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Accueil du site > Actualités > Politique > Le néo-bonapartisme, une idée novatrice ?

Le néo-bonapartisme, une idée novatrice ?

Le néo-bonapartisme, un terme qui peut susciter rires et moqueries, qui semble cantonné à une période historique révolue. Une idée perçue comme arriérée et incompatible avec l’économie moderne. Pourtant, il est réaliste de penser que certains aspects peuvent servir aux problématiques actuelles tant sur le plan économique que politique. Explications.

Le Premier Empire, symbole de prospérité et grandeur, résonne comme une période de création où les vestiges rythment encore notre quotidien. L’Empereur Napoléon Ier bouleverse l’Histoire du pays via sa doctrine, le bonapartisme. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Au sens strict, le bonapartisme vise à établir un régime républicain impérial en France à la tête duquel serait placé un membre de la famille de Napoléon Bonaparte. Un régime dont l’Etat National est à exécutif fort et centralisé mais d'essence républicaine et assis sur la consultation régulière du peuple par le biais de plébiscites. Il repose sur la fusion des élites et l'adhésion populaire.

Un système politique astucieux qui est déjà utilisé par certains pays pour traiter différents sujets de sociétés. Dernièrement, les suisses se sont prononcés sur le revenu universel le 5 juin 2016 pour finalement le refuser à 76.9%. Un exemple de plébiscite dans lequel le peuple s’exprime et relègue ses intentions aux élites. Une belle démonstration de démocratie participative. L’exécutif peut aisément consulter le peuple pour déterminer les orientations de sociétés voulues. Une solution qui aurait ses mérites en France à l’heure actuelle, où plus de consultations pourraient restaurer le lien de confiance entre politiques et contribuables. Des plébiscites qui restaureront la confiance en somme, en veillant toutefois à la nature des questions posées.

Sur le plan des libertés, le Premier Empire connu plusieurs phases. La liberté de la presse fût dans un premier temps contrôlée (en glorifiant notamment les victoires sur les champs de batailles) mais qui devint totale durant les Cent-Jours étant donné la montée en puissance des caricatures impériales. La défense de la liberté de la presse dans un moment d’exaspération du peuple pour mieux cerner ses inquiétudes. Une solution efficace, qui brise la tentation de vouloir restreindre les libertés en périodes de crises. En France, suite aux attentats de Charlie Hebdo et du 13 Novembre 2015, une censure implicite s’est lentement installée en laissant de côté les sujets sensibles tels que la place de l’Islam en France. Pourquoi ne pas briser les tabous en instaurant une liberté de la presse totale où l’Etat ne la contrôle plus ? Les divers points de vue renforceront les références patriotiques et fédéreront les différents courants politiques.

Par conséquent, le clivage gauche/droite tend à se réduire tant les techniques de gouvernances s’adaptent aux circonstances et en fonction des évènements. Juste après la première abdication de Napoléon Ier en 1814, lorsque la France est occupée par les armées de la Coalition, l’émergence du courant Le Vol de l’Aigle (qui dure jusqu’à la fin des Cents-Jours), fait basculer le bonapartisme à gauche ce dont témoignera sous la Restauration l’alliance objective entre libéraux et bonapartistes. Sous Napoléon III, le mouvement bonapartiste se scinda en deux groupes principaux : le bonapartisme « rouge » des jérômistes ou plébiscitaires, à vocation radicale, plus proche de l'extrême-gauche bourgeoise et anticléricale ; le bonapartisme des victoriens ou impérialistes, soutenu par les notables et les députés du parti, plus proche des idées sociales et modérées de L’Empereur. Bien qui divergent sur certains point, une unité nationale demeure grâce au pragmatisme militaire, aussi bien durant le Premier que le Second Empire. Si l’idée du bonapartisme permet une telle cohésion, c’est grâce à l’application du pragmatisme militaire à la politique, permettant de rendre prioritaire les sujets et réformes importantes tout en consultant le peuple.

Un modèle politique qui a permis des succès économiques, surtout sous le Second Empire. Toutefois, rendons à César ce qui lui appartient : la première idée novatrice est la création de la Banque de France le 18 janvier 1800 par Napoléon Bonaparte, alors qu’il est Premier Consul. Une nouveauté qui permettra surtout aux français de prendre confiance dans les billets de banque et d’échanger leurs métaux précieux contre la nouvelle monnaie. L’une des bases de la société d’aujourd’hui. Sous Napoléon III, l’intervention de l’Etat permet de favoriser le développement des secteurs clefs d’intérêt général. Le 4 mai 1864, la Société Générale voit le jour dont la création a pour objectif d’encourager le développement du commerce et de l’industrie en France. L’un des premiers financements de taille fût la Compagnie générale des eaux. Une intervention de l’Etat qui se limite à un secteur d’intérêt général favorisant le développement des conditions de vie des français. Un interventionnisme qui pourrait porter ses fruits aujourd’hui où le recentrage de l’Etat sur ses fonctions régaliennes fait débat.

Le bonapartisme, en somme, permet de concilier libéraux et étatistes, dans un modèle où l’intérêt général prime. Une solution dont les élites politiques pourrait s’inspirer aujourd’hui pour enrayer la politique politicienne qui fait couler tant d’encre. 


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17 réactions à cet article    


  • Hecetuye howahkan howahkan 10 janvier 11:02

    Pourquoi pas le néo hitlérisme alors ?

    entre grands grands criminels de l’histoire...

    l’intérêt général prime quand tout le monde est d’accord pour coopérer et partager...sinon c’est du pipeau..et violence légère et lourde assurée...

    diem perdidi....


    • Olivier Pasquier Olivier Pasquier 10 janvier 11:15

      @howahkan
      Comparer Napoléon à Hitler, justement la comparaison qu’il ne fallait pas faire. C’est réduire l’oeuvre de Napoléon qu’à de simples conquêtes militaires en oubliant l’héritage immense qu’il laisse à la Nation.


    • Hecetuye howahkan howahkan 10 janvier 12:35

      @Olivier Pasquier
      salut, mais si justement il fallait le faire deux grand criminels on peu les comparer non ? ah oui mais un est corse..pas pareil bien sur..

      mais bien sur il ne faut pas tout ramener à deux personnes seulement qui seules n’auraient même pas survécus ni fait de mal à personne...derrière il y a du monde qui se cache, truands ,voleurs ,parasites, criminels etc

      apparemment ils sont toujours là...

      tant que la masse refuse de coopérer et de partager donc d’être unie, ils seront là..

      c’est la masse elle même qui creuse sa tombe.. smiley

      peut on alors dire : bien fait !!!

      non même pas,car la masse ne sait pas ce qu’elle fait...


    • JL JL 10 janvier 12:37

      @howahkan

       
       ’la masse ne sait pas ce qu’elle fait’’
       
       C’est pas les cathos qui disent : « pardonnez leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » ?

    • Hecetuye howahkan howahkan 10 janvier 13:55

      @JL

      Salut Jl....ce serait l’excellent Jésus christ qui si il a existé a t’il existé ou pas ? je n’en sais rien du tout....il aurait dit cela sur la Croix en parlant de ceux qui l’ont condamné..

      comme il n’a rien écrit......comme le bouddha d’ailleurs et aussi tant de civilisations du passé qui privilégiaient l’oral....la préhistoire donc smiley

      je parle de masse prise comme nombre et qui inclut tout le monde pseudo élites de mon c.l incluses bien sur..ce n’est pas un qualificatif bien/pas bien quand j’utilise le mot masse..car je parle du nombre total des humains...qui est une masse et qui ne sait pas ce qu’elle fait non..ceci est une évidence non ? sauf exceptions qui peuvent atteindre tout le monde potentiellement..

      L’univers n’a pas de hiérarchie bien sur..il a une sorte d’ordre global....etc dont nous ne faisons plus partie de notre faute..car « on » ne sait pas ce que l’on fait..ni ce que l’on est etc


    • Sozenz 10 janvier 17:51

      @Olivier Pasquier
      allez je vais vous retirer vous rêves et illusions
      .https://www.youtube.com/watch?v=BzS5AINuH4s

      je ne pense pas qu il y ait une grande différence entre Napoleon et Hitler. ils sont presque calqués .


    • sarcastelle sarcastelle 10 janvier 18:49

      @Sozenz

      .
      Quoi que je pense du Napo, il en faut quand même en tenir une bonne pour le comparer à Hitler. 

    • JL JL 10 janvier 19:14

      @sarcastelle
       

       pareil.

    • Jeekes Jeekes 10 janvier 11:18

      C’est vrai qu’on engraisse déjà des centaines (milliers) « d’élus » qui se goinfrent à nos frais en nous pompant comme jamais.


      Quelle bonne idée d’y ajouter quelques autres centaines (milliers) de « nobles » qui se goinfreront eux aussi à nos frais ! 

      • zygzornifle zygzornifle 10 janvier 11:31

        Bonaparte était notre Hitler bien a nous .......


        • JL JL 10 janvier 12:36

          @zygzornifle
           

           si Bonaparte était notre Hitler à nous, alors qui étaient nos SS ?

        • Hecetuye howahkan howahkan 10 janvier 13:56

          @JL
          tous les collabos....


        • JL JL 10 janvier 15:33

          @howahkan
           

           collabos c’est un terme qui désigne les traîtres à leur patrie. Les SS étaient-ils des traîtres, selon vous ?

        • sarcastelle sarcastelle 10 janvier 12:45

          Louis XVIII en exil pria Bonaparte consul, nettoyeur de l’infâme Révolution, de lui restituer le trône. Le refus de Bonaparte constitua un crime contre la légitimité que j’ai trop l’impression d’être ici seule à défendre. Vive Louis XX, et à la poubelle de l’histoire le sinistre épisode napoléonien. 



          • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 10 janvier 17:15

            @sarcastelle

            vous risquez de vous sentir de plus en plus seule, Madame...

          • sarcastelle sarcastelle 10 janvier 18:46

            @Jeussey de Sourcesûre

            .
            Quelle mère met des enfants au monde pour les voir dévorés par le moloch militaire ? Quels étaient les effectifs militaires sous l’ancien régime, et quels devinrent-ils, avec les pertes afférentes, sous la république puis sous l’empire et les républiques suivantes ? 

          • toyet 12 janvier 09:26

            La république va disparaitre dans la mondialisation, un sursaut bonapartiste est sans doute la dernière chance de sauver la France.

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