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Accueil du site > Actualités > Politique > La radicalité alternative se tire une balle dans le pied

La radicalité alternative se tire une balle dans le pied

Petite considération actuelle, au sujet de nombreux allants, commentaires et milieux qui se veulent radicalement alternatifs : vous vous tirez une balle dans le pied. Explications.

Les fameux « Anonymous »

 

Le préjuge de l'incurabilité

Ce n'est pas très compliqué : du moment que l'on a décrété que les autres étaient « incurables », et que seule la radicalité était alternative, il se passe « un truc » tordu.

Tout d'abord, il faut vraiment vouloir qu'il y ait quelque chose à soigner chez autrui, et qu'autrui soit incurable. Ce simple préjugé est suspect. Alors, bien entendu, à la longue, quand on défend des projets alternatifs ou présentés comme tels (de la REM à l'altermondialisme... !) on peut trouver que ça ne vient jamais, que les autres chouinent toujours, que notre projet ne se réalisera pas, ou moins, peu, voire pas du tout (selon moyens disponibles).

A partir de là, donc, se développe une radicalité. On s'imagine que les autres, en face, adverses, ou même seulement divergents (pas forcément opposants), « existent pour nous faire chier ». De fait, ils jouent les obstacles, mais il y a pire : des accusations de complotisme du haut vers le bas, aux accusations de complots du bas vers le haut, en passant par « les recherches des causes vraiment réelles de la vérité radicalement absolue de la réalité causale essentielle et cruciale de ce qui en fait se passe dans les faits factuels de la factualité sourcée d'arguments d'autorités vérifiées et vérifiables, incontestables et incontestés d'objectivité objectivement objective sans interprétation aucune et définitive » ...

... il arrive que l'on nie purement et simplement que les autres soient autonomes. D'un côté, les peuples sont réduits à des phénomènes d'hystérie collective, aux mouvements de foule, à la bêtise ordinaire, etc. ... de l'autre, les différents acteurs identifiables sont réduits à des marionnettes dépourvues de conscience et de scrupules, simples agents d'une omerta sans visage.

 

Les deux postures sont réductrices, même si elles ne sont pas infondées.

En effet, les masses subissent des influences, des courants, des tendances, des enrôlements, etc. C'est à n'en point douter, sans quoi il n'y aurait jamais de mouvements collectifs ni même de statistiques ou d'études mercatiques et universitaires viables. Or, il y en a de viables, c'est comme ça.

Reste que ça n'est pas une raison. Ça n'est pas une raison tout simplement parce que les membres du collectif, certes formés et informés par l'air du temps (par quoi sinon, au juste !?) peuvent s'y inscrire en leur âme et conscience, scrupuleusement. C'est-à-dire qu'ils ne manquent pas d'autonomie, même quand ils font partie d'un ensemble vaste. Telle est la première erreur de jugement, réductrice à des préjugés, et qui font des différents milieux sociaux de simples machinations.

Non, on ne peut pas courir à pareil « sociologisme », il ne faut pas ignorer la psychologie personnelle, même s'il y a une psychologie sociale, et même d'ailleurs s'il y a une neuropsychologie (c'est-à-dire aussi une biologie comportementale). En définitive, il y a toujours un facteur-hasard personnel ou, si vous préférez, une nuance de choix, indépendamment de l'existence ou non du libre-arbitre : le fait est qu'il y a vouloir, résolution, détermination, investissement personnels. C'est ainsi.

Inversement, les personnalités identifiables voire très influentes ne sont pas exemptes de conseils, d'avis, d'influences, de sources, d'informateurs, d'exécutants improvisants et adaptants, etc. elles non plus. C'est-à-dire qu'effectivement elles ne sont pas « uniques et pures causes abstraites et absolues » de leurs orientations et autres tournures projectives. Ces personnalités d'ailleurs, elles aussi, respirent l'air du temps (quoi d'autre sinon, au juste !?).

On n'échappe pas à l'air du temps, sauf ermitages rares, recevant de toutes façons des échos de loin en loin...

A partir de là, donc, les personnalités identifiables voire très influentes, disposent elles aussi de vouloir, résolution, détermination, investissements personnels. C'est ainsi.

Quelqu'un de totalement dupe, ce n'est plus un homme, ou bien c'est un handicapé mental lourd, sauf le respect qu'on a pour les handicapés.

 

Conclusion

Les alternatifs se tirent une balle dans le pied, quand ils nient l'autonomie des autres, puisque justement ils nient leur propre autonomie ou du moins celle à laquelle ils aspirent, cette autonomie serait-elle circonstancielle et circonstanciée (que serait-elle sinon, au juste !?).

En somme, tout le monde fait plus ou moins ce qu'il peut avec ce qu'il a, quand il veut. C'est le seul sens attribuable au fameux adage : « Quand on veut, on peut. » Sinon ça fait longtemps que ceux qui veulent s'envoler circuleraient dans le ciel. Évidemment, ça ne les empêche pas de « planer »...

Radicaux alternatifs compris, de la REM à l'altermondialisme.

 

 

 

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