• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Le vrai fameux « Retour aux années 1930 »

Le vrai fameux « Retour aux années 1930 »

Cela fait maintenant pour ainsi dire 20 ans, que l'on entend dire que le climat politique revient aux années 1930, comme si nous nous retrouvions devant la montée d'un nouveau nazisme et toutes les dérives idoines. à cause de l'essai du plumitif Daniel Lindenberg, sur des présumés coupables "néo-réacs". Quel crétinisme. C'est la fachophobie qui parle surtout, car nous n'en sommes évidemment pas là. Il y a d'autres points de comparaisons bien plus flagrants, désormais, dans l'ordre des territoires idéologiques.

 

Source Starship Troopers de Paul Verhoeven

 

Tout d'abord, rien de nouveau sous le soleil, les Français aiment à râler, et ce n'est pas les genres de calme que l'on se donne médiatiquement en hauts lieux qui y changent quelque chose. La râlerie et la francheté sont partout : la communication fine mise en place par l'Elysée est exactement de cet ordre, lorsqu'elle laisse judicieusement filtrer que la France pourrait être au bord de la guerre civile, avec ses histoires d'intégration de l'islam et dérives nationalistes (nationalisme français, nationalisme islamique inspiré par Daesh). Tout cela a été pressenti voilà trente ans déjà, par des personnes telles que Guillaume Faye, et n'a été que récemment repris par le beau Jacques Attali.

Pourquoi l'Etat actuel laisse-t-il filtrer sur l'évocation potentielle d'une guerre civile ? ... Il laisse filtrer justement pour qu'on en parle. C'est cathartique, ou du moins cela se veut cathartique. C'est que d'en parler, permet de le fourrer dans toutes les têtes, fourrer cette possibilité, de sorte qu'au final tout le monde se mette à y penser, à en craindre l'avènement donc à le refuser ou du moins le retarder, mais aussi à s'exprimer sur le sujet : cela défoule idéologiquement plutôt que violemment.

C'est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins, dit l'adage au sujet du sexe, là c'est pareil, et ça présente l'indéniable avantage pour la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure, contre-espionnage et renseignements généraux) de pouvoir cartographier l'espace idéologico-territorial français sur la question de la potentialité de cette guerre civile, mais avant tout des éventuels réseaux ou régions chaudes, zones en tension, sur le territoire national. Nous travaillons tous pour Castaner, si vous voulez.

 

Jusqu'ici tout va bien dans le meilleur des mondes intérieur possibles en vérité, et l'Etat reste maître des horloges à son alarmante façon de réveil-matin, dans les conditions potentielles d'une société de vigilance déclarée, déjà bien stressée par l'écologisme et le terrorisme, avec inscription de l'état d'urgence dans la loi - l'urgence devenant aussi normale que François Hollande. Appelons ça le management par la détresse, servant l'éreintement de toute velléité agressive par ailleurs, pas seulement dans la science-fiction.

Jusqu'ici tout allait bien dans le meilleur des mondes intérieur possibles, seulement ce management par la détresse met évidemment l'humanité en tension : c'est l'ascenceur émotionnel. Les genres calmes que se donnent les journalistes sur les plateaux de télévision ou bien dans la presse à grand tirage (d'ailleurs, n'avez-vous pas remarqué ? leurs modes d'être n'ont pas varié d'un iota depuis les années 1990) doublés de la dépolitisation massive de la société (par exemple, lorsque les grandes surfaces fréquentées telles que Carrefour, Leclerc, Intermarché, proposent des coins presses avec de moins en moins de magazines politiques depuis 10-15 ans maintenant, on comprend bien une intentionnalité dispositive de leur part - digne d'un cartel - ainsi qu'une baisse de l'achat de ce type d'articles) ... les genres calmes qu'ils se donnent tous, cachent mal la détresse des sujets qu'ils évoquent (moins souvent pour le scoop d'ailleurs, que par enfer pavé de bonnes intentions énervées, stressantes, comminatoires et moralistes). Dans le journalisme plus libre, c'est l'évidence, AgoraVox est à ce titre presque un exutoire, sans parler des commentateurs maladifs : mais cette dimension commentatrice n'est pas propre à AgoraVox. La détresse est grande, tout ça à cause de l'information et du commentary en temps réel.

 

Au final, nous nous retrouvons dans les années 1930, pour quelle raison ? ... Nous nous retrouvons dans les années 1930, parce que l'Etat, se débrouillant comme il peut dans la détresse ambiante qu'il contribue partiellement à entretenir, passe pour faible de laisser s'exprimer toutes les tendances, jusqu'aux pires au point qu'il s'invente bon an mal des lois contre la haine aisément manipulables par une néo-censure. L'enfer est pavé de bonnes intentions. Et pourtant, il faut laisser s'exprimer toutes les tendances, pour rester en démocratie. Et ces tendances, comme dans les années 1930 face à la menace que représentait l'Allemagne nazie ... ces tendances se partagent à l'extrême entre bellicisme, militarisme et pacifisme.

 

Les bellicistes veulent la guerre. Mais ce n'est pas parce que monsieur le président ose l'évoquer en laissant filtrer sa communication comme s'il s'agissait d'un truc volé sur le vif, que cette guerre adviendra, ni qu'on souhaite qu'elle advienne. La seule réalité est celle du management par la détresse, où de toute évidence les plus planqués/protégés seront les plus riches à pouvoir se payer une protection, et les plus périphériques en France rapport aux foyers de tension (territoires perdus de la République, etc.). Hélas, sous un angle, l'éclatement de la guerre civile, comme tout crevage d'abcès, permettrait de révéler aux yeux de tous les forces en présence, et ainsi de pouvoir intervenir dessus après un singulier passage par le couvre-feu militaire, potentiellement instaurateur d'une dictature au sens plein du terme. Pas forcément avec Macron en chef d'ailleurs, puisque des coups d'Etat sont possibles. Cette résolution laisse manifestement à désirer.

Les militaristes alors, entre bellicistes et pacifistes, insistent sur la défense du territoire, mais sont bizarrement assimilés à l'estrèmdrwate parce que c'est l'estrèmdrwate qui en assume le plus les discours, notoirement nationalistes. Et pourtant, il faut lui faire honneur, à cette droite, car à ce titre elle n'est pas extrême du tout, encore qu'on puisse ne pas admettre son nationalisme. Mais le nationalisme n'est pas l'identitarisme, le patriotisme n'est pas le nationalisme, le souverainisme n'est pas le patriotisme, et la défense du territoire (le territorialisme instinctif animal) n'est pas non plus le souverainisme. En fait, le territorialisme est, de nos jours, fatalement, un étatisme, puisque les Etats règnent sur les territoires souverains. Et c'est bien à l'Etat, d'assurer la défense du territoire souverainement, à travers une force militaire aussi. Les militaristes n'ont donc pas tort, ils sont centristes même quand ils seraient d'estrèmdrawte. Le fait est qu'il y a un territoire national souverain identifié, dont on escompte la stabilisation par le gouvernement, y compris à faire usage de la force militaire, au besoin.

Finalement, il y a les pacifistes, largement assimilés quant à eux aux islamo-gauchistes par les représentations collectives, alors que concrètement ils peuvent s'avérer aussi violents que d'autres, de l'invective antisioniste à la baston des black blocs. De plus, à droite aussi, y compris extrême, on trouve de ces personnes qui n'escomptent que la paix jusqu'à pleurer dès qu'on leur évoque la possibilité guerrière. Ce sont des "bellophobes", si vous voulez, inconséquent avec la défense du territoire, et au nom d'un anti-nationalisme forcené jusqu'à l'anti-territorialisme parfois, anti-étatistes ou non (l'anarchisme de droite existe), ces personnes plus ou moins libérales-libertaires, lambinent en tortillant du cul, comme on dit dans le jargon.

 

Eh bien, dans les années 1930, c'était pareil : tandis que Hitler envahissait la Bohème, renforçait sa force militaire, et asseyait sa sécurité côté soviétique avec un pacte, prêt à s'en prendre à l'Europe occidentale du Nord comme du Sud - déjà pétries de fascismes espagnols et italiens d'ailleurs, avec leurs guerres internes dans lesquelles les pacifistes ne voulaient pas intervenir ... tandis que Hitler représentait le Napoléon sorcier, ange exterminateur, impulsé par le NSDAP et son occultrisme ... avec des bellicistes prêts à l'arrêter, qui auraient dû l'arrêter, et des militaristes sur le qui-vive ... eh bien, en somme, dans tout ce barnum, la France c'est pareil, aujourd'hui, et toutes proporitions gardées, avec son management par la détresse. Elle se laisse engourdir par de tels débats entre bellicistes, militaristes et pacifistes. Ce qui ne signifie toujours pas que le "néo-nazisme" advient (à quoi correspondrait-il, au juste ? l'islamisme ne proposant pas spécialement d'exterminationnisme ni de métahumanisme, bien qu'il soit - comme tout unithéisme - spirituellement totalitaire, donc moralement suprémaciste).

 

Faire chanter des gosses ou des Enfoirés n'aide pas spécialement devant la question. Sauf à vendre des disques - mais les gosses chantent mieux que leurs aînés, et sans superfétation.

 



 

 

____________________________________________

Moyenne des avis sur cet article :  1.4/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

10 réactions à cet article    


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 21 octobre 18:34

    L’histoire humaine est cyclique guerre paix guerre paix guerre paix, etc. ^^


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 10:58

      La question est de savoir dans quelle phase du cycle nous sommes, et qui occupe quelles places.


    • CLOJAC CLOJAC 22 octobre 03:24

      Quelle que soit l’époque, on retrouve les 3 constantes d’infantilisation qui modulent la politique : la peur, la protection, la punition-récompense.

      Le politique efficace doit créer des peurs ou renforcer celles qui existent, peu importe que ce soit l’ennemi héréditaire qui change d’un siècle à l’autre, le péril jaune, le sida ou le réchauffement. La liste est infinie. Il suffit de capter l’air du temps.

      Le politique avisé doit présenter des solutions qui paraissent logiques et imparables. Peu importe qu’elles soient irréalistes ou irréalisables. L’important est de les glorifier et d’en faire des références d’espoir. D’autant plus aisément qu’il file des baffes aux sales gosses qui la ramènent pour les faire taire.

      Le politique abouti doit faire admettre comme une évidence irréfragable qu’en faisant ce qu’il préconise, et bien sûr en lui confiant les clés de la citadelle (le placard à gâteaux) les problèmes se résoudront d’eux mêmes et qu’on en retirera moult avantages, sinon gare aux inconvénients et au châtiment.

      L’électeur infantilisé est comme le petit enfant qui se sent désarmé face au monde des adultes qui savent et ont du pouvoir. Lesquels adultes bienveillants s’emploient à le rassurer... S’il est bien sage et fait ce qu’on lui dit, sinon panpan cucul.

      Cela fonctionne avec les 2/3 de la population en moyenne. Les 1/3 restant, on les neutralise. Peu importe qu’on les enferme ou les déporte, ou que de façon plus civilisée on les ignore, les diabolise ou les calomnie, les condamnant à la mort sociale, l’important est d’empêcher qu’ils incitent les 2/3 soumis à faire leur crise de rébellion adolescente. Fort heureusement la recette ne fonctionne pas à 100%, sinon il n’y aurait jamais de révolutions.

      Quant aux minus habens qui déversent leur ignorance et leur nullité sur les forums, je pense que ce psychodrame fait économiser à la sécu une partie des soins nécessaires aux névrosés, aux psychotiques et aux grands dépressifs. On ne dira jamais assez combien le web est une grande psychothérapie collective. Il importe juste de ne pas en être dupe.


      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 10:59

        Même commentaire qu’@bouffon du roi. Nous vivons cette époque, concrètement, pas des généralités intellectuelles.


      • CLOJAC CLOJAC 24 octobre 00:09

        @Marzhin Tavernier
        Votre erreur (je ne serai pas discourtois en parlant de manque de perspective) est de gloser sur des épiphénomènes locaux et datés, quand ceux-ci sont des variantes itératives de comportements universels.


      • Revoir le film : CABARET qui préfigure bien la montée du nazisme. Avec l’argent « fou » et toutes les dérives perverses de la sexualité. Le nazisme ne peut pas se montrer sous les mêmes oripeaux, ce serait trop flagrant. Ce serait plutôt par l’augmentation du nombre de « pervers narcissique » dans la société dont la personnalité ressemble à celle du nazi moyen. Lire la Cité perverse de Dany Dufour.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès