinquième République sont efficaces, qu’elles ont tenu le coup même quand le navire tanguait, que c’est probablement la chose excellente qu’il faut préserver au mieux dans ce qu’est la France. Vouloir les changer aujourd’hui, c’est un peu comme saborder le navire en pleine tempête.

Alors, rappelons à quoi sert une chambre législative : elle sert à faire la loi et à contrôler le gouvernement. Elle ne sert pas à faire ce que le Président Emmanuel Macron voulait faire avec le grand débat, des sortes d’assemblées citoyennes bien jolies, bien propres, mais qui n’aboutissent à rien. Ce n’est pas un panel mais une confrontation politique qui doit avoir lieu. Pour faire la loi, il faut une majorité, c’est le principe de la démocratie, on peut le regretter (le nombre n’est effectivement pas un critère de vérité), mais c’est un principe qui n’a, jusqu’à maintenant, pas eu de concurrence soutenable.

Alors, non, il ne faut pas modifier le scrutin des élections législatives aujourd’hui. Pour de nombreuses raisons.

Les circonstances ? Comme si on n’avait que cela à faire avec 400 à 500 décès dus au covid-19 chaque jour, un troisième confinement programmé pour le mois de mars, des variants qui voudraient nous aiguiller vers le scénario du pire cauchemar alors que les vaccins allaient enfin esquisser le bout du tunnel, sans compter la récession, le chômage, la pauvreté, les suicides qui augmentent… Pendant ce temps, pour simple convenance personnelle d’un groupe parlementaire qui, finalement, n’est pas si indispensable que cela, on veut modifier la règle du jeu qui n’aura évidemment aucune conséquence sur tous les problèmes que je viens d’énumérer. Imagine-t-on Clemenceau changer le mode de scrutin en pleine guerre ? Il y a des rendez-vous de l’histoire qui sont loupés, apparemment. (Pour info, Clemenceau a modifié le mode de scrutin, mais le 12 juillet 1919, après la fin de la guerre, et en plus pour mettre la proportionnele !).

Autre circonstance, évoquée aussi dans l’extrait proposé des mémoires de Jacques Chirac (« engagement pris devant les Français »), qu’a rappelée opportunément François Bayrou, la proportionnelle serait un engagement du Président de la République pendant la campagne présidentielle. Si on devait prendre toutes les promesses, faudrait-il toutes les appliquer ? La réforme des retraites par points par exemple ? Pourtant, elle était aussi un engagement du Président de la République.

En fait, je sais que ce n’est pas politiquement correct d’écrire cela, mais je déteste qu’on ne s’en tienne qu’aux promesses préélectorales et jamais je n’ai voté en fonction des promesses ou non promesses. Cela demanderait sans doute un plus long développement, mais quand j’élis une personne pour occuper la Présidence de la République, je vote pour justement une personne et pas pour des promesses. Pourquoi ? Parce que personne n’est en connaissance de l’avenir. En 2017, personne n’était capable de dire que nous serions plongés en pleine pandémie trois ans plus tard. Les événements vont si vite dans tous les domaines qu’un programme proposé à un temps t n’a plus aucune pertinence deux ou trois ans plus tard. Que dire du mariage pour tous, engagement du candidat François Hollande qui a été élu simplement par défaut pour rejeter Nicolas Sarkozy ? Qui pourrait dire qu’on vote pour chacun des engagements d’un candidat lorsqu’on vote pour lui ? Heureusement que non, sinon, tout le monde serait abstentionniste.

Comme lorsqu’une entreprise recrute des nouveaux salariés, je vote pour une personne, pour sa personnalité, pour son caractère, pour sa capacité à réagir face à l’urgence, face à la surprise, face à l’adversité, sa capacité à négocier avec nos partenaires, etc. Heureusement qu’Emmanuel Macron est aux commandes, un homme jeune, dynamique et qui connaît les rouages de l’administration. Imaginons un incompétent un peu fatigué à cette fonction alors que tout est à réinventer ! On critique la gestion de la crise, on critique, on critique, mais les sondages de râleurs montrent aussi que, aussi critiquable qu’il soit, et il l’est sur bien des points, évidemment, selon les sondés depuis un an, aucune personnalité n’aurait été capable de faire mieux ! On ne vote donc pas pour un programme mais pour une personne, un caractère, une motivation, une aptitude, une intuition.

Mais revenons au fond, car la proportionnelle, c’est une Arlésienne, on la met dans la conversation comme si c’était l’alpha et l’oméga d’une meilleure prise en compte du peuple. Pourtant, ce ne sont pas les institutions, ni les règles du jeu qui sont importantes en politique. Ce sont les acteurs, les personnes qui les occupent, qui les appliquent. La preuve, c’est que, dans l’histoire du monde, des personnes se sont distinguées par leur aura, leur charisme, leur compétence, leur courage, leur intelligence, leur capacité à faire l’histoire en tout lieu et tout temps, avec des institutions très différentes, avec des règles très différentes, des cultures et des environnements très différents. Ce sont les hommes qui façonnent l’histoire, pas les structures. Ce que je viens d’écrire est évidemment discutable et pourrait valoir une réflexion plus développée qu’ici. Ce que je veux simplement dire ici, c’est que l’âme humaine transcende les institutions.

Mais déjà, au risque de décevoir, prenons comme postulat que la démocratie dans un pays de 67 millions de personnes ne peut se concevoir que comme une démocratie représentative et pas une démocratie directe réservée au mieux aux petits pays.

Et admettons que la représentativité démocratique de ses représentants, quelles qu’en soient les règles, sera toujours sujette à caution.

Faut-il qu’il y ait une représentativité des sexes ? Évidemment, scandale de n’avoir que des hommes dans une assemblée délibérative. Faut-il une représentativité socioprofessionnelle ? Ce serait pas mal, oui. Des ouvriers, pas seulement des profs et des avocats. Faut-il une représentativité ethnique ? Alors là, déjà, ça va mal aller, définition, discrimination, et au bout du bout, racisme d’État même positif. Une représentativité de la sexualité ? C’est-à-dire que l’assemblée soit aussi conforme que la population dans ses modes de sexualité ? Pas sûr que la sexualité des candidats doive s’afficher, pas sûr qu’un député vote en fonction de sa sexualité (sauf, évidemment, sur des sujets qui abordent ce domaine, mais ce domaine ne devrait rester que du ressort de l’intime, pas du législatif). Représentativité des âges ? Oui, ce serait pas mal non plus, mais l’âge des artères ou de l’esprit ? Bref, et c’est sans doute les biais dans les sondages, avoir une représentativité est toujours très relatif. On pourra toujours la critiquer. C’est bien pour cela que la Convention citoyenne pour le climat choisie comme on sélectionne un échantillon d’institut de sondage ne peut pas être une règle démocratique.

Au contraire, je considère que la démocratie doit aller bien plus loin qu’une simple représentativité : l’élu représente toute la population, pas seulement ses électeurs, pas seulement son groupe de clientèle. L’élection est un sacre et le représentant devient l’égal de toute la population, qu’importe ses caractéristiques, un homme peut protéger les droits des femmes, un hétérosexuel peut voter pour le mariage pour tous, un avocat défendre les intérêts des ouvriers, etc.

Mais je ne veux pas éluder les arguments qui seraient prétendument en faveur de l’instauration de la proportionnelle pour élire les députés.

Une petite question toute simple : connaissez-vous vos députés européens ? Je dis "vos" dans un sens très général : la liste étant nationale, "j’ai" 79 députés européens français. En connaissez-vous au moins un, ou deux ? Vous ont-ils rendu compte de leurs activités depuis deux ans ?

S’ils sont très peu connus de leurs électeurs, les députés européens, c’est en raison de la manière de les désigner. En effet, le scrutin proportionnel, loin de les rapprocher du peuple, éloigne les candidats et les élus du peuple et les rapproche surtout des états-majors de partis politiques. Avec ce scrutin, ce qui compte, ce n’est pas le mérite personnel, la capacité du candidat à convaincre voire séduire ses électeurs (sauf en cas de vote préférentiel), mais sa capacité à convaincre le parti politique de le mettre à une place suffisamment élevée pour qu’il puisse être élu, quel que soit le désir des électeurs. L’incertitude de l’élection concerne alors seulement les candidats situés sur la liste en deçà de la position dite éligible en fonction de la bonne ou mauvaise performance de la liste elle-même, c’est-à-dire du parti. L’élection devient impersonnelle alors que les fonctions doivent s’incarner par des personnes.

Les candidats à la proportionnelle sont des candidats hors sol qui n’ont pas besoin d’être appréciés du peuple, il suffit d’être appréciés de leur parti. Cela réduit en fait les capacités de renouvellement, un candidat indépendant n’aura plus aucune chance, avec la proportionnelle, car il ne sera pas dans la capacité de présenter des listes (ou alors, ce sera très artificiel, comme les listes de Nicolas Dupont-Aignan aux élections européennes).

C’est un scrutin qui, par la nature parcellaire actuelle du paysage politique, empêche toute clarté dans la construction d’une future majorité gouvernementale. Cela aboutit soit à l’immobilisme (absence de gouvernement ou crises institutionnelles multiples), soit à une sorte de "dictature" de la minorité.

Par essence, effectivement, la proportionnelle, contrairement à ce qu’on martèle, est un scrutin antidémocratique. La preuve par l’étranger où la proportionnelle est la règle.

Israël ? Depuis quelques années, les Israéliens ont dû voter déjà trois fois, bientôt quatre fois, sans pour autant être capables de dégager une coalition majoritaire. Résultat pendant ce temps : un gouvernement minoritaire, en attendant mieux.

L’Allemagne ? On parle de la très grande stabilité des gouvernements allemands, et c’est vrai. Mais ils ont bénéficié généralement d’une alliance entre un grand parti de gouvernement (SPD ou CDU-CSU) et un petit parti pivot de gouvernement (Verts, FDP, etc.). Or, le caractère très éclaté du paysage politique ne suffit plus. Si Angela Merkel a "duré" si longtemps (plus de quinze ans), c’est que trois fois sur quatre mandats, elle dirige un gouvernement de grande coalition, à savoir, de rassemblement des deux grands partis de gouvernement a priori adversaires, si bien qu’aucune politique claire et construite ne peut être menée puisque ce n’est que ménagement de la chèvre et du chou (il est là, le "centrisme mou", pas dans le centrisme conquérant et quasi bonapartiste d’Emmanuel Macron).

L’Italie ? C’est sans doute le pire exemple, car dans la même législature, depuis moins de trois ans, les Italiens auront tout eu : un gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5E) de Luigi Di Maio et la Ligue (Lega) de Matteo Salvini, lui-même nommé Ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire un gouvernement d’union de la carpe et du lapin, avec un extrémiste à l’Intérieur et un modéré à la tête d’un gouvernement de tonalité antieuropéenne. Puis, une coalition de centre gauche proeuropéenne, avec le M5E (OVNI difficilement identifiable) et un parti démocrate qui était de l’ancienne majorité et qui avait été très copieusement désavoué par les électeurs. Et encore une troisième formule, très simple, on réunit tout le monde (Forza Italia de Silvio Berlusconi, Italia Viva de Matteo Renzi, Lega de Matteo Salvini, M5E de Luigi Di Maio, le parti démocrate) et l’on chapeaute le tout par l’ancien président de la Banque centrale européenne. Était-ce ce que voulaient les électeurs dans la même législature ? J’en doute !

Je passe aussi avec l’Espagne qui a connu un changement de Premier Ministre et de coalition sans élections (qui n’ont fait que confirmer, très vaguement, ce changement), et beaucoup d’autres parlements locaux qui sont souvent bloqués pour faire de grandes réformes. Les Français peuvent être fiers d’avoir leurs institutions qui leur permettent d’avoir un gouvernement fort capable d’aller clairement dans la voie voulue par la majorité des électeurs (c’est-à-dire par le plus grand nombre des électeurs).

En termes de représentativité, le scrutin majoritaire actuel est largement satisfaisant. En effet, les élections législatives de juin 2017 n’ont oublié aucune force politique parmi les élus. Contrairement à ce qu’on disait longtemps, le FN a su gagner des sièges malgré le scrutin majoritaire et je ne doute pas que si ce parti gagnait l’élection présidentielle, il saurait gagner également les élections législatives. La démonstration d’Emmanuel Macron est d’ailleurs assez claire : qui pouvait sérieusement imaginer qu’une fois élu, il n’aurait pas obtenu de majorité pour gouverner ? De même, bien qu’ultraminoritaire, France insoumise a su gagner des sièges également au scrutin majoritaire et même former un groupe politique.

Du reste, ce scrutin de 2017 a fait ses preuves sur le renouvellement : un parti tout récent, venu de nulle part, ayant juste un an d’ancienneté, a su conquérir la majorité des sièges, ce qui signifie que l’avenir n’est jamais bloqué avec le scrutin majoritaire au contraire du scrutin proportionnel qui favorise les grands partis déjà bien établis.

Effectivement, peut-on imaginer que, par exemple, l’UPR de François Asselineau puisse avoir des sièges avec le scrutin proportionnel ? La réponse est non et la raison est toute simple : il suffit de regarder son score aux dernières élections européennes de mai 2019 qui étaient à la proportionnelle intégrale nationale. Avec 265 469 électeurs (1,17% des suffrages exprimés), il ne faut pas trop espérer représenter quelque chose. Au contraire, l’UPR aurait sa chance avec le scrutin majoritaire car l’un de ses candidats pourrait quand même réussir à convaincre les électeurs d’une circonscription (100 ou 200 000 personnes), en tout cas, aurait plus de chance de remporter un siège au scrutin majoritaire qu’avec la proportionnelle. Les très petits partis n’ont aucune chance avec la proportionnelle.

La proportionnelle éliminera également tous les candidats farfelus, indépendants, étonnants, discordants, qui, pourtant, pourraient séduire localement des électeurs. La proportionnelle est la règle de l’uniformité. Enfin, le scrutin majoritaire n’empêche pas la représentativité de la population. En effet, la loi actuelle propose de revoir régulièrement le découpage électoral en fonction de la démographie et a réduit les écarts de représentation de la population d’une circonscription à l’autre. Écarts qui ne seraient pas supprimés avec par exemple une proportionnelle intégrale dans le cadre départemental car il existe des départements très peu peuplés.

Certes, l’argument principal pour le maintien du scrutin majoritaire, c’est le besoin, heureusement reconnu par tous les partis, de dégager une majorité parlementaire. C’est la raison pour laquelle ceux qui proposent le scrutin proportionnel ne propose qu’une "dose" de proportionnelle, comme si un mode de scrutin était une recette de cuisine avec différents ingrédients (cela donne une idée de la considération qu’on se fait des institutions).

C’est le cas de la proposition de loi n°3865 que Patrick Mignola, président du groupe MoDem à l’Assemblée Nationale, a déposée le 9 février 2021 sur le bureau du Président de l’Assemblée Nationale. Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, cette proposition de loi fait référence ouvertement aux travaux de Terra Nova du 19 mars 2018.

J’ai pris connaissance de ces travaux et ils me paraissent remplis de biais historiques, institutionnels et politiques. Ils se basent sur des hypothèses totalement abstraites et je comprends bien que la proportionnelle agite les esprits des constitutionnalistes parce que cela nécessite un peu de réflexion intellectuelle, mais ils oublient des conditions de réalisme politique. En fait, Terra Nova propose des solutions totalement illisibles, compliquées, avec des calculs "additifs", "compensatoires" et "correctifs". Bientôt, pour être électeur, il va falloir passer l’agrégation de sciences politiques si ce n’est un doctorat de mathématiques !

Dans leurs hypothèses, dans le schéma où il y a le moins de proportionnelle, à savoir 25% des sièges, les travaux de Terra Nova reconnaissent que le parti majoritaire, LREM, n’aurait pas obtenu de majorité absolue à l’Assemblée Nationale en juin 2017, avec seulement 184 sièges sur 400. Dans le pire des cas (50% des sièges à la proportionnelle), LREM n’aurait obtenu que 151 sièges sur 400. Pas de quoi gouverner ! Bonjour la paralysie.

Si la proposition de loi de Patrick Mignola y fait référence, elle ne s’inspire cependant pas de ces travaux, heureusement. Elle évoque l’abstention comme conséquence du mode de scrutin, ce qui un contresens assez important : l’abstention tient au fait que ceux qui n’ont pas voté pour celui qui a été élu à l’élection présidentielle n’ont pas considéré comme souhaitable de voter contre lui aux législatives pour qu’il n’ait pas de majorité parlementaire. La concomitance des deux scrutins est la cause prépondérante de la forte abstention, la mobilisation électorale s’est faite exclusivement autour du scrutin présidentiel. Si le mode de scrutin était la cause de l’abstention, il y en aurait eu beaucoup moins aux élections européennes de mai 2019 qui étaient à la proportionnelle intégrale dans le cadre national (on ne peut pas faire plus proportionnel).

La proposition de loi, qui comporte quatre articles, souhaiterait instaurer deux scrutins en un : pour les départements avec moins de douze circonscriptions, le maintien du scrutin majoritaire à deux tours par circonscription, pour les départements de douze circonscriptions ou plus, le passage au scrutin proportionnel à la plus forte moyenne sans panachage ni vote préférentiel dans le cadre du département. Cela correspondrait à 22,5% des sièges pourvus à la proportionnelle.

Cette proposition pourrait sans doute ravir le MoDem et d’autres partis de moyenne catégorie comme EELV et le RN, mais ne permettrait pas à un petit parti d’avoir des sièges (pour un département avec 12 députés, il faut obtenir au moins 10% voire plus pour avoir un siège). En outre, la faible dose ne soulagerait pas les mécontents qui considéreraient qu’il n’y aurait toujours pas plus de représentativité, mais elle risquerait cependant d’empêcher la constitution de majorité gouvernementale stable. Bref, cette proposition de loi ne répondrait à aucun des objectifs parfois contradictoires qu’un mode de scrutin est censé fixer.

De plus, cette proposition créerait deux types de députés, des députés élus à la proportionnelle et des députés élus au scrutin majoritaire. Certes, cela existe déjà avec les sénateurs, à cela près que les députés ont le dernier mot dans le processus législatif, et sont élus par le peuple en entier, pas les grands électeurs, ce qui est un peu différent donc en termes d’équité entre les électeurs. On imaginerait facilement que les états-majors des grands partis réserveraient les premières places de leurs listes dans les grandes agglomérations pour leurs apparatchiks sans se soucier s’ils plairaient à leurs propres électeurs.

La proportionnelle tout comme plus généralement les institutions n’ont rien à voir avec le discrédit qui peut toucher la classe politique. Ce sont les personnes qui sont en cause, pas les structures. Depuis 2017, la classe politique s’est considérablement renouvelée (et rajeunie, et féminisée), de jeunes talents nouvellement élus ont pu se faire entendre depuis près de quatre ans au sein des principaux partis (LREM, LR, UDI, FI, RN), à l’exception peut-être du PS laminé aux dernières élections. C’est la pertinence de leurs discours qui fera que l’abstention s’aggravera ou pas. Le capacité à mobiliser, à redynamiser, à restaurer la grandeur du pays. Le mode de scrutin n’y est pour rien. En revanche, le mode de scrutin a une importance stratégique dans la constitution de majorité gouvernementale efficace et stable. Qu’on ne nous retire pas ce dispositif de scrutin majoritaire si nécessaire au peuple français laissé par De Gaulle !…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 février 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La proportionnelle en 2021 ?
François Bayrou.
Marielle de Sarnez.
François Bayrou sera-t-il le Jean Monnet du XXIsiècle ?
Le scrutin proportionnel.
Vive la Cinquième République !

_yartiBayrou2021A03


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24 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 février 09:19

    “Plus aucun citoyen ne croit qu’il puisse aujourd’hui changer concrètement sa vie, sa propre vie, par son bulletin de vote.”

    François Bayrou - Penser le changement


    • Gégène Gégène 17 février 11:59

      @Séraphin Lampion

      changer le pansement ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 février 17:22

      @Gégène

      joli, je l’avais pas vue !


    • Xenozoid Résistance is futile 17 février 17:38

      @Séraphin Lampion

      yeah indeed, bien vu @Gégène


    • BuSab 17 février 09:32

      Article très intéressant et plutôt complet, je plussois


      • chantecler chantecler 17 février 09:40

        Mouarf !

        J’ai lu mille fois que F. Mitterrand avait favorisé machiavellement le FN...

        Vla t’y pas que la proportionnelle a été imposé par Chirac, premier ministre , selon ces mémoires .


        • Aristide Aristide 17 février 10:02

          La proportionnelle est pour moi le type même de fausse bonne idée..

          La représentativité serait meilleure : cela est incontestable. Mais il existe à mon sens un défaut majeur. La multiplication des partis interdit pratiquement de dégager une majorité par l’éparpillement des voix. En résultat, les partis sont amenés à négocier après les élections sur la base de leur résultat à l’élection. Personne ne sait lors de l’élection ce que sera le programme, les alliances ne sont pas encore scellées ...

          La proportionnelle induit automatiquement ces manœuvres post élections où les partis négocient les programmes, les postes de pouvoir, ... Au gré des élections ces alliances changent ... et de temps en temps de manière radicale. 

          L’électeur donne un blanc-seing à un parti non pas pour appliquer un programme identifié et soutenu par une alliance connue à l’avance, mais il donne à son parti une espèce de mandat de négociation sans savoir ce qui sortira des négociations post électorales.


          • amiaplacidus amiaplacidus 17 février 12:17

            @Aristide

            C’est vrai que notre voisin, la Suisse, qui connaît la proportionnelle intégrale, est particulièrement mal gérée....
            Au contraire de la France, qui a un système exemplaire, aucune magouille possible ...


          • Laconique Laconique 17 février 10:25

            François Bayrou gouvernera.


            • Albert123 17 février 10:59

              @Laconique

              « François Bayrou gouvernera. »

              avec les crétins masqués seuls dans leur bagnole, il a effectivement toutes ses chances.

              mais bon même Camelia Jordana et Assa Traoré ont leur chance avec un électorat pareil.


            • sophie 17 février 11:18

              @Laconique
              Il faut se dépécher tout de même , en 2022 il aura déja 70 ans.


            • Octave Lebel Octave Lebel 17 février 10:58

              Désolé pour ces gros mots, c’est notre Constitution.

              Que d’enfilade de perles et bêtises voulues et fabriquées de toute pièce me semble-t-il si on se réfère à vos écrits sur d’autres sujets ne relevant pas de propagande à chaud.

              C’est donc l’idée que vous vous faites d’une partie de nos lecteurs susceptibles de gober tout cru ces calembredaines déguisées en observations frappées au coin du bon sens ?

              Décidément vous oubliez ou voulez faire oublier que, munis de leur bon sens propre 62% de nos concitoyens en s’abstenant ont envoyé une motion de censure populaire à vos champions de l’Assemblée Nationale le groupe LREM qui, oh miracle républicain, avec 14.5% des voix au premier tour a obtenu 350 députés sur 577 à l’issue du second tour. Il y vraiment de quoi avoir envie de chanter la Marseillaise en cœur.

              Quelques évidences dérangeantes dont il ne faut surtout pas parler entre électeurs qui pourraient se rappeler qu’ils sont censés être ensemble le peuple souverain d’une république (désolé pour ces gros mots, c’est notre constitution).

               

              Concernant les élections présidentielles, une fois de plus tout sera fait pour que les citoyens ne pensent pas à s’interroger sur une démocratie où tout le pouvoir (celui de siéger notamment au Conseil Européen où se décide sous l’autorité de la Commission Européenne la feuille de route des pays) se gagne pour 5 ans sans véritables contre-pouvoirs institutionnels dans les faits et dont l’enjeu est de donner ou non un tour de vis supplémentaire à la prédominance de l’UE néolibérale sur l’ensemble de notre vie publique et maintenant bien au-delà. Même si, vu le contexte, quelques envolées planificatrices tentent de donner le change pour les naïfs. Le pouvoir n’est pas au « parlement » européen, en fait il n’y a là aucun véritable pouvoir consistant si ce n’est d’influence pour les lobbys.

              Nos responsables politiques sont faibles, ils ont une assise politique fragile (énorme perte de confiance et élections par défaut) parce que leurs priorités sont de se faire réélire en s’appuyant sur des instituions qu’ils ont affaiblies tout en trouvant un créneau crédible entre les injonctions de l’UE et les pressions du monde économique en ayant l’air d’être en capacité de prendre des engagements devant les électeurs.


              • Octave Lebel Octave Lebel 17 février 11:14

                Je remets ici quelques repères pour réflexion :

                Je pense qu’il y a à l’évidence une aspiration démocratique dans notre pays et que nous sommes entretenus dans une situation schizophrénique notamment du fait de la structuration et du fonctionnement actuel des médias.

                Il y a du plus et du moins. En 2017, existence d’une véritable dynamique à mon sens étouffée par la puissance, l’intelligence et la détermination de la sphère politico-médiatique.

                Visiblement certains ont compris un peu tard l’importance de la non dispersion au premier tour (poids des votes blancs/nuls/abstentions au scd puis plus tard aux législatives).

                Les dernières élections et leur traitement médiatique signent à mon sens un véritable recul démocratique sans trop de réactivité. Il en est de même pour le fonctionnement de l’Assemblée Nationale.

                Présidentielles 2017 :

                Évolutions des votes entre le 1er et second tour

                Votes blancs : de 659 997 à 3 021 499 (x 4.6)

                Votes nuls : de 289 337 à 1 064 225 (x 3.68)

                Abstentions : de 10 578 455 à 12 101 366 (x 1.14)

                  Résultats second tour :

                E Macron : 20.8 millions

                M Le Pen : 10.6 millions

                Absentions : 12.1 millions

                Blancs+nuls : 4.07 millions

                 Abstentions, nuls et blancs lors des législatives 2017 : 62%

                Elections européennes 2019  : scrutin de liste bloquée à un tour, taux d’absentions 49.88% (plus de 70% de notre législation découle du droit européen).

                Elections municipales : 30 000 maires élus au 1er tour le 15 mars 2020 en l’absence de 55% des électeurs contre 7600 en 2014 appuyés sur 64% de leurs concitoyens. 60% d’abstentions au second tour et des élus qui représentent entre 10 et 20 % du corps électoral.

                Elections sénatoriales 2020 : renouvellement de la moitié des mandats de la chambre haute (vote obligatoire) pour un mandat valable jusqu’en 2026 par les nouveaux élus municipaux composant la plus grande part de ce corps électoral.

                Représentativité de l’Assemblée Nationale 2017 :

                  LREM avec 14.5% des inscrits au 1er tour a obtenu 350 députés (AN= 577 députés) à l’issue du second tour.

                4.5% des députés sont des employés (27.4% de la population active)

                0% ouvriers (20.3% de la population active )

                Un député actuellement a été élu avec un pourcentage compris entre 18 et 23% du corps électoral.

                 


                • jef88 jef88 17 février 11:41

                  Ce qu’il désire (très fort) , c’est pouvoir accéder à un poste de pouvoir ! ! ! 


                  • HELIOS HELIOS 17 février 11:42

                    ... la vérité de la proportionnelle... c’est que lorsqu’on donne un semblant de pouvoir a quelqu’un son seul objectif est d’augmenter ce pouvoir et surtout ne pas rendre des comptes sur son action.

                    A partir de là, la proportionnelle est l’exact mécanisme qui permet a n’importe qui d’accéder au pouvoir et évidement de le perdre.

                    Tous les arguments avancés pour devaloriser la proportionnelle sont nuls et non avenus parce que tout simplement, ceux qui sont arrivés au pouvoir, n’envisagent même pas rester dans le statut de representant de ceux qui les ont elus (tous, même ceux qui n’ont pas voté pour eux)... 

                    L’éloignement supposé (rire ... et ridicule), les accords supposés qui seraient antidémocratiques ne sont que faux nez pour cacher que ces elus preferent les salons parisiens, leurs petites prérogatives de parlementaire pour oublier que leur boulot temporaire le temps d’un mandat  n’est que destiné au bien public, l’interet du pays et des citoyens qui les ont choisis.

                    et je rajouterai, que tous ceux qui sont opposés a la proportionnelle sont ceux qui votent comme un seul homme (il y a tres peu d’exception) sous les ordres du parti, qui considèrent que la volonté des citoyens est « nefaste », qu’ils ne mesurent pas la réalité, l’ideologie gouvernementale... les citoynes sont juste la pour les élire et payer leur manipulations dispendieuses..

                    si j’ai un seul exemple a vous donner, c’est l’ensemble du parlement lors du vote sur le traité de Lisbonne alors que le choix citoyen en avait rejeté la forme et le fond en 2005.

                    Le peuple actuellement ne se déplace plus aux urnes, car son vote est effectivement bafoué, justement parce qu’une fois elu, c’est une garantie de continuité pour ceux qui confisquent la démocratie.

                    Emmanuel Macron, ou ses conseillés, l’ont bien compris et tentent de donner encore 5 ans et surement plus a un systeme qui aurait déjà du être éffacé : il a promis une dose de proportionnelle tellement il a peur d’etre completement balayé du pouvoir, lui, ses soutiens et la poignée d’homme de paille assis sur des trônes qu’ils ne meritent en général pas pour leur fatuité et leur roublardise. 

                    Vous verrez, malgré les promesses il n’essaie de mettre en oeuvre celles qui sont discutables mais surtout pas celle qui l’ont aidé a se faire élire : CQFD


                    • Octave Lebel Octave Lebel 17 février 12:07

                      Mauvais esprit

                      Quel sens cela a de discuter de proportionnelle en dehors de l’examen global d’un système institutionnel, de l’articulation des pouvoirs et contre-pouvoirs  et de la hiérarchie des normes qui installe le droit européen au sommet de la pyramide ?

                      Si vous n’êtes pas sûr de tout comprendre, rassurez-vous, ce n’est pas de votre fait. C’est fait exprès.


                      Vote ou ne vote pas, tais-toi et ne réfléchis pas et tu seras plus heureux ou moins contrarié. Des gens compétents et instruits qui contrairement à toi savent de quoi ils parlent décident de tout pour ton bien pour quelques voix de plus ou de moins. Corrigent au besoin les erreurs de vote que tu as commises. Sont responsables des effets des politiques dont tu te plains ce qui les qualifient pour te promettre de nouvelles solutions.

                      On ne te demande pas grand-chose, tu pourrais être reconnaissant à la fin. Sinon, prends garde à toi ♪♫♪.

                       

                      Autant jouer alors à colin-maillard en musique dans le bureau de vote ? Oui et elle est fournie gratuitement (ou presque) par le grand orchestre médiatique et ses petits orchestres locaux. Ce n’est pas ce que tu demandes ?

                       


                      • Taverne Taverne 17 février 12:18

                        L’argument de dire que ce n’est pas le bon moment est à rejeter car c’est Macron qui a tardé à mettre en œuvre sa promesse. Par ailleurs, je ne vois pas comment un réforme de scrutin serait un danger pour la crise sanitaire.

                        Le scrutin à la RP permettrait les débats à l’Assemblée. Mais il est vrai que l’auteur ignore ce qu’est un débat, lui qui n’’est jamais intervenu dans les débats sous ses articles.

                        La seule alternative pour les partisans de la RP sera-t-elle de voter pour Mélenchon ou Le Pen (et plutôt pour cette dernière qui a le plus de chance d’être au second tour ?


                        • beo111 beo111 17 février 14:41

                          Le problème n’est pas tant dans le système proportionnel que dans le scrutin de listes.

                          Et d’autre part effectivement, le lapin Bayrou aurait du se réveiller avant.

                          D’autant plus que la crise des Gilets jaunes est avant tout un problème de représentativité politique, si j’ai bien compris.


                          • Attila Attila 17 février 18:58

                            @beo111
                            Le géographe Christophe Guilluy avait étudié la fracture entre les français dans son célèbre livre « La France périphérique ». Le mouvement des Gilets Jaunes, ceux du début, sont exactement ceux qu’il avait décrit comme des exclus de la mondialisation.
                            Une de ses observations était, comme vous le dites, qu’aucun mouvement politique ne représentait et défendait les intérêts de ces français.

                            .


                          • zygzornifle zygzornifle 17 février 16:07

                            Bayrou le mérou, chef incon testé de l’extrême centre, lécheur de la prostate a Macron, en 2022 il va faire la campagne a Macron a lui tout seul et ensuite il retournera a ses tétages .... 


                            • Occitan Occitan 18 février 08:43

                              @zygzornifle
                              Salut Zyg
                              Bayrou a oublié de passer à (au moins) l’ADSL voire à la Fibre...
                              Il en est encore au Modem de 56 ko...
                              Et il rame, il rame et il rame encore et toujours.....


                            • ETTORE ETTORE 17 février 18:01

                              Effarant ! Le Bayrou tractorisé !

                              En fait.... La REM, c’est quoi ? Une dépendance de Cayenne où sont embastillés tous les échantillons politiques, pouvant donner de les mauvaise graine de courges à germer au Monarc.

                              Il leur a trouvé une cellule ( pas de moine, mais de moins que rien), certains cultivent le jardin aux vertes herbes aromatiques, d’autres sont en noire prière intérieure, d’autres for-niquent allègrement, mais beaucoup de temps est consacré au pouvoir du Monarc, gérant des soutanes, qui si elles étaient de bronze, on entendrait sonner le glas !

                              C’est vrai que, niveau servant de messe, Rakoto tient les bur(n)ettes et le cierge.

                              C’est ce qui le tient en extase et en lumière, à l’ombre du Pipeauté de l’Elysée.


                              • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 18 février 05:44

                                Tiens, moi qui était venu sur internet pour fuir les médias traditionnels, on est servi avec vous.


                                • devphil30 devphil30 18 février 06:49

                                  Toujours a flatter le puissant

                                  On a eu des articles sur le super bayrou maintenant on flatte le roitelet ainsi vont les courtisans

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