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La Grande Trahison

Nombreux sont ceux qui s’accordent à penser que nous avons connu deux périodes après la deuxième guerre mondiale. La première est communément appelée « Les trente glorieuses ». Elle serait donc suivie des « désastreuses ». C’est du moins ce que nous pourrions dire mais nous emploierons d’autres vocables afin de bien nous démarquer de ceux qui n’expliquent rien en lançant des étiquettes qui viennent se substituer à une argumentation. Comme si ces étiquettes représentaient des divinités sur lesquelles nous n’aurions aucune prise mais que nous devrions accepter. Nous pensons pour notre part que s’il y a eu effectivement un tournant vers 1983, il est le fait de l’activité des hommes et non pas d’une force sur laquelle les hommes n’auraient aucune prise et qu’ils devraient donc se contenter de subir sans broncher. Nous ne nous étonnons pas, par exemple, que tous les médias appartenant à quelques milliardaires expliquent qu’il était possible à la suite de mai 1968 de concéder des avantages aux masses laborieuses mais que ce serait impossible aujourd’hui. Si vous demandez pourquoi, ils vous répondront : « Mais, c’était les trente glorieuses ».

Nous avons en effet connu une période de progrès social, d’augmentation du pouvoir d’achat, de conquête de libertés et brutalement au cours des années Mitterrand nous avons vu s’ouvrir une période de régression dans tous les domaines, de remise en question du « modèle social de 1945 », d’atteinte aux libertés individuelles… Cela s’est prolongé d’un Président de la République à l’autre jusqu’à aujourd’hui avec des attaques de plus en plus violentes contre les plus démunis au profit des plus riches. Remarquons au passage que, dans cette période de régression, les Présidents dits « de gauche » abandonnent leurs promesses en cours de mandat tandis que les Présidents dits « de droite » non seulement vont au bout de leurs promesses mais ils y ajoutent des agressions supplémentaires. Le tournant entre ces deux périodes n’a pas été provoqué par des divinités mais par des hommes et, puisqu’il nous convient d’avoir nos propres étiquettes, nous l’appellerons « la grande trahison ».

Ce tournant se situe vers 1983. Nous retiendrons, comme date charnière, la démission d’Alain Savary le 12 juillet 1984. Elle sera suivie de la démission du premier ministre Pierre Mauroy le 17 juillet 1984 ce qui marque assurément un changement d’orientation. Cependant le tournant de la rigueur avait été amorcé dès 1983 par Pierre Mauroy en nommant Jacques Delors comme ministre des finances. Il s’agit alors essentiellement d’abandonner les promesses du Programme Commun d’Union de la Gauche sur lequel s’était fait élire François Mitterrand. Parmi ces promesses, la question d’une véritable réforme laïque de l’enseignement était au centre des préoccupations de tous. A l’évidence, des forces opposées se cristallisaient sur cette question.

Or, précisément, François Mitterrand a toujours été un défenseur de la hiérarchie catholique et cela tout particulièrement sous le régime de Vichy. Rappelons que pendant cette période l’église catholique soutenait la lutte des nazis contre le « bolchévisme » en s’accommodant très bien du sort réservé aux juifs. With god on our side ! Amen ! François Mitterrand a donc œuvré, dès qu’il a été élu, pour sauver les intérêts de la hiérarchie catholique menacés par cette réforme tant attendue par le peuple. Mais, son Ministre de l’Education Nationale, Alain Savary, lui a fait l’affront de lui présenter en 1982 un projet de "grand service public laïque et unifié" de l'éducation. Alain Savary sera désormais l’homme politique que François Mitterrand détestera le plus quoiqu’il sera bientôt concurrencé à ce grade par Michel Roccard. Mais de 1981 à 1983, François Mitterrand ne pouvait pas encore s’affranchir de toutes les promesses sur lesquelles il était engagé ce qui l’obligeait à devoir supporter Alain Savary. Il pouvait admettre d’avoir à le supporter mais il était hors de question de laisser passer sa loi. Pourtant cette loi Savary était loin de reprendre les revendications du Programme Commun de la Gauche. C’était un compromis que même l’UNAPEL et l’archevêque de Paris jugeaient à peu près acceptable. Mitterrand fait donc traîner l’affaire. Son premier ministre accepte en 1983 de reporter à nouveau la réforme tout en annonçant le tournant de la rigueur. Ce n'est que le 18 avril 1984 que le projet est adopté par le Conseil des ministres et la loi est votée par l’assemblée nationale le 22 mai 1984.

