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Le républicanisme, croyance française devant le libéralisme

De toute évidence, la France est plus étatiste qu'un autre pays occidental. Néanmoins, cela suffit-il a faire une "République" ou un républicanisme ? ... Disons que, comme croyance, le républicanisme est très présent. C'est de caractère national ...

Cet article fait suite à celui-ci : Entre néolibéralisme et populisme, la nuance est absente.

  • Jacquette du jeu vidéo République, 2013.

 

Reste que, comme tel, la vie civile est fort libérale. Elle l'était déjà avant Sarkozy-Hollande-Macron dans les pratiques. Sans ses libéralités, la République serait passée pour tyrannique, or on le lui renvoie assez souvent dans la face, y compris évidemment quand passent des lois libéralistes.

L'étatisme lui-même, compris comme prégnance de l’État dans la vie civile, à bien y penser, est une marque (pas forcément spécifique, ni spécialement interventionniste) des pays occidentaux : on surfait l'étatisme français, quoiqu'il en ait, rapport au parcours de ses agents et autres politiques, sans parler des taxes et autres règles. Ainsi des "normes européennes", par exemple, qui ne sont pas "françaises". Mais au-delà, alentour et/ou par-devers, le collectif instituant est toujours nécessaire à l'instauration de libéralités (de disponibilités, de disposibilités*, de facilités).

C'est-à-dire que la Loi, le Droit, la Justice, etc. sont autant d'institutions configurées par les velléités (néo)libérales, partout en Occident au moins. Où l'on voit d'ailleurs, rapport à l'exemple du travail des enfants, que le néolibéralisme poussé à bout contredit le libéralisme**, d'après des sensibilités et des fondements (ou l'absence de fondements, dans le cas néolibéral) divergents ... le néolibéralisme serait-il l'exacerbation délirante du libéralisme (en quoi le néolibéralisme resterait un libéralisme continué, un libéral-libéralisme, un libéralisme forcené, "libéralisme de dingue").

Bref, l'étatisme reste crucial, partout, y compris lorsqu'il s'agit de décréter qu'on n'est plus maître de la banque centrale (FED, BCE ... ). Sans de tels décrets institués par un collectif (ce collectif se résumerait-il à une ethnocratie de milieu, une technocratie, une ploutocratie, une oligarchie, etc.) il est impossible de s'ébaubir économiquement en termes (néo)libéralistes, sur la base de libéralités (éventuellement devenues folles). Des disponibilités, des disposibilités*, des facilités.

Au final, "la République" fait couleur locale. En effet, MacDonald's ne vend pas de hamburgers au bœuf, en Inde, puisque 1° il n'y a pas de bœuf, car 2° vaches et taureaux sont encore sacrés. Ça ferait mauvais genre. Aussi faut-il, en France, faire preuve d'idéalisme républicain, pour passer. Se donner des dignités. Or, c'est exactement ce que font les dits néo-réacs, actuellement, pour quoi on les dit néo-réacs ; et, pour dire jusqu'où ça va, on le retrouve dans les dignités d'un Jean-Luc Mélenchon-même.
Ce sont des notoriétés comprises par E. Macron dans la communication, quoique ce soit manifestement de la communication, et que les autres politiques y crurent ou firent assez bien semblant d'y croire (en dehors de Sarkozy-Hollande-Macron). "Le gaullisme" culturel de nos institutions, si l'on veut.
Et ainsi, quand Laurent Wauquiez et affidés lancent "Pour que la France reste la France", les libéraux-libertaires crient haro sur l'extrême-droitisation, mais c'est précisément le style républicain français, qu'ils conspuent, car ils ne le respectent plus et y tiennent autant qu'à leur défunt arrière-grand-père (Macron n'y tient pas spécialement, donc, en dehors des bonnes manières).
Cela dit, il est évident que de telles dignités faisaient une école de la vie, une formation populaire, en dehors de tout populisme (car, oui, c'est relégué au "populisme" aussi, du coup, désormais). Par exemple, les hussards noirs, Péguy, etc.

Bref, l'étatisme est un bon instrument néolibéral, quoique les discours (néo)libéraux en aient contre l’État (superstructure des discours, par-devers l'infrastructure des pratiques).
Or, on oppose difficilement des spiritualités (cultures, dignités, etc.) à des praticités - surtout quand règne un impérial affairisme, ou un impérialisme des affaires ... néolibéral, donc, et malgré les contre-velléités (Poutine, Trump, les populismes, etc. qui doivent bien y faire).

C'est de réalisme politique.


* Sur cette notion de disposibilité, il faut des explications : depuis Heidegger, comme disposition de l'être-là à caractère humorale-affective, elle signifie sociopolitiquement une ouverture, une déliaison, une souplesse existentielle ... bref, en l'occurrence : le sentiment soulagé de libéralisations, sécurités propriétaires/propriétés sécurisées. Tout ceci est très loin de la liberté, utiliserait-on ce terme pour désigner les droits civils.
** Le premier libéralisme est humaniste, valorisant l'instruction.


