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La piscine, nouveau terrain politique

Il n’y a pas longtemps, notre problème politique n°1 était les riches et les pauvres (possédants et travailleurs). Nous l'avons troqué contre les femmes et les hommes. C’est nettement moins confortable, la possibilité de placer des idées, des pensées, des actions y est très étroite. Un travailleur malin, organisé, chanceux pouvait passer du côté des possédants, patrons, bourgeois… Un bourgeois pouvait faire de mauvaises affaires et se retrouver sans le sou. Et puis, surtout, il y avait des discours et des pratiques de lutte, des praxis. Les ouvriers avaient une culture ouvrière, des syndicats, des partis...

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Photo Orélien Péréol

Avec en tête des problèmes, les relations entre les hommes et les femmes, les modes de résolution desdits problèmes n’existent plus. Nous sommes dans l'identitaire. Avec une grosse chimie médicale et des interventions chirurgicales énormes aussi, on peut faire changer l’apparence sexuelle d’une personne, on peut lui donner l’anatomie extérieure de l’autre sexe. Quant à l’ADN, il reste ce qu’il était à la naissance. Pas terrain d’échanges et de conciliations, les transfuges se font par la médecine ; eux-mêmes sont passifs comme quelqu’un qui voyage est passif. Il y a aussi les catégorisations par la sexualité : les « LGBTQIA+ » (le + prévoit la place de nouvelles catégories) !

Les relations entre humains, dès qu’il y a des différences, sont difficiles. Toutes les différences sont inégalitaires. Etre trop gros, trop petit n’a jamais été un avantage, et n’a jamais été indifférent. Chez les animaux, c’est pareil, le serpent qui rampe ne voit pas la buse qui fonce sur lui, l'attrape et le mange. La seule chose qu’il peut faire, c’est ne pas se mettre à découvert. Parfois, il y est contraint. Dans toutes les familles d’animaux, il y a une espèce au sommet de la chaine alimentaire et que, donc, personne ne chasse. C'est injuste et c’est ainsi. Nous, les hommes, avons la politique, la religion, les sciences sociales... pour faire bouger les choses, rétablir éventuellement une égalité formelle. Tout est politique disions-nous après 68. Ainsi, sont entrées en politiques des luttes nouvelles : les femmes, les homosexuels... Les femmes voulaient « disposer de leur corps ». On en est arrivés à créer un système en termes de « elles et eux », paranoïaque, qui ne comporte pas de parties communes pour établir des règles communes... les transfuges rarissimes ne sortant pas des luttes. L’idée qu’il y avait un « statut » de la femme, que ce statut était illégitime, défavorable, et évitable, bien qu’aucune société ne l’ait jamais évité, s'est imposée petit à petit par l'insistance et la répétition.

Le corps des femmes est dans la loi depuis qu'il y a des lois sans doute : elles portent les enfants (elles ne les font pas, comme il est souvent dit, il faut une femme et un homme pour faire un enfant). Il est nécessaire qu’il y ait une organisation sociale. Ne plus réprimer l'avortement fut une loi progressiste moderne. Avec nos techniques médicales modernes, arrivent des phénomènes nouveaux (GPA, PMA...) qu'il faut réglementer.

Evidemment, nous fonctionnons sur l'idée que nous allons vers un progrès sociétal permanent, vers plus de liberté et de facilité, lié à un désir de liberté, de facilité, d'extension des possibles.

Or ce n'est pas le cas. Tout le monde ne demande pas plus de liberté, plus de pouvoir politique. Un certain islam extrême prend sa vérité dans un texte ancien et impose de couvrir les cheveux des femmes et leur corps le plus possible. Cette demande, versée dans le paradigme égalitaire d'après 68 devient une application de « notre corps nous appartient » et s'inverse en demande de liberté !

Tout cela sans débat politique, sans partis, sans programme, sans leadeurs, sans élection donc, par une présence de type publicitaire : affirmer et répéter les mêmes choses jusqu'à ce que cela ait l'air vrai, tellement vrai qu'aucun autre discours n'est affiché, et finalement aucun autre discours ne soit possible. Le foot féminin deviendrait de la sorte populaire, (une libération, une égalité gagnée !) faisant tomber la possibilité de critiquer le foot en tant que tel. Dans un tout autre domaine, mais sur le même mode du passage à l'acte, des femmes se baignent toute habillée dans les piscines municipales, au mépris de l'hygiène. La « politique » gagne les lieux de baignade, non pas comme dans les années 70 pour obtenir des lieux de naturisme mixte égalitaire (la nudité rend les gens très égaux) mais pour valoriser des femmes infériorisées sur spécifiées par rapport à leur sexe, sur-genrées.

On ne voit pas la fin de ce face à face mortifère, de la confusion pratiquée, où des groupes, se détachant de la société en son ensemble, montrent qu'ils ne cèderont pas et que c'est la totalité de la société, c'est-à-dire l'universalité, qui va plier.

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Photo Orélien Péréol

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17 réactions à cet article    


  • Salade75 12 juillet 12:55

    Bonjour,

    Cet inversement total des valeurs est je trouve très bien symbolisé par votre exemple avec ce groupe de femmes qui vont se baigner en Burkini en s’auto proclamant « Rosa Parks musulmanes ».

    Rosa Parks qui recherchait l’universalité des droits qui sert de symbole à des gens qui prônent le repli identitaire et le communautarisme ... inversion totale du sens des combats.

    Qu’ils essayent encore, cela peut se comprendre ...

    Mais qu’ils trouvent du soutien, prouve à quel point cette inversion est déjà bien avancée !