Mitterrand reçoit les archiprêtres et autres représentants du Pape, et élabore avec eux une stratégie pour que cette loi soit enterrée. Il met l’appareil d’Etat à leur service, en particulier la télé, pour qu’ils organisent une manifestation à Versailles le 4 mars 1984. Les journalistes aux ordres ne trouveront jamais de termes assez forts pour majorer la réalité : grande, très grande, énorme, marée humaine, déferlement, rassemblement le plus important depuis 1944… Cela est évidemment faux. La manifestation du 13 mai 1968 était beaucoup plus importante que celle des versaillais et si les organisations ouvrières avaient appelé à une contre-manifestation on aurait assisté à un raz-de-marée. C’est, bien évidemment ce que ne veut pas François Mitterrand. C’est pourquoi, dans le même temps, il s’emploie à engluer la mobilisation populaire. Il étudie la question avec le CNAL (Comité National d’Action Laïque). Le peuple veut sa réforme. On va l’appeler à manifester dans 7 manifestations dispersées pour faire pâle figure en comparaison avec la manifestation unique des versaillais. Mitterrand peut enfin sortir son arme élaborée avec les représentants du pape. Désormais de la tête du PS jusqu’au plus petit militant de base, ceux qui continueront à réclamer leur réforme laïque se feront fermer le clapet avec le fameux « Mais alors ! Vous voulez la guerre civile ». Et à ceux qui parleront à Mitterrand de ses engagements avec le programme commun, il affichera son mépris de la démocratie en répondant « Bof ! Ce programme, je ne l’ai jamais lu ! ». François Mitterrand peut alors décider le 12 juillet 1984 de retirer le projet de loi. La trahison est consommée. Si Mitterrand n’avait pas eu cette volonté de trahir, une véritable réforme laïque aurait dû être élaborée et votée à l’automne 1981 et définitivement mise en place à la rentrée scolaire de l’automne 1982. Cette trahison est une cuisante défaite pour le peuple français. Elle ouvre la porte à toutes les mesures de régression sociale qui vont maintenant se succéder sans discontinuer quelle que soit la configuration du gouvernement en place. Elle est assumée par tout le PS notamment par les nombreux jeunes cadres qui viennent de chez les « lambertistes » et qui considéreront cette trahison comme une aubaine pour mener une carrière de politiciens professionnels. Pour eux commence l’apprentissage, sous la houlette de Mitterrand, de la fourberie, de la manipulation, des demi-vérités, des vrais mensonges, du double langage... Dès lors, ils vont commencer à défendre une politique d’austérité tandis que s’ouvre pour eux-mêmes une période d’opulence.

Jean-Luc Mélenchon fait partie des premiers « ex-lambertistes » à avoir rejoint le PS. Comme pour Lionel Jospin, il existe un flou sur les dates puisqu’il est dit d’une part qu’il était dirigeant de l’OCI à Besançon de 1972 à 1979 et d’autre part qu’il aurait rejoint le PS en 1976. Peu importe car ce qui nous intéresse ce sont les premières années sous la présidence de Mitterrand. Jean-Luc Mélenchon ne renie rien de son engagement au PS pendant cette période et il prétend que les premières années de Mitterrand à l’Elysée ont amené des conquêtes ouvrières.

Nous rappelons, pour notre part, quelles sont les premières mesures réactionnaires prises dès cette époque :

  • Introduction de la flexibilité du temps de travail (modulation des horaires sur la semaine).
  • Désindexation des salaires et des prix entraînant une baisse du pouvoir d’achat de 20% sur 10 ans.
  • Budget global hospitalier entraînant des milliers de suppressions de lits puisqu’il s’agit d’une « enveloppe » annuelle à ne pas dépasser alors que précédemment, les hôpitaux étaient financés selon le nombre de journées d’hospitalisation (« le prix de journée »). Ajoutons à cela le forfait hospitalier, le tout sous l’égide de Jack Ralite, ministre PCF de la santé de 1981 à 1983.
  • Dès juin 1981, au Luxembourg, le gouvernement de Pierre Mauroy donne son approbation à la poursuite de la politique de réduction des capacités de production de la sidérurgie européenne et donc lorraine. C’est la première trahison des nouveaux gouvernants. Bien d’autres suivront. Ce plan acier avec les 25 000 suppressions d’emploi marque le début de la saignée industrielle.
  • Dénonciation islamophobe contre les grévistes de Talbot (absorbé par PSA) qui sont en grève contre les licenciements. Le Premier Ministre Pierre Mauroy déclare, sans aucune honte, le 27 janvier 1983 au journal Nord-Eclair : « les principales difficultés qui demeurent sont posées par des travailleurs immigrés (…) agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises ».
  • Dès le 29 octobre 1981 une loi autorise les Centres de Rétention avec toutes les pratiques qui y sont associées contre les immigrés.
  • En 1982, les quatre lois Auroux sont une attaque contre le droit du travail. Elles promeuvent les négociations dans les entreprises au détriment des branches et permettent au nom de la « libre expression » des salariés de court-circuiter les syndicats.
  • Promotion du travail précaire à travers la mise en place des TUC (travaux d’utilité publique) qui n’ouvre aucun droit sur un développement de carrière.
  • Amnistie des généraux criminels de l’OAS. Mitterrand se souvient de l’époque où en tant que ministre de l’intérieur il dirigeait la chasse aux nationalistes algériens puis de l’époque où en tant que ministre de la justice il était le patron des guillotineurs de militants du FLN et de Fernand Yveton.
  • Mitterrand se recueille sur la tombe de Pétain. Mitterrand se souvient aussi de la période où pour demander la francisque il avait dit : « Je fais don de ma personne au Maréchal Pétain comme il a fait don de la sienne à la France. Je m'engage à servir ses disciplines et à rester fidèle à sa personne et à son œuvre ». Il a été plus fidèle à ce serment qu’aux promesses de sa campagne électorale.

Nous nous en tenons là mais les mesures de régression sociale seront pires dans les années suivantes notamment entre 2000 et 2002 quand Jean-Luc Mélenchon sera ministre délégué à l’enseignement professionnel.


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100 réactions à cet article    


  • Cateaufoncel 17 avril 12:26

    "...pendant cette période l’église catholique soutenait la lutte des nazis contre le « bolchévisme » en s’accommodant très bien du sort réservé aux juifs."

    On imagine mal qu’elle aurait pu s’accommoder du sort réservé aux chrétiens par la vermine communiste de l’époque. Aujourd’hui, avec un Bergoglio, ce serait pensable, mais pas à l’époque.

    Pour ce qui est de s’accommoder de la persécution des juifs, je laisse un catholique vous répondre, il y en a certainement qui ont de solides arguments. Je note simplement que Pie XII, qui a été énormément vilipendé a eu, à l’égard des juifs italiens, une attitude telle qu’à la fin de la guerre, le Grand Rabbin de Rome, Isräel Zolli, s’est converti au catholicisme en adoptant le double prénom du souverain pontife Eugenio (Pacelli) et Pio.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 13:46

      @Cateaufoncel

      Je me suis basé pour écrire cela sur le film « Amen » de Costa Gavras et donc sur la pièce de théâtre dont il s’est inspiré.
      J’ai pris connaissance depuis sans l’avoir lu entièrement du livre de Saul Friedländer « Pie XII et le IIIe Reich ; suivi de Pie XII et l’extermination des Juifs : un réexamen ». Il semble indiscutable aujourd’hui que la hiérarchie catholique était informée du sort réservé aux juifs par les nazis et qu’elle a choisi la passivité.
      Je sais aussi que la plupart de ceux qui ont été accusé de jouer un rôle dans la répression des juifs, à l’instar de Papon, ont mis en avant, pour se défendre, le fait, parfois contesté, qu’il leur est arrivé d’aider des juifs.


    • Cateaufoncel 17 avril 15:00

      @Jean Dugenêt

      Dans ce choix de sources particulièrement « orienté », il ne manque que Rolf Hochhuth. Quant à moi, je préfère me référer au témoignage de l’ex-Grand-Rabbin de Rome, Israël Zolli (1881-1956) qui a écrit, dans son autobiographie « La rayonnante charité du Pape, penché sur toutes les misères engendrées par la guerre, sa bonté pour mes coreligionnaires traqués, furent pour moi l’ouragan qui balaya mes scrupules à me faire catholique. », parce que j’ai beau cherché, je ne discerne pas la moindre arrière-pensée dans ces propos d’un homme de 72 ans, publiés en 1954.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 15:32

      @Cateaufoncel
      « je ne discerne pas la moindre arrière-pensée dans ces propos d’un homme de 72 ans, publiés en 1954. »
      Je veux bien vous croire. Neuf ans après la guerre, la plupart des français disaient encore qu’ils ne savaient rien de la shoah. Même chez moi : dans la Manche. Je me suis renseigné depuis et je sais qu’ils étaient tous au courant de l’existence d’un camp de concentration sur l’île d’Aurigny à quelques kilomètres de nos côtes mais ils n’en disaient pas un mot. La version quasi unanime était : « nous ne savions pas ».

      « Dans ce choix de sources particulièrement « orienté » ». Evidemment, ce type de jugement permet d’effacer à peu de frais toutes les sources qui dérangent. Je veux bien que vous donniez des faits qui prouveraient soit que la hiérarchie catholique ne savait pas soit qu’elle s’est opposée à la shoah.


    • Paul Leleu 17 avril 19:13

      @Cateaufoncel


      pfff.... merci pour la « vermine communiste »... sans le sacrifice héroïque de 25 millions de soviétiques, la France vivrait toujours à l’heure allemande... les anglo-américains auraient été rejetés à la mer... mais il faut dire que les vendéens étaient déjà des collabos des anglais... une vieille tradition anti-française... et Thiers et ses « versaillais », qui signèrent un pacte avec les Prussiens, afin de retourner leur vermine bretonne contre les patriotes parisiens socialistes, qui résistaient encore... des dizaines de milliers de fusillés et plus encore de déportés... et la meuringue du Sacré-Coeur en souvenir... l’église catholique s’est complètement fourvoyée et coupée du Peuple... 

      Quant à l’Europe de l’Est, force est de constater qu’elle a beaucoup mieux conservée sa culture et ses traditions que l’Europe de l’Ouest. Ca donne à réfléchir... Là bas on ne méprisait pas la culture comme ici. 

    • foufouille foufouille 17 avril 19:26

      @Paul Leleuans les soviétiques berlin aurait été atomiser . dans le cas contraire, avec les V3, hitler aurait aussi pu gagner contre une partie des USA ou de l’URSS.
      personne n’a rien fait pour rien.


    • Et hop ! Et hop ! 17 avril 19:38

      @Jean Dugenêt : Ce film est une oeuvre de propagande communiste, vous ne le savez pas.


      Vous dites :

      «  Rappelons que pendant cette période l’église catholique soutenait la lutte des nazis contre le « bolchévisme » en s’accommodant très bien du sort réservé aux juifs. »

      L’Église catholique a officiellement condamné en 1938 l’idéologie nazie à cause de son ontologie raciste, et le communisme « comme doctrine intrinsèquement perverse ». Ces encycliques avaient été rédigées par le futur pape Pie XII, alors nonce en Allemagne, et c’est contre deuxième condamnation, qui était encore plus justifiée, que cette calomnie contre le pape Pie XII.
      Que autre chef d’État ou intellectuel a condamné l’idéologie et le régime nazi cette année 1938 ?


      L’Église catholique est l’organisation qui a apporté en France le plus d’aide et de secours aux Juifs persécutés, à la fois le clergé séculier (les curés) et régulier (les religieuses). Mgr salière est très représentatif de l’action du Clergé de France en 1942, ce qui n’est pas antinomique avec le soutien du Régime de Vichy qui est parvenu à sauver de la déportation presque tous les Français juifs. C’est pour cela que Pie XII a été extrêmement honoré par les Israéliens après 1945, notamment par Mme Golda Meir.



    • Et hop ! Et hop ! 17 avril 19:39

      @Et hop !  L’encyclique du pape collaborateur et lâche.



    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 20:45

      @Et hop !

      Je ne parle pas de cela. Nous savons qu’avant que commence l’extermination des juifs la hiérarchie catholique avait protesté sur plusieurs points contre le régime nazi notamment à propos de l’extermination des handicapés tout particulièrement des handicapés mentaux. Celui qui allait devenir pie XII faisait partie des protestataires.
      Ce dont il est question dans mon article c’est de l’extermination des juifs. J’affirme que la hiérarchie catholique en a été informée et a choisi délibérément de rester passive. C’était effectivement pie XII qui était le pape. Notons d’ailleurs que le pape a été informé par des « prélats » allemands qui occupaient un rang déjà élevé dans la hiérarchie. Je ne peux de mémoire vous donner les détails mais tout cela se trouve dans le scénario du film « Amen ».


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 22:35

      @Et hop !
      "ce qui n’est pas antinomique avec le soutien du Régime de Vichy qui est parvenu à sauver de la déportation presque tous les Français juifs"

      Vous m’apprenez là beaucoup de choses et j’en suis très surpris.
      Donc :
      1. presque tous les français juifs ont été sauvés de la déportation (Ceux du Vél d’Hiv par exemple sont allés dans une colonie de vacances puis ils sont rentrés tranquillement chez eux si je vous suis bien)
      2. Ce miracle a été possible grâce au régime de Vichy. Alors là, j’ai tort de critiquer Mitterrand !

      Soyons sérieux. Dîtes-nous sur quoi vous vous appuyez pour affirmer cela.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 22:43

      @Et hop !
      « Quel (...) intellectuel a condamné l’idéologie et le régime nazi cette année 1938 ? ».
      Les allemands qui étaient déjà dans des camps de concentration ou réfugiés dans divers pays dont la France. Ils étaient nombreux et les plus brillants intellectuels en faisait évidemment partie notamment ceux qui militaient dans le mouvement ouvrier (socialistes, communistes, trotskystes...). Ils étaient condamnés par le nazisme. Les allemands ont été les premières victimes du nazisme. Quand Hitler a signé l’armistice avec la France il a exigé que Pétain lui livre les allemands réfugiés en France.


    • Cateaufoncel 18 avril 00:19

      @Jean Dugenêt

      « Neuf ans après la guerre, la plupart des français disaient encore qu’ils ne savaient rien de la shoah. »

      Je n’arrive pas à imaginer que le Grand Rabbin de Rome se soit trouvé dans le même cas. S’il s’est réfugié au Vatican, en septembre 1943, ce n’était pas parce que la nourriture y était plus abondante et plus variée.


    • Cateaufoncel 18 avril 00:22

      @Paul Leleu

      « …sans le sacrifice héroïque de 25 millions de soviétiques… »

      En fait, c’étaient 25 millions de Russes. Je vous invite à reprendre le discours radiodiffusé de Staline du 3 juillet 1941, le premier après le début de l’agression allemande. Il n’y est à aucun moment question de communisme, de soviétisme, de bolchevisme, de révolution, de prolétariat, de parti, et autres allusions au régime. En revanche, le terme « Patrie » revient onze fois.

      Au moment du danger suprême, Staline avait compris que l’heure n’était plus aux gesticulations idéologiques, mais à la défense de la patrie, de la terre des pères, qui avait tenu tête à Napoléon. Et tant pis pour les deux couillons du Manifeste.

