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Accueil du site > Actualités > Politique > Langues régionales : une distraction malvenue et pas anodine

Langues régionales : une distraction malvenue et pas anodine

 

Papier publié sur le site du FigaroVox

 

C’est un serpent de mer, qui avait déjà bien occupé le mandat de Hollande, qui ressurgit avec la proposition de loi de Paul Molac visant à promouvoir l’enseignement des langues régionales à l’école. Une initiative à contre-temps complet d’une époque où le niveau des élèves en français est de plus en plus inquiétant, et alors que notre gouvernement ne défend même pas la place du français.

 

Mais c’est le français qu’il faut défendre !

Bien sûr, les langues régionales, et les identités régionales, font partie du patrimoine et de la richesse de la France. Et la globalisation, qui pousse à l’étude des langues d’autres pays plutôt qu’à celle du basque, de l’alsacien ou du breton, a tendance à les affaiblir. La proposition de loi de Paul Molac a plusieurs objectifs : permettre l’enseignement des langues régionales à tous ceux qui le souhaitent, en imposant le financement par les communes de l’enseignement bilingue, permettre une forme d’enseignement immersif en modifiant le code de l’éducation, et améliorer leur visibilité, via les panneaux de signalisation et l’inclusion des signes diacritiques dans l’état civil, comme le tilde sur le n de certains prénoms bretons. Nous sommes dans la droite ligne de la charte des langues régionales européennes.

Mais la France, c’est aussi, partout dans le pays, le clair primat du français, vecteur critique de notre unité et de notre identité, sur toutes les langues régionales. Cette proposition pose donc deux problèmes majeurs. D’abord, il est assez effarant de vouloir accorder plus de place aux langues régionales, après avoir accepté un tel recul du français. La loi Toubon s’est révélée une ligne Maginot face à l’invasion du globish dans les publicités, où Evian propose de vivre jeune en anglais… Même notre carte d’identité est récemment devenue franco-anglaise, à la suite d’une demande (acceptée) de l’UE. Faudra-t-il qu’elle devienne demain trilingue pour satisfaire tous les besoins de notre époque ? En outre, la France semble indifférente à l’évolution linguistique de l’UE, où l’anglais, malgré le Brexit, s’impose tous les jours davantage comme la lingua franca du continent, que le français devrait lui contester.

Et en matière d’éducation, s’il est légitime de laisser ceux qui le souhaitent apprendre leur langue régionale, vouloir le promouvoir davantage pose doublement problème, comme le pointait Jean-Pierre Chevènement quand il avait quitté le gouvernement Jospin sur la question de la Corse. Car si le projet précise que cet enseignement doit se faire « sans préjudice de l’objectif d’une bonne connaissance de la langue française  », cela est aujourd’hui illusoire. Le niveau des élèves en français ne cesse de baisser comme le montre cette dictée témoin, où le nombre de fautes d’élèves de CM2 est passé de 10,4 à 17,8 en 30 ans. Or il est bien évident, que ce n’est pas en leur apprenant en plus parallèlement une langue régionale que cela améliorera l’apprentissage du français. Et ce, d’autant plus que, sous Hollande, l’apprentissage de l’anglais a été poussé. Aujourd’hui, il est urgent de remettre des moyens et du temps supplémentaire sur l’apprentissage de notre langue à tous, ciment de notre nation bien trop oublié.

Plus globalement, cet agenda, promu depuis plus de vingt ans par l’Union Européenne, est tout sauf neutre. Derrière la prise en tenaille du français, entre l’anglais, les langues d’origine pour certains, et les langues régionales, difficile de ne pas y voir un agenda profondément antinational. Alors que la nation est affaiblie depuis quarante ans par l’agenda supranational, régionaliste et identitaire, il faut s’opposer à un tel projet, même s’il peut sembler sympathique et portant peu à conséquence. C’est l’addition d’une multitude de mesures, qui peuvent paraître relativement anodines isolément, qui abîme le ciment qui fait notre nation. Et parce que le français a une place majeure dans ce ciment, comme l’avait bien compris les promoteurs de notre nation, il faut le protéger de toute initiative qui pourrait l’affaiblir plus encore, même si cela est fait au nom de traditions à défendre, comme cela est le cas ici.

Avec un français toujours moins bien maitrisé par les jeunes générations, concurrencé par l’anglais, promouvoir les langues régionales est une très mauvaise idée, à rejeter. La seule priorité que nous devrions avoir, c’est davantage défendre la place de notre langue commune dans l’espace public, mais aussi en faire la priorité numéro un de l’éducation nationale, à mille lieues devant toutes les autres langues, dont l’apprentissage ne doit venir qu’après avoir acquis une bonne maitrise du français.

 


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55 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 10 avril 11:21

    Pas anodine en effet !

    Comme n’est pas anodine la fusion des départements Haut et Bas Rhin pour céer une « Collectivité Européenne d’Alsace », une région dans la région, en prise directe avec l’UE, une aberration administrative mais pas politique.

    Encourager le régionalisme en flattant l’esprit de clocher et les vieilles nostalgies souvent refabriquées est un bon moyen pour que ce soit une partie militante de la population qui réclame l’autonomie synonyme d’Europe des régions ? La masse habituelle des veaux devrait suivre !

    Quand j’étais coopérant en Algérie, j’ai rencontré un gars de Carcassonne qui correspondait avec un de ses amis en « occitan ». Pour traduire le courrier qu’il recevait, il utilisait un dictionnaire réversible qu’il utilisait dans l’autre sens quand il répondait ? Son copain faisait pareil. Mais il ne fallait surtout pas remettre en cause ses convictions : il se fâchait tout rouge, en français et sans accent.


    • @Séraphin Lampion Pierre Mendes France, esprit de clocher...Cela tinte dans mes oreilles.... !!!!!



    • Vous ne deviez pas aimer Pierre-Mendes-France. Je suis en partie d’accord puisque je me bats pour ques les francophones de Belgique ne soit pas obligés d’ingurgiter comme des oies, le flamand. Mais par contre je suis ABSOLUMENT pour la préservation de toutes les langues et particularité régionales. Je me suis mise à l’Hébreux, quelle richesse... 


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 10 avril 11:50

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        le latin, c’est bien aussi
        mais le fin du fin, c’est le sanscrit


      • vesjem vesjem 10 avril 15:05

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        mais, mélusine, l’hébreux n’est-elle pas une langue de naze ?


      • @vesjem L’akkadien non plus..


      • nanobis 10 avril 11:44

        Puisque la langue utilisée en France devient le franglais, une langue bourrée d"américanismes, on pourra alors enseigner le français comme étant une langue régionale.


        • Je sais, c’était une initiative de Françoise Nyssen... qui avant de passer au gouvernement de Macron s’occupait de la préservation du patrimoine en Belgique...


          • Fergus Fergus 10 avril 11:50

            Bonjour, Laurent

            Désolé, mais c’est n’importe quoi !

            Défendre le français  une cause légitime  n’est évidemment pas incompatible avec l’octroi de facilités d’enseignement aux langues régionales.

            La langue nationale est parlée par la totalité de nos compatriotes en âge de s’exprimer. Les langues régionales ne sont parlées que par quelques centaines de milliers de locuteurs.

            Un nombre qui ne cesse de diminuer. Ce n’est donc pas de cette initiative destinée à sauvegarder notre patrimoine  là aussi de manière légitime — que peut venir une quelconque menace pour le français !!!

            A toutes fins utiles : L’extraordinaire diversité des langues de France.


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 10 avril 11:57

              @Fergus

              Du régionalisme au nationalisme régional, il n’y a qu’un pas !


            • Fergus Fergus 10 avril 14:33

              @ Séraphin Lampion

              Mis à part en Corse, cela relève très largement du fantasme concernant les terroirs régionaux frontaliers de notre pays où les revendications identitaires n’ont cessé de régresser.
              De surcroît, comparer avec certains territoires ayant de facto le statut de nations n’a aucun sens ! 


            • vesjem vesjem 10 avril 19:31

              @Fergus
              un des rares points d’accord avec toi


            • Decouz 10 avril 12:28

              Les Français ne sont pas doués pour les langues.

              Le français est une langue difficile avec beaucoup de règles, d’exceptions, une orthographe souvent illogique.

              Apprendre plusieurs langues ne s’oppose pas à la maitrise de la première langue ou des deux langues au contraire.

              On ne peut pas imposer dans ce domaine, la langue doit être ressentie comme naturelle, spontanée, une région ce n’était pas seulement une langue, mais une ensemble homogène du vécu, traditions, habits, cultures.


              • Fergus Fergus 10 avril 14:37

                Bonjour, Decouz

                « Apprendre plusieurs langues ne s’oppose pas à la maitrise de la première langue ou des deux langues au contraire »

                100 % d’accord avec vous.

                De meilleures conditions d’apprentissage des langues régionales ne seront d’ailleurs pas un vecteur de développement, mais un moyen d’enrayer leur régression, et par conséquent de sauvegarde de notre richesse patrimoniale.


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 avril 14:53

                @Fergus
                Bonjour . Hier encore je disais qu’avoir eu des bases de picard (oral ) me facilitait la lecture du vieux français.


              • Fergus Fergus 10 avril 15:02

                Bonjour, Aita Pea Pea

                Exactement.
                A cet égard, c’est  sauf erreur de ma part avec vous que nous évoquions il y a quelques jours les « muches » de Picardie. Or, ce mot picard et son verbe « mucher » correspondent aux mots de vieux français « mucher » et « musser » qui, eux aussi signifient « cacher ».
                Un exemple parmi tant d’autres.


              • Krokodilo Krokodilo 10 avril 19:18

                @Decouz Bonjour, je crois plutôt que les Français ont le même cerveau que les autres, mais parler une langue largement répandue, même en fort déclin politique, n’encourage pas, ne motive pas à étudier une ou deux autres langues à un bon niveau, à l’inverse par exemple des Suédois qui n’enseignent pratiquement plus qu’en anglais à la fac. Le Français n’est pas plus difficile que l’anglais, les difficultés sont différentes, grammaire pour nous, phonétique irrationnelle pour l’anglais. J’ai souvent abordé ces sujets sur Avox.


              • titi 10 avril 14:11

                Les langues régionales, plus généralement les soi-disant identités régionales ne sont défendues que par des faussaires.

                Par exemple, qui défend le breton ? Des fonctionnaires à la retraite, des bobos, qui n’ont souvent aucune racine bretonne, dont le vrai dessein est le séparatisme.

                Ils prétendent défendre l’identité bretonne, mais pas de bol cette identité bretonne elle est chrétienne comme le symbolise le Kroaz a Du, le drapeau historique de la Bretagne.

                Quand on rêve de la RSS de Bretagne, on peut difficilement arborer un drapeau qui a pour origine la 1ere croisade.

                Hop ! tour de passe-passe : on invente un drapeau « de la bretagne », et on fait disparaitre le Kroaz a Du.

                Et tous les gogos le collent sur leur bagnole le drapeau « breton » qui n’a aucune histoire, et est un pur produit marketing.

                Pitoyable.


                • Fergus Fergus 10 avril 14:57

                  Bonjour, titi

                  « qui défend le breton ? Des fonctionnaires à la retraite, des bobos, qui n’ont souvent aucune racine bretonne »

                  N’importe quoi !
                  Je connais un certain nombre de bretonnants, et j’ai moi-même un neveu dans une école Diwan, et je peux vous assurer que la grande majorité des élèves appartiennent à des familles bretonnes pur jus de cidre dont la majorité n’ont rien de « bobo »

                  « le vrai dessein est le séparatisme »*
                  Faux, là encore ! La plupart sont opposés aux militants d’ADSAV.
                  Mieux : j’ai connu un militant actif de SAB (Stourm ar Brezhoneg) qui a été fiché naguère par les RG ; il défendait avec énergie la langue bretonne, mais pas du tout un quelconque « séparatisme ».
                  Au pire, les militants actuels d’ADSAV  quelques centaines de personnes sont demandeurs d’une forme d’autonomie régionale, rien de plus.

                  « cette identité bretonne (...) chrétienne »
                  Houla ! Très mise à mal cette identité religieuse. En quelques décennies, la Bretagne est passée d’un catholicisme très implanté et très influent à un athéisme très largement dominant !
                  Quant au Kroaz Du, on ne le voit plus nulle part, excepté dans les mains de quelques rares autonomistes. En revanche, voyez le public lors des grands matches de foot : on y voit des centaines de Gwen Ha Du et pas un Kroaz Du !
                  Certes, il y en a, en effet, sur quelques voitures, mais d’une part c’est rare, et d’autre part, les gens ne lui accordent pas de signification particulière.


                • titi 10 avril 17:18

                  @Fergus

                  Pourquoi donc les « défenseurs de la culture bretonne » ont ils inventé un nouveau drapeau dans les années 20, alors qu’il en existait un depuis le 11è siècle ?

                  C’est simple : parce que la culture bretonne ils s’en foutent. Ce n’est qu’un alibi.

                  D’ailleurs même la « langue bretonne » apprise actuellement est un méli mélo des différents dialectes.
                  Pourquoi ne pas conserver les dialectes ?


                • Fergus Fergus 10 avril 18:57

                  @ titi

                  Toutes les langues sont un « méli mélo », y compris le français, et plus encore le français !

                  Ajoutez à cela que le breton unifié ne fait, pour l’essentiel, que donner une orthographe unique à des mots très proches, les différences d’origine étant le plus souvent de l’ordre coat coet, dol daol, enez inis, iliz illiz, glas glaz, men mein, ménez méné, pors porzhruz rouzstraet straed, tevenn théven, traezh trez, etc. 


                • Eric F Eric F 10 avril 19:26

                  @titi
                  le parlement vote une loi contre les séparatismes (particularismes), et à la loi suivante il en favorise d’autres.


                • titi 10 avril 20:51

                  @Fergus

                  Le breton unifié donne surtout une orthographe à des mots qui n’en avaient pas. Des mots de dialectes qui étaient transmis oralement.

                  C’est donc l’essence même de ces dialectes qui est niée.
                  Et dans quel but ?
                  Raconter une fausse histoire, un faux roman régional.


                • Fergus Fergus 11 avril 11:27

                  Bonjour, titi

                  "Le breton unifié donne surtout une orthographe à des mots qui n’en avaient pas. Des mots de dialectes qui étaient transmis oralement."

                  Ce n’est pas exact : il existe depuis des siècles des documents rédigés en breton. 

                  "C’est donc l’essence même de ces dialectes qui est niée"

                  En aucune manière : les mots restent les mêmes dans l’écrasante majorité des cas, seule l’orthographe étant simplifiée. Ce qui constitue une facilité pour tous.


                  Il n’y a donc pas de « fausse histoire » ni de "faux roman régional", rien n’étant dénaturé dans la transmission du patrimoine culturel.


                  Ajoutez à cela le renouveau de la culture musicale bretonne, né dans les années 60 et jamais démenti depuis. Croyez-vous sérieusement que des titres emblématiques comme Bro goz va zadou, Tri martolod, Me zo ganet e kreiz ar mor ou Distro ar gelted auraient gagné à être écrits, ici en version léonarde, là en version cornouaillaise, ailleurs en version vannetaise ou trégorroise ? Poser la question, c’est y répondre, n’est-ce pas ?

                  A noter qu’en en termes de langue, le patrimoine s’est enrichi ces dernières décennies de mots nouveaux, issus de la technologie. Deux exemples : yenerez (qui produit du froid) désigne le réfrigérateur, et pellgomz (appel au loin) le téléphone.


                  Le breton, une langue unifiée mais vivante !


                • Aristide Aristide 11 avril 14:32

                  @Fergus

                  Le breton, une langue unifiée mais vivante !

                  Vivante, ouais, mais tout de même il faut savoir que sur les quelques 140.000 vrais locuteurs qui utilisent la langue bretonne au moins une fois par semaine, 200.000 disent connaitre le breton mais ne l’utilisent que très peu, enfin sur ces 140.000 l’âge moyen est passé au-dessus de 70 ans !!! Les faits sont têtus, comme pour les espèces animales menacées, à partir d’un certain plancher, il n’y a aucun espoir de survie. 

                  Le basque, le catalan et l’alsacien, et même le corse sont en bien meilleure forme, quoique de la même manière ces langues sont minées par l’âge des locuteurs qui ne cessent d’augmenter en même temps que l’usage se restreint. L’occitan est dans le même état que le breton, les derniers souffles !!!


                • Krokodilo Krokodilo 11 avril 15:16

                  @Aristide Je suis d’accord, beaucoup de langues régionales vont mourir. perso, je comprends un peu la mienne pour l’avoir entendue occasionnellement en famille, mais ne la parle pas, hormis quelques phrases. Certaines régions, outre le facteur âge, connaissent plus de mobilité, et les nouveaux, retraités ou actifs, n’en parlent pas un mot. Même phénomène dans le monde entier, déplacements des populations, métissages, mobilité, le monde est devenu plus petit, comme on dit, les communautés ethniques sont moins séparées, les « petites » langues sont menacées. Un monde « rapetissé » ne gardera pas es 8000 langues vivantes, beaucoup rejoindront le latin (n’en déplaise aux latinistes, les définitions des dictionnaires en font bien une langue morte). De même que chaque échelon administratif a besoin d’une langue de travail et de communication (, national : le français, européen on nous a imposé l’anglais) , c’est plus pratique et plus accessible au grand nombre. Le plurilinguisme européen était un mensonge, beaucoup l’ont dit avec moi, mais les politiciens, les journalistes et le monde de la pédagogie ont entretenu cet enfumage.


                • Samson Samson 12 avril 01:44

                  @Krokodilo
                  "Le plurilinguisme européen était un mensonge, beaucoup l’ont dit avec moi, mais les politiciens, les journalistes et le monde de la pédagogie ont entretenu cet enfumage.« 

                  De fait ! Du temps (fort lointain !) où j’avais encore une TV, j’avais été particulièrement frappé qu’€uronews double systématiquement les déclarations de tel ou tel responsable s’exprimant dans sa langue nationale, plutôt que de les sous-titrer !
                  J’avais trouvé le »détail" choquant : comment peut-on prétendre rapprocher les peuples et les cultures en effaçant le son même de leur langue ??? Perso, je m’arrange toujours pour regarder série, film ou reportage en VO, quitte à activer le sous-titrage.


                •  C BARRATIER C BARRATIER 10 avril 17:40

                  Je préfère un bilinguisme langue régionale/français au bilinguisme anglais /français. Les noms de lieux, les patronymes ont un sens et on vit bien mieux dans ce qu’on comprend qu’isolé dans sa langue nationale relativement récente, après que les noms de lieux aient été donnés et pratiqués, il y a des milliers d’années et aussi après les patronymes qui remontent à 1000 ans, pas plus. Je n’ignore pas que la langue fait aussi les Etats, il ne faut pas laisser reculer le Français. La langue, c’est le pays. Par contre, une langue d’importation comme l’arabe, le polonais, pour la France, peuvent faire des bilingues sans leur terroir. Avec d’autres visées, économiques, commerciales.

                  La langue régionale, c’est aussi notre culture.


                  • Fergus Fergus 10 avril 19:00

                    Bonjour, C BARRATIER

                    Vous avez cent fois raison.

                    Connaître un corpus de mots régionaux c’est mieux comprendre la toponymie, et dès lors mieux s’intégrer dans le terroir et sa culture qui, comme vous le rappelez, est aussi la nôtre.


                  • Aristide Aristide 11 avril 09:25

                    @Fergus et barratier

                    Deux remarques :

                    Je préfère un bilinguisme langue régionale/français au bilinguisme anglais /français.

                    Cette volonté d’opposition entre bilinguisme est assez ... surprenante tellement leur intérêt est différent, professionnel et outil d’ouverture à l’étranger pour l’anglais et une meilleure connaissance de son pays pour les langues régionales. 

                    Par contre, une langue d’importation comme l’arabe, le polonais, pour la France, peuvent faire des bilingues sans leur terroir.

                    Assez contradictoire que trouver un intérêt à une langue arabe ou polonaise comme outil d’intégration ...

                    Mais bon, cela fait partie de la farce assez commune de mettre en avant le patrimoine porté par une langue et d’un autre coté vanter les langues exogènes sans vrai terroir. Le résultat est évident, la creation d’un terroir exogène dans la république, un séparatisme ...

                    Connaître un corpus de mots régionaux c’est mieux comprendre la toponymie, et dès lors mieux s’intégrer dans le terroir et sa culture qui, comme vous le rappelez, est aussi la nôtre.

                    Fergus que vous seriez le bienvenu de rappeler ce même principe pour notre langue française, dont l’apprentissage est le meilleur outil d’intégration et d’assimilation. 


                  • Fergus Fergus 11 avril 19:00

                    Bonsoir, Aristide

                    Pour ce qui est du « même principe pour notre langue française, dont l’apprentissage est le meilleur outil d’intégration et d’assimilation », je suis évidemment d’accord avec vous.


                  • GoldoBlack 10 avril 18:06

                    Parce qu’apprendre une autre langue est mauvais pour apprendre le français ?

                    On dira ça aux latinistes et aux germanistes.

                    Quand les jacobins manquent d’arguments...


                    • GoldoBlack 10 avril 18:09

                      La moitié des phrases de cet « articles » est une khonnerie sans nom.

                      Le français n’est un primat que parce qu’il a été imposé par la force.

                      A force d’écraser la richesse des nations qui la composent, la France a su se faire détester par ces dernières.

                      Vive la Bretagne, le Pays Basque, la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, la Nouvelle Calédonie, la Réunion, l’Alsace, la Corse libres et indépendants.

                      Que la France reste seule dans son fantasme de grandeur centralisée, dans sa peur paranoïaque de ses « provinces » et colonies.


                      • titi 10 avril 19:39

                        @GoldoBlack

                        La France a quasiment atteint ses frontières actuelles en 1697.
                        Y compris pour la Guadeloupe, la Martinique, et la Guyane d’ailleurs.

                        A quoi font référence ceux qui réclame le particularisme ?
                        A une époque que leurs parents n’ont pas connu, ni leur grands parent, ni leurs arrières grands parents, ni leurs arrières arrières grands parents, ni leurs arrières arrières arrières

                        grands parents. etc....

                        Bref c’est de la flûte.


                      • GoldoBlack 11 avril 09:12

                        @titi
                        Si vous voulez.
                        Vous verrez.
                        Comme les Espagnols et les Anglais.


                      • Krokodilo Krokodilo 10 avril 19:13

                        Hollande a été très atlantiste (et c’est un ancien Young Leader) mais les mesures en faveur de l’imposition de l’anglais remontent encore avant, dès 2002 ou 2003, avec la réforme de l’école primaire et l’initiation « aux » langues étrangères. Déjà le rapport sénatorial Thelot parlait de l’anglais comme socle de connaissance, mais l’hypocrisie a prévalu et on a parlé d’initiation aux langues ! Au niveau européen aussi, le programme Erasmus mundus était conçu exclusivement pour l’anglais. Etc. Tout était visible et prévisible, avec la complicité des médias pour lesquels c’est quasiment un sujet tabou. j’en ai parlé souvent sur AVox.


                        • Eric F Eric F 10 avril 19:21

                          D’accord avec l’article, la priorité doit être donnée à une meilleure maîtrise du français, les langues régionales peuvent rester le domaine d’associations culturelles locales.

                          Tant qu’à légiférer, il faut remettre en selle la préservation du français dans la communication publique, ainsi, on ne parle plus d’entraineur mais de coach, plus de débats mais de talks, les « slogans » des marques françaises sont désormais en anglais même dans les pubs françaises, etc... Les québécois sont davantage vigilants sur la préservation de notre vocabulaire

                          Cela ne revient pas à proscrire l’anglais en tant que langue étrangère, bien au contraire. Notamment, au lieu de systématiquement doubler les discours ou déclarations en anglais dans les reportages, les diffuser en version originale sous titrée, pour nous permettre de mieux maîtriser l’anglais parlé.


                          • Krokodilo Krokodilo 11 avril 13:03

                            @Eric F Oui, on doit souvent peiner pour retrouver le vocabulaire français équivalent, on l’oublie. Mais que faire quand nos propres ministres et certains journalistes utilisent « cluster » plutôt que foyer ? Nos médias ont une énorme influence. Quant à « coach », c’est une facilité qui nous vient spontanément, qui nous évite de se souvenir d’entraineur, mais aussi, de mentor, tuteur, maître, répétiteur, etc.


                          • Fergus Fergus 11 avril 18:58

                            @ Krokodilo

                            « coach » qui nous ramène à cocher, celui qui dirige l’équipage !
                            Bref, retour au français.


                          • Krokodilo Krokodilo 10 avril 19:24

                            Bonjour. J’ai beaucoup parlé ici de l’imposition progressive de l’anglais, de l’enseignement des langues, de l’espéranto, mais rarement des langues régionales. En tout cas, c’est sympa de voir ces sujets abordés tant ils sont peu traités dans les grands médias. Je n’ai pas d’opinion bien arrêtée. Je crois surtout que les langues régionales posent un grand problème structurel, car comment développer leur enseignement en parallèle, et jusqu’où ? Lycée, fac, impossible de tout doublonner. Et pourtant, à mesure que des programmes ont été mis en place, leurs partisans (enseignants et parents) ont réclamé plus, ce qui est tout simplement impossible à généraliser.


                            • Krokodilo Krokodilo 10 avril 19:35

                              J’ai retrouvé un de mes vieux articles sur les difficultés du plurilinguisme. Car si on entend encore et encore le cliché de la richesse du plurilinguisme, jamais aucun média n’aborde l’immense défi structurel, personnel et international que cela représente. Mon ancien papier contient de nombreux exemples de divers pays, référencés.


                              • GoldoBlack 11 avril 09:13

                                @Krokodilo
                                La Suisse souffre tellement du plurilinguisme...
                                Pfff...


                              • Krokodilo Krokodilo 11 avril 12:57

                                @GoldoBlack Souffrance non, mais difficultés et complexité d’organisation, oui.


                              • Fergus Fergus 11 avril 18:54

                                Bonjour, Krokodilo

                                Mais aussi, et avant tout, une grande fierté de ce modèle !


                              • GoldoBlack 11 avril 19:47

                                @Krokodilo
                                Tu parles.
                                Je connais bien la Suisse, je ne suis vraiment pas convaincu que cela leur pose des problèmes d’organisation !
                                Mais quand les jacobins ne savent plus quoi dire, ils inventent des faux-problèmes...
                                C’est lourdement pathétique.



                              • Election régionale .

                                Macron en bon salopard fabrique un nouveau coup d’état , il pourrit la partie des élections régionales .

                                Ils consultent les maires depuis vendredi, pour avoir leur confirmation sur la tenue ou non de l’organisation des élections régionales, réponse exigée dés lundi . 


                                • samy Levrai samy Levrai 11 avril 09:28

                                  Je préfère de loin que mes concitoyens apprennent le chinois, le russe ou l’espagnol que le catalan, le breton ou le corse.

                                  Recréer la tour de Babel ne représente d’intérêts que pour la division.


                                  • Fergus Fergus 11 avril 11:34

                                    Bonjour, samy Levrai

                                    Faux débat !

                                    Il n’est question là que de quelques centaines de milliers de locuteurs  à rapporter aux 67 millions d’habitants du pays qui maintiennent vivantes les cultures régionales, en aucun cas de « Recréer la tour de Babel » !

                                    Et faciliter l’enseignement de ces langues régionales n’est évidemment pas contradictoire avec l’apprentissage du chinois, du russe ou de l’espagnol !


                                  • GoldoBlack 11 avril 19:36

                                    @Fergus
                                    Vive la « division » et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !


                                  • Bio-diversité et richesse des langues sont liés. On revient à Babylone. IL y a beaucoup d’interprétation du mythe, L’hubris, la démesure. Les langues, la diversité des cultures nous éloignent-elles les un des autres ou nous rapprochent-t-elles ? Vaste question, Quand il y a de l’amour, la différence est souvent une force qui nous aimante. C’est l’attraction des contraires. La fusion, le double, l’identique au contraire sont mortifères. On connaît l’histoire de narcisse. Plus l’ennui qui s’installe à n’être confronté qu’à nous-même.


                                    • GoldoBlack 11 avril 19:37

                                      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                                      Logorrhée.


                                    • Krokodilo Krokodilo 11 avril 14:12

                                      je crois que la question des langues, régionales ou pas, est toujours politique. Elle ne se résume jamais à la diversité ou la pédagogie. Derrière, il y a toujours une lutte, régionalisme/centralisme (au parlement corse, par exemple !, ou géopolitique entre puissances. Dans un des pays baltes (Lettonie je crois) les citoyens russophones sont devenus des non-citoyens jusqu’à ce qu’ils passent un examen, et en Ukraine, la sécession du Donbass a commencé lorsque les nouvelles autorités de Kiev ont interdit le russe dans une région complètement russophone ! Mais ces éléments sont quasiment tabous dans l’UE et nos médias, de même que la censure contre l’enseignement et les bouquins en russe actuellement en Ukraine : le roman Fahrenheit 451, c’est pas de la SF, c’est chez un de nos alliés ! Si ça se passait en Russie, l’UE hurlerait à la dictature. Toujours politique.


                                      • Krokodilo Krokodilo 11 avril 15:02

                                        Et bravo pour ce passage " promu depuis plus de vingt ans par l’Union Européenne, est tout sauf neutre. Derrière la prise en tenaille du français, entre l’anglais, les langues d’origine pour certains, et les langues régionales, difficile de ne pas y voir un agenda profondément antinational.« Une construction supra-nationale passe forcément par l’abandon d’une partie de sa souveraineté, c’est logique. Mais je suis toujours épaté par l’hypocrisie des dirigeants qui nous ont vendu le plurilinguisme européen, tout en faisant tout pour imposer l’anglais, hors de tout débat ou évaluation (c’est quand même une des langues les moins adaptées à ce rôle par sa phonétique irrationnelle). Ils ont été bien aidés en cela par la naïveté d’une partie des profs de langue et du milieu de la pédagogie, enthousiastes à l’idée d’être les artisans d’un plurilinguisme facile, où l’on connaitrait à un bon niveau une langue régionale+sa langue nationale (ou ses)+ l’anglais+ une autre langue européenne ou répandue (genre russe, chinois). Ils pratiquent la pensée magique, et confondent plurilinguisme naturel (familial, biculturel) avec l’apprentissage scolaire, »forcé". Connaître plusieurs langues à un bon niveau est tout sauf facile. C’est très long, ça exige motivation et pratique régulière pendant des années, presque comme des professionnels. La perpétuation de ces mensonges et clichés sur les langues depuis plus de dix ans a quelque chose de fascinant en tant que mécanisme social et psychologique (il n’est pire aveugle...)


                                        • Samson Samson 12 avril 01:26

                                          "En outre, la France semble indifférente à l’évolution linguistique de l’UE, où l’anglais, malgré le Brexit, s’impose tous les jours davantage comme la lingua franca du continent« 


                                          Logique, quand le »globish«  plutôt que l’anglais, car je doute fort que les managers de la start-up »France« et autres succursales de l’€urope poussent le bouchon jusqu’à maîtriser les subtilités lexicales de Shakespeare ou Coleridge -, des €urocrates répond au langage pratiqué par leurs donneurs d’ordre, membres des CA de »transnationales« aux sièges situés sans surprise outre-atlantique.

                                          Le recours au »globish« permet aussi d’insidieusement substituer aux normes européennes (notions de droit héritées du code Napoléon, nomenclatures psychiatriques, ...), les notions très différentes prévalant dans l’univers anglo-saxon.

                                          Si je persiste à me réjouir que l’€urope s’abstienne avec ou sans claquements de bottes de nous imposer l’allemand pour norme, j’inclinerais en matière de »lingua franca" €uropéenne pour un retour au latin, ce qui présenterait l’avantage de renouer avec une langue ayant présidé près de deux millénaires durant aux échanges intellectuels et scientifiques à travers l’Europe. smiley

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