    • Radix Radix 12 juillet 13:00

      Bonjour

      Vous écrivez :« La nudité rend égaux », un petit et un gros, même nus, seront toujours petit et gros.

      Il ne faut pas confondre l’égalité physique (qui n’existe pas) et l’égalité en droit vers laquelle il faut tendre.

      Radix


      • Orélien Péréol Orélien Péréol 12 juillet 13:34

        @Radix 
        Vous n’avez pas lu mon article. Je dis la même chose que vous.
        Nu, on ne distingue pas une prof d’une vendeuse. Voilà ce que j’ai dit. Un gros d’un maigre, oui.


      • pierrot pierrot 15 juillet 17:51

        @Radix
        Strauss Kahn avait dit aux juges, ors de l’affaire du Carlstone de Lille :« losque vous êtes devant une femme nue, vous ne savez pas si c’est une prostituée ou une »femme du monde".


      • baldis30 12 juillet 17:04

        bonsoir

         « Le foot féminin deviendrait de la sorte populaire, (une libération, une égalité gagnée !) faisant tomber la possibilité de critiquer le foot en tant que tel  »

        Une égalité gagnée ...certains n’ont pas compris le sens politique majeur qu’avait cette compétition ... et c’est à ce titre que je regrette l’absence d’un penalty ... le signal eût été plus fort ... dans une direction donnée ... et de la même façon la mauvaise utilisation du numéro10 lors d’un seul match ... 

        Quand une digue est enfoncée bien malin celui qui peut maitriser l’inondation ... et ses répercussions...


        • Sandro Ferretti Sandro Ferretti 12 juillet 18:36

          Bonjour,

          Assez d’accord avec votre constat sur cette nouvelle ligne de partage des eaux (sans jeu de mots) qui se dessine, de façon tout à fait autoproclamée.

          NB : Ces tags que vous photographiez vous-même , sont de MissTic ?


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 juillet 19:17

            @Sandro Ferretti

            Je trouve les pieds ratés (comme les mains c’est difficile)...mais très bon graf .


          • Orélien Péréol Orélien Péréol 13 juillet 01:12

            @Sandro Ferretti
            Je ne sais pas qui a fait ces tags, j’en photographie sans arrêt, plusieurs par jour.
            En tout cas, ceux là ne sont pas de Misstic, qui a un style reconnaissable et signe ses œuvres.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 juillet 01:29

            @Orélien Péréol

            De qualité...du moins celui ci .





              • popov 13 juillet 04:40

                @Aurélien Péréol

                Bravo, vous êtes parvenu à écrire un article sur les problèmes à la piscine sans utiliser une seule fois le mot « burkini ».

                Les femmes vont-elles à la piscine en burkini en Arabie Saoudite ? Non, pour la simple raison que la piscine y est interdite aux femmes.

                Les femmes qui viennent à la piscine en burkini en France ne le font donc pas en continuité avec des coutumes religieuses, mais par pure provocation, pour voir si la république va encore reculer. Ce qui compte pour elles, c’est que le cliquet avance d’un cran.

                Et qui finance l’association qui est derrière ces manifestations ?

                Burkini : l’association Alliance Citoyenne a reçu 80 000 dollars de la fondation de George Soros


                • Orélien Péréol Orélien Péréol 13 juillet 09:58

                  @popov
                  Je n’ai pas mis le mot burkini, ce n’est pas un exploit. Je n’écris pas sur le burkini, j’écris sur ce que l’on pense être les nouvelles lignes de fracture de la société qui fonde la politique. Le terrain de foot et la piscine entrent dans les terrains de combat politique. Des combats fondés sur les identités apparaissent et on ne peut rien y faire, il n’y a pas de terrain d’entente dans lequel on pourrait trouver des compromis, des améliorations...
                  Je vois que si on continue à considérer que les liens de l’inégalité sont ceux-là, on ne peut que faire monter la violence de faces à faces irréductibles.
                  Nombre de mes articles travaillent cette idée : la tentation de la démocratie a priori, il ne faut faire de mal à personne....  le renversement de l’axe du politique


                • Djam Djam 13 juillet 11:05

                  @ Orélien

                  Vous avez raison et votre article résume en effet l’état du moment et il n’est guère réjouissant...

                  Cela dit, nous cumulons à peu près l’ensemble des symptômes d’une civilisation en phase terminale. Il n’est pas nécessaire d’être décliniste ni pessimiste pour vérifier ce phénomène.

                  Si P. Valéry nous a rappelé que finalement « toutes les civilisations meurent, la nôtre finalement aussi », on dira que c’est juste que Valéry est redevenu lucide au moment de cette remarque.

                  Il n’existe effectivement aucune civilisation immortelle et la nôtre (occidentale) tire vers sa fin. Comme les pays « émergents » se contentent d’imiter l’occidentalisme, ils suivront la chute finale.

                  Tout cela n’est pas si grave, il est juste conseillé d’avoir un solide niveau de philosophie et de lucidité sur « qu’est-ce que le sens d’une vie humaine ? » pour accepter le principe même de finitude.

                  Que cela nous plaise ou non, nous disparaîtrons tous ainsi que notre orgueil de pérennité naturelle : nos enfants et leurs enfants, etc.

                  En simple : tout a une fin, même le monde terrestre !


                  • Orélien Péréol Orélien Péréol 13 juillet 14:57

                    @Djam
                    Merci de ce post, je suis complètement d’accord.


                  • ETTORE ETTORE 15 juillet 16:35

                    Popov@

                    . Ce qui compte pour elles, c’est que le cliquet avance d’un cran.

                    __________________________________________________

                    Le jour ou le ressort du cliquet va lâcher....elle vont se le prendre en pleine face !

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