      « Quant à l’Europe de l’Est, force est de constater qu’elle a beaucoup mieux conservée sa culture et ses traditions que l’Europe de l’Ouest.  »

      Ca, je dois reconnaître que j’ai moi-même été surpris de la rapidité avec laquelle les églises se sont remplies, dès que les liens se sont desserrés. Et la résistance du Groupe de Visegràd contraste avec la déculturation du peuple français, où la culture traditionnelle est devenue une affaire de bouseux et de péquenots.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 18 avril 08:38

      @Cateaufoncel

      Je pense moi aussi que tous les juifs étaient au courant et, de plus, qu’il y avait beaucoup de mauvaise foi chez ceux qui prétendaient ne rien savoir. Anne Franck, qui était isolée dans son grenier, décrivait dans son journal ce qui se passait et ceux qui étaient libres ont prétendu ne pas savoir. Ils pensaient sans doute que les juifs qui se faisaient arrêter étaient emmenés en colonie de vacances.


    • Et hop ! Et hop ! 19 avril 10:08

      @Jean Dugenêt : «  Vous m’apprenez là beaucoup de choses et j’en suis très surpris.
      Donc :
      1. presque tous les Français juifs ont été sauvés de la déportation (Ceux du Vél d’Hiv par exemple sont allés dans une colonie de vacances puis ils sont rentrés tranquillement chez eux si je vous suis bien)
      2. Ce miracle a été possible grâce au régime de Vichy. Alors là, j’ai tort de critiquer Mitterrand ! »


      Vous ne pouvez pas ignorer que la quasi totalité des juifs déportés depuis la France étaient des étrangers dits apatrides, c’est-à-dire des ressortissants de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Pologne, et autres pays occupés par l’Allemagne ou l’URSS, sur lesquels le gouvernement français n’avait pas autorité.

      Je vous parle bien des Français juifs, il y a bien eu un refus catégorique de Vichy de les comprendre dans les exigences de déportation dans ce qui était à l’époque des camps de travail allemands, il y a eu aussi un double jeux de l’administration pour permettre à de nombreux juifs d’échapper au filet ou de se reclasser. 

      Les Français juifs étaient des bourgeois patriotes qui étaient en bon terme avec Vichy, le Consistoire central avait été déménagé à Limoges, il y avait des Juifs qui soutenaient Vichy comme Emmanuel Berl qui a rédigé des discours célèbres, il y avait l’UGIF. Par contre les communistes, très souvent juifs, étaient combattus, pas pour une question de race.

      Ce sont les communistes qui ont écrit l’histoire de cette période et qui se sont donnés rétrospectivement le beau rôle, alors qu’ils étaient du côté des nazis au moment où la France a été envahie par l’armée allemande, et que dans les camps de déportation ils contrôlaient presque toujours le choix des kapos et la discipline du camp.


    • Et hop ! Et hop ! 19 avril 10:10

      @Jean Dugenêt : 


      Le Journal d’Anne Frank a été en partie réécrit par son père après la guerre, il l’a reconnu, donc vous ne pouvez pas l’utiliser comme témoignage historique.

    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 19 avril 15:28

      @Et hop !

      "Vous ne pouvez pas ignorer que la quasi totalité des juifs déportés depuis la France étaient des étrangers dits apatrides, c’est-à-dire des ressortissants de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Pologne, et autres pays occupés par l’Allemagne ou l’URSS, sur lesquels le gouvernement français n’avait pas autorité."

      Cela est faux. Vous reprenez ici à votre compte le postulat selon lequel la question juive en France était un problème d’immigration et de réfugiés juifs d’Europe orientale et centrale. Ce postulat a, pendant un temps, été défendu par la direction de l’UGIF composée essentiellement d’éléments conservateurs de la bourgeoisie juive assimilée. Ceux-ci ont, plus tard, été accusés d’être à la tête d’une instance de collaboration avec le régime de Vichy par des juifs « de gauche ». Ils ont, en fin de compte, eux aussi été des victimes et ont donc payé très cher leurs erreurs. Si on peut dire, en effet , qu’ils ont pendant un moment collaboré avec Vichy comme vous l’expliquez, il ne faut pas généraliser, comme vous le faites, à tous les juifs de France alors que n’étaient concernés, je le répète, qu’une minorité.

      Je ne peux pas reprendre ici toute l’histoire de ce qui s’est effectivement passé mais je vous invite par exemple à regarder ce que la wikipédia dit de l’UGIF (Union Générale des Israélites de France).


    • cassini 17 avril 12:37

      J’aime beaucoup le petit paragraphe sur les « dénonciations islamophobes ». 


      Article qui s’inquiète si l’on n’aime pas la religion musulmane mais ne se met pas tant en peine pour les autres. 
      Article encore meilleur que l’épisode de ce jour des aventures de notre envoyée spéciale à Donetsk. 

      • V_Parlier V_Parlier 17 avril 16:27

        @cassini
        Si le présent article relève d’un obsession jacobine « allahique » ringarde et ennuyeuse (je ne suis pas arrivé à la fin), ce que vous appelez les « aventures de notre envoyée spéciale à Donetsk » n’ont aucun rapport avec ça. L’article ci-dessus ne fait que trouver des excuses superficielles et discutables aux problèmes de l’Occident d’aujourd’hui, sans aller au fonds des choses. Obsession jacobine prétentieuse oblige.


      • Aristide Aristide 17 avril 14:02

        Un article rédigé avec un « nous » dont nous ne connaissons rien. Qui est donc ce « nous ».


        • ZenZoe ZenZoe 17 avril 14:14

          @Aristide
          Ben, l’auteur et lui-même bien sûr, façon reine d’Angleterre !


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 15:36

          @Aristide
          Oui. J’ai gardé cela de mon passage comme thésard. Les chercheurs appellent cela un « nous de modestie ». J’ai eu du mal a m’y faire. Cela me paraissait en fait prétentieux. Mais, peu importe...
          Pour savoir qui je suis vous pouvez toujours lire ma présentation. Bien sûr « Jean Dugenêt » est un pseudonyme. Je ne cherche pas la gloire mais je cherche à défendre des idées.


        • Aristide Aristide 17 avril 19:57

          @Jean Dugenêt

          J’aime bien ce « nous de modestie » réservé aux publications savantes, thèses et autres discours pour rendre justice à ses maîtres. La question reste donc entière.



        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 20:31

          @Aristide

          La réponse c’est que je suis seul à écrire et plusieurs à réfléchir à ces questions.


        • Aristide Aristide 17 avril 20:42

          @Jean Dugenêt


          C’était la question initiale, savoir qui sont ces « plusieurs », ce « nous ».

        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 20:47

          @Aristide
          Des amis, des militants de l’UPR. Mais je répète que c’est aussi et surtout un style d’écriture.


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 22:16

          @Aristide

          Au cas où vous voudriez davantage étiqueter les principes que je défends, je peux signaler que j’ai créé un groupe de discussion sur Facebook qui s’appelle FLEVITA. Ce groupe n’a d’ailleurs pas une activité débordante contrairement à ma page « Jean Dugenêt ».
          Mais FLEVITA est un anagramme choisi pour synthétiser les principes que je défends :

          Frexit
          Laïcité
           Exigence
           de Vérité
          Internationalisme
          Tolérance
          Antiracisme


        • Aristide Aristide 18 avril 09:32

          @Jean Dugenêt


          Ne soyez pas aussi modeste, ajoutez solidarité, justice, paix, .... Je vous laisse compléter tout ce qui suivra immanquablement votre premier principe : frexit. 

        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 18 avril 10:42

          @Aristide

          Je préfère ne pas utiliser les mots que tout le monde galvaude. Tout le monde est pour la paix ! Surtout les plus agressifs qui déclenchent des guerres pour faire la paix. Tout le monde est pour la justice. Le bourgeois veut davantage de justice pour ses employés. Il les nivèle par le bas ce qui accroit ses gains. C’est toute l’histoire par exemple des régimes spéciaux de retraite qui dérangent Arnault, Pinaut, Bettencourt, Drahi...
          Il est vrai aussi que tout le monde prétend dire la vérité surtout les enfumeurs et les islamophobes prétendent être laïques et féministes mais je m’emploie à rétablir la ... vérité.
          Je ne suis pas modeste en la matière. Je maintiens tout ce que j’écris et j’écris beaucoup.


        • Claudec Claudec 18 avril 10:49

          @Jean Dugenêt
          Mis à part le nombrilisme de cette réponse, détrompez-vous, ils sont nombreux ceux qui écrivent et pensent à ces questions. Le problèmes est qu’ils le font pour la plupart dans la facilité d’un conformisme affligeant, qui ne fait qu’alimenter la pensée unique donc par définition fausse.


        • Claudec Claudec 18 avril 16:49
          Eu égard à l’endroit où a été publié mon post ci-dessus (18/04 10:49) – ce qui pourrait le rendre incompréhensible – je précise qu’il se réfère à la réponse du 17 avril à 20:31 de l’auteur à Aristide,

          « @Aristide

          La réponse c’est que je suis seul à écrire et plusieurs à réfléchir à ces questions. »


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 18 avril 18:44

          @Claudec

          « ce qui pourrait le rendre incompréhensible » Il est vrai que je ne comprends pas bien mais cela ne me paraît pas très grave. J’ai eu l’impression qu’on me demandait de me présenter. Vous avez plusieurs éléments de réponse.
          - la présentation que j’ai rédigée pour AgoraVox. Je l’avais rédigée avant pour ma page Facebook.
          - Ma page Facebook qui s’appelle simplement « Jean Dugenêt ». Vous y trouverez tous mes articles dans leur dernière version. Je les modifie fréquemment.
          - Le groupe de discussion sur Facebook qui s’appelle FLEVITA.


        • ZenZoe ZenZoe 17 avril 14:40

          Je ne comprends pas bien pourquoi la création de centres de rétention pour clandestins a participé à la dégringolade de la France, ni pourquoi les propos de Mauroy sur les travailleurs immigrés sont jugés « réactionnaires ».


          • microf 17 avril 14:58

            @ZenZoe

            "Je ne comprends pas bien pourquoi la création de centres de rétention pour clandestins a participé à la dégringolade de la France ".

            Très bonne question, moi aussi je ne comprends pas, attendons la réponse !


          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 15:42

            @microf

            Les camps de rétention peuvent être vus comme un prélude aux camps de concentrations. Ce n’est qu’une question de nombre. Les camps de concentrations peuvent être vus comme le prélude aux chambres à gaz. Cela s’est déjà vu une fois dans l’histoire. Tout cela ne sent pas bien bon. Il était bon de rappeler que c’est le gouvernement de Mitterrand qui a initié le processus et mis en place l’appareil législatif dans ce sens. Idem pour la CSG. S’ils ne l’avaient pas mise en place, ils n’auraient peut-être pas à protester quand elle est augmentée ou étendue à d’autres couches de la population. Merci aux socialistes.


          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 avril 15:46

            @ZenZoe
            Je qualifie de « réactionnaire » tout ce qui touche au racisme.
            Pour les camps de rétention voir ma réponse par ailleurs.
            Il faut remarquer que sur ces deux points l’action de F. Mitterrand trouve le soutien du FN.


          • foufouille foufouille 17 avril 19:37

            @ZenZoe
            c’est simple, les étrangers pas cher, c’est mieux pour fabriquer du chômage.


          • microf 17 avril 22:21

            @Jean Dugenêt

            Merci pour la réponse, j´ai compris.


          • ZenZoe ZenZoe 18 avril 09:01

            @Jean Dugenêt
            "les principales difficultés qui demeurent sont posées par des travailleurs immigrés (…) agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises"

            Excusez-moi, je me permets d’insister, je dois être sotte, je ne vois pas le racisme dans ces propos tenus par Mauroy, mais plutôt une dénonciation du communautarisme.


          • ZenZoe ZenZoe 18 avril 09:03

            @foufouille
            j’ai bien saisi ça, mais ça va à l’encontre de ce que dit l’auteur, pro-immigrationniste.

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