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Accueil du site > Actualités > Politique > Les Républicains en pleine introspection

Les Républicains en pleine introspection

« Si vous n’avez que les idées, vous risquez d’être prof. Si vous n’avez que l’incarnation, vous risquez d’être petit chef. Comment rassembler les deux ? Il faut une part de grâce. » (Mathieu Bock-Côté, sociologue participant à l’atelier du 11 octobre 2017).



L’un des partis "traditionnels" en pleine déconfiture, c’est "Les Républicains" (LR). Double échec électoral au printemps (présidentielle et législatives), un désastre électoral sans précédent avec l’absence de candidat au second tour de l’élection présidentielle. Certes, avec une centaine de députés élus, LR vit encore et ne mourra pas cette fois-ci (c’est moins sûr pour le Parti socialiste). C’est même le parti "traditionnel" finalement qui a le mieux résisté au choc macroniste. Parmi les nouveaux députés LR, des dizaines de jeunes députés, des trentenaires, qui n’ont rien à envier à la jeunesse et au dynamisme de l’armée des députés LREM ("La République En Marche", macronistes). Et le très dense réseau d’élus locaux LR (communes, intercommunalités, départements, régions, des sièges acquis aux élections locales de 2014 et 2015) laisse entendre que ce parti a encore un avenir.

La vraie question, c’est quel avenir ? Deviendra-t-il une simple écurie présidentielle au service d’une seule ambition personnelle ? Ou un syndicat d’élus pour se faire réélire ? Ou veut-il redevenir un véritable parti de gouvernement ?

On pourrait mettre assez rapidement l’échec des élections législatives sur le compte de l’échec de l’élection présidentielle, et l’échec de François Fillon à l’élection présidentielle sur le compte de son "affaire" qui a gangrené toute sa campagne. Pourtant, "l’affaire" n’a pas fait tout : déjà avant son éclatement public, en janvier 2017, la popularité de François Fillon avait chuté car son programme était mis en lumière et recevait beaucoup d’appréciations négatives dans les médias souvent avec des éléments de désinformation et de polémique (bradage de la fonction publique, privatisation de la sécurité sociale, etc.).

Les responsabilités sont évidemment partagées : pourquoi avoir délibérément laissé leur candidat foncer dans le mur inévitable en début mars 2017 ? La réponse mettra beaucoup de temps à parvenir.

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L’essentiel des forces de ce parti se consacre maintenant à la désignation de son prochain président, qui sera élu par les quelque 235 000 adhérents qui ont été enregistrés pour ce scrutin, les 10 et 17 décembre 2017 parmi trois candidats, un favori Laurent Wauquiez et deux faire-valoir, le juppéiste Maël de Calan et la filloniste Florence Portelli, ces deux derniers n’auront pas à rougir ni de leur campagne ni même de leur courage de concourir avec peu de chance de gagner.

Le secrétaire général de LR actuel, installé à l’issue de la primaire LR de novembre 2016, à savoir Bernard Accoyer (ancien Président de l’Assemblée Nationale), ainsi que la directrice des études de LR Nelly Garnier ont voulu faire une sorte d’état des lieux de leur parti, une sorte d’audit interne pour essayer de redéfinir ses valeurs, ses priorités et ses perspectives. Cela a abouti à la publication du "Rapport de la refondation de la droite et du centre" le 7 novembre 2017 (82 pages), qu’on peut télécharger ici. Le mot "centre" est juste pour la vitrine puisque cela fait déjà bien longtemps que les centristes ont quitté le navire LR et même UMP (depuis environ 2010), et ceux "d’origine centriste" qui y sont restés ne le sont plus depuis belle lurette, mais qu’importe.

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Déjà, un avertissement. Je vais être assez critique avec ce rapport mais reconnaissons-lui un mérite, celui d’exister. Après l’échec de 2012, il n’y a eu aucune introspection. Donc, c’est déjà mieux que rien. Toutefois, il ne me paraît pas être en mesure d’atteindre ses objectifs, celui notamment de redonner un corpus idéologique cohérent alors même que le rapport reconnaît que l’électorat LR est partagé à peu près en deux moitiés identiques face à la politique du Président Emmanuel Macron.

Ce type d’étude ne sert pas à grand-chose si les responsables politiques de la campagne 2017 (de l’échec) ne sont pas impliqués et n’interviennent pas. Cela ne sert à rien avant la désignation d’une nouvelle direction. C’est en principe au prochain président d’amorcer la nouvelle définition des idées et d’un projet politique.

Par ailleurs, il y a un petit côté insolent de l’abandon qu’on pouvait ressentir après la défaite de Lionel Jospin au sein du PS en 2002 : celui par qui est passé le cataclysme, François Fillon, a digéré l’échec et a tourné la page, a quitté la vie politique. En quelques sortes, il a quitté le bateau, mais l’a laissé à la dérive.

Remarquons au passage qu’un autre candidat, en revanche, n’a toujours pas digéré sa défaite à la primaire, c’est Alain Juppé, le favori de l’élection présidentielle de 2017. Quant à Nicolas Sarkozy, qui était à Metz et à Nancy le 10 novembre 2017, il doit en ce moment jubiler, trop épaté par les performances politiques d’Emmanuel Macron. L’échec de 2017 montre aussi qu’il a été le seul de sa génération à avoir été capable de porter les idées de son courant politique à l’Élysée.

Une fois ces préventions dites, constatons seulement que ce rapport est donc un outil de communication de la base vers le haut et pas l’inverse. Cela ne mange pas de pain, mais c’est, comme je l’ai précédemment écrit, mieux que rien.

Parlons de la méthodologie. Elle était assez "solide". L’opération, pilotée par des trentenaires, s’est déroulée pendant quatre mois, entre le 5 juillet 2017 et le 7 novembre 2017. Il y a eu 40 912 questionnaires qui ont été remplis par les adhérents LR, 450 contributions écrites, parfois très étayées, et huit ateliers nationaux : le 5 juillet 2017 à Paris, le 26 août 2017 au Touquet, le 2 septembre 2017 à La Baule et à Lyon, le 20 septembre 2017 à Paris, le 27 septembre 2017 à Paris, le 7 octobre 2017 à Paris et le 11 octobre 2017 à Paris.

De plus, une vingtaine d’experts ont été mobilisés pour animer les ateliers. On peut citer notamment : Jean-Daniel Levy, Guillaume Perrault, François-Xavier Bellamy, Denis Tillinac, Nicolas Bouzou, Jérôme Sainte-Marie, Arnaud Tessier, Agnès Verdier-Molinié, Dominique Reynié, Dominique Schnapper et Éric Brunet.

Au-delà des ateliers et des questionnaires qui ont fait intervenir essentiellement des adhérents, des cadres et des élus de Les Républicains, le travail a été complété par un sondage pour mieux connaître les attentes et ressentis de l’électorat LR.

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Donc, je le répète, ce travail est loin d’être anodin. Beaucoup ont participé, beaucoup ont travaillé pour ce rapport, ont pris sur leur temps libre, sur leurs vacances estivales pour contribuer à ce document. L’action même de l’étude a créé probablement de nouvelles convivialités, de nouvelles solidarités, de nouveaux réseaux. Mais il y a peu de chance que ce travail trouve une utilité politique puisque l’action politique n’interviendra qu’après décembre avec le nouveau "président élu".

La nature des intervenants extérieurs (je pense particulièrement à Agnès Verdier-Molinié) fait qu’on ne s’étonnera pas de certains constats comme celui que les électeurs de droite ne s’y retrouvent pas quand le parti de droite (LR) est au pouvoir car les gouvernements LR ont peu réduit la dépense publique (ce que compte faire le gouvernement actuel, d’ailleurs) : « Vous dites que la gauche serait dépensière et la droite serait bonne gestionnaire. Est-ce que la droite a vraiment été meilleure gestionnaire que la gauche quand elle était au pouvoir ? (…) Est-ce que l’on a baissé la dépense publique ? Est-ce que l’on a baissé les prélèvements obligatoires ? Le problème, c’est que, comme tout réformateur, il y a deux façons de réformer : soit on réforme en profondeur, soit on dit que l’on réforme et on ne réforme pas vraiment. Je ne dis pas que c’est l’apanage de la droite, je pense que c’est très difficile de réformer. » (Agnès Verdier-Molinié).

En gros, comme je l’ai dit en préambule, l’électorat LR est séparé en deux parties, une, ouverte et favorable à la mondialisation, qui considère qu’il faut libéraliser l’économie et soutient donc l’action d’Emmanuel Macron qui fait pour l’instant mieux que les autres ; une autre, plus identitaire et repliée sur la notion de nation, qui se préoccupe plus de la place de l’État régalien dans la République, et qui serait prête à voter FN le cas échéant. Cela signifie une hémorragie dans son corps lui-même, clivé par le second tour de l’élection présidentielle.

Un autre enseignement : François Fillon a incarné un véritable courant politique qu’il a su entraîner sur son sillage, à la fois sur le fond et sur la forme. Après tout, recueillir 20% sur un tel fond d’affaire, ce n’était pas si mal (il a fait plus que Jacques Chirac en 1981, 1988 et 2002, Édouard Balladur en 1995, Jacques Chaban-Delmas en 1974, etc.). Sur le fond, en prônant à la fois le retour à l’histoire et aux valeurs et la libéralisation de l’économie (sur ces deux thèmes, Emmanuel Macron s’en sort bien pour l’instant, tant sur le plan diplomatique que sur le plan économique et social, il faudra voir comment il réagira face aux pressions pour faire des réformes sociétales).

Sur la forme aussi, la démarche de François Fillon a plu, même à ceux qui n’étaient pas forcément d’accord avec lui sur le fond. Ainsi, la méthodologie d’aller à la rencontre des Français pendant plus de trois ans (de février 2013 à août 2016), de consulter des milliers de compétences sur le terrain sur tous les sujets pour bâtir un programme politique basé sur le réel et pas sur l’idéologie théorique, est une façon particulièrement appréciée de faire de la politique, une manière moderne et collective. Et surtout, cela permet d’arriver au pouvoir de manière préparée (pas comme les socialistes en 2012, pourtant dix ans dans l’opposition).

François Bouvard, qui fut le responsable du projet de François Fillon, a expliqué la démarche qui avait été adoptée : « Nous voulions monter un programme de manière différente en partant de trois constats. Quand un projet est fait uniquement par des politiques, cela ne permet pas une bonne appropriation par la société civile. Quand le programme est fait par les hauts fonctionnaires, ces derniers se focalisent sur ce qui est impossible, trop compliqué à changer. Quand il est fait par la société civile seule, il ne prend pas en compte les contraintes de la gestion de l’État qui sont telles qu’on ne peut pas dupliquer à 100% les méthodes du privé. Nous avons donc défini une trentaine de thèmes et, pour chacun de ces thèmes, mobilisé une équipe d’une dizaine de personnes composées pour un tiers de la société civile, pour un tiers d’élus et de parlementaires et pour le dernier tiers de hauts fonctionnaires. ».

Le véritable problème de LR, actuellement, c’est de pouvoir remobiliser son électorat populaire, celui qui a fait élire Nicolas Sarkozy sur la base de la valeur travail.

Le rapport est composé de trois parties.


1. Le droit d’inventaire

La première partie concerne le "droit d’inventaire". Dans celle-ci, il est question de rendre responsable la difficulté de faire adhérer aux thèses de la droite par une supposée "pensée de gauche dominante". C’est en tout cas comme cela que c’est perçu dans son électorat, mais il est certainement possible de constater que des personnes "de gauche" trouveraient au contraire que la pensée dominante est "de droite" (dans le sens libéral, un terme qui pourtant a toujours placé ses élus vers la gauche sous la Restauration).

Dominique Reynié (qui a tenté une brève incursion dans la vie politique aux élections régionales de 2015) a eu un constat très réaliste : « La victoire n’est rien. Ce n’est pas le but, c’est le moyen. Ce qui a fatigué l’alternance, c’est cette idée que la défaite de la gauche n’allait pas mettre au pouvoir une droite capable de convaincre le pays de sa capacité à aller de l’avant. Quand on ne sait plus quoi faire, quand on ne sait plus comment s’y prendre, s’ouvre un vide d’où peut surgir absolument n’importe quoi. N’oublions pas que nous avons échappé en réalité d’assez peu à un second tour entre Mélenchon et Le Pen. ».

Sur le principe des primaires ouvertes, l’ancien député Hervé Mariton a remarqué : « La primaire n’est pas un mauvais système en tant que tel. Mais une primaire nous recentre sur notre base de sympathisants et, au final, une primaire à gauche et une primaire à droite libèrent un espace au centre. ».

Selon le sondage du rapport, les trois valeurs qui doivent être défendues prioritairement par le parti LR sont le travail (43%), la sécurité (39%) et l’exemplarité (38%). Les affaires financières démotivent donc énormément les sympathisants de ce parti, en raison du manque d’exemplarité : « Le personnel politique est jugé responsable de la dégradation de la situation de la France car trop occupé à gérer des luttes intestines et à défendre ses intérêts plutôt qu’à envisager la France ans sa multiplicité et sa complexité. » (Jean-Daniel Levy).


2. L’idéologie de LR

La deuxième partie du rapport est la plus importante et la moins opérante, cela concerne le "corpus idéologique à clarifier". La question est de positionner LR entre LREM et le FN et de savoir quelles sont les éléments d’unité et les éléments de division, et la capacité ou pas à en faire la synthèse (sans synthèse, à quoi cela rimerait pour ces courants différents de rester dans un même parti ?).

L’historien Arnaud Teyssier a qualifié le parti LR de « conglomérat de forces politiques et d’idées souvent très contradictoires sur la centralisation et la décentralisation, ou sur l’Europe », ce qui a pour résultat : « Il n’y a plus d’unité parce qu’il faut retrouver des positions claires et cohérentes. On ne peut pas vivre en permanence dans une sorte de compromis de groupe parlementaire de la Troisième République. ».

Dominique Reynié a mis en garde contre la tentation du repli identitaire : « Il y a beaucoup de raisons de penser que nous avons quitté un monde que nous ne retrouverons plus. Vouloir restaurer ce qui a été perdu ne serait pas une bonne idée et, si j’avais une recommandation à faire, ce serait de ne pas aller chercher de ce côté-là. ».

Même tonalité pour la sociologue Dominique Schnapper qui a prôné un discours de prospective pour imaginer la France de demain : « Nous ne sommes pas maîtres du monde dans lequel nous vivons et ne pouvons pas refuser les transformations mondiales. Cela n’aurait pas de sens d’enfermer les personnes dans leur rôle de victimes. Il faut au contraire montrer que l’économie peut être à la fois locale et mondialisée. ».

Dans la réflexion, a été étudiée la redéfinition de nouveaux clivages, au-delà du clivage droite/gauche qui reste cependant très ancré malgré la victoire d’Emmanuel Macron. Ainsi, le philosophe François-Xavier Bellamy a replacé le clivage de cette manière : « Voulons-nous reconnaître que quelque chose nous précède, qui mérite d’être reçu et d’être transmis ou bien voulons-nous céder à une sorte de constructivisme, qui nous dit que l’État peut tout ou que l’individu peut tout. » (2 septembre 2017).

Hervé Mariton a bien compris que l’un des atouts d’Emmanuel Macron fut son optimisme : « Il fait se réapproprier l’optimisme et le progressisme. Il faut réinventer ces mots. Il faut que le parti assume de redonner de la fraîcheur. ».

Au-delà du clivage optimisme (véhiculé par la gauche qui croit à un sens de l’histoire) et pessimisme (le réalisme de la droite ne fait pas rêver), le géographe Jean Spiri, conseiller régional d’Île-de-France (et président du centre régional d’information et de prévention en matière de santé), a perçu un autre clivage, celui de la ville et des campagnes : « Nous n’avons pas parlé à la France urbaine, et de nombreuses figures des Républicains, dans leur expression publique, ont donné l’impression de mépriser l’électorat urbain. La réduction à la figure du bobo est un argument classique pour couper court au débat d’idées dans notre famille politique : telle position, telle thématique, n’intéresserait que des urbains coupés de la majorité du pays et qui seraient majoritairement de gauche. Au-delà de la facilité, il s’agit malheureusement d’une incompréhension totale de l’évolution de la sociologie de notre propre électorat en milieu urbain. », rappelant que dans les vingt premières villes de France (dont sept avec des maires de droite), regroupant 7 millions d’habitants, sur les soixante députés qui y sont élus, seulement dix candidats LR ont été élus, dont quatre sans adversaire LREM et trois qui ont choisi d’être membres du groupe des Constructifs.

Jean Spiri a insisté sur cet électorat : « Individualistes, [ils] veulent un projet économique libéral, tout en souhaitant une approche pro-européenne, soucieux d’écologie, bien dans leur temps, ouverts sur les questions de société. Entre la gauche et la droite, ils voteront à droite. Mais si une offre nouvelle qui concilie le libéralisme économique et des valeurs dont ils se sentent plus proches se présente, ils la choisiront. C’est ce qui s’est passé. Pourtant, l’autorité, l’éducation ou encore, la sécurité les préoccupent aussi de plus en plus. Ce n’est donc certainement pas à un électorat à abandonner, d’autant plus que son poids numérique et sa capacité d’influence ne doivent pas être sous-estimés. ».

Mais LR doit aussi parler à l’autre électorat, une droite plus populaire, en attente de réassurance, inquiète des nouvelles technologies, de la mondialisation et de la perte de l’influence de la France dans le monde. Le journaliste Alexandre Devecchio, responsable de FigaroVox, a apporté un élément pour comprendre la défaite : « Ce qui manquait dans le discours de François Fillon, c’est le mot "protection". Je crois que les Français ont besoin de protection sur le plan culturel, mais aussi économique. ».

L’ancien responsable des jeunes de l’UMP et juppéiste Guillaume Labbez a rajouté ceci : « Il faut une Europe des valeurs si nous voulons peser avec des puissances qui affirment de leur côté leur identité culturelle et leur vision du monde. C’est le gaullisme d’aujourd’hui auquel pensaient sans aucun doute Charles De Gaulle et Konrad Adenauer dans la cathédrale de Reims en 1962. ».

Malgré ces différences idéologiques, le filloniste Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a estimé que le projet présidentiel de François Fillon était une sorte de synthèse de cette diversité : « Il répondait au désir de liberté, notamment liberté d’entreprendre, des orléanistes. Il rappelait que c’est l’État qui fait la nation et était en cela bonapartiste. Enfin, il faisait écho à un certain pessimisme français, cette crainte d’être étranger chez soi, cette demande de continuité historique héritée du légitimisme. La droite arrive à se retrouver autour de ce point d’équilibre. En ce sens, notre socle électoral est plus uni qu’on ne le pense. ».

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Je termine sur cette partie avec un "focus" titré "Peut-on parler de l’islam ?" et qui évoque « les questions religieuses, et particulièrement celle de l’islam, dans le débat public ». Pourquoi ce sujet a-t-il eu droit à deux pages sur cette question alors que plein d’autres thèmes pourtant cruciaux sont à peine évoqués en quelques lignes ? Je frémis en me rappelant que dans les années 1930, les journaux parlaient régulièrement de …"la question juive". Du reste, la conclusion de ce texte met paradoxalement en opposition absence de simplisme et vérité : « Une réflexion très approfondie sur ces questions s’avère donc nécessaire, en se gardant de tout discours simpliste, mais avec lucidité et vérité. Ne pas dire loyalement la réalité des choses, c’est s’exposer à un réveil brutal. ».


3. L’organisation de LR

Enfin, la troisième partie du rapport étudie les moyens de "se remettre en mouvement". La mission prioritaire pour les militants reste le débat d’idées. Et au-delà de produire les idées, il faut aussi les imposer dans le débat public. Ces deux considérations montrent à quel point ce parti n’a plus d’idée et qu’il n’est plus capable d’imposer aucun thème dans le débat public. C’est vrai que le macronisme a complètement déstabilisé le débat politique et ce qui est valable pour LR est valable aussi pour tous les autres partis… y compris LREM complètement inexistant dans le débat public (tant le parti que le groupe parlementaire).

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Le rapport se termine d’ailleurs sur la manière de détecter les talents, de les former et de les encourager dans leur future carrière d’élus. L’idée est de recréer une école des cadres qui existait à l’époque du RPR dans les années 1970.


L’alibi du droit d’inventaire

Il y a fort à parier que ce rapport n’aura pas beaucoup de suite si ce n’est pour le brandir chaque fois qu’il faudra rappeler le droit d’inventaire. Mais en fait de droit d’inventaire, il n’y a eu aucune réflexion sur les responsabilités politiques des échecs électoraux, et peu de réflexion sur la manière de pouvoir désigner un prochain candidat à l’élection présidentielle et la possibilité d’en sortir en cas d’événements graves, par exemple, des attaques médiatiques puis judiciaires qui vont électoralement assommer le candidat, comme c’était le cas au printemps 2017.

Ce qu’il ressort de ces ateliers, en négatif, c’est qu’il n’y a plus de doctrine politique sur les sujets nationaux et internationaux, ou, plus exactement, il n’y en a plus eu depuis la création de l’UMP qui a gommé de manière très artificielle les différences idéologiques. C’est sur ce vide programmatique, ajouté au vide des ambitions personnelles (à part Laurent Wauquiez, où sont les grands ténors ?), déroutant quand on sait que le péché originel de la droite postgaullienne a toujours été le trop plein et pas le vide, que la campagne présidentielle du candidat Emmanuel Macron a tant prospéré.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 novembre 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rapport de refondation de la droite du 7 novembre 2017 (à télécharger).
Les Républicains en pleine introspection.
Les Républicains, parti des expulsions.
La primaire LR de novembre 2016.
François Fillon.
Alain Juppé.
Nicolas Sarkozy.
François Baroin.
Laurent Wauquiez.
Gérard Larcher.
Jean-Pierre Raffarin.
Xavier Bertrand.
Valérie Pécresse.
Jean-François Copé.
Nathalie Kosciusko-Morizet.
Bruno Le Maire.
Édouard Philippe.
La relance de l’Europe à la Sorbonne.
Emmanuel Macron.
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Le Président Macron a-t-il été mal élu ?
Audit de la Cour des Comptes du quinquennat Hollande (29 juin 2017).
Les élections sénatoriales de 2017.
La XVe législature de la Ve République.
Les Langoliers.
Forza Francia.
La Ve République.

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9 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 novembre 12:04

    Qu’il est agréable de se désintéresser complètement de ce foutoir.


    • files_walQer files_walQer 25 novembre 20:15

      Nous protestons contre la censure dont a été victime l’article du 17/11/2017 de Doctorix sur les 11 obligations vaccinales.

      Lettre de Doctorix


    • taketheeffinbus 25 novembre 12:42

      +1 Mélusine

      Le PS et LR Ex UMP sont en pleine déconfiture, deux partis politiques qui n’ont jamais su se réinventer et se sont contentés de suivre les vieilles recettes... Le FN suit d’ailleurs la même voie.

      L’avenir est à LREM et aux insoumis... Qui seront le nouveau centre/droit et la nouvelle gauche.


      • jeanpiètre jeanpiètre 25 novembre 18:26

        C est triste une mafia qui n a plus de chef


        • Le421 Le421 26 novembre 08:39

          Quelle est la différence entre LR et LREM ??
          Honnêtement.
          Sur la ligne politique, que dalle !!
          Quand on est de droite, on est de droite. Même avec beaucoup de maquillage !! Presque 10.000€ par mois, au passage !!

          Donc, Wauquiez essaie de se « lepéniser » avec sens commun et quelques sbires pour se démarquer de LREM.
          Et tombe ainsi dans le jeu FN, DLF et consort.
          Et là, c’est mort.
          Trop de monde pour 20% !!
          Au moins, le PS s’est dissout dans LREM sans problème spécial.
          Les survivants ne savent pas où se mettre...

          Au moins, à La France Insoumise, on existe, on a nos idées et nos litiges.
          Normal, de la diversité et du droit de s’exprimer viennent les différences.
          L’important est d’avoir un axe commun.
          Quand à ceux qui croient que tout est parfait (journalistes notamment), je les laisse se tromper.

          La démocratie est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres...


          • Parrhesia Parrhesia 26 novembre 12:27
            Qu’importe désormais le sort des partis dans ce pays ?
            La pérennité de leurs idées délétères et de leur politique inqualifiable est de toute façon assurée par l’influence des media de la cinquième colonne mondialiste.
            Exemple : les idées de l’UMPS (Rappelons : UMP/ en principe de droate + PS/en principe de gôche) survivent, sont même amplifiées et sont mise en pratique accélérée par la « république en marche », Parti qui se défend d’en être un, et au sein duquel nous retrouvons tous les transfuges importants de l’UMPS qui ont volé au secours de la victoire !!!

            Et les media n’y voient, de toute évidence, aucun inconvénient alors que le corps électoral hypnotisé réagit... comme s’il n’y voyait rien !!!

            • Parrhesia Parrhesia 26 novembre 12:43
              @Parrhesia
              Que l’on me pardonne !
              J’aurais dû évidemment préciser : ... le sort des partis dits « de gouvernement », même s’agissant de gouvernement burlesque !!!

            • zygzornifle zygzornifle 26 novembre 13:32

              les raies pus bliquain en pleine intromission ....


              • zygzornifle zygzornifle 27 novembre 08:18

                Certains membres du LR quittent le lit conjugal pour aller folâtrer dans celui de sa maîtresse la belle et jeune LREM .....

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