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9 réactions à cet article    


  • Chourave Dr Faustroll 21 août 10:56


    état et république ne sont pas antinomiques, pas plus que monarchie et état
    l’état, c’est « une bande de gens armés »
    ce qui est, parait-il antinomique, c’est la « libre entreprise » dont les libertariens prétendent qu’elle est freinée dans son développement par le poids des charges sociales et des impôts
    rien n’est plus faux : les puissants ont toujours su utiliser l’appareil d’état (armée, police, justice) pour protéger et défendre leurs intérêts
    sans l’état,utilisé comme arme , la domination du capital n’existerait pas

    • Morologue Morologue 21 août 11:38

      @Dr Faustroll. Je regrette, la machine abstraite nommée « État » n’est pas la machine de guerre. Au contraire, la machine abstraite craint la machine de guerre, qu’elle utilise toujours avec circonspection. Ainsi des policiers, qui servent ses intérêts, mais qu’on a intérêt à voir honnis du peuple. Cela éloigne le risque de militaro-cratie à l’algérienne, ou autre.


    • ASTERIX 22 août 10:30
      @Dr Faustroll

      JUPITER 2 ENCORE PLUS NUL QUE SARKO 1ER ( surtout pour le social et le logement)

      BEN ALLAH se serait il reclassé en pompier « incendiaire du logement insalubre  ???)

      les paroles de sarko et de jupiter sont aussi méprisantes …………………. » lle pognon qu’on donne aux pauvres………………../ )

      l ’un comme l’autre SONT DES RIPOUX BLICAINS !!!!!!!!!!!!

      INCOMPETENTS POUR GERER LA FRANCE ET PUNIR LEURS AMIS RIPOUX

      RAPPEL LA VILLE D AUGERVILLIERS COMME LE 75020 COMPTENT 40% DE LOGEMENTS INSALUBRES A 1000 EUROS MOIS    INDIGNE POUR UNE DEMOCRATIE !!!!!!!!

    • zzz'z zzz’z 21 août 13:17

      Depuis la suppression des corporations, des congrégations pour favoriser l’émergence d’un lupen-prolétariat en supprimant toute dignité aux pauvres laborieux, la chose publique s’est emparée du contrôle de la chose privée. 


      Dans le débat « démocratique » on a donc la gauche favorable à cet état de faits, la droite préférant la garantie royale d’intégrité faite aux corporations. La combinaison actuelle, la gauche du capital, vampirisant les affaires privées, les peuples avoisinants, pour survivre, leurre les pauvres, leur promettant des jours meilleurs sur terre, à l’instar des curés qui eux avaient la délicatesse de le promettre dans le repos éternel, perpétue la négation des droits aux normes privées. Le prolétariat s’étant embourgeoisé, les forces de production, autant au niveau de la maîtrise que du travail ont disparu.

      Si vous arrivez à penser une sortie de cet état de faits — intégrant le fait que les devoirs régaliens ne sont plus du tout assurés — sans recadrer la Gueuse maquillée comme une démocratie avec un retour au libéralisme privé avec annihilation du capitalisme d’état, amha, vous êtes un gauchiste irrécupérable. 

      • Morologue Morologue 21 août 20:20

        @zzz’z. Et pourtant, en dernière instance, si la chose privée veut se donner des libéralités (des sécurités-propriétés), elle doit faire en sorte que la chose publique la permette.


      • aimable 21 août 15:37
        un état républicain ne peut exister que s’il est fort , parce que si l’état est faible , une mafia capitaliste et mondialiste prend le pouvoir .
        pour le voir il n’est point besoin de partir a l’étranger .

        • Morologue Morologue 21 août 20:19

          @aimable. En dernière instance, même un Etat-marionnette est le seul à pouvoir légiférer. Sans « marionnette », pas de légifération. Et, après tout, la démocratie est la maximisation d’un peuple-marionnetiste.


        • Jean Keim Jean Keim 21 août 18:59

          État, république, démocratie, capitalisme, ..., sont des concepts, si vous désirez obtenir un rendez-vous avec l’un d’entre-eux finalement vous aurez en face de vous un interlocuteur, un individu ou une personne, nous ne devons jamais oublier que derrière les machins institutionnalisés il y a des gens qui agissent pour des intérêts par toujours clairs à identifier.


          • Morologue Morologue 21 août 20:18

            @Jean Keim. Et pourtant, il faut savoir se donner une vision d’ensemble, aussi. Je ne connais personne qui ne le fasse pas, et qui soit purement inductif. L’induction seule, ça n’existe pas, puisque ce n’est alors qu’une collection de faits disparates, sans possibilité de jonction.

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