• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Le libéralisme n’est pas exactement le progrès

Le libéralisme n’est pas exactement le progrès

On accuse couramment "le libéralisme" (en fait, l'économie contemporaine) d'être la cause de tous nos maux, puisque "le libéralisme" valoriserait tous les progrès sans réflexion. Ainsi des innovations. Pourtant, depuis quelques siècles déjà, c'est un peu plus compliqué que cela.

Cet article fait suite à Entre néolibéralisme et libéralisme, la nuance est absente  ; Le républicanisme, croyance française devant le libéralisme ; Le libéralisme n’a rien à voir avec la liberté, mais avec la libéralité (propriété-sécurité).

Les dommages liés aux progrès techniques, il faut les attribuer à des concomitances au libéralisme. Précisément, depuis quelques siècles : au triple-mouvement du colonialisme, de l'industrialisme et du démocratisme.

Ensemble, ils tournèrent au capitalisme (chacun son aire productive) par quoi les libéralismes (qui accompagnèrent fatalement la tendance, dans leurs libéralités juridiques et autres libéralisations des pratiques) passèrent au stade néolibéral (même si on trouve l'avènement d'un pré-capitalisme dès le XVème siècle, dans l'invention progressive des banques spéculatives).
C'est-à-dire, en somme, qu'on confond généralement libéralisme et progressisme, sachant qu'il existe un libéralisme conservateur et/ou un conservatisme libéral*.

Mais, au triple-mouvement colonial-industriel-démocratique, il faudrait encore ajouter le socialisme, qui lui aussi est un progressisme machiniste, d'origine. Il est des utopies socialistes industrialistes alors, début XIXème ...

Dans l'ensemble, c'est toute l'époque contemporaine, qui fit de Progrès religion, avec en tête d'épingle l'übermensch et Stakhanov ("l'homme nouveau") que l'on retrouve encore dans les velléités ès théorie du genre, aujourd'hui, ou encore ès transhumanisme (on n'y est même plus un individu, mais un 'dividu, démantelable à loisir).

Enfin, on voit bien que le progressisme pourrait être une jonction, une soudure entre Libéralisme et Démocratie.

Il est vrai que des libéraux d'Anciens Régimes (pas les philosophes des Lumières, qui croyaient peu en la démocratie, en dehors, par exemple, du parlementarisme lockien) se dotèrent de la démocratie comme libéralisation du régime monarchique. Afin de progrès idéologique.

Mais on voit mal un Adam Smith désirer la croissance et le lucre acharnés (alors qu'il vantait la richesse des nations pourtant), ni un Voltaire désirer le communautarisme (alors qu'il vantait la tolérance pourtant). Et ainsi de tous les premiers libéraux : ils ne voulaient pas de notre monde. Ils ne l'envisageaient même pas.

____________________________
* Libéralisme conservateur et conservatisme libéral, d'ailleurs aujourd'hui fort bien représentés (respectivement) par André Comte-Sponville et Alain Finkielkraut (aussi populistes et/ou réactionnaires les étiquetterait-on : l'un était au Comité national d'éthique, l'autre est à l'Académie).


Moyenne des avis sur cet article :  3/5   (4 votes)




Réagissez à l'article

6 réactions à cet article    


  • bébert 24 août 21:01

    Oui Moulinex libère la femme , il les a même libéré du boulot qu’elles avaient dans cette entreprise , c’est pour vous dire, maintenant elles trainent la savatte devant Paul Emploi.


    • bob14 25 août 07:49

      Moulinex ou le grand gâchis à la française...


      • Le421 Le421 25 août 09:52
        Il n’y a pas encore un génie de l’économie qui a découvert que dans un monde physiquement limité, la croissance éternelle était impossible ?
        Et apprendre à mieux gérer ce que l’on a déjà...

        Bon, « en même temps », j’ai pas fait l’ENA, moi.
        École Nationale d’Abrutissement...

        • jjwaDal jjwaDal 26 août 08:43

          @Le421
          « Monde physiquement limité », c’est quoi ?... Beaucoup de « décroissants » considère que la Terre est un « système fermé », ce qu’elle n’est pas (on pense à tout le rayonnement solaire qui alimente le climat, crée de la chimie via la vie, etc...).
          La croissance physique « éternelle » est inenvisageable en restant sur ce système ouvert, mais on se raconte beaucoup d’histoires à dormir debout sur le sujet.


        • sahb 25 août 17:03

          le libéralisme c’est du langage orwellien ! ça veut dire fascisme ! rien n’est permis ! les capitalistes règnent en maîtres comme sous l’Allemagne nazie où ils ont vu leurs profits augmenter de 300 % (pas 30% ! 300% !!!)


          • jjwaDal jjwaDal 26 août 08:57

            Un peu léger... Déjà, on attribue communément un sens mélioratif (et non péjoratif) au progrès, c’est un choix. Si un cancer progresse, est-ce si sympathique ?...

            On devrait parler d’évolution qui est bien plus neutre.
            Par ailleurs, l’orthodoxie économique actuelle qui repose entre autres sur une financiarisation extrême de l’économie et la primauté absolue de la rémunération du Capital sur le Travail, est substantiellement différent d’un capitalisme pas si ancien (année 1950 à 1980 disons) où l’économie rémunérait d’abord ceux prenant des risques et concrètement créant des richesses avec leurs talents et compétences et ensuite le Capital. Vu de 2018 on voudrait presque nous faire croire que ce régime passé du capitalisme était une forme de communisme ou socialisme avec le faux nez du capitalisme. C’est le système actuel qui est perverti au point que la planète entière est devenu un casino ou des drogués du jeu jouent l’avenir d’entreprises ou de sociétés entières, sinon notre avenir commun, à la roulette russe.
            Juste mes deux cents (centimes d’euros).